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Petit guide sur l'équipement du guitariste Métal (Partie 1)

Dossier

Quelle guitare pour le métal ?

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Etre guitariste de Métal est, entre autres choses, une affaire de son, de "gros son" même. En la matière, un certain nombre d'idées reçues circulent d'ailleurs, idées que cette série d'articles sur le son Métal se charge de passer en revue pour rétablir quelques vérités…

 

On dit toujours que la chaîne sonore est dépendante du plus faible de ses éléments, donc plus vous interfacez d’éléments entre vos doigts et le son qui sort de votre système, plus il y’a de chance d’en inclure un mauvais. Obtenir un bon son c’est donc avant tout avoir la chaîne de base la plus équilibrée et la plus simple possible.

Note de l'auteur

Ce petit pamphlet n’a en aucun cas pour but d’amener la solution toute cuite pour trouver le son de Metallica, Linkin Park ou autre Pantera, mais bien de tordre le cou (deux fois si possible) à quelques vilaines idées reçues, dangereuses et pour les oreilles et pour le porte-monnaie du guitariste de Metal en herbe.

Pour produire un bon son, et ceci ne s’applique pas qu’au Metal, une bonne guitare, un bon câble (bien trop souvent négligé), et un bon ampli sont des conditions sine qua non ; le reste (à commencer par les pédales d’effet), n’est que fioritures et risque d’amener plus de soucis que de solutions tout en vous faisant perdre de l’argent.

Elément par élément, nous allons donc passer au crible les "solutions" et idées reçues afin d’y voir plus clair et de vous aider à faire le bon choix au bon moment pour trouver votre son, étant entendu qu’il est bien plus glorifiant d’avoir un son bien à soi que de copier le son d’un autre (ce qui est de toutes manières assez illusoire).

Dernière petite précision, le "gros son" est une notion totalement subjective et absolument dépendante de chacun : il est évident qu’un guitariste de True black metal ne cherche pas le même son Metal qu’un guitariste de Néo.

Ces détails précisés, intéressons-nous donc pour ce premier volet au choix de votre instrument.

Le choix de la guitare

Le choix de la guitare est bien entendu primordial, même si cette dernière n’est pas LA composante majoritaire du son. En effet, l’ampli influe tout autant sur le rendu sonore, voire peut-être même plus suivant les configurations. Aussi, suivant son budget il est important de garder les pieds sur terre.

Le look ne doit pas prendre le pas sur la qualité de l'instrument...

Une forme extravagante et une déco "delamortquitue", ça se paye, et ça se paye même très cher… Dès lors il devient évident que pour une guitare bas/milieu de gamme, ce type de présentation engage souvent une qualité des plus médiocre. Ainsi, en dessous de 500/600 €, il est de nos jours quasi utopique de trouver une bonne guitare neuve se démarquant esthétiquement. Il vaut mieux alors se rabattre sur une forme plus classique qui présentera des solutions de lutherie et d’équipement de meilleure qualité (micros, accastillage), et attendre d’avoir les moyens de ses envies (oui, la musique se paye cher).

Quand on débute, mieux vaut aussi s’affranchir des questions de style et s’orienter d’une façon ou d’une autre vers la polyvalence et le confort, plutôt que d’avoir à déplorer l’achat d’un instrument trop typé au premier changement de mode. Confortant cet idée, gardez aussi à l’esprit que le meilleur moyen de progresser, c’est de toucher un peu à tout avant de vraiment se lancer dans son style bien à soi.

Le choix d’une guitare ‘Metal’ se pose en effet plus souvent dans le cadre de l’achat de sa seconde guitare, à un moment ou l’on commence à cerner les limites de son instrument de débutant. Il est alors de bon ton de ne surtout pas se fier à l’avis des autres et aux modèles du "star system". Si ce n’est pour se donner une légère impulsion pour la direction à choisir, rien ne remplacera de longues heures d’essai d’un magasin à l’autre, d’une marque à l’autre, d’un modèle à l’autre. Ce sont avant tout vos doigts et vos oreilles qui doivent faire le choix, le goût des autres étant le plus souvent facteur de déception.

Contrairement à la rumeur qui court plus vite que MIR rentrant en atmosphère, et qui voudrait que s’il y ait des guitare prédestinées au Metal, il y en ait à éviter forcément, tout type de guitare peut convenir à condition qu’elle remplisse le cahier des charge fixé par vos oreilles seules. C’est vous l’artiste, et vous jouez avant tout pour vous, pas pour vous conformer à la rumeur.

Il n’existe pas de configuration miracle, mais des besoins, propres à chaque guitariste. Evitez le superflus et surtout ne pliez pas à l’effet de mode ; faites vous votre opinion. Ce n’est pas parce qu’une guitare est doté des derniers micros à la mode, encensés unanimement par les magazines et les magasins qu’elle vous conviendra. Pas plus, d’ailleurs, que celle sur laquelle joue votre idole de toujours, cette personne, n’a ni les mêmes doigts, ni la même expérience, ni le même ampli avec les mêmes réglages, ni le même ingénieur du son que vous !

Accastillage & micros

Il faut aussi bien se mettre en tête qu’une guitare électrique, a contrario d’une acoustique (quoique), peut être peaufinée afin de s’approcher toujours plus près du Saint Graal : votre son ultime bien à vous.

Ainsi on peut en changer l’accastillage, pas seulement pour l’esthétique, mais parce que la matière des sillets et pontets joue de manière subtile sur le son par exemple. Idem pour les micros qui permettront d’affiner encore le grain car, contrairement à ce que disent certains, les micros ne font pas tout dans une bonne guitare, loin de là… En effet, si la lutherie n’est pas cohérente et d’une qualité affirmée, ces derniers resteront des micros posés sur des bouts de bois. Et plus on monte en gamme, plus cet aspect est sensible.

Le sillet, un détail... primordial !

Premier conseil, soyez attentif à la matière du sillet et des pontets. La plupart des guitares de moins de 1000 € sont en effet équipé de sillet plastique qui ont tendance à bouffer et les fréquences et le sustain. Changer cette pièce par un sillet en matière "noble" ne peut que libérer votre guitare, en sachant que :

  • Un sillet en Os ou Ivoire apportera plus de sustain, un son plus défini et plein
  • Un sillet en Graphite jouera lui aussi sur le sustain et favorisera un peu la propagation de fréquences basses (de plus il préserve les cordes)
  • Un sillet en métal (laiton) lui aura tendance à favoriser les fréquences aiguës, mais a contrario il diminue légèrement le sustain.

Il en va de même pour les pontets : en graphite, ils renforcent les fréquences basses et préservent les cordes de la casse, même si les basses fréquences ainsi favorisées ont tendance à être un peu brouillonnes.

Le tirant et la marque de vos cordes jouent également un peu, certaines ayant tendance à être plus brillantes, d’autres plus rondes… Sur ce point, il n’y a toutefois pas de secrets : le toucher est très important et il va falloir essayer différentes marques pour trouver celle qui vous convient le mieux. Notez à ce sujet qu’un changement de tirant entraîne normalement un réglage de la guitare sous peine de la voir se fausser.

Abordons à présent un point ô combien épineux si l’on en croit les nombreux sujets et lieu communs recensés sur les forums d’Audiofanzine (et d’ailleurs) : le changement de micros. Oui, changer les micros permet de modifier le son mais, qu’ils soient actifs ou passifs, ils ne sont pas la solution miracle pour choper le "gros son". En fait, il faut plus considérer leur changement comme un moyen de peaufiner son grain et travailler certaines fréquences.

EMG 81

Au-delà de ça, il est évident qu’un double bobinage est plus à l’aise qu’un simple dans les grosses saturations, en particulier parce qu’il est moins sensible aux parasitages. Le niveau de sortie n’est a priori pas forcément très important : si, dans les 70’s, un Di Marzio Super Disto permettait de forcer le gain et d’obtenir plus de distorsion, les amplis modernes compensent largement le manque de gain de leurs aînés. John Petrucci utilise par exemple des versions "Air" des micros Di Marzio, dont le niveau de sortie moindre favorise la définition des notes alors qu’un micro à très fort niveau de sortie aura tendance à rendre le son brouillon.

Gibson 500T

Il est ensuite totalement faux de croire qu’un micro actif est plus adapté au "gros son" Metal qu’un passif : un EMG 81 n’est, par exemple, pas plus puissant qu’un Di Marzio Tone Zone, et certainement moins qu’un Gibson 500T qui joue peu ou prou sur les mêmes fréquences avec un peu moins de précision et un grain différent. Il faut donc bien écouter les samples disponibles sur les sites constructeurs et, dans la mesure du possible, essayer les micros avant de les changer, en trouvant par exemple dans le commerce une guitare aux spécifications proches de la vôtre, qui soit équipée des micros que vous envisagez.

Encore une fois, le goût des autres, ça n’est pas forcément le vôtre. Un adage que nous vérifierons d’ailleurs avec la suite de ce dossier, consacré au choix d’un ampli pour le Métal…

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