Mastering
Techniques du Son Mastering
  • Augmenter ou diminuer la taille du texte
  • Imprimer

Comparatif des services de Mastering automatique en ligne : Landr

Test

La semaine du mastering en ligne : Landr

  • J'aime
  • Tweet
  • +1
  • Pin it
  • Mail

Dans ce nouvel article de notre dossier consacré aux services de « Mastering automatique » en ligne, nous allons nous intéresser à LANDR

Protocole

Si vous êtes un lecteur assidu d’Audiofanzine, vous avez sans doute déjà parcouru les articles précédents ; je vous invite donc à passer directement à la section suivante. Pour les autres, voici un petit rappel des faits…

Afin de mener à bien ce comparatif, j’ai mixé trois morceaux. Le public visé par ce genre de service produit généralement de la musique en situation « home studio ». Du coup, ces mixages ont été effectués chez moi, là où d’habitude je me contente de faire de l’editing, de la composition ou de la préproduction. L’acoustique de la pièce est loin d’être idéale et le matériel utilisé n’a rien d’exubérant, comme pourront le constater les plus curieux d’entre vous en jetant un œil ici. Notez également qu’aucune machine hardware externe n’a été utilisée, tout a été réalisé « in the box » à l’aide de plug-ins. Voici quelques commentaires pour chacun de ces mixages qui vous aideront à mieux analyser l’impact du « mastering algorithmique » sur ces derniers :

So Pretty :

Il s’agit d’un titre Pop composé et interprété par mon très cher rédacteur en chef, j’ai nommé Grégoire Nachbauer, alias Red Led. J’ai souhaité le mixer au mieux de façon à ce que son passage au mastering ne soit qu’une simple formalité. Il me semble que le rendu est plus qu’honorable pour une production en home studio. Ce joli morceau de sucre fera donc office de mise en bouche pour notre comparatif.

Call it even :

Court instrumental réalisé par votre serviteur il y a quelques années à l’occasion d’un test pour Audiofanzine, ce titre peut paraitre honnête de prime abord, mais je l’ai volontairement mixé un poil trop « punchy » comme cela me semble être parfois le cas sur des productions mal maîtrisées. Ainsi, son mastering risque d’être délicat, car un traitement de la dynamique inconsidéré déclenchera facilement un fâcheux effet de pompage.

The Firethief :

À la base, ce titre Electro/Pop Rock est également une composition réalisée par mes soins lors d’un test pour AF, mais je l’ai cependant considérablement étoffée pour l’occasion. Plus touffu que les morceaux précédents, son mastering sera à coup sûr épineux puisque son mixage mélange allègrement de véritables fautes techniques avec des choix artistiques tranchés qui pourraient être interprétés comme des erreurs. Bref, ce « Firethief » fait partie de notre sélection afin de voir comment un algorithme peut gérer un cas complexe.

Après un export des mixages en 24 bits/48 kHz en prenant bien soin de laisser suffisamment de marge de manœuvre pour le traitement, j’ai soumis ces trois fichiers aux différents prestataires et j’ai récupéré en sortie les « masters » au format CD 16 bits/44,1 kHz. Au total, pas moins de six sites ont été testé. Chacun d’entre eux fera l’objet d’un article dédié qui suivra invariablement le schéma suivant :

  • Les explications des conditions de réalisation de ce comparatif que vous êtes en train de lire ;
  • Un descriptif spécifique du service passé sur le grill ;
  • Les exemples sonores avec d’abord les fichiers sources des mixages, puis les fichiers « masterisés » par le service en question, et enfin les mix et les masters réduits à -18 LUFS de façon à pouvoir juger la qualité du traitement sans être influencé par le gain en volume sonore perçu ;
  • Quelques données chiffrées illustrant de façon purement scientifique l’impact du traitement sur chacun des morceaux.

Pour conclure ce paragraphe, sachez qu’afin de ne pas influencer votre jugement, je ne donnerai mon avis personnel sur ces services qu’à l’occasion d’un septième article qui sera bien entendu publié en dernier. Ceci étant, je tiens à préciser que ce fameux septième article sera rédigé avant la publication des six autres de façon à ce que les débats qui ne manqueront pas d’avoir lieu dans la section des commentaires ne m’influencent pas moi non plus !

LANDR

LANDR

Le bandeau inférieur de la page d’accueil est sans équivoque : « Obtenez un son pro sans payer les tarifs d’un studio et évitez-vous la complexité des plug-ins »… Le moins qu’on puisse dire, c’est que la société québécoise ne manque pas de souffle !

Né en 2014, LANDR promet donc monts et merveilles à petit prix au travers d’une élégante vitrine internet entièrement traduite en français. Comme d’habitude avant de passer à l’action, l’utilisateur se doit de passer par la case FAQ afin de garantir un traitement optimal. Mais bien sûr, ce n’est pas obligatoire et vous pouvez directement vous jeter à l’eau en téléchargeant un seul morceau à la fois via glisser/déposer ou au travers du classique explorateur de fichiers du navigateur. Une fois cela fait, le service crée un aperçu du résultat en un tout petit peu moins de temps que la durée du titre original. À l’instar de la concurrence, cet aperçu ne compense pas la différence de niveau sonore, ce qui rend la comparaison avec le mixage source immanquablement inique. Bref, LANDR a au moins le mérite de proposer trois niveaux d’intensité de traitement (Hi, Med et Lo) qui sont disponibles dès l’aperçu. Enfin, pour peu que vous ayez pris la peine de vous créer un compte utilisateur au préalable. Notez d’ailleurs qu’avec un compte utilisateur, il est possible de téléverser jusqu’à 25 titres en simultané. Mais retournons à nos moutons. Lorsque vous avez décidé de l’intensité à appliquer, un clic sur le bouton « Sauvegarder » vous demande de choisir le format du fichier en sortie, ce qui implique de passer à la caisse.

Outre les deux MP3 basse résolution (192 kb/s) offerts par mois à tout utilisateur enregistré, LANDR propose un système d’abonnement (mensuel ou annuel) se déclinant comme suit :

Abonnement « De base » ((tarif annuel : 4 €/mois soit un paiement de 48 €/tarif mensuel : 6 €/mois)

  • MP3 192 kb/s illimités ;
  • 4,99 € par piste pour du MP3 320 kb/s ;
  • 9,99 € par piste pour du WAV 16 bits/44,1 kHz ;
  • 19,99 € par piste pour du WAV HD 24 bits.

Abonnement « Avancé » ((tarif annuel : 9 €/mois soit un paiement de 108 €/tarif mensuel : 14 €/mois)

  • MP3 192 kb/s illimités ;
  • MP3 320 kb/s illimités ;
  • 6,99 € par piste pour du WAV 16 bits/44,1 kHz ;
  • 19,99 € par piste pour du WAV HD 24 bits.

Abonnement « Pro » ((tarif annuel : 25 €/mois pour un paiement de 299 €/tarif mensuel : 25 €/mois)

  • MP3 192 kb/s illimités ;
  • MP3 320 kb/s illimités ;
  • WAV 16 bits/44,1 kHz illimités ;
  • 19,99 € par piste pour du WAV HD 24 bits en paiement mensuel, illimité en formule à l’année.

Afin d’éviter les mauvaises surprises, je tiens à souligner que les formules d’abonnement sont reconduites automatiquement à terme de façon tacite, comme c’est généralement le cas. Il faut donc penser à bien annuler son abonnement avant la date fatidique si l’on souhaite ne plus bénéficier du service, ce qui se fait très simplement depuis le compte utilisateur.

Pour conclure ce tour d’horizon, sachez que LANDR offre certaines options qui le distingue de la concurrence comme le support du format Stem de Native Instruments, la possibilité de lier votre compte utilisateur avec votre compte SoundCloud, ou bien encore une fonction de partage privé avec date d’expiration dudit partage (1 mois/1 semaine/1 jour/1 heure). De plus, LANDR semble être le seul prestataire du genre à proposer une application « Desktop » pour accéder directement à son service.

Passons à présent aux exemples sonores.

En piste

Avant de commencer cette séance d’écoute, voici quelques recommandations de façon à ce que vous puissiez vous forger une opinion dans les meilleures conditions possible.

Tout d’abord, bien qu’Audiofanzine vous offre la possibilité d’écouter les exemples sonores directement sur cette page, je vous invite grandement à télécharger ces fichiers dans leur version non compressée via le lien situé en fin d’article. En effet, notre système de diffusion en streaming implique une compression des données induisant une perte en qualité audio, ce qui n’est pas idéal pour effectuer une comparaison digne de ce nom.

Ensuite, les fichiers sources des mixages ainsi que les rendus « masterisés » sont bien entendu fournis tel quel, mais je vous conseille vivement de concentrer votre analyse sur les fichiers affublés du suffixe « LUFS ». En effet, ces derniers ont tous été ramenés à une valeur de -18 LUFS de façon à ce que les différences de volumes sonores perçus ne viennent pas troubler votre jugement outre mesure.

Bien sûr, écouter ces fichiers au travers d’un système de monitoring digne de ce nom plutôt qu’avec les HP d’un ordinateur portable ou un casque audio à trois francs six sous est fortement recommandé.

Je vous encourage également à basculer entre l’écoute du mix et celle du « master » sur les mêmes sections relativement courtes d’un même morceau, de préférence assez rapidement, car l’oreille humaine n’est malheureusement pas dotée d’une mémoire à moyen ou long terme extraordinaire…

Enfin, sachez que certaines méthodes d’écoute décrites dans l’article suivant pourront vous aider à mieux cerner les différences qu’il y a entre un mixage et sa version « masterisée ».

Bien, maintenant que le décor est planté, passons aux choses sérieuses avec en premier lieu les mixages :

01 So Pretty
00:0002:39
  • 01 So Pretty 02:39
  • 02 Call it even 00:36
  • 03 The Firethief 02:20

Voici à présent les fichiers une fois traités par le service LANDR avec les trois intensités pour chacun d’eux :

01 So Pretty LANDR Hi
00:0002:39
  • 01 So Pretty LANDR Hi 02:39
  • 01 So Pretty LANDR Med 02:39
  • 01 So Pretty LANDR Lo 02:39
  • 02 Call it even LANDR Hi 00:36
  • 02 Call it even LANDR Med 00:36
  • 02 Call it even LANDR Lo 00:36
  • 03 The Firethief LANDR Hi 02:20
  • 03 The Firethief LANDR Med 02:20
  • 03 The Firethief LANDR Lo 02:20

Et pour finir, voici tout ce beau monde ramené au même niveau d’écoute, à savoir -18 LUFS :

01 So Pretty LUFS
00:0002:39
  • 01 So Pretty LUFS 02:39
  • 01 So Pretty LANDR Hi LUFS 02:39
  • 01 So Pretty LANDR Med LUFS 02:39
  • 01 So Pretty LANDR Lo LUFS 02:39
  • 02 Call it even LUFS 00:36
  • 02 Call it even LANDR Hi LUFS 00:36
  • 02 Call it even LANDR Med LUFS 00:36
  • 02 Call it even LANDR Lo LUFS 00:36
  • 03 The Firethief LUFS 02:20
  • 03 The Firethief LANDR Hi LUFS 02:20
  • 03 The Firethief LANDR Med LUFS 02:20
  • 03 The Firethief LANDR Lo LUFS 02:20


Statistiquement vôtre

Terminons cet article avec quelques chiffres. Pour information, le DR (Dynamic Range) a été mesuré à l’aide du TT DR Offline Meter de Pleasurize Music Foundation, les valeurs Loudness (LUFS Integrated) et True Peak proviennent quant à elles des fonctions d’analyse que les extensions SWS apportent à la STAN Reaper. Si vous ne connaissez pas la signification de ces valeurs, je vous invite à lire l’excellente série d’articles consacrée à la Loudness War réalisée par mon confrère Sleepless, en particulier les épisodes 3 et 10. Enfin, sachez que les données entre parenthèses correspondent aux mesures relatives au mixage original de chacun des titres.

Wave LANDR

So Pretty :

  • DR : 6/8/10 dB (11 dB)
  • Loudness : -8.4 / -10.5 / -12,9 LUFS (-19.4 LUFS)
  • True Peak : 0.0 / +0.1 / 0,0 dB (-5,2 dB)

Call it even :

  • DR : 6/8/11 dB (11 dB)
  • Loudness : -8.1 / -10.5 / -13.1 LUFS (-18.6 LUFS)
  • True Peak : -0.1 / -0.2 / -0,2 dB (-6,0 dB)

The Firethief :

  • DR : 7/9/11 dB (13 dB)
  • Loudness : -9.2 / -10.8 / -13,4 LUFS (-20.6 LUFS)
  • True Peak : 0.0 / 0.0 / -0,2 dB (-5,2 dB)

Sur ce, rendez-vous au prochain épisode pour découvrir un dernier service de « Mastering automatique » en ligne !

Téléchargez les extraits audio Mix (format FLAC)

← Article précédent dans la série :
La semaine du mastering en ligne : Wavemod
Article suivant dans la série :
La semaine du mastering en ligne : MasteringBOX →
Réagir à cet article
  • J'aime
  • Tweet
  • +1
  • Pin it
  • Mail