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Article On Stage/Backstage

Interview : les vieilles charrues (II)

(Tout public)
Par Will Zégal le 28/01/2009

Jacques Simon, régisseur général, suite

Suite de l'interview de Jacques Simon, régisseur technique général du festival des Vieilles Charrues.

 

La semaine dernière, Jacques nous racontait qu'il était surtout ingénieur du son. C'est en commençant à donner des coups de main au festival qu'il a été amené, en passant par diverses formations, à occuper le poste de régisseur général pour tout ce qui n'est pas artistique.

 

Jacques SimonJacques Simon à la console retour à la fin du concert de Matmatah

AF : Le fait d'avoir fait cette formation, de gérer ce poste sur un des plus gros festivals de France t'a amené à le faire ailleurs ?

J. S. : J'ai appris ce métier ici. J'ai fait des formations parce que ça implique des connaissances en BTP, électricité, plomberie... A la base, ma première formation était comptable. Pas grand chose à voir, comme tu vois. Sauf que ça aide pour les budgets. Pour ici, j'ai beaucoup appris avec les gens des services techniques de la ville de Carhaix qui sont des gens remarquables. Il faut le souligner parce que sans ces gens là, je pense qu'on n'ouvrirait pas les portes. En plus de cet apprentissage, j'ai fait des formations de technicien compétent en gradins, en chapiteaux, en accroche-élevage, en tribunes démontables, en échafaudages multidirectionnels, habilitations électriques... Et puis j'ai continué à travailler là-dedans bien sur. J'ai fait d'autres festivals. Là je vais faire Saint-Nolf... Mais c'est vrai que mon premier métier, c'est ingé son, c'est la tournée. C'est 8-9 mois de l'année. Mais j'aime beaucoup ce travail. C'est passionnant parce que ça touche à beaucoup de domaines. C'est de l'ouverture quoiqu'il arrive. Et puis c'est vrai que la tournée... Je n’en suis pas fatigué, bien au contraire, mais j'ai deux enfants et une femme que je ne vois pas souvent. Je n'ai pas beaucoup vu mes enfants grandir. Me retrouver ici à Carhaix avec un gros dossier à gérer me permet d'être aussi chez moi. Mais je sais que le naturel reviendra un moment ou un autre... ça commence déjà, d'ailleurs. Mais c'est vrai que monter des gros sites comme ça, c'est quelque chose qui me va bien, que j'aime beaucoup faire.

rajouter encore de la déco ? Oui !rajouter encore de la déco ? Oui !

AF : il reste des espaces dégagés autour du site. Est-ce qu'ils restent comme ça parce que c'est compliqué de les occuper ? Ou pour des raisons de sécurité ?

J. S. : La zone entre le PC technique où nous sommes et le centre culturel est assez difficile à exploiter. D'abord, c'est pour des raisons de sécurité qu'on la laisse dégagée, parce qu'on voit venir. Et puis il y a la pente qui est assez forte et c'est un bassin versant. On ne peut pas mettre de structure là parce qu'il faudrait la mettre sur pilotis, il y a un risque de glissement de terrain en cas de fortes précipitations ou de fort vent. Du coup, on a un no man's land qui permet notamment aux agents de sécurité de voir loin, de voir venir les éventuels resquilleurs. Maintenant, j'ai aussi pensé à faire de la déco ou quelque chose comme ça à cet endroit-là pour avoir un visuel, mais pas pour l'instant. Cette zone-là est dure à exploiter.

 

De l'espace

En effet, malgré les 70 à 75 000 personnes, on respireEn effet, malgré les 70 à 75 000 personnes, on respire

AF : Par rapport à la fréquentation, la capacité du site laisse encore de la marge ou vous êtes plein ?

J. S. : Oh non ! On n'est pas au taquet. La capacité que nous avons fixée est de 55 000. On peut monter à 75 000 et on aurait encore de la place... Entre l'espace scène 3, l'espace Kerampuil, les espaces scène 1 et scène 2 plus La Garenne... Hier, [NDLR : le vendredi] il y avait 35 000 personnes et les espaces Garenne et scène 3 n'étaient pas ouverts. Alors quand je parle de 75 000... Je pense que les gens ne se marcheraient pas encore dessus. Mais c'est une volonté du festival de privilégier l'accueil du festivalier. De ne pas bourrer le champ pour bourrer le champ et donner des mauvaises conditions aux gens. L'idée, c'est qu'ils aient de l'air, qu'il y ait une circulation, une fluidité... Ce qui permet aussi de moins stresser les festivaliers, de leur donner un peu plus de zénitude. Ce qui nous a aussi un peu sauvé l'an dernier quand le ciel nous est tombé sur la tête ! [NDLR : des trombes d'eaux ayant arrosé le festival le jeudi, Carhaix avait des réminiscences de Woodstock]. Du coup, avec cette gestion de flux comme ça, ça permet aux gens de se dégager, de ne pas être tassés et donc d'éviter certains accidents qui peuvent arriver, comme le cas de Roskilde où ça avait été dramatique.

Au cours d'un concert de Pearl Jam le sol était mouillé, glissant, il y a eu un mouvement de foule qui a fait 6 morts d'écrasement, quand même. [NDRL : en fait, 9 personnes sont mortes étouffées ou des suites de leurs blessures et une quarantaine ont été blessées]. Là, on a de l'air partout, les gens ne se sentent pas parqués, stressés. C'est important. Le but, chez nous, la philosophie de base, c'est l'accueil du festivalier. Un festivalier heureux, plus un artiste bien accueilli, généralement, ça fait des grandes messes !

AF : Il suffit de se balader sur le site et de voir la tête des gens pour comprendre que ça marche !

J. S. : Oui. Après, l'accueil « artiste » fait un travail assez remarquable. Dans l'accueil de base, et après, dans le catering qui est très réputé (c'est un chef étoilé qui le supervise). Ce qui fait que les artistes se sentent aussi à l'aise que les festivaliers. Du coup, le point de rencontre, qui est le show, donne des choses assez remarquables. Ce sont tous ces ingrédients-là qui, mis bout à bout, font la force et la réussite du festival, je pense.

Des gens de caractère

un petit bout de la foule vue de la scène 1un petit bout de la foule vue de la scène 1

AF : C'est peut-être cette qualité d'accueil des artistes qui a permis le développement de ce gros festival dans ce qui est au départ, désolé pour les Carhaisiens, un trou.

J. S. : Ah ben oui. Le truc a toujours été de se mettre en quatre pour faire venir les artistes. Je fais beaucoup de festivals dans l'année et il y en a beaucoup où le tour bus arrive, on se gare, on a deux sandwichs et une pauvre loge... Tu n’as pas forcément envie de revenir. Parce qu'il faut bien comprendre ce qu'est un artiste en tournée. Des fois, les gens ne comprennent pas ses demandes particulières de marque de ceci ou de cela, mais il faut bien se rendre compte que vivre à 18 dans un bus pendant 6 mois de l'année, c'est beaucoup. De ne pas être chez eux, de ne pas être dans le petit lit qui va bien... Donc il y a des demandes particulières et les Charrues ont toujours respecté ça. Jean-Jacques Toux, le programmateur, est venu en tournée avec Matmatah. Je l'ai emmené avec moi pour comprendre ce que vit un groupe en tournée. Et il a vu : la promiscuité, des fois 18 gars dans un tour bus, c'est pas simple tous les jours. Et on dort 3 heures...

AF : Et puis, c'est un métier où les gens ont plutôt du caractère en général.

J. S. : Oui un peu... Du coup, la notion d'accueil, c'est un truc que les Vieilles Charrues ont toujours travaillé. L'idée est de faire venir des artistes, non pas pour gagner de l'argent ou des choses bassement mercantiles, mais pour faire la fête. Donc, automatiquement, c'est aussi convier l'artiste à faire la fête, aussi. Du coup, on ne va pas les mettre dans un coin et dire "allez hop, tu montes sur scène !" Il y a toute cette notion d'accueil, de sympathie... Je ne connais pas d'artiste qui ait été mal accueilli aux Charrues. Pourtant, j'en ai vu beaucoup. Il n'y en a pas un qui m'a dit "ouais, bof..." Non, les gens de l'accueil artiste font un travail assez incroyable. Et puis naturellement, surtout. C'est ce qui est important.

Professionnel, mais cool

l'équipe de fouille à l'entrée avant l'ouverture du sitel'équipe de fouille à l'entrée avant l'ouverture du site

AF : On parlait de sécurité tout à l'heure. Il m'a toujours semblé que les gens qui font les entrées, les fouilles, sont des bénévoles.

J. S. : Non, ce sont des professionnels partout.

AF : Parce qu'il y a, notamment aux entrées, des attitudes, une convivialité qui laissait penser à des bénévoles. Souvent, dans les concerts et les festivals, les gens qui font la sécu se prennent pour des flics, il avec leurs grosses chaussures,  leur crâne rasé et leur « c'est par ici monsieur ! »

J. S. : La consigne, c'est comme sur les autres postes, c'est la notion d'accueil. Alain Bennasar est notre régisseur sureté et a quand même 600 agents à gérer, ce qui doit représenter 8 sociétés différentes, je crois. Mais il y a un turn over dans les sociétés. Parce qu'on ne veut pas que les gens se sentent implantés et du coup en terrain conquis. Donc il y a bon accueil, oui. Bon, il y a toujours des dérapages, hein. Mais non, il n'y a pas de bénévoles. Enfin, cette année il doit y en avoir 7-8 qui sont aux entrées de loges ou des choses comme ça. Mais tout ce qui relève de la sécurité pure, on ne peut pas se permettre.

début de fouille pour les premiers arrivants du jour
début de fouille pour les premiers arrivants du jour

On a des cavaliers dans les campings et même eux sont des professionnels. Enfin, c'est un centre équestre avant tout. Ce ne sont pas des professionnels de la sureté, mais ils sont rémunérés au même titre et ils font un travail assez remarquable d'ailleurs. Beaucoup de prévention, notamment incendie sur les campings et les parkings, ce qui pourrait être très dangereux. Le fait qu'ils soient à cheval a déjà un aspect dissuasif, ça calme et le cheval n'incite pas à devenir violent. Pour plusieurs raisons. Mais aux entrées, oui, il y a aussi des consignes. Parce qu'on n'a pas envie d'avoir ce cadre un peu militaire et martial. Bon, il en faut, évidemment. Mais pas là, aux entrées. Il faut que les gens se sentent bien. Surtout là où les gens arrivent dans un barriérage, avec des gens qui les accueillent un peu musclés... Bon, ce n’est pas terrible. Donc, il faut qu'il y ait de la convivialité aux entrées. C'est important.

Les prises Maréchal

l'arrière de scène 2 !l'arrière de scène 2 !

Nous partons pour un tour complet du site du festival à bord de la voiture de Jacques. Il m'explique les choses au fur et à mesure que nous les voyons. Derrière la scène 2, Jacques me montre les armoires électriques maison équipées des Prises Maréchal. Explication :

Jacques Simon : La législation dit que, au dessus de 32 ampères, on ne doit pas pouvoir débrancher une prise sous tension pour éviter arc électrique et brulures. La P17 a 5 broches : 3 phases, terre et neutre plus une broche appelée pilote. Elle est plus courte et coupe donc l'alimentation avant que la prise ne soit débranchée lorsqu'on tire dessus. Mais ça veut dire que les câbles doivent être équipées de ce pilote. Or, nos câbles n'en sont pas équipés. La Maréchal est pourvue d'un bouton qui déconnecte la prise dès qu'on appuie dessus. On a donc adopté ce standard pour cette raison, mais aussi parce que c'est un procédé intelligent qui permet d'autres choses comme de brancher une 32 mono sur une 32 triphasée, etc. On fabrique aussi les mats électriques [pour l'éclairage]. Ils sont assez basiques. Ce sont des mats sur plots béton. J'ai récupéré ces mats et fait faire des cercles y pour accrocher des sodiums.

armoires électriques custom shop Vieilles Charruesarmoires électriques custom shop Vieilles Charrues

Nous visitons ensuite le "magasin" tenu par deux charmantes demoiselles. C'est l'endroit où est stocké tout le petit matériel, tous les consommables, fournitures de bureaux, piles, etc. Il est constitué d'une barnum d'environs 300 m² ! Encore bien encombré, bien que l'on m'affirme "qu'il ne reste plus grand-chose ".

J. S. : Pour la petite histoire, ce champ de 8500 m² a été acheté par les Vieilles Charrues. On va y construire le dépôt du festival, un dépôt de 2500 m² environ où on fera le stockage à l'année et la partie logistique. Et une autre partie qui était ce qu'on appelait auparavant la douane et qui est le service matériel. C'est-à-dire que tout ce qui rentrait dans le festival était filtré là. Ensuite, on arrive directement dans la déambulation festivalière, les entrées des campings. T'es allé voir un peu ?

 

 

 

Le magasin : stock de fournitures en tout genreLe magasin : stock de fournitures en tout genre

les tenancières de la boutiques. Agréables et avec le sourire, comme tous les gens que je rencontrerai.les tenancières de la boutiques. Agréables et avec le sourire, comme tous les gens que je rencontrerai.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La fourmilière

AF : Non, pas les campings

J. S. : C'est une vraie fourmilière ! On a 11 campings. On va aller jusqu'au bord parce qu'aller jusque dans les campings, même en quad, c'est compliqué ! Toutes les zones sont desservies par des routes. Nous allons sur l'axe rouge. Ici, c'est une route que nous avons fabriquée qui nous permet d'avoir un périmètre de sécurité pour tourner et accéder rapidement à n'importe quel point. Ici, c'est une zone déportée du nettoyage avec ce tracteur muni d'une cuve de vingt mille litres d'eau. Moi j'ai des cuves de mille litres sur palettes réparties sur tous les campings. Elles sont remplies tous les jours. Ce n’est pas de l'eau potable, mais ça permet de se rafraîchir. Les campings sont équipés essentiellement en toilettes sèches et un peu en chimique parce qu'on n'a pas la possibilité d'avoir assez de toilettes sèches. Il y a aussi 10 bungalows de 6 douches. Ça peut paraître peu, mais de toute façon, on ne peut pas en mettre plus. [NDLR : Pendant le festival, la piscine de Carhaix connaît une forte fréquentation. Elle permet aux festivaliers à la fois d'y prendre une douche chaude dans un endroit propre et de se détendre et rafraîchir pour affronter les quelques 12 heures de concerts disponibles quotidiennement]. Ici, on a un stand Décathlon où ils vendent du matériel de camping. Il y a aussi une petite supérette pour les premières nécessités. Tous les campings sont éclairés toute la nuit par un ou deux mats d'éclairage plus des éclairages dans les arbres. Ça représente 700 quarts de 500Watts.

AF : comment ça se passe pour cette alimentation électrique ? Ce sont des branchements spéciaux EDF, c'est tout centralisé ou dispatché ?

J. S. : On a 11 tarifs bleus (en dessous de 36 kVa), 7 tarifs jaunes (au dessus de 36 kVa) et ensuite des groupes électrogènes. On n'en a pas beaucoup. L'année dernière, il y en avait 20. Cette année on en a 9 parce qu'on a refondu un peu toute la puissance électrique.

AF : Il me semblait que l'année dernière, il y avait un camion électrogène à côté de la scène Kerouac.

J. S. : PowerShop, oui. Il fait de l'énergie pour la scène, seulement. Comme tu vois, ce camping est activement surveillé par la gendarmerie. Il y a aussi un bus de bio équitable et une consigne. On a donc 11 campings comme ça.

AF : Ce sont des terrains communaux ?

J. S. : Celui-ci, c'est la commune. Il a des terrains qu'on loue aux agriculteurs.

AF : Sans trop de difficulté ?

J. S. : Non. On paye !

AF : Enfin même en payant...

J. S. : Il n'y a pas beaucoup de dégradations. Et puis c'est nettoyé tous les jours et à la fin du festival, il y a une équipe de nettoyeurs qui ramassent à la main papier par papier. Donc on rend l'endroit propre.

Des gobelets

AF : Et vous arrivez à gérer y compris pour les mégots ?

J. S. : pareil, c'est ramassé. Le but est de rester en bonne entente avec les gens qui nous prêtent et nous louent les terrains. Ça se passe vraiment tranquillement. On n'a pas de problème majeur dans les campings.

AF : Sur le site du festival, j'ai remarqué qu'il n'y a pas de points poubelle au milieu de la foule.

J. S. : Si, il y en a La Garenne.

AF : Ah oui, en effet. C'est parce qu'il y a beaucoup d'alimentation là ?

J: Oui. Les alimentaires sont avant tout là et puis, sur le site proprement dit, c'est assez compliqué d'en mettre. Il y a toujours des obstacles... On a des points gobelets et des points déchets.

AF : Avec le système qu'on trouve assez couramment : si les gens ramènent x gobelets, ils ont une consommation ?

J. S. : Oui. Hier, on était à 250 000 gobelets récupérés par les points gobelets. Ce qui facilite aussi la tâche du nettoyage. On travaille beaucoup là-dessus puisqu'on est dans le cadre du développement durable et de l'agenda 21. C'est aussi pour ça qu'on a enlevé des groupes électrogènes, qu'on a fait le maximum pour limiter les rejets de CO2 et la consommation de fuel. Ici, on a ce qu'on appelle les drop-zones pour les hélicos. C'est ici qu'ils atterrissent : les urgences, les gendarmes... On a quatre hélicos : un de la protection civile, un de la gendarmerie, un des pompiers et un de la douane. On est classé en très grand rassemblement. D'un point de vue sécurité et légal, c'est la préfecture qui décide. On a de d'ailleurs de très bons rapports avec elles. De toute façon, on joue le jeu.

AF : À part le malheureux et terrible incident qu'il y a eu en 2001 ou 2002, on n'entend pas parler de gros problèmes aux Vieilles Charrues. [NDLR : un homme dormait sur le sol. Un camion de campeur qui reculait ne l'a pas vu et l'a écrasé. Tout véhicule y compris camping-car est interdit dans les campings].

J: En 2006, on a eu un décès avec une personne qui s'est suicidée dans un camping. Mais le coup du gars qui s'est fait écraser, ça a été terrible. Ce n’est pas compliqué : le festival s'était super bien passé, l'organisation était en train de boire le champagne et on est venu leur annoncer qu'il valait mieux reboucher les bouteilles. ça a été... oui, très dur.

Des personnes concentrées

le festival a une station service pour alimenter les véhicules de levagele festival a une station service pour alimenter les véhicules de levage

AF : J'imagine. Cela dit, par rapport à la concentration de personnes...

J. S. : Oui, c'est vrai. Quand tu vois une ville de 60 000 habitants, il y a 5 décès par jour. La signalétique qu'on utilise cette année, c'est une signalétique routière. Ça nous a fluidifié nos axes. Je suis super content parce que c'était un peu la galère. Il y avait des gens "ah tiens ! Je m'arrête là, j'en ai pour 5 minutes" et puis une heure après le véhicule était toujours là. Ça engendrait des blocages. Là, on a une tractopelle toujours prête à dégainer et quatre semi-remorques de cailloux.

[NDLR : Nous passons à côté de la zone de stockage fioul, celui-ci servant aux groupes électrogènes et à la station-service puisque le festival en a une pour alimenter les véhicules de levage.]

Ça, ce sont les copeaux pour la sciure pour les toilettes sèches. Il y aussi les déchets d'oranges puisqu'on fait de l'orange pressée cette année. On va aller dans la zone de sureté... On est dans la zone des entrées. Ici c'est la restauration extérieure et le merchandising extérieur [NDLR : Outre des stands de restauration variée avec une proportion notable de produits bios, on trouve un petit marché avec vêtements, badges, chapeaux, équipements de fumeurs typiques des abords de festivals. Ceci se prolonge jusqu'au centre-ville par de nombreux stands forains proposant surtout des vêtements et accessoires.]

Le PC

[Nous accédons aux bungalows qui surplombent la zone d'entrée et constituent le PC sûreté du festival.]

 

Thierry Lescouet et Dom Briand, les responsables propreté du festival.Thierry Lescoat et Dom Briand, les responsables propreté du festival.

AF : Tu n'as pas d'inquiétude sur le fait que vous ayez fermé la billetterie ?

J. S. : Non, on a communiqué... Les gens attendront peut-être demain. Voici Alain Bennasar, responsable de la sécurité du festival. Thierry Lescoat et Dom Briand qui sont les deux responsables de la propreté de ce superbe champ.

Thierry Lescoat : On sait que le festival a des difficultés financières, alors...

J. S. : Le problème, c'est qu'on achète moins de gants, mais on paye plus de personnel. Voilà. C'est ici que ce fait toute la gestion de la sécurité du festival, ce qui n'est pas une mince affaire.

 

espace juste après la zone d'entrée espace juste après la zone d'entrée

AF : Le festival a l'air d'être un succès.

Alain Bennasar : On a dans les 70 000 personnes sur le site aujourd'hui. On va arriver à 200 à 210 000 personnes sur les 4 jours.

J. S. : 170 000 payants surs, en tout cas.

Alain Bennasar : ça y est ? On est à 170 000 payants ?

J. S. : Oui, on y sera. Tout confondu. Facilement. C'est une belle édition. On reprend la main. On reprend la tête [NDRL premier festival de France]. Et je pense que ce soir, sur le champ, ça va être Noël !

Nous terminerons la visite de cette véritable fourmilière dans une prochaine partie ! Encore une fois, je remercie toutes les équipes du festival pour la chaleur de leur accueil.

 

 

la zone d'entrée vue du PC sécuritéla zone d'entrée vue du PC sécurité

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