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Le forgeron débarque sur Mac

Test du Sony Sound Forge Pro Mac 1.0

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Sony Sound Forge Pro Mac
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Sony Sound Forge Pro Mac

Editeur audionumérique de la marque Sony appartenant à la série Sound Forge.

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Prix public : 245 € HT

L’indéracinable éditeur audio pour PC de Sony, racheté en 2003 à Sonic Foundry après que ses créateurs aient jeté l'éponge face aux géants Avid, Adobe et Apple, vient de passer sur Mac après 15 ans d'attente.

Il serait peu dire que la nouvelle a fait du bruit, alors que plus personne n’avait gardé le moindre espoir à ce sujet : il aura fallu attendre qu’Apple dépasse Micro­soft finan­ciè­re­ment pour que Sony, suivant de peu Stein­berg avec Wave­lab, daigne nous propo­ser son éditeur – entiè­re­ment réécrit – sous un nouveau système.

Sans rentrer dans l’éter­nelle bagarre PC/Mac, prenons le cas d’un musi­cien et ingé­nieur du son ressem­blant fort à votre servi­teur. Ayant décidé de passer sur Mac en 2008 après que son dernier PC portable lui a joué des tours sur scène, il y retrouve Pro Tools, Able­ton Live, la plupart de ses plug-ins de prédi­lec­tion… mais pas d’édi­teur audio digne de ce nom. Ou bien si, mais rien qui ne vaille Sound Forge qu’il utilise depuis plus de 10 ans déjà, et au sujet duquel il a écrit 33 articles dans un maga­zine spécia­lisé de l’époque, en le compa­rant systé­ma­tique­ment à Wave­lab, Audi­tion et Peak. Il opte dès lors pour Paral­lels Desk­top, installe Windows XP sur son Mac et profite de son éditeur préféré comme si de rien n’était… ou presque, puisqu’il reste bon gré mal gré des défauts : le coût de Paral­lels, dont les updates succes­sifs améliorent nette­ment l’in­té­gra­tion de Windows dans le Mac ; le temps de démar­rage dudit Windows et son impact sur les perfor­mances de Mac OS X tout de même (et encore il ne s’agit que de Windows XP) ; le passage constant d’un envi­ron­ne­ment à l’autre, les raccour­cis qui ne sont pas les mêmes…

Bref. Bien qu’il n’ait jamais baissé les bras, l’ar­ri­vée de Sound Forge sur Mac, même tardive, semble une béné­dic­tion. Qui sait, elle pour­rait même annon­cer l’ar­ri­vée prochaine d’Acid et surtout de Vegas sur la même plate­forme. Tout devient simple, adieu Windows et ses virus ! Quant à ceux qui, sur Mac, ne connaissent Sound Forge que de nom, ils ont de quoi sali­ver : à part Wave­lab et Audi­tion, tous deux égale­ment trans­fuges du PC, mais plus chers sans être néces­sai­re­ment meilleurs, aucun éditeur audio n’est à même de riva­li­ser main­te­nant que Peak de Bias – qui ressem­blait diable­ment à l’édi­teur de Sony, mais était tout de même un cran au-dessous, avouons-le – a disparu. Un petit tour d’ho­ri­zon s’im­pose donc, mais atten­tion : tout au long de ce test nous garde­rons Sound Forge Pro 10 (pour PC) comme réfé­rence, histoire de voir ce que l’on a gagné et/ou perdu au passage sur Mac. Et comme vous allez le voir, ça fait parfois mal.

Prix, instal­la­tion et choix tech­niques

Sony Sound Forge Pro Mac 1.0

Commençons par le prix : 294 euros TTC. Ceux qui venaient d’ache­ter Sound Forge 10 pour PC (421 euros TTC) se verront tout juste offrir une réduc­tion de 70 euros sur le prix hors taxe. Ceci indique­rait-il que nous avons affaire à un nouveau produit ? Pour infor­ma­tion, Adobe Audi­tion est à 417 euros, Stein­berg Wave­lab à 602 euros TTC et Auda­city, qui est gratuit, ne présente pas le même niveau de perfor­mances. Le choix semble clair, il s’agit d’at­taquer le marché profes­sion­nel en étant moins cher que la concur­ren­ce… mais quid de la qualité ?

Avis à la popu­la­tion, Sound Forge Pro Mac 1.0 ne fonc­tionne qu’en 64 bit. Exit donc Snow Leopard, il faudra instal­ler OS X 10.7 mini­mum si ce n’était déjà fait. Une fois Moun­tain Lion installé dans notre cas (sur un disque dur externe), tout va très vite. Le manuel est clair et bien fait, en anglais seule­ment, et il faudra le lire, parce que sous des dehors avenants Sound Forge cache de nombreux concepts aussi pratiques que peu intui­tifs. Petite remarque cepen­dant : ce manuel ne fait que 90 pages, contre 382 pour la version PC. Et là, d’évi­dence on ne peut que consta­ter qu’il manque bien du monde à l’ap­pel… Histoire de tuer le suspense, voici une liste d’élé­ments que vous ne trou­ve­rez pas dans Sound Forge Pro Mac 1.0 :

Un éditeur audio certes, mais pourquoi faire ? 

Les éditeurs audio sont au son ce que Photo­shop est à l’image : des outils précis et effi­caces qui permettent de travailler sur une « image » sonore mono, stéréo ou multi­ca­nal, mais pas pour autant multi­piste de même que Photo­shop ne traite pas la vidéo. Mis à mal pendant quelques années par l’in­té­gra­tion dans les séquen­ceurs d’édi­teurs inté­grés, ils reviennent à la mode avec l’ère du maste­ring tout puis­sant, cette étape cruciale pendant laquelle un évène­ment sonore est fina­lisé avant diffu­sion. Non seule­ment plus précis et avan­cés que les meilleurs séquen­ceurs du marché sur ce domaine, ils ne passent notam­ment pas par la déli­cate étape de l’ex­port et n’ont pas non plus à faire face aux problèmes de latence et de distor­sion de phase asso­ciés. De ce fait ils peuvent être déter­mi­nants dans la post produc­tion, le maste­ring ainsi que dans la prépa­ra­tion de banques de samples et le nettoyage de pistes audio.

Pas d’Auto Region, pas de réverbe à convo­lu­tion Acous­tic Mirror, pas de fades graphiques, pas d’ana­lyse de spectre, de sona­gramme ni de phase­mètre, pas de SDS/SMDI pour travailler avec un sampleur, pas d’in­té­gra­tion de la vidéo, pas de gravure CD ni de norme Red Book, pas non plus de CD Archi­tect 5.0 ni de Noise Reduc­tion 2.0 livrés avec, pas de trai­te­ment batch ni de scrip­ting, pas d’ou­ver­ture ni de sauve­garde au format FLAC (entre autres), pas d’his­to­rique d’undo/redo, pas de Loop Tuner, pas de synthèse FM, pas de Pitch­bend, de Trim/Crop, de Pan/Expand, de DC Offset ou de détec­tion de clip, pas de trai­te­ment des instru­ments FS2, GIG et DLS, pas même de Snap to Zero lors de l’édi­tion… Idem, on y trouve 3 pages de raccour­cis clavier contre 10 pour la version PC. Le choix est clair là encore, Sony a décidé de simpli­fier son soft et d’en faire une appli­ca­tion Mac – jolie, douce et avec juste ce qu’il faut d’op­tions… juste ce qu’il faut, vrai­ment ?

On en reparle plus bas.

La visua­li­sa­tion au cœur du système

Sony Sound Forge Pro Mac 1.0

Sound Forge Pro Mac se présente sur une simple fenêtre, dotée de 5 sections : haut, bas, gauche, droite et centre. En haut la barre d’ou­tils. Non confi­gu­rable hélas, on y trouve les éléments de base plus quelques ajouts cosmé­tiques bien­ve­nus qui permet­tront de sépa­rer auto­ma­tique­ment la fenêtre d’édi­tion (au centre) en deux, verti­ca­le­ment ou hori­zon­ta­le­ment, et de faire appa­raître ou dispa­raître des blocs d’in­fos à gauche, à droite et/ou en bas de l’écran.

Parmi ceux-ci on trouve les proprié­tés du fichier ouvert, un explo­ra­teur, les indis­pen­sables Vumètres et bargraphes, les plug-ins et chaînes de plug-ins, la liste des régions, un onglet d’en­re­gis­tre­ment et des statis­tiques. L’en­semble est flexible, complet et bien pensé, rien à dire de ce côté-là si ce n’est qu’on aurait appré­cié la possi­bi­lité d’uti­li­ser un deuxième écran pour mieux voir nos formes d’onde, plutôt que de sépa­rer le nôtre en deux. Ce sera pour une autre fois. 

Sony Sound Forge Pro Mac 1.0

Commençons par la visua­li­sa­tion de la forme d’onde. Très claire et toujours aussi précise, elle nous permet de voir très clai­re­ment chaque échan­tillon au final, avec un niveau de zoom allant jusqu’à 24:1 et acces­sible de diverses façons (souris, track­pad, flèches du clavier). On pourra par ailleurs profi­ter ici des possi­bi­li­tés d’un iPad, ce que nous n’avons pas pu tester. Pas d’autre forme de visua­li­sa­tion ici par contre, les spec­tro­grammes et sona­grammes d’an­tan ayant tout simple­ment été aban­don­nés au profit d’un choix person­nel de plug-ins de la marque de votre choix, pour la plupart payants. Rappe­lons d’ailleurs qu’à cet effet Sony vient de sortir Spec­tra­Layers, un éditeur qui se veut complé­men­taire, dans le style d’iZotope RX2, et que les usagers de Sound Forge sont encou­ra­gés à utili­ser en paral­lèle. L’idéal serait bien entendu de fusion­ner les deux systèmes, mais on peut toujours rêver. 

Sony Sound Forge Pro Mac 1.0

La visua­li­sa­tion des niveaux se fait en peak et VU/PPM. On peut choi­sir entre diverses versions, avec ici un Vumètre tradi­tion­nel cali­bré (0 VU +4 dBU) à –18 dBFS selon le stan­dard EBU Broad­cast. Les expli­ca­tions sont claires, et un simple test montre que tout fonc­tionne, avec une forme d’onde carrée envoyée à –18 dBFS qui tombe bien sur le zéro. Tout va bien, mais pourquoi ne pas avoir inté­gré les LUFS, True Peak et autres LRA néces­saires pour la post-produc­tion depuis la recom­man­da­tion EBU R128 ? Là encore Sony compte mani­fes­te­ment sur ses utili­sa­teurs pour choi­sir les plug-ins de rigueur… à leurs frais. Pas même un phase-mètre – pour­tant inté­gré dans Sound Forge Pro 10 avec de multiples options – c’est dire.

Les proprié­tés de fichier nous permettent, en plus de voir tout ce qu’on a besoin de savoir sur le son traité, de modi­fier certains éléments : fréquence d’échan­tillon­nage (jusqu’à 192 kHz), réso­lu­tion (jusqu’à 64 bit flot­tant) et nombre de canaux (jusqu’à 32). Ce dernier point est très inté­res­sant, puisqu’il permet de placer un fichier stéréo dans un univers surround en un seul clic.

Ergo­no­mie et travail de la forme d’onde

Sony Sound Forge Pro Mac 1.0

Le prin­cipe est simple : en haut une série d’on­glets permet­tant de passer d’un son à l’autre. Pas de Ctrl-Tab hélas pour passer d’un onglet à l’autre, comme on le faisait sur PC. Au-dessous une version globale (universe) du fichier en ques­tion, puis la time­line et la forme d’onde. Les divers formats de time­line sont bien présents (sample, time, Time­Code, SMPTE…), sauf le mode Measures & Beats qui permet­tait d’uti­li­ser un temps musi­cal pour éditer le son. Dommage, tout comme la dispa­ri­tion de l’édi­tion de tempo façon Beat Detec­tive, telle­ment pratique pour travailler avec des éléments ryth­miques. Exit aussi le travail en mode Grid Line, qui permet­tait de décou­per visuel­le­ment une sélec­tion en 2 à 16 parties.

Pour ce qui est des marqueurs (raccourci M) et marqueurs de régions (raccourci R) on est dans un mode connu, même si celui-ci est très bien fait et très pratique, avec la liste corres­pon­dante et modi­fiable à loisir dans un des blocs d’in­for­ma­tions. On peut expor­ter les régions auto­ma­tique­ment, ce qui est très pratique, mais quel dommage d’avoir perdu l’Auto-Region du coup ! Ce système permet­tait en effet de détec­ter les tran­si­toires auto­ma­tique­ment et de décou­per des boucles ryth­miques en moins de temps qu’il n’en fallait pour cliquer. Asso­ciée à l’ex­port de régions, cette vieille fonc­tion de type Beat Detec­tive là encore méri­tait à elle seule l’ac­qui­si­tion du soft – ici asso­ciée aux Grid Lines afin de voir si les éléments ryth­miques sont bien placés sur le tempo. Notons enfin l’étrange absence de snap to zero-cros­sing, alors que l’on peut utili­ser la fonc­tion Snap pour coller à la grille, aux marqueurs et aux évène­ments. 

Sony Sound Forge Pro Mac 1.0

Avant de rentrer dans l’édi­tion à propre­ment parler, signa­lons en bas à droite les boîtes de début, de fin et de durée de sélec­tion. Elles servi­ront à se posi­tion­ner éven­tuel­le­ment, et intègrent la possi­bi­lité d’uti­li­ser des formules mathé­ma­tiques ! Bien pensé, sauf que ça marche plus ou moins selon les formats : pas de problème pour les addi­tions et sous­trac­tions en secondes par exemple, mais les divi­sions, multi­pli­ca­tions et pour­cen­tages ne marchent qu’avec une time­line en samples. On aurait appré­cié une indi­ca­tion à ce sujet dans la docu­men­ta­tion. Par ailleurs sur la durée de sélec­tion le marqueur de début est celui qui bouge, ce qui en géné­ral ne va pas nous arran­ger. Pourquoi ne pas nous lais­ser le choix ?

Edition et possi­bi­li­tés

Sony Sound Forge Pro Mac 1.0

On dispose dans Sound Forge de 4 modes d’édi­tion symbo­li­sés par des icônes en bas à gauche de la forme d’onde: Time, Event, Pencil et Enve­lope. 

Sony Sound Forge Pro Mac 1.0

L’ou­til Time sert à faire des sélec­tions « clas­siques », à décou­per, coller, etc. Rien de bien nouveau ici, de même que Pencil permet de redes­si­ner un clip ou un glitch par exemple. L’ou­til Enve­lope est quant à lui effi­cace pour sélec­tion­ner de nombreux points d’au­to­ma­tion ensemble et les dépla­cer de concert (on y revien­dra). À noter, on ne peut pas copier/coller des segments d’une enve­loppe sur une autre enve­loppe alors qu’on peut le faire sur PC, dans tous les sens. Jusque-là tout est fonc­tion­nel et somme toute clas­sique, mais c’est sans comp­ter sur l’ou­til Event, nette­ment plus origi­nal. 

L’édi­tion par événe­ment, dans Sound Forge, consiste à divi­ser un son en autant d’évè­ne­ments que l’on veut avant de les dépla­cer, décou­per, coller, rallon­ger, mixer à volonté. Toute partie de fichier ayant passé par une de ces étapes, ou même ayant été travaillée à l’aide d’un plug-in, devient un événe­ment (Event, en anglais).

Sony Sound Forge Pro Mac 1.0

Et là c’est la fête, puisqu’on peut soudain prendre un bout d’un son mono, le mixer sur la gauche en béné­fi­ciant des 20 formes de cross­fades possibles dans un système surround, corri­ger le place­ment, rallon­ger les parties d’avant et d’après à l’aide de cross­fades, le tout avec une flexi­bi­lité décon­cer­tan­te… Ajou­tons qu’on peut faire du drag’n drop d’events de diverses façon selon l’em­ploi que l’on fait de la souris, et qu’on peut dépla­cer les formes d’onde au sein même d’un event : quel outil ! À noter toute­fois quelques plan­tages récur­rents en déplaçant des événe­ments avec l’ou­til Event sur cette version 1.0. Sur la version PC, dont on ne vantera jamais assez la légen­daire stabi­lité, aucun souci. De même, un Undo annule une chaîne entière de mouve­ments d’events ici, ce qui n’est pas le cas sur PC, où on peut les annu­ler un par un. Plus convain­cant, les canaux semblent plus indé­pen­dants sur cette version en matière d’events. Ainsi on peut aisé­ment prendre un event à gauche et le dépo­ser à droite, ce qui n’est pas aussi aisé sur PC. 

Multi­ca­nal, mais pas multi­piste ?

Sony Sound Forge Pro Mac 1.0

On peut en réalité travailler avec 32 canaux qui servi­ront en quelque sorte de pistes si l’on veut, et faire un montage sonore complet. Un exemple : admet­tons qu’on dispose de 4 pistes enre­gis­trées simul­ta­né­ment à l’ex­té­rieur, prove­nant de 2 micros pour une prise d’am­biance stéréo et de 2 micros pour des dialogues. On peut ouvrir un fichier disons sur 8 pistes (comme un 7.1 donc), dont les sorties seront alter­na­ti­ve­ment envoyées à gauche et à droite pour un signal stéréo au final. Les 4 premières seront utili­sées pour le moment, et on se servira des 4 dernières comme de deux pistes stéréo, en y mixant des ambiances sonores venues d’ailleurs. Ce système permet­tra de travailler les fades en douceur et de gérer chaque point de passage. À partir de là, l’édi­tion pour­rait être un cauche­mar, puisqu’il ne s’agit au final que d’un seul fichier son, mais c’est sans comp­ter sur le travail en mode Event : chaque élément peut être découpé, déplacé, coupé, dupliqué, etc. d’un simple mouve­ment de souris. Au final le son sera balancé en stéréo via Chan­nel Conver­ter, et le tour est joué. Même les plug-ins (sauf les chaînes) peuvent être employés sur une partie d’un unique canal, et le travail en .frg permet­tra de reve­nir sur chaque étape si besoin est (voir plus bas). 

Éton­nant tout de même face à cette pléthore de possi­bi­li­tés : quand on joue un fichier mono, il n’est joué qu’à gauche sur nos haut-parleurs puisqu’as­si­gné à une unique sortie — ici Left. Rien à faire pour le dédou­bler, heureu­se­ment que notre RME Fire­face UFX dispose d’un bouton Mono pour écou­ter le son sur les deux haut-parleurs à la fois ! Gageons que ce sera corrigé au plus vite. 

Enre­gis­tre­ment et travail du son

Sony Sound Forge Pro Mac 1.0

On peut dans cette version simpli­fiée du module de Sound Forge Pro 10 enre­gis­trer de l’au­dio dans un nouveau fichier, au sein d’un fichier exis­tant, en boucle (nouvelle prise à chaque passage), avec déclen­che­ment auto­ma­tique on et off. Tout cela est parfait pour faire des banques d’échan­tillons sonores par exemple, pour des percus­sions ou pour des éléments sépa­rés. Bon, il y manque le MIDI Time­Code entre autres, puisque cette nouvelle version n’in­tègre pas le MIDI, mais c’est à peu près tout. Rappe­lons-le tout de même, Sound Forge n’est pas un logi­ciel multi­piste. On signa­lera là aussi des plan­tages durant le test, mais il faut dire qu’en­re­gis­trer un son live sur 32 canaux en 64 bit 192 kHz peut sembler risqué sur un MacBook Pro…

Une autre façon d’in­té­grer du son consiste à insé­rer de la synthèse simple, sous ses formes clas­siques : sine, square, white, etc. avec possi­bi­li­tés de swee­ping loga­rith­mique pour écou­ter toutes les fréquences du spectre. Bien, mais on aurait aimé retrou­ver les éton­nantes possi­bi­li­tés de synthèse FM de la version PC, une fois encore.

Sony Sound Forge Pro Mac 1.0

Pour ce qui est des effets on en a de deux ordres : Process et Effects. Le menu Process rassemble les effets maison. Rien de nouveau ici, et beau­coup de choses en moins. Chan­nel Conver­ter est une matrice bien utile desti­née par exemple à conver­tir du 5.1 en stéréo. Les Fade in/out disposent de 5 variantes, mais n’offrent plus de version graphique, telle­ment plus riche. On pourra de même inver­ser la phase ou le son dans son ensemble, muter tout ou partie d’un fichier, norma­li­ser (toujours aussi bien le scan de fichier pour déter­mi­ner le maxi­mum et le niveau RMS de l’en­semble). Manquent donc à l’ap­pel : Auto Trim/Crop, DC Offset, EQ (graphic, para­gra­phic, para­me­tric), Graphic Fade, Pan/Expand, Smooth/Enhance. Plus d’autres moins impor­tants, le dither maison par exemple ayant été remplacé par celui d’iZo­tope (les deux sont présents dans la version PC toute­fois).

La firme améri­caine est ici à l’hon­neur, puisqu’on appliquera les modi­fi­ca­tions de fréquence d’échan­tillon­nage avec iZotope 64-bit SRC, et de réso­lu­tion en bit et dithe­ring avec iZotope Mbit+, tous deux de grande qualité. Pour ce qui est du Time stretch et du Pitch shift on aura recours à élas­tique Pro de Zplane pour une qualité aux normes profes­sion­nelles. On regret­tera tout de même le Pitch Bend (sur PC unique­ment, donc) qui permet­tait des choses invrai­sem­blables. Égale­ment, et c’est aussi valable pour les effets, exit le clic droit sur le bord de la fenêtre d’ef­fet qui permet­tait par exemple d’ap­pliquer un effet sur le fichier entier alors qu’on le testait sur une sélec­tion, ou de mixer ou non la queue d’une réverbe appliquée sur une sélec­tion avec le reste du fichier. On se débrouillera sans. 

Effets et auto­ma­tion

Sony Sound Forge Pro Mac 1.0

Le menu Effects fonc­tionne en 64 bit, pour les formats AudioU­nit comme VST2. On peut utili­ser les effets de deux façons selon que l’on utilise le Plug-in Choo­ser ou le Plug-in Chain. Le premier est destruc­tif et néces­site l’em­ploi d’une preview. Le second est en temps réel, consiste en une chaîne d’ef­fets inter­chan­geables par glis­ser/dépo­ser et ne s’ap­plique qu’une fois le fichier sauve­gardé, en wav par exemple. Heureu­se­ment, une fois la sauve­garde effec­tuée, si on a des remords on peut faire un Undo (ouf), sachant que celui-ci n’ef­face pas le fichier ainsi créé. Bien vu. On sera bien inspiré par ailleurs de créer des présets régu­liè­re­ment, y compris des presets de chaînes) afin de ne pas perdre toutes nos infos. On remarquera que les effets non adap­tés pour le surround s’af­fichent en rouge, et sont désac­ti­vés… sauf que toute la suite iZotope est de ce fait désac­ti­vée, et que seuls les plugs natifs Apple AudioU­nit et le plug de gain sont actifs. C’est peu !

Sony Sound Forge Pro Mac 1.0

Entrons main­te­nant dans le vif des effets. Tout d’abord il ne reste comme effet d’ori­gine que le Gain. Adieu donc les Wave Hammer, Acous­tic Mirror, Multi-Tap Delay de barge et autres Gapper/Snip­per, jugés trop vieux pour reprendre du service. Pour chaque effet sélec­tionné dans une chaîne, on peut choi­sir les para­mètres à auto­ma­ti­ser, et montrer ou non son enve­loppe sachant que cette dernière devient grisée si on désac­tive le para­mètre. Chose splen­dide, les courbes d’au­to­ma­tion ainsi obte­nues peuvent être arron­dies selon les divers types de fades, et on peut en sélec­tion­ner un groupe et appliquer le fade en ques­tion sur l’en­semble. Le rendu est très bon, et plus rapide à obte­nir que sur Pro Tools par exemple, qui obli­gera l’uti­li­sa­teur à ajou­ter de nombreux points pour retrou­ver une « courbe » faite en réalité de segments. L’en­semble est très effi­cace, rien à dire de ce côté-là.

Sony Sound Forge Pro Mac 1.0

Reste les effets four­nis, unique­ment en prove­nance d’Izo­tope avec une suite de 3 plugs de restau­ra­tion déri­vés de RX2 et une autre de 6 plug-ins de maste­ring déri­vés d’Ozone. Un peu trop simpli­fiés et parfois peu ergo­no­miques, comme le montre l’EQ par rapport à celle d’Ozone 5, ils offrent des résul­tats toute­fois proches en termes de son. Reste qu’il y a tout de même beau­coup moins de possi­bi­li­tés et que l’in­ter­face reste pour le moins sommaire dans tous les cas – le système de réduc­tion de bruit de Sony était bien plus complet, par exemple. Au final donc un ingé-son maste­ring, s’il veut travailler avec ce type de plug, sera bien inspiré de se procu­rer les copies origi­nales d’Ozone 5 et de RX2 en lieu et place de celles four­nies ici, un peu trop légères malgré un son convain­cant.

Sauve­garde et formats

Sound Forge est connu pour sa capa­cité à jongler avec toutes sortes de formats. Citons simple­ment le .frg, ou .forge­proj, génial puisqu’il conserve l’his­to­rique complet d’édi­tion et permet de reve­nir en arrière alors qu’on rouvre à peine un fichier préa­la­ble­ment sauve­gardé ! Hélas, ce format, s’il existe égale­ment sur Mac, n’est pas compa­tible d’une plate­forme sur l’autre, et il faudra donc choi­sir sa version. À part ça, une impor­tante partie des formats manquent à l’ap­pel et on en voit appa­raître quelques nouveaux, plus orien­tés télé­pho­nie mobile (.amr par exemple, voir cette page pour les formats compa­tibles sur la version PC et celle-ci pour les formats suppor­tés sur la version Mac) et Apple, après véri­fi­ca­tions de ceux réel­le­ment utili­sables (le site de Sony n’est pas véri­ta­ble­ment exact sur ce sujet). Pourquoi ne pas propo­ser le meilleur des deux mondes, à savoir toutes les possi­bi­li­tés de Sound Forge 10 avec quelques éléments en plus, quitte à réin­té­grer ces quelques éléments dans la version PC par la suite ? Là encore il s’agit proba­ble­ment d’une ques­tion de prix.

Conclu­sion

Certes Sound Forge a dès sa créa­tion été révo­lu­tion­naire sur bien des points : réverbe à convo­lu­tion bien avant l’ar­ri­vée d’Alti­verb, fonc­tions de type Beat Detec­tive au début des années 90, travail couplé avec Acid pour créer des banques de boucles, batch proces­sing, ouver­ture et sauve­garde d’in­nom­brables formats audio, etc. Il n’en reste pas moins que si la version PC semble bien loin de l’ob­so­les­cence, elle fait figure de dino­saure dans le monde de l’au­dio. De ce fait, attendre 10 ans ou plus pour sortir une version tota­le­ment iden­tique ne semblait pas une option pour Sony – hélas. 

Il s’agit ici donc d’un choix clair de la part du géant nippon pour concur­ren­cer les ténors sur Mac : recons­truire une plate­forme moderne et abor­dable repre­nant les fonda­men­taux sans perdre en fiabi­lité, puis lais­ser les profes­sion­nels du son choi­sir leurs plug-ins et instru­ments de visua­li­sa­tion préfé­rés. Disons-le fran­che­ment, et malgré ce que ce test pour­rait lais­ser penser, à ce niveau c’est une belle réus­site. Le son, dont on a peu parlé, n’est pas au centre de la bataille : la préci­sion est bien là, l’er­go­no­mie aussi. Le reste dépen­dra de votre habi­leté et de vos plug-ins, mais il y a clai­re­ment ici le poten­tiel pour faire tout ce que Sony promet sur son site.

Oui, mais le FLAC, l’ana­lyse spec­trale, la prépa­ra­tion et la gravure de CD ? On pour­rait s’en passer, pourvu qu’on ait là encore les logi­ciels adéquats… OK, mais l’Auto-Region ? Ce sera plus dur, sauf si on ne se sert de cet éditeur que pour faire du Maste­ring. Et l’ab­sence de vidéo, est-elle bien raison­nable pour un logi­ciel a priori orienté post-produc­tion ?… Et puis, pourquoi ne pas voir un peu plus loin en propo­sant une inté­gra­tion partielle de Spec­tra­Layers par exemple, histoire de béné­fi­cier du sona­gramme et d’of­frir un éditeur réel­le­ment sans équi­valent ? Et pourquoi ne pas propo­ser la DDP, ou un système de visua­li­sa­tion de niveau se rappro­chant de la recom­man­da­tion EBU R128 pour l’au­dio­vi­suel, en vigueur un peu partout en Europe histoire de prendre une énorme longueur d’avance ?

Nous arri­vons de ce fait à une conclu­sion en demi-teinte. Pour tous ceux qui n’ont jamais eu Sound Forge Pro pour PC dans les mains, Sound Forge Pro Mac repré­sente une excel­lente nouvelle et consti­tuera sans nul doute un bon inves­tis­se­ment. Hélas les anciens utili­sa­teurs de l’édi­teur de Sony risquent fort de ne pas s’en satis­faire, tant cette version manque de possi­bi­li­tés par rapport à celle que l’on trouve sur PC… Il y a ici des choses en moins, mais rien en plus qui ne soit cosmé­tique. Reste qu’avec Paral­lels Desk­top installé sur un Mac avec Windows XP (soupir) on peut toujours avoir le vrai Sound Forge, celui qui fait tout et bien plus que celui-ci pratique­ment sans jamais plan­ter, pour plus cher certes… en atten­dant patiem­ment la version suivante, puisque Sony a toutes les cartes en mains pour propo­ser le meilleur éditeur audio qui soit.

Points forts
  • Enfin sur Mac après 15 ans d’attente
  • Entièrement réécrit en 64 bit
  • Moins cher que la concurrence
  • Edition en mode Event
  • Marqueurs, régions et export de régions
  • Excellente ergonomie
  • Tous les fondamentaux qui ont fait la réputation de Sound Forge
  • Possible association avec Sony SpectraLayers à coût réduit
Points faibles
  • Disparition d’innombrables effets et processus
  • Nécessité, de ce fait, d’investir dans des plug-ins complémentaires
  • Disparition du batch processing, du script, de la gravure, de l’analyse de spectre…
  • Disparition de la vidéo
  • Disparition de l’indispensable Auto Region
  • Moins de formats que dans Sound Forge Pro 10 pour PC
  • Quelques plantages, notamment en mode Event
  • Aucune nouveauté, ni DDP ni norme EBU R128

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