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Le mixage selon Craig Anderton

Créer un mix large et ouvert

Voici quelques secrets permettant d'obtenir un mix large, spacieux et professionnel qui sonne avec n'importe quel système de diffusion.

Les mixs larges et spacieux au son plus gros que nature sont recon­nais­sables dès la première écoute. Un bon mix est une produc­tion qui sonne bien avec diffé­rents systèmes de diffu­sion et permet d’en­tendre chaque instru­ment clai­re­ment et distinc­te­ment. Pour­tant, à l’écoute des nombreuses démos que je reçois dès leur sortie de home studio, je constate de façon toujours renou­ve­lée que le mix parfait n’est pas si facile à réali­ser… en fait, c’est même très diffi­cile. Voici donc quelques conseils pour obte­nir un son large et ouvert quel que soit le genre musi­cal.

 

Allez droit au but

Élimi­nez autant d’étages actifs que possible entre la source et l’en­re­gis­treur. Certes, les équi­pe­ments en bypass n’in­ter­viennent pas sur le son mais se trouvent malgré tout sur le flux de signal et intro­duisent souvent de légères dégra­da­tions. Par combien d’étages de préam­pli­fi­ca­tion passent les signaux ligne en raison de la paresse du tech­ni­cien aux manettes ? Tant que faire se peut, envoyez les sources direc­te­ment dans l’en­re­gis­treur en évitant même tout détour par la console. Pour les signaux micro, utili­sez un préam­pli dédié de très haute qualité et raccor­dez-le direc­te­ment à l’en­re­gis­treur plutôt que de faire passer le signal par la console et ses étages de préam­pli­fiac­tion.

 

Certes, à l’oreille, vous ne pour­rez quasi­ment pas consta­ter l’avan­tage sonore du câblage direct avec l’en­re­gis­treur en écou­tant chaque instru­ment isolé­ment. Pour­tant, à l’échelle de toutes les pistes de l’ar­ran­ge­ment, l’ef­fet cumulé de ce câblage qui réduit le flux de signal à l’es­sen­tiel apporte une amélio­ra­tion signi­fi­ca­tive en terme de clarté sonore.

 

Mais vous objec­te­rez peut-être que, person­nel­le­ment, vous voulez un son sale bien dans l’air du temps ? Enre­gis­trez malgré tout avec une fidé­lité maxi­male : vous pour­rez toujours salir les signaux ulté­rieu­re­ment lors du mixage.

 

L’ar­ran­ge­ment

Passez votre arran­ge­ment au crible avant de penser au mixage. Les arran­ge­ments des projets solo tendent au « désordre » parce que vous aurez tendance à « surjouer » au moment d’en­re­gis­trer les premières pistes afin de remplir l’es­pace sonore encore vide. Plus tard, au fur et à mesure de l’avan­cée de l’ar­ran­ge­ment, vous consta­te­rez qu’il ne reste plus assez de place pour les over­dubs.

 

Voici quelques sugges­tions concer­nant la gestion des pistes :

  • Une fois l’ar­ran­ge­ment étoffé, rejouez les premières pistes que vous avez enre­gis­trées. Effor­cez-vous de jouer ces pistes de façon aussi sobre que possible afin de lais­ser de la place aux over­dubs que vous avez ajou­tés. Comme beau­coup d’entre vous, je compose en studio. Ce procédé donne souvent un côté hési­tant et indé­cis au morceau parce qu’on n’est pas tota­le­ment sûr de la direc­tion à prendre avant d’en­re­gis­trer. Le fait de rejouer des parties données permet souvent de simpli­fier et d’amé­lio­rer la musique.
  • Essayez de construire le morceau autour de la voix ou de l’ins­tru­ment prin­ci­pal au lieu de fina­li­ser la section ryth­mique puis de poser les voix dessus. Souvent, il est avan­ta­geux de commen­cer par enre­gis­trer des pistes de batte­rie, de basse et de guitare ryth­mique (ou de claviers) très simpli­fiées. Elles servi­ront de témoins à l’en­re­gis­tre­ment des voix défi­ni­tives. Vous pour­rez ensuite enre­gis­trer la section ryth­mique défi­ni­tive en tenant compte des nuances des prises de voix.
  • Comme l’a dit Sun Ra, tout est ques­tion d’es­pace : plus vous épurez votre jeu, plus vous donnez d’im­por­tance à chaque note. Le résul­tat est un son global aéré et spacieux.

 

Travail sur les pistes

Avant de mixer, écou­tez chaque piste isolé­ment, recher­chez les bruits indé­si­rables et suppri­mez-les. Ces imper­fec­tions à peine audibles peuvent sembler négli­geables. Pour­tant, multi­pliées par la ving­taine de pistes de l’ar­ran­ge­ment, elles peuvent engen­drer un son global assez confus.

 

Si vous ne souhai­tez pas vous perdre dans les méandres de l’édi­tion audio, vous pouvez vous conten­ter d’ef­fa­cer les parties à suppri­mer. Les logi­ciels de MAO possèdent des options d’édi­tion plus ou moins sophis­tiquées pour régler ces problèmes. Par exemple, ils permettent tous de couper et de coller des segments audio. Si votre outil logi­ciel ne possède pas de plugin de réduc­tion de bruit perfor­mant, vous devrez ouvrir la piste dans un éditeur audio­nu­mé­rique, appliquer le trai­te­ment appro­prié puis réim­por­ter la piste dans le séquen­ceur.

 

Notez que certains programmes d’en­re­gis­tre­ment peuvent travailler de concert avec un éditeur audio donné. Dans ce cas, il suffira certai­ne­ment de double-cliquer sur la piste pour pouvoir l’édi­ter direc­te­ment.

 

Égali­sa­tion

Le spectre audio n’est pas un espace infini. Vous devez faire en sorte que chaque son trouve une place appro­priée sans devoir lutter contre d’autres instru­ments. Confiez ce travail aux égali­seurs. Par exemple, si un instru­ment ryth­mique inter­fère avec un instru­ment mélo­dique, rédui­sez la réponse en fréquence de l’ins­tru­ment ryth­mique dans la partie du spectre audio qui recoupe celle de l’ins­tru­ment mélo­dique.

 

L’une des erreurs les plus fréquentes des chan­teurs et des musi­ciens réside dans le fait qu’ils commencent par se mettre en avant dans le mix et remettent à plus tard ce qu’ils consi­dèrent comme des « détails », notam­ment la partie de batte­rie. Pour­tant, il est géné­ra­le­ment préfé­rable de commen­cer par mixer la batte­rie car elle couvre une grande partie du spectre audio (du grave avec la grosse caisse jusqu’à l’aigu avec les cymbales) et a tendance à prendre une impor­tance crois­sante dans les produc­tions actuelles. Vous pour­rez ensuite recher­cher les espaces restés libres afin de placer les autres instru­ments. Par exemple, une grosse caisse très proémi­nente peut ne pas lais­ser suffi­sam­ment de place à la basse. Dans ce cas, accen­tuez la basse vers 800 ou 1.000 Hz pour faire ressor­tir ses attaques et sa brillance. Les deux instru­ments se chevau­che­ront moins car ces fréquences ne font géné­ra­le­ment pas partie des zones impor­tantes du spectre de la grosse caisse.

 

Consi­dé­rez que le morceau corres­pond à l’en­semble du spectre audible et déci­dez de la place de chaque instru­ment dans cet espace (voir illus­tra­tion 1). Pendant le mixage, j’uti­lise souvent un analy­seur de spectre, non pas parce que mes oreilles n’au­to­risent pas de juge­ment fiable, mais parce qu’il exerce mes facul­tés audi­tives en m’in­diquant préci­sé­ment la place que chaque instru­ment occupe dans le spectre audio. L’ana­ly­seur de spectre m’in­dique égale­ment les accu­mu­la­tions de niveau exces­sif dans certaines bandes de fréquences.

 

 

Répartition des instruments dans le spectre audio

Ill. 1 : les instru­ments sont répar­tis à diffé­rents endroits du spectre audio (bien sûr, de nombreux facteurs entrent en jeu et cette illus­tra­tion n’est qu’une approxi­ma­tion gros­sière). Utili­sez les égali­seurs pour répar­tir l’éner­gie sonore des diffé­rents instru­ments de sorte qu’ils occupent l’en­semble du spectre audible plutôt que de les confi­ner à certaines bandes de fréquences.


 

Si vous voulez qu’un instru­ment ressorte réel­le­ment du mix, essayez d’am­pli­fier légè­re­ment ses fréquences entre 1 et 3 kHz. Mais ne faites pas ça avec tous les instru­ments : l’idée direc­trice reste de diffé­ren­cier les instru­ments les uns des autres en ampli­fiant/atté­nuant des fréquences données.

 

Pour mettre un instru­ment en retrait dans le mix, vous pouvez utili­ser un simple filtre coupe-haut pour assom­brir légè­re­ment sa réponse plutôt que de vous lancer dans une égali­sa­tion compliquée utili­sant plusieurs filtres. De même, utili­sez un filtre coupe-bas sur les instru­ments qui « louchent » vers le bas du spectre, par exemple une guitare ou un piano, pour atté­nuer leur grave et lais­ser ainsi plus d’es­pace à la basse et à la grosse caisse qui sont essen­tielles au groove.

 

Compres­sion

Dans la quête du gros son, le fait de limi­ter la plage dyna­mique grâce à la compres­sion peut engen­drer un mix plus « étriqué » (mais aussi plus fort). Si vous utili­sez la compres­sion, appliquez-la de préfé­rence à chaque canal plutôt qu’au mix global. La compres­sion est un sujet à part (lisez l’ar­ticle « La compres­sion démys­ti­fiée »). La chose la plus impor­tante est d’évi­ter l’écueil qui consiste à compres­ser jusqu’à ce que l’ef­fet soit audible : optez pour une compres­sion mini­male afin d’at­té­nuer unique­ment les varia­tions dyna­miques incon­trô­lées.

 

Si vous déci­dez de compres­ser l’en­semble du mix, excluez certains signaux de la compres­sion pour ne pas écra­ser le son exagé­ré­ment. Cela permet de restau­rer un peu de dyna­mique natu­relle tout en conser­vant un son global compressé et dense.

 

Maste­ring

Le maste­ring est la cour suprême de l’au­dio : si cette juri­dic­tion ne vous donne pas gain de cause, aucun recours en votre faveur ne sera possi­ble… Les ingé­nieurs de maste­ring profes­sion­nels arrivent parfois à trans­for­mer un mix confus et gros­sier en produit fini propre et bien défini. Cepen­dant, il n’y a pas de miracle et les chiens ne font pas des chats ! Le maste­ring n’est que la dernière étape du proces­sus de produc­tion : il opti­mise le mixage pour lui permettre de jouer dans la cour des grands ou, au pire, lui donner de la cohé­rence.

 

Le but prin­ci­pal de cet article est de montrer qu’il n’existe pas de recette miracle : le bouton « Appuyez ici pour un mix large et ouvert » n’existe pas ! Un bon mix est le résul­tat cumulé de nombreuses étapes de travail, notam­ment celles évoquées plus haut, qui, mises bout à bout, permettent d’ob­te­nir un son global cohé­rent. Le souci du détail est donc toujours payant.

 

Origi­nel­le­ment écrit en anglais par Craig Ander­ton et publié sur Harmony Central.

Traduit en français avec leur aimable auto­ri­sa­tion.


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