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Le guide des répétitions

Kurt Cobain de Nirvana disait qu'un groupe qui veut réussir doit répéter au moins quatre fois par semaine. Pourtant, rares sont les formations, surtout débutantes et amateurs, qui peuvent se permettre une telle fréquence de travail. Il faut donc à tout prix éviter de gâcher le peu de temps de répétition disponible.

Chro­nique d’une répet ordi­naire

Voyons un exemple de répé­ti­tion, tel que beau­coup d’entre vous l’ont sûre­ment vécu.

Le groupe a rendez-vous au local à 18h00 pour une soirée de travail.

18h10 : Arri­vée du clavier qui peut discu­ter avec le guita­riste arrivé quelques minutes plus tôt.

18h30 : Arri­vée du batteur qui commence à discu­ter le coup avec ses deux compères.

18h40 : C’est au tour du bassiste d’ar­ri­ver : « Quelqu’un a une clope ? ».

18h45 : On commence à s’ins­tal­ler.

19h00 : Le chan­teur débarque en s’ex­cu­sant parce que panne de voiture et dent du petit dernier. Occupé à discu­ter avec le clavier qui termine ses bran­che­ments, il n’a pas le temps d’ai­der le batteur qui sort sa batte­rie de son coffre, et encore moins le bassiste qui se bat tout seul avec son ampli trois corps de 80 kg.

19h25 : On attaque une vague balance après avoir ouvert quelques bières.

19h40 : Instal­la­tion termi­née, balance bâclée, une petite pause s’im­pose pour déci­der du programme de la répet. On refume une clope, histoire de…

20h10 : Il a fallu débattre longue­ment des morceaux à travailler ce soir et discu­ter de la parti­ci­pa­tion du groupe à un trem­plin. Main­te­nant, on peut attaquer…

20h20 : Fin de la discus­sion sur le choix de tona­lité du morceau 1. On peut attaquer vrai­ment, dès que le batteur qui boit lente­ment aura terminé sa troi­sième bière. Le chan­teur, plus sobre ce soir, a posé la sienne sur le bord du clavier. Elle se renver­sera au premier mouve­ment de manche du bassiste.

20h21 : Le batteur compte 1, 2, 3… et le guita­riste l’in­ter­rompt : « Attends, je pose ma clope ! ».

20h22 : « 1, 2, 3… » « - Quelqu’un a vu un cendrier ? »

20h23 : « 1, 2, 3… » « - Quelqu’un a du feu ? mon briquet est mort »

20h50 : Ça fait 10 fois que le bassiste, excellent d’ha­bi­tude mais complè­te­ment fracasse ce soir, se plante sur la montée en slap qu’il doit faire pour lancer le solo de guitare. On reprend une 11ème fois au début.

20h55 : Vive discus­sion entre le guita­riste et le clavier sur l’ac­cord à plaquer à la 4ème mesure de la grille du solo. Le guita­riste veut un accord de 11ème que le clavier n’ar­rive pas à passer. Le batteur et le chan­teur discutent du match de foot de samedi dernier en buvant une bière.

21h05 : Le bassiste a à peu près réussi à conci­lier les points de vue du guita­riste et du clavier avec un troi­sième renver­se­ment d’ac­cord de 9ème. On demande au chan­teur et au batteur ce qu’ils en pensent : « Hein ? Quoi ? Vous pouvez expliquer, on n’a pas suivi. »

21h30 : Ça y est, le groupe a réussi à jouer le morceau jusqu’au bout, même si c’est loin d’être en place. Il faudrait le reprendre tout de suite, mais tout le monde en a marre. On passe au morceau 2.

22h00 : Le clavier est en grand débat avec la section ryth­mique concer­nant le tempo du morceau. Le guita­riste et le chan­teur discutent dans leur coin du film de la veille sur TF1 en buvant une autre bière.

22h15 : Ca y est ! Une bière a été renver­sée sur le clavier. Son proprié­taire engueule le bassiste qui accuse le chan­teur qui reproche au clavier de ne pas se bouger pour les affiches tandis que le guita­riste accuse le chan­teur de se prendre pour une star et de tirer la couver­ture à lui. Le batteur passe le temps en faisant un 'poum tcha­ck’ qui contri­bue large­ment à l’am­biance sonore.

22h40 : Tout le monde a réussi à se calmer. On réat­taque le morceau 2.

22h55 : Après 3 plan­tages au premier refrain, tout le monde décide de refaire le morceau 1.

22h58 : Le morceau 1 ne passe pas. On attaque l’im­pro.

23h30 : Tout le monde s’est bien éclaté sur l’im­pro. Il y a eu des super moments, des passages parti­cu­liè­re­ment inspi­rés qui feraient de bonnes bases de compos. Hélas, personne n’est capable de réel­le­ment les rejouer et de s’en rappe­ler avec préci­sion. Fin de la répet.

23h55 : Chacun est rentré chez soi sauf le batteur qui termine de trim­bal­ler ses caisses vers sa voiture et le bassiste qui se casse le dos avec son trois corps.

Vous pensez que je cari­ca­ture ? Eh bien non. Evidem­ment, vous pouvez chan­ger les rôles qui ne sont donnés qu’à titre d’exemple mais ceux qui ont un mini­mum d’ex­pé­rience de groupe ont proba­ble­ment déjà vécu ça : des répé­ti­tions de plusieurs heures se révé­lant tota­le­ment inef­fi­caces ou presque. Or, on ne saurait espé­rer arri­ver à quelque chose avec un tel fonc­tion­ne­ment. Il en va même de la survie du groupe car, si promet­teur soit ce dernier, ce genre de répet aura vite raison de la moti­va­tion des uns et des autres. Au bout de quelques temps, le travail n’avançant pas, les gens se décou­ragent et le groupe se dissout.

Comment faire alors pour que le peu de temps qu’on peut consa­crer à répé­ter soit le plus produc­tif, le plus effi­cace possible ? C’est à cette ques­tion que nous allons tenter d’ap­por­ter des éléments de réponse.

Le but de la répé­ti­tion

Avant toute­fois de voir les points à ne pas négli­ger pour faire une bonne répé­ti­tion, la première chose impor­tante à faire est de défi­nir l’objec­tif de votre groupe.

Si vous dési­rez simple­ment vous retrou­ver entre copains pour vous écla­ter en faisant plus ou moins le bœuf, sans cher­cher plus loin, la chose ne pose pas problème. Mais il faut qu’elle soit claire pour tout le monde et que tous soient d’ac­cord là-dessus et dans ce cas, ce n’est pas la peine de lire la suite de ce dossier qui est consa­cré à l’op­ti­mi­sa­tion des répé­ti­tions.

Si votre objec­tif est en revanche d’avoir un groupe qui progresse, qui tourne et dont on dise « ils sont bons », alors ne le perdez pas de vue.

D’ailleurs, qu’est-ce que qui fait qu’on dit d’un groupe qu’il est bon ?

a) Qu’ils fassent de la bonne musique ?
b) Qu’ils aient un super son de la mort ?
c) Qu’ils envoient les watts ?
d) Qu’ils aient des super arran­ge­ments ?
e) Qu’ils aient de superbes mélo­dies ?
f) Qu’ils aient de bons textes ?
g) Qu’ils mettent le feu sur scène ?
h) Rien de tout ça ?

Vous avez fait votre choix ? Si vous avez répondu autre chose que la dernière propo­si­tion, vous avez tout faux ! Tous les autres éléments feront dire d’un groupe qu’il est « promet­teur », que « c’est sympa », que « c’est pas mal ». Jamais « ils sont bons ».

Car on dit d’un groupe qu’il est bon quand il est « carré ». C’est la condi­tion de base, la sine qua non, le passage incon­tour­nable sans lequel vous n’au­rez jamais ces lauriers tant convoi­tés. Quand un groupe est carré, même les gens qui n’aiment pas le style de musique le trouvent bon en défi­ni­tive.

Quant à mettre le feu sur scène, ce n’est pas avec des ryth­miques bancales, des pains toutes les deux mesures et des musi­ciens inca­pables de jouer ensemble qu’on l’ob­tient, même en sautant partout. Il faut du groove et ça, para­doxa­le­ment, c’est unique­ment en jouant carré qu’on l’ob­tient.

Bien sûr, des éléments comme la qualité des compo­si­tions, la beauté des mélo­dies, des arran­ge­ments, la qualité sonore sont extrê­me­ment impor­tants. Ils feront la diffé­rence entre une forma­tion sans enver­gure et un groupe à part. Mais je suis certain que vous avez déjà vécu ce phéno­mène : un groupe envoie une intro magni­fique, vous entrez dans l’uni­vers proposé, vous plon­gez dans la musique et ping ! Un truc pas en place vous fait décro­cher. Déplai­sant comme le télé­phone qui sonne juste quand vous attei­gnez le meilleur moment avec votre conjoint(e) !

Ne faites pas vivre ça à votre public ! Soyez carrés.

Quant à la compo­si­tion, elle corres­pond à une autre démarche et si le travail d’ar­ran­ge­ment a sa place en répé­ti­tion, ces aspects doivent toujours passer après la maîtrise tech­nique. Tel doit donc être le but de la répé­ti­tion. Ne le perdez jamais de vue, comme les 20 points énon­cés ci-après.

L’état d’es­prit pour bien répé­ter

1. Répé­ti­tion = travail

travailC’est le premier point et il est abso­lu­ment essen­tiel. Certes, on fait de la musique pour le plai­sir. Mais le plai­sir est surtout dans l’ac­com­plis­se­ment de ses projets, dans la bonne exécu­tion de ses morceaux. Quel bonheur pour un groupe et ses musi­ciens de jouer, ensemble et en symbiose, un morceau qui leur tient à cœur.

Cela ne s’ob­tient pas sans travail. La répé­ti­tion est un moment de travail, pas de fiesta. Rien n’em­pêche d’al­ler, après cette dernière, s’écla­ter ensemble, avec en plus la satis­fac­tion d’avoir fait du bon boulot et d’avoir bien avancé.

A contra­rio, en l’ab­sence de travail, la qualité n’avance pas. Et là, l’écœu­re­ment et le décou­ra­ge­ment prennent vite le pas sur le plai­sir, amenant la démo­ti­va­tion, l’aban­don de musi­ciens qui n’y croient plus et à l’ar­ri­vée, le split du groupe.

On vient donc en répé­ti­tion pour travailler.

2. Travailler sérieu­se­ment sans se prendre au sérieux

Surtout, évitez de prendre la grosse tête, que ce soit au niveau indi­vi­duel ou au niveau du groupe.

Au niveau indi­vi­duel parce les musi­ciens qui savent toujours tout mieux que tout le monde et regardent les autres de haut sont abso­lu­ment imbu­vables. Même si vous êtes une bête, il est inutile de cher­cher à le faire savoir. D’ailleurs, les vraies bêtes sont souvent les gens les plus modestes et les plus cool, qui n’ont pas besoin de jouer les cadors : leur talent parle de lui-même. En outre, en musique, plus on joue bien, plus on mesure le chemin qui reste à parcou­rir. Ça rend modeste !

Une atti­tude cool du groupe vis à vis des gens de l’ex­té­rieur est tout aussi impor­tante. Nous en repar­le­rons dans le dossier consa­cré à la vie des groupes mais n’ou­bliez pas que ceux qui jouent les stars tendent des perches pour se faire battre.

Faites donc toujours le travail avec sérieux, sans jamais vous prendre au sérieux.

3. La répé­ti­tion est faite pour jouer

Travailler sérieu­se­ment sans se prendre au sérieux, ça veut dire rester cool, prendre du plai­sir dans une ambiance convi­viale. Si ce sont là des aspects impor­tants, prenez garde à ne pas sombrer dans l’ex­cès inverse. Racon­ter une blague entre deux morceaux ne met pas une répé­ti­tion en l’air et contri­bue à la bonne ambiance. Si ça tourne au concours de blagues, par contre, le boulot n’avance pas. Il y clai­re­ment un équi­libre à trou­ver…

groupejouantDe même, la répét n’est pas le moment ni le lieu pour discu­ter de la vie du groupe. On est là pour jouer. Les histoires de contrats, partage du boulot, affiches et autres enre­gis­tre­ments doivent se gérer en réunion, tranquille­ment autour d’un pot ou à la pause. A la rigueur, si vous avez des diffi­cul­tés pour regrou­per tout le monde hors répé­ti­tion pour discu­ter de tout ça, prévoyez un temps avant ou après la répé­ti­tion. Si c’est avant, faites toute­fois atten­tion à ne pas débor­der sur le temps de jeu et prévoyez une durée limi­tée à la chose.

Les discus­sions sur la façon de jouer un morceau ne doivent pas non plus s’éter­ni­ser. Vous remarque­rez que plus une discus­sion s’éter­nise, moins elle est effi­cace et au terme des longs discours, on ressort le plus souvent sans solu­tion. Si discu­ter est impor­tant, on est là pour jouer. Il y a, là encore, un équi­libre à trou­ver.
A titre d’ex­pé­rience, vous pouvez d’ailleurs deman­der à une personne exté­rieure de venir à une répé­ti­tion pour chro­no­mé­trer le temps que vous passez réel­le­ment à jouer. Vous risquez d’avoir de sacrées surprises !

4. Pas de personne exté­rieure

Oui, je sais, ce point est en contra­dic­tion avec la sugges­tion précé­dente. On peut bien sûr avoir des personnes exté­rieures si elles sont là pour un rôle précis lié au travail du groupe (un futur sondier, ou un photo­graphe qui vient vous prendre en action) mais ceci doit rester excep­tion­nel. Evitez surtout la petite sœur ou le petit frère, la copine d’un des musi­ciens ou toute personne n’ayant rien à voir avec le groupe. Le compor­te­ment des gens s’en trouve influencé et on est plus tout à fait dans une atmo­sphère de travail, mais en repré­sen­ta­tion. Une répét, ça doit être, sauf excep­tion, le groupe et rien que le groupe.

5. Coupez les portables !

pasdeportableAu delà des inter­fé­rences qu’ils peuvent produire avec certaines enceintes ou amplis, les télé­phones portables sont à pros­crire, sous peine d’in­ter­rompre la répet toutes les dix minutes par ce qu’un tel reçoit un appel de son plom­bier, de son conjoint ou de sa mère.

Note de Los Teignos, rédac chef d’AF : Pour la petite histoire, sous prétexte de faire quelques véri­fi­ca­tions avec lui, je viens moi-même de déran­ger l’au­teur de cet article en pleine répet parce qu’il avait oublié de couper son mobile. Toutes mes excuses aux membres de son groupe donc…

Orga­ni­ser la répé­ti­tion

Rien ne se fait bien sans un mini­mum d’or­ga­ni­sa­tion et les répé­tions n’échappent pas à cette règle. Ainsi, un certain nombre de points sont à orga­ni­ser et plani­fier.

6. Respect des horaires

Que tout le monde soit ponc­tuel est une évidence. Si un des membres du groupe ne peut être à l’heure (horaires de boulot, garde des gosses, temps de trans­port long), les autres doivent s’or­ga­ni­ser pour éviter de trop perdre de temps, en instal­lant au maxi­mum le maté­riel par exemple, y compris celui du retar­da­taire quand c’est possible.

retard

Notez qu’il ne faut pas confondre heure de rendez-vous et heure de début de la répé­ti­tion.

Pour certains, le montage du maté­riel repré­sente un temps non négli­geable. Ainsi, lorsque c’est possible au niveau de l’ac­ces­si­bi­lité du local de répé­ti­tion, ceux qui ont beau­coup de maté­riel à monter doivent arri­ver tôt.

C’est souvent en début de répé­ti­tion qu’on perd le plus de temps. On prend quelques minutes pour discu­ter, prendre des nouvelles les uns des autres, parler du dernier film ou du dernier match, ou encore du dernier concert. Si ces moments sont impor­tants pour la convi­via­lité, ils peuvent faire perdre un temps énorme.

Il faut donc respec­ter quelques règles, parti­cu­liè­re­ment en début de répet, des règles qui sont aussi valables pour les concerts, d’ailleurs. Première des ces règles :

7. Instal­ler le maté­riel en répar­tis­sant les tâches

Aidez ceux qui ont le plus de maté­riel à le porter ou à l’ins­tal­ler, à plus forte raison si ce dernier est lourd, volu­mi­neux ou se consti­tue de multiples éléments.

installationRépar­tis­sez ainsi les tâches. Le chan­teur qui a par exemple très peu de maté­riel à monter, peut s’oc­cu­per d’ins­tal­ler la sono. Ces tâches doivent dans la mesure du possible être toujours les mêmes et être toujours exécu­tées par les mêmes personnes. Ainsi, chacun maîtrise ce qu’il a à faire et le fait de plus en plus vite.

Notez que ces actions doivent être réali­sées à chaque fois dans le même ordre, ordre qui aura été pensé pour des ques­tions pratiques. Il est par exemple idiot de remplir l’es­pace avec des pieds de micros et des instru­ments sur stand s’il faut slalo­mer entre tout ça pour instal­ler la batte­rie au fond, pour atteindre les prises de courant ou encore s’il faut tout bouger pour faire passer le gros ampli basse.

L’ordre logique est de commen­cer par instal­ler tout ce qui est rallonges élec­triques et multi­prises. Occu­pez vous ensuite du fond de la scène (ou du local) pour termi­ner par ce qui est le plus proche de l’en­trée ou de l’avant-scène. Instal­ler le maté­riel dans un espace dégagé est en effet autre­ment plus facile que de se débattre et se contor­sion­ner dans un espace encom­bré, où l’on perd du temps et l’on augmente les risques de casse.

Vous avez l’ha­bi­tude de vos empla­ce­ments ? Rien ne vous empêche de tirer assez rapi­de­ment les câbles audio. Notez cepen­dant que si marcher sur un jack n’est pas forcé­ment catas­tro­phique, marcher sur un jack près de la prise lorsqu’il est bran­ché dans un péda­lier est autre­ment plus embê­tant… En atten­dant le dernier moment pour encom­brer le passage, on gagne donc beau­coup de temps et de confort de travail.

Dans le même ordre d’idée, ne lais­sez pas les flight-cases, valises ou sacs encom­brer le passage. Dès qu’un de ces étuis est vide, il doit être rangé dans un endroit où il ne gênera pas.

accordageavantrepetLes instru­ments qui ont besoin de s’ac­cor­der doivent le faire au plus vite, dès qu’ils ont terminé de s’ins­tal­ler, de façon à être près dès que le jeu démar­rera. A noter que ce n’est pas forcé­ment à leur proprié­taire de les accor­der.

Dans mon duo où j’ai beau­coup de machines à instal­ler et où je gère la sono, mon duet­tiste s’oc­cupe de sortir tous les instru­ments des flights, de les accor­der hors de scène, de mettre les sangles, de véri­fier les jacks pendant que je branche la sono et les machines.

Il laisse les instru­ments à cordes hors de la scène sur leur stand, de même que les pieds de micro sur lesquels il met les micros munis de leur câble. Ainsi, ce n’est qu’une fois que le reste de la scène est installé que ces choses encom­brantes vien­dront sur scène au moment de la balance.

8. Défi­nir l’ordre et le contenu du travail à l’avance

Déci­der en début de répé­ti­tion de ce qu’on va faire est une grosse perte de temps. Il vaut mieux prépa­rer ça à la fin de la répé­ti­tion pour la répé­ti­tion suivante. Ça permet­tra en plus à chacun d’ar­ri­ver avec le dérou­le­ment prévu en tête et de s’y prépa­rer.

Mais logique­ment, une répé­ti­tion doit toujours se dérou­ler de la même façon, ce qui rend l’ordre du jour extrê­me­ment rapide à prévoir. On peut distin­guer trois parties.

  • 1ère partie : jouer les morceaux maîtri­sés

    C’est là qu’on joue les morceaux qui sont déjà bien en main, même s’ils sont parfai­te­ment maîtri­sés. Les jouer encore et encore permet un haut niveau d’in­ter­pré­ta­tion en concert, en même temps que le groupe en profite pour se chauf­fer.

    Si le réper­toire compte trop de morceaux dans cette caté­go­rie pour tous les jouer à chaque répé­ti­tion, n’hé­si­tez pas à les sépa­rer en 2, voire 3 groupes maxi. A une répé­ti­tion, on jouera le groupe 1, le groupe 2 à la seconde et à nouveau le 1 à la suivante etc.

    Logique­ment, tout morceau du réper­toire doit être joué au moins toutes les deux, trois répé­ti­tions. En effet, un morceau que l’on laisse de côté quelques temps parce qu’il est suffi­sam­ment maîtrisé devient vite catas­tro­phique alors qu’en le jouant régu­liè­re­ment, on le garde en main et on arrive à une excel­lente maîtrise.

    Essayez aussi de jouer ces morceaux de « première partie » dans l’ordre où vous les joue­rez en concert. Mais commen­cez surtout par les morceaux bien rodés que vous ne joue­rez qu’une fois et mettez en fin de cette partie les morceaux qui ne sont pas encore tout à fait parfaits pour les jouer deux ou trois fois d’af­fi­lée.

 

  • 2ème partie : le morceau en cours

    C’est là qu’une fois bien chauffé par la première partie, on travaille un morceau en cours de mise en place ou de compo­si­tion. Il est vain de travailler plus d’un titre dans cette partie. Mieux vaut se consa­crer à la fina­li­sa­tion d’un morceau pour qu’il entre au plus vite dans la première caté­go­rie.

    Ce passage de la seconde à la première partie de la répet se fait lorsque la struc­ture de la musique a été déter­mi­née et que tout le groupe est capable de jouer le titre du début à la fin sans arrêt. La chasse aux pains et impré­ci­sions se fera quant à elle dans la première partie, en jouant encore et encore.

 

  • 3ème partie : l’im­pro où on se lâche

    C’est la fin de la répé­ti­tion. Tout le monde est chaud et commence à fati­guer à cause de la concen­tra­tion. C’est donc le bon moment pour se lancer dans une impro de pur plai­sir, impro qu’il faut abso­lu­ment enre­gis­trer : c’est souvent dans ces moments que surgissent de bonnes idées qui feront des bases de futures compos. Sans enre­gis­tre­ment, elles seront perdues à 99.9 %. Ça peut aussi être dans cette partie qu’un ou plusieurs des musi­ciens du groupe peuvent présen­ter aux autres une nouvelle base de compo sur laquelle tout le monde va jammer, histoire de se mettre un riff dans l’oreille et de faire surgir des idées. Une sorte de brains­tor­ming musi­cal en somme.

Méthodes de travail

9. Travailler lente­ment

Lorsqu’on travaille un morceau, ce n’est pas la peine de cher­cher à le jouer tout de suite au tempo défi­ni­tif, bien au contrai­re… En travaillant lente­ment, voire très lente­ment, présente bien des avan­tages :

  • Toute erreur est beau­coup plus audible.
  • On entend beau­coup mieux ce que jouent les autres.
  • On peut plus faci­le­ment swin­guer.

Quand je parle de travailler lente­ment, c’est au moins 16 ou 20 BPM en dessous du tempo de base, voire plus ! Au début, vous allez trou­ver cela extrê­me­ment diffi­cile mais dites-vous bien que vous ne faites alors qu’en­tendre les erreurs et impré­ci­sions que vous faites de toutes façons lorsque vous jouez au tempo, sauf que vous ne vous en rendez pas compte alors.

Vous verrez que si vous maîtri­sez bien le morceau à un tempo très lent, vous arri­ve­rez faci­le­ment à le maîtri­ser à un tempo rapide. Mais pour que ceci soit valable, il faut…

10. Jouer souvent avec un métro­nome (ou un clic)

AutoProduction & Business : metronomeCet aspect est très impor­tant, surtout lorsqu’on joue lente­ment. Seul le métro­nome vous dira si vous êtes bien dans le temps et si vous n’ac­cé­lé­rez pas ou ne ralen­tis­sez pas sur certains passages. Ces accé­lé­ra­tions et ralen­tis­se­ment sont un grand clas­sique, de même que les temps bouf­fés. Ce sont géné­ra­le­ment des notes où, pour une raison x ou y, une noire se trans­forme par exemple en croche poin­tée.

Pour les chas­ser, il faut parfois faire une véri­table recherche. N’hé­si­tez pas à lais­ser chacun jouer seul sa partie sur le clic et à l’ar­rê­ter dès qu’on relève une varia­tion pour qu’il repère où il se plante. S’il s’agit d’un groupe avec batteur, logique­ment, seul ce dernier devrait avoir le clic, tout le monde se calant sur lui.

C’est cepen­dant un point discu­table, car les batteurs sont autant que les autres musi­ciens sujets à des erreurs de tempo. Ce genre de choses dépend du niveau du musi­cien, pas de son instru­ment.

11. Enre­gis­trez !

Ce point est essen­tiel. La plupart du temps, seul l’en­re­gis­tre­ment permet d’écou­ter sa propre musique avec une oreille « exté­rieure ». Lorsqu’on joue, on est concen­tré sur ce que l’on joue et un groupe qui ne s’en­re­gistre jamais prend géné­ra­le­ment une sacrée douche froide le jour où il fait son premier enre­gis­tre­ment. Pour éviter ça, enre­gis­trez donc régu­liè­re­ment les répé­ti­tions.

Cela permet :

  • de s’en­tendre soi-même avec du recul.
  • d’en­tendre distinc­te­ment ce que font les autres.
  • d’en­tendre comment sonne le groupe.
  • de repé­rer tous les pains, imper­fec­tions et les mauvais choix de sons ou de tessi­ture (« Tiens, le clavier est bien sur ce passage, mais ça bouffe complè­te­ment la basse alors qu’il n’y a plus rien dans les médiums »).

Enfin, l’en­re­gis­tre­ment est le moyen idéal pour faire des choix lorsqu’on hésite entre plusieurs solu­tions. Il n’est pas rare de voir des groupes ergo­ter pendant des heures pour savoir si tel tempo est mieux que tel autre, si la guitare est mieux en son clair ou en satu­rée, s’il faut lui mettre un son de chorus, si le son de clavier est bien ou pas (voir le point sur les discus­sion en répé­ti­tion)… Enre­gis­trez les diffé­rentes hypo­thèses et écou­tez-les : en géné­ral, la meilleure solu­tion saute aux yeux de tout le monde.

zoomh1Pour s’en­re­gis­trer, il faut des moyens tech­niques mais ce n’est pas non plus la peine de sortir l’ar­tille­rie lourde : un ordi­na­teur n’est pas néces­saire pour enre­gis­trer une répé­ti­tion. Quelques moyens simples suffisent :

  • L’en­re­gis­treur de poche type Zoom H est évidem­ment la meilleure des solu­tions car c’est assez facile à gérer et abor­dable, sachant qu’un vieux Mindi­Disc peut aussi faire l’af­fai­re…
  • En guise de pis-aller, on pourra utili­ser son smart­phone même si l’en­re­gis­tre­ment souf­frira forcé­ment de la qualité du micro. Consi­dé­rez du coup la possi­bi­lité d’ache­ter un micro pour votre smart­phone qui le trans­for­mera en un véri­table enre­gis­treur portable de quali­té…

Point impor­tant : chacun doit avoir son enre­gis­treur avec soi. L’idée qu’une personne enre­gistre et diffuse ensuite au autres est dans 90% des cas mauvaise. En effet, cela fait du travail pour la personne concer­née et, si elle est trop prise, les enre­gis­tre­ments risquent d’être atten­dus. Si chacun a son matos, il repart de la répet avec ses enre­gis­tre­ments et basta.

Bien sûr, l’idéal est d’avoir un ordi­na­teur, chacun venant avec sa clef USB. On enre­gistre, on encode en mp3 et chacun repart avec son truc. La personne qui a enre­gis­tré peut aussi mettre la répet sur un FTP. Mais cela implique que chaque membre soit infor­ma­tisé et connecté au net.

Dans tous les cas, gardez des solu­tions simples pour pouvoir vous concen­trer sur la musique sans être mobi­lisé par la tech­nique. J’ai souvent enre­gis­tré des répé­ti­tions avec un mini-disc et un micro d’am­biance. C’est large­ment suffi­sant.

Que faut-il enre­gis­trer ?

Il n’est pas néces­saire d’en­re­gis­trer 2 ou 3 heures à chaque fois. A quoi bon ? La chose pren­dra beau­coup de temps à réécou­ter, temps qu’il vaut mieux consa­crer à travailler.

Il faut donc enre­gis­trer :

  • Diffé­rentes versions d’un morceau (ou même d’un passage) quand il y a un doute, un choix à faire.
  • Un morceau avec un mini­mum d’avan­ce­ment, dont la struc­ture tient suffi­sam­ment la route pour qu’il soit joué du début à la fin. Inutile d’en­re­gis­trer des suites d’ar­rêts de jeu !
  • Le bœuf final.

De temps en temps, enre­gis­trez la partie 1 de la répé­ti­tion, histoire notam­ment de juger de l’avan­ce­ment et de la maîtrise du réper­toire.

L’en­re­gis­tre­ment permet enfin de véri­fier plus ou moins l’équi­libre des instru­ments. J’ai déjà vu des guita­ristes décla­rer, à l’écoute d’un enre­gis­tre­ment de répé­ti­tion, « ma guitare est trop forte ». CQFD.

Et à ce propos… 

12. Ne jouez pas trop fort

Même si vous faites de la musique éner­vée, c’est un point très impor­tant. Un son trop fort :

  • agresse les oreilles et nuit à la bonne écoute de soi-même, des autres et de l’en­semble.
  • noie les pains dans la masse sonore et empêche le travail de préci­sion (n’ou­bliez pas : carré).
  • ne permet pas non plus un bon travail sur le son.
  • rends la répé­ti­tion très fati­gante (le bruit est un des plus impor­tants facteurs de fatigue), donc plus pénible et surtout moins effi­cace.
  • est dange­reux pour les oreilles (voir enca­dré)

repettropfortAvez-vous remarqué que ce sont souvent les groupes médiocres qui, en concerts, envoient un trop plein de déci­bels ? Les bons groupes, eux, n’ont géné­ra­le­ment pas besoin de ça pour emme­ner le public dans leur monde, même s’ils font de la musique très éner­vée. Cette histoire de niveau de jeu est valable à l’échelle du groupe comme de chacun de ses membres. Certains ont en effet la main lourde sur le potar de volume. Bien sûr, il faut un mini­mum de son car on a besoin « d’être dedans ». Mais il faut aussi garder une certaine mesure.

A noter qu’un batteur, à moins qu’il ne soit de vrai­ment bon niveau, a souvent du mal à assu­rer un bon groove s’il doit trop rete­nir sa frappe. A vous de vous orga­ni­ser, donc. Evitez par exemple, si le local le permet, d’être placé de telle façon que vos oreilles soient au niveau de la char­les­ton ou d’une crash.

Pensez aussi à suréle­ver les amplis. Parfois, guita­ristes et bassistes expliquent un trop fort volume par le fait qu’ils ne s’en­tendent pas. Mais ils ont l’am­pli posé à terre et sont debout juste devant. A ma connais­sance, personne n’a les oreilles dans les mollets ! Par contre, la diffu­sion sonore fait que les autres membres en prennent plein les oreilles. En mettant les amplis en hauteur et en les orien­tant judi­cieu­se­ment, on résout souvent beau­coup de problèmes de niveaux. De même, si vous jouez avec une sono, posi­tion­nez les retours avec appli­ca­tion. Prenez bien le temps de régler ce point car il sera essen­tiel au plai­sir que tout le monde aura à répé­ter et pour la qualité de jeu.

Une solu­tion peut aussi être de répé­ter au casque. A une époque où beau­coup de guita­ristes et bassistes jouent sur des simu­la­teurs d’am­plis type POD, c’est à la fois facile et presque logique. Un bon ampli casque, quelques casques corrects… ça coûte moins cher qu’une sono et chacun peut avoir le volume qu’il souhaite, voire même, dans certains cas, un mix person­na­li­sé…

13. Prenez des notes !

La présence d’un tableau noir, d’un tableau blanc ou d’un paper­board dans la salle de répé­ti­tion est un grand plus qui permet d’écrire rapi­de­ment une grille pour tout le monde, de noter des trucs, etc. Cette méthode garan­tit aussi que tout le monde travaille bien avec la même grille et dans la même tona­lité.

prendredesnotesD’ailleurs, n’hé­si­tez pas, une fois une compo­si­tion termi­née, à faire une parti­tion au propre qui sera distri­buée à chacun. Ça ne sera pas forcé­ment une parti­tion tradi­tion­nelle, avec portées et tout le trem­ble­ment, mais plutôt les paroles avec la grille d’ac­cords, les ponts signa­lés, etc. Que la personne char­gée de la faire pense à présen­ter clai­re­ment la chose et surtout, qu’elle laisse un peu d’es­pace pour que chaque musi­cien puisse ajou­ter ses propres notes (le son à employer par exemple).

Dans la même optique, chacun doit avoir un cahier sur lequel il pourra noter les grilles, les passages diffi­ciles ou encore son travail pour la fois suivante. C’est toujours bête un musi­cien qui arrive en répé­ti­tion en ayant oublié un travail. « M… j’ai oublié que je devais program­mer cette séquence » ou « Zut, flûte, fichtre, diantre ! Je devais retra­vailler mon son de guitare pour l’in­tro ».

14. Ne cher­chez pas de supers arran­ge­ments tout de suite

Rappe­lez-vous : le premier objec­tif, c’est d’être carré. Lorsque vous abor­dez un morceau, commen­cez par le trai­ter de façon basique. Chacun joue sa partie au plus simple, en allant à l’es­sen­tiel. Une fois que le groupe maîtrise la struc­ture du morceau, la grille harmo­nique, le rythme, etc., on peut alors chia­der les choses et travailler des arran­ge­ments aux petits oignons, ajou­ter des ponts, etc.

15. Ne pas insis­ter inuti­le­ment

Dans cette idée, voici un grand clas­sique du travail en groupe. Tel membre trouve une super idée, pour sa partie ou pour la partie d’un autre : « Tiens, sur ce passage, tu devrais tout faire en arpèges. C’est super joli ». Oui, mais le musi­cien en ques­tion n’y arrive pas, l’idée est pour l’ins­tant hors de sa portée tech­nique­ment et il se plante à tous les coups.

Ce n’est pas parce que l’idée est bonne en soi qu’il faut à tout prix la mettre en œuvre. En cas de diffi­culté, rester simple, lais­sez le temps au musi­cien de travailler la partie diffi­cile et ne l’in­té­grez que lorsqu’il la maîtri­sera, même si cela doit prendre du temps. Cher­chez donc l’ef­fi­ca­cité plutôt que la complexité. Il vaut mieux un truc simple qui passe nickel qu’un beau truc compliqué qui se termine en pain une fois sur deux. (N’ou­bliez pas : carré !) 

16. Chacun doit travailler chez soi

travailalamaisonEh oui. La répé­ti­tion est le moment de travail en commun du groupe. Lorsqu’elle commence, le soliste doit maîtri­ser son solo (quitte à l’avoir simpli­fié dans un premier temps), le chan­teur doit connaître ses paroles par cœur, chacun doit connaître la grille et la struc­ture du morceau… Bref, on doit pouvoir jouer inté­gra­le­ment le morceau sans se plan­ter. Le moment de la répé­ti­tion n’est plus alors que la mise en place du groupe dans son ensemble.

Bien sûr, cela arrive rare­ment dès la seconde répé­ti­tion du morceau. Mais si un musi­cien ne travaille jamais chez lui, il devient vite un boulet pour les autres. Et méfiez-vous des histoires de niveau : j’ai vu des musi­ciens qui étaient tech­nique­ment meilleurs que les autres membres du groupe s’abs­te­nir de travailler à la maison Au bout de quelques temps, tous les plan­tages finissent par venir d’eux ! 

17. Le travail des sons se fait à la maison

Quoi de plus agaçant qu’un groupe entier qui attend les bras croi­sés pendant qu’un guita­riste ou un bassiste tripote son multi-effets, ou qu’un clavier est plongé dans les arcanes de la synthèse ? Bien sûr, un son peut être essen­tiel pour un morceau et certains tubes ne reposent d’ailleurs pratique­ment que sur un son. Raison de plus pour le travailler tranquille­ment.

En répé­ti­tion, mieux vaut cher­cher dans ses presets un son appro­chant et travailler ensuite la chose à la maison, pour la fois suivante. Cela ne veut pas dire que les autres musi­ciens n’au­ront pas leur mot à dire et ne pour­ront pas faire des sugges­tions….

Si une correc­tion ou un ajus­te­ment peut être rapide, on peut donc le faire en répé­ti­tion. Si ça doit néces­si­ter une longue program­ma­tion, lais­sez tomber et notez dans votre petit cale­pin « pour la prochaine fois… »

18. Jouer comme sur scène

commesursceneEn répé­ti­tion, il est fréquent de se placer plus ou moins en cercle. C’est plus convi­vial et permet de se voir pour commu­niquer pendant qu’on joue…

C’est une bonne chose au début mais il faut rapi­de­ment prendre l’ha­bi­tude de faire des répé­ti­tions en se plaçant comme sur scène, tous les musi­ciens tour­nés vers un public imagi­naire.

Autre point : le jeu de scène. Pas la peine de se lancer dedans pendant le travail d’un morceau (partie 2 de la répé­ti­tion). Par contre, lorsqu’un morceau est maîtrisé, n’hé­si­tez pas à envoyer du visuel, à bouger et à cher­cher des trucs qui enri­chi­ront votre pres­ta­tion.

Il faut qu’une fois sur scène, tout roule et éviter à tout prix que le guita­riste regarde fixe­ment le bassiste pour se repé­rer, tandis que le chan­teur se tourne pour voir le batteur lancer le morceau… Sur scène, vous devrez prin­ci­pa­le­ment regar­der le public. Prépa­rez-vous y, donc.

19. Jouer sans parti­tions

Comme expliqué plus haut, il est impor­tant d’avoir des parti­tions. J’en ai vu moi-même qui vous donne de belles leçons devoir recher­cher dans des clas­seurs ou sur mon ordi­na­teur la tona­lité d’un morceau parce qu’ils avaient un trou au moment de jouer. Pour ces moments, la parti­tion permet de ne pas perdre du temps à se creu­ser la tête ou à essayer diffé­rentes tona­li­tés pour retrou­ver la bonne.

Mais si l’on joue tout le temps avec la parti­tion ou la grille d’ac­cord sous le nez, on ne la sait jamais par cœur. Débar­ras­sez-vous en au plus vite, donc. Cela n’em­pêche pas, pendant quelques temps, de l’avoir posée à proxi­mité pour jeter un petit coup d’œil rapide, vous rafraî­chir la mémoire avant d’at­taquer. Mais même ce petit pense-bête doit dispa­raître le plus rapi­de­ment possible. Tout dans la tête !

20. Répé­ti­tions non fumeur et sans alcool

nosmokenodrinkCe n’est pas par hygié­nisme ou ostra­cisme contre les fumeurs : je suis moi-même un gros fumeur… mais pas en répé­ti­tion. Dans une répet où l’on fume :

  • on enfume ceux qui ne fument pas, ce qui n’est jamais sympa.
  • le local est vite dans un brouillard irres­pi­rable (désa­gréable pour tout le monde et pas terrible pour le matos)
  • le local sentira ensuite le tabac froid. Beurk !
  • Il y a beau­coup de pertes de temps liées à l’al­lu­mage de clopes, etc. et de la décon­cen­tra­tion.

Faites plutôt des pauses régu­lières pour aller fumer hors du local et, si possible, dehors. Tout le monde fait une pause, même les non fumeurs. Ça permet de prendre un peu l’air et c’est un moment privi­lé­gié pour décon­ner ou discu­ter de points concer­nant la vie du groupe, le travail sur le morceau en cours, etc. Une fois la clope termi­née, on réat­taque reposé, re-concen­tré et sérieux.

Quant à l’al­cool, notez que je n’ai rien contre une bonne bière, un bon petit vin ou un excellent whis­ky… Mais ceci n’a abso­lu­ment rien à faire dans une répé­ti­tion. A la rigueur, une petite bière à la pause, pourquoi pas. Mais même ça…

Est-ce que vous imagi­nez boire au bureau, à la fac ou à l’école ? Proba­ble­ment pas. Ce serait sûre­ment la porte direc­te­ment, d’ailleurs. Alors pourquoi boire en répé­ti­tion ? Rien n’em­pêche en outre d’al­ler boire un bon coup après en avoir termi­né… Fati­gué, mais content de l’avan­cée du travail, vous savou­re­rez d’au­tant plus votre verre.

Conclu­sion

Si vous arri­vez à appliquer ces prin­cipes, ces conseils et ces trucs, nul doute que vous serez en peu de temps des stars inter­pla­né­taires. Mais ne rêvons pas : moi-même qui vous les donne n’ai jamais réussi à tous les respec­ter scru­pu­leu­se­ment. Ayez-les cepen­dant en tête, essayez de vous y tenir le plus possible. Ne perdez pas de vue vos objec­tifs et travaillez le plus sérieu­se­ment possible. Votre affaire ne tardera alors pas à décol­ler.

Ce qui fait la diffé­rence entre un musi­cien qui stagne et un musi­cien qui évolue tient à de nombreux phéno­mènes parmi lesquels le sacro-saint talent n’a qu’une faible part. La chance peut jouer, évidem­ment. Mais c’est surtout le travail et le profes­sion­na­lisme qui font la diffé­rence. Je connais des musi­ciens talen­tueux qui sont connus et respec­tés des critiques et du public corres­pon­dant à leur style, qui ont fait des salles comme l’Olym­pia, des télés, des radios natio­na­les… et qui vivotent dans de petits bars locaux, des bars qui ne veulent parfois même plus les embau­cher car ces gens ne savent pas ou plus se compor­ter en profes­sion­nels.

A côté de ça, d’autres musi­ciens de moindre talent, mais pros et carrés, tournent suffi­sam­ment pour s’as­su­rer un salaire plus que décent. D’ailleurs, même si vous ne souhai­tez pas faire de la musique un métier mais que vous voulez monter un mini­mum, faire quelques festi­vals d’am­pleur, goûter au fris­son de belles scènes, il vous faudra faire preuve de sérieux et de profes­sion­na­lisme. Para­doxa­le­ment (peut-être), ceci n’est abso­lu­ment pas incom­pa­tible avec le plai­sir et c’est tant mieux.

Prendre un bon pli au niveau des répé­ti­tions est en tous cas un grand pas de fait pour accé­der aux autres étapes de la vie de groupe, que je vous souhaite longue et success­full !

Compos : bierre

Compos : bierre

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