Astuce : Schéma de câblage : Interface K7

Par LeGrosChat le 02/11/2019 - (Tout public)

 

Voici enfin dévoilé le schéma de câblage de la mystérieuse interface K7 des bécanes YAMAHA des années 80/90 :

 

Interface-K7-Yamaha

 

Broche 4 : Signal OUTPUT

Broche 5 : Signal INPUT

Broches 1/2/3/8 : GND

 

Une simple fiche DIN 5 broches mâle et deux mini-jacks 3.5 mâles, au bout d'un double câble audio blindé, suffiront pour fabriquer le cordon de liaison vers l'enregistreur.

 

Attention :

- Le mini-jack de la sortie casque sera un modèle stéréo, avec le ring non connecté. Son tip sera câblé vers la pin 5 de la DIN (Signal Input), et sa masse en pin 3, 2, 1 ou 8 au choix.

- Le mini-jack de l'entrée ligne sera un simple jack mono dont le tip sera câblé vers la pin 4 de la DIN (Signal Output), et sa masse rejoindra celle de la sortie casque sur l'une des pins de masse.

 

Et voilà ! Maintenant, il suffit d'une carte-son d'ordi ou d'un petit enregistreur numérique avec une entrée mic/ligne et une sortie casque (comme un petit Zoom H1, un MiniDisk ou un dictaphone, par exemple) pour pouvoir sauvegarder et restaurer les mémoires et fichiers MIDI SYSEX de vos chères vieilles bécanes YAMAHA munies de cette mystérieuse prise DIN à 8 broches.

 

Compléments d'information et conseils pour les débutants avec ce mode de sauvegarde/restauration:

- Les données MIDI sont envoyées en "modulation FSK" (pour Frequencey Shift Keying), c'est à dire sous la forme d'une séquence audio composée de deux tonalités dont les fréquences sont alternées très rapidement en fonction des séries de bits des octets de SYSEX transmis : l'une pour les bits au niveau "zéro", et l'autre pour les bits au niveau "un". C'est ce système de codage et de transmission sérielle de données qui était utilisé autrefois avec les anciens modems (les fax et le Minitel) sur les lignes téléphonique analogiques, du temps où l'ADSL n'existait pas encore.

- Lors de la phase de sauvegarde, c'est un circuit spécialisé interne au YAMAHA qui produit en alternance deux tonalités correspondant aux valeurs binaires de chaque bit transmis. Il génère ainsi une série de séquences rapides, à un niveau de signal audio suffisant (en pin 4, au niveau ligne/instrument) pour obtenir un enregistrement de relativement bonne qualité sur un magnétophone à K7.

- La première de ces séquences sonores dure pendant quelques secondes, avant de commencer effectivement le début du transfert de données, ce qui laisse le temps au circuit AGC (Automatic Gain Control) de l'enregistreur audio d'ajuster son gain à un niveau optimal, afin de conserver le meilleur rapport Signal/Bruit possible sur la bande magnétique.

- Lors de la phase de restauration de données, c'est une autre partie de ce même circuit spécialisé qui "écoute" le signal audio reçu sur son entrée (pin 5), et essaie d'en décoder les fréquences et leurs changements pour recomposer les séquences d'octets de SYSEX, bit par bit. Le niveau sonore du fichier lu sur l'enregistreur audio devra donc être suffisant pour attaquer le décodeur audio avec un faible niveau de bruit de fond.

  • Pour un enregistrement manuel sur un ordi ou un enregistreur numérique, il faudra toujours laisser au moins quelques secondes de silence au début, et autant à la fin, de chaque fichier audio de sauvegarde, afin de ne pas risquer de tronquer une partie des données du SYSEX, ce qui rendrait tout le fichier de sauvegarde définitivement inutilisable.
  • Contrairement à un enregistrement musical, ce n'est pas particulièrement la qualité audio qui compte pour permettre la meilleure fiabilité de décodage pour la restauration d'une sauvegarde, mais d'abord un niveau de signal suffisamment élevé en lecture comme en enregistrement (pour un rapport S/B optimal), et surtout une bonne définition des fréquences du FSK.
  • Même en cas de saturation à l'enregistrement, cela ne pose souvent aucun problème de fiabilité du décodage en lecture. D'ailleurs, le format de fichier pour la sauvegarde n'a pas vraiment d'importance (WAV, MP3, OGG, FLAC,...). Bien que, par expérience, il sera quand même prudent de ne pas descendre trop en-dessous de 128 kbps en MP3, ni 32kHz/16bits en WAV.
  • Dans tous les cas, il faudra beaucoup expérimenter chaque configuration (format de fichier, niveaux, corrections/compression/limitation audio, etc...) et chaque changement de réglage avant d'espérer pouvoir compter sur un niveau de fiabilité satisfaisant de ses sauvegardes.
  • Toujours rester humble, prudent, patient et opiniâtre, même quand on pense avoir enfin trouvé LA formule idéale : souvent, il vaudra mieux effectuer et conserver plusieurs versions de chaque sauvegarde, avec de petites différences de réglages entre elles, avant d'être à peu près certain de pouvoir obtenir une restauration réussie.
  • De toute façon, les fichiers audio de sauvegarde FSK ne sont généralement pas très volumineux, et ne prendront probablement pas beaucoup de place sur les disques durs, même en WAV. Pensez quand même à les identifier avec un nom de fichier explicite sur vos disque durs et cartes mémoires, au cas où vous auriez plusieurs machines YAMAHA à sauvegarder.
  • Ce protocole de codage et de transmission utilise des routines de contrôle d'intégrité des données transmises et reçues, en particulier pour la restauration, avant d'écraser celles en mémoire. La contrepartie à ces procédures de sécurité, c'est que cela prend du temps, et qu'avec des machines de cet âge, ça semble parfois même très long. Pourtant, l'une des consignes absolues est de ne jamais intervenir pendant une opération de sauvegarde ou de rechargement de données, sous peine de corrompre les fichiers transmis, que ce soit en enregistrement ou en lecture. Quand on lance une opération de ce genre, on la laisse se dérouler jusqu'au bout sans toucher à rien. C'est évidemment une école de patience, mais pourtant c'est ce qui fait souvent gagner du temps en fin de compte !

 

Et maintenant, bonnes sauvegardes/restaurations !

Miaousicalement...