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Le petit prodige 

Test de l'Arturia MiniBrute

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Arturia MiniBrute
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Arturia MiniBrute

Clavier synthétiseur analogique de la marque Arturia appartenant à la série MiniBrute.

Prix public : 499 € TTC

35 ans après RSF, Arturia présente un synthé original, compact, couvert de commandes et démocratique. Voyons les atouts du MiniBrute pour reprendre le flambeau du plus célèbre synthé français analogique monophonique.

Le marché du synthé analo­gique est devenu inac­ces­sible pour la plupart des musi­ciens : soit les machines sont posi­tion­nées dans le très haut de gamme, comme chez Moog Music, soit leurs fonc­tion­na­li­tés en font des instru­ments complexes, comme chez DSI. Par ailleurs, la cote des machines vintage ne cesse d’aug­men­ter, parfois dans des propor­tions expo­nen­tielles et injus­ti­fiées. Enfin, on voit explo­ser les sites de SDIY, diri­gés par les fondus du fer à souder construi­sant eux-mêmes leurs modules. Résul­tats, le prix, la rareté, les risques de main­te­nance et l’er­go­no­mie deviennent autant de freins pour toute une partie de passion­nés de musique élec­tro­nique, qui se rabattent sur le VA ou le logi­ciel. Il y a deux ans, partant de ce constat, Artu­ria a défini le cahier des charges d’un nouveau synthé : analo­gique, origi­nal, doté d’un son agres­sif, simple à utili­ser, au look soigné et vendu dans les 400€. Ainsi, le Mini­Brute est né de la volonté d’of­frir au plus grand nombre de musi­ciens un synthé unique, tant au niveau du son que du design, abor­dable et même capable d’en­trer dans une sacoche de portable. Pour déve­lop­per la partie analo­gique, Artu­ria a fait appel aux talents d’Yves Usson, alias Yusynth, concep­teur Greno­blois de synthés modu­laires bien connu des commu­nau­tés de passion­nés. C’est chez Yves que nous avons réalisé ce test en avant-première, sur l’un des 6 Mini­Brute de présé­rie, au beau milieu de ses modu­laires mythiques (au passage, merci à Etienne et Estelle pour la prise de notes et votre patience infaillible pendant cette jour­née bien dense). Autant le dire tout de suite, l’al­chi­mie entre Yves et Artu­ria a fonc­tionné à merveille…

Petit mais costaud

Arturia MiniBrute

Le Mini­Brute est l’un des synthés les plus compacts que nous ayons été amenés à tester, puisque sa largeur se limite au clavier de 2 octaves entouré des flancs en plas­tique moulé épais. Le reste de la carcasse est inté­gra­le­ment en alu gris et noir de bonne épais­seur, qui lui confère une excel­lente robus­tesse ; le Mini­Brute ne plie pas ! La façade est jonchée de commandes parfai­te­ment orga­ni­sées : 29 potards, 14 curseurs linéaires, 7 sélec­teurs, 3 boutons et 9 diodes permettent un contrôle immé­diat de tous les para­mètres ou presque. Ces commandes sont de bonne qualité et si les potards dévient un peu de leur axe, c’est unique­ment parce qu’ils ne sont pas vissés au panneau avant, comme sur la plupart des machines, donc rien d’inquié­tant. Certains potards assi­gnés à des modu­la­tions bipo­laires ont une détente centrale avec neutre élec­tro­nique, parfois un peu prononcé sur le modèle testé, géné­rant de petites inflexions dans la modu­la­tion. L’or­ga­ni­sa­tion est on ne peut plus logique : à gauche au-dessus du clavier, on commence par 2 mini-molettes (pitch + modu­la­tion) et 2 touches de trans­po­si­tion (sur plus ou moins 2 octaves, mais pas par demi-ton) n’in­ter­ve­nant que sur les nouvelles notes jouées mais pas sur la note main­te­nue, bien vu ! Viennent ensuite la section VCO, VCF et VCA, avec les réglages de niveau et les enve­loppes sous forme de curseurs bien pratiques ; sans oublier le potard d’ac­cord géné­ral sur +/- 2 demi-tons. La bande infé­rieure de commandes est dédiée aux modu­la­tions : molette, vibrato, LFO et arpé­gia­teur. Le LFO et l’ar­pé­gia­teur disposent de diodes qui suivent le tempo et les enve­loppes de diodes qui suivent la modu­la­tion, sympa !

Le clavier de 25 touches est sensible à la vélo­cité (mais unique­ment vers l’ex­té­rieur en Midi, quel dommage !) et à la pres­sion (assi­gnée à diffé­rentes desti­na­tions internes, cette fois). Il est de type semi-lesté, mais ne nous a convaincu ni par sa taille, ni par sa réponse trop sensible. En effet, il nous est arrivé de déclen­cher intem­pes­ti­ve­ment des notes ou de la pres­sion. La prio­rité de touche sera réglable grâce à un petit utili­taire télé­char­geable gratui­te­ment sur le site du construc­teur, tout comme les courbes de réponse en vélo­cité et pres­sion, ce qui arrange un peu les choses. Si seule­ment Artu­ria avait carrossé le Mini­Brute dans un clavier 3 octaves de qualité supé­rieure, pour les musi­ciens exigeants !

Arturia MiniBrute

Sur le panneau arrière, c’est le feu d’ar­ti­fice, l’une des meilleures connec­tiques sur un synthé analo­gique : sortie CV / Gate, entrées CV (pitch, filtre, volume) / Gate, entrée / sortie Midi, prise USB (Midi over USB), entrée audio (avec diffé­rents modes de déclen­che­ment d’en­ve­loppe), sortie casque, sortie audio et prise pour alimen­ta­tion externe 12V DC / 1A. Toute la connec­tique CV / Gate est au format mini-jack et la connec­tique audio est en jack 6,35. Les entrées CV / Gate sur le pitch fonc­tionnent en même temps que le clavier, la première modu­la­tion arri­vée ayant la prio­rité sur l’autre ; le signal reçu par CV / Gate ne repart pas en Midi, ce qui paraît normal. Par contre, la conver­sion Midi vers CV / Gate fonc­tionne en perma­nence, trans­for­mant le Mini­Brute en inter­face Midi / CV. Autre point remarquable, la sortie audio opère à +4dBu. Un niveau de connec­tique à peine croyable dans cette gamme de prix, bravo !

Fils de modu­laire

Arturia MiniBrute

La qualité audio d’un synthé ne tient pas qu’à la qualité et au choix des compo­sants, mais aussi et surtout à l’ima­gi­na­tion et au talent de ses concep­teurs pour en régler les plages d’uti­li­sa­tion. A tel point que bien souvent, un synthé analo­gique est orienté pour certains types de sons, presque « bridé ». Pour desi­gner le Mini­moog, Bob Moog avait simpli­fié et assem­blé certains éléments de ses gros modu­laires. Yves Usson est parti du même prin­cipe, à partir de ses modules Yusynth. Il nous a confié avoir dans un premier temps connecté diffé­rents modules pour défi­nir les meilleures combi­nai­sons, avec les meilleurs plages de fonc­tion­ne­ment et de modu­la­tions ; puis il a réalisé un proto­type en circuits traver­sants câblés, avant que les ingé­nieurs d’Ar­tu­ria ne réalisent le design du circuit imprimé et l’in­té­gra­tion de la partie numé­rique. Le Mini­Brute est donc un synthé essen­tiel­le­ment analo­gique (VCO, VCF, VCA et enve­loppes), sans mémoires de patches, avec des commandes dédiées pour chaque fonc­tion, en prise directe sur les circuits analo­giques. La partie numé­rique concerne unique­ment le LFO, l’ar­pé­gia­teur et la confi­gu­ra­tion globale de la machine (plus de détails plus tard).

Histoire de circuits

Pour ceux qui aiment entendre parler de PCB (circuit imprimé) et de compo­sants élec­tro­niques, quelques mots pour dire que la carte analo­gique a été construite avec des compo­sants communs du commerce (« of the shelf » comme disent les anglo­phones), tous montés en surface (CMS) sauf 2 compo­sants traver­sants : le 3083, un ensemble de tran­sis­tors qui sert de base au VCO et la capa­cité du VCO. Le choix de compo­sants du commerce consti­tue une assu­rance contre l’ob­so­les­cence qui touche bien des machines vintage aujour­d’hui, en parti­cu­lier les poly­pho­niques des années 80, voire certaines machines modernes. Par ailleurs, le PCB a été conçu avec des points de modu­la­tion faci­le­ment acces­sibles. Le Mini­Brute est donc un synthé promis aux modi­fi­ca­tions en tout genre ; il semble même qu’Ar­tu­ria réflé­chisse à  la publi­ca­tion des sché­mas sur un site dédié au SDIY à partir du Mini­Bru­te… à suivre !

A la fin des quelques heures qu’a duré le test, nous avons pu réali­ser quelques exemples sonores bruts, avec le petit clavier 2 octaves, en prise directe unique et sans produc­tion addi­tion­nelle, afin de montrer les spéci­fi­ci­tés du grain et la variété des timbres possibles, en utili­sant tour à tour les possi­bi­li­tés de la section VCO, le filtre, les arpèges, les modu­la­tions… donc là, c’est du maxi brut de décof­frage ! Première impres­sion, le son est origi­nal, bien diffé­rent du sempi­ter­nel filtre à échelle de Moog. Il est pour autant gras et un poil agres­sif (ou plutôt rentre dedans), avec un niveau de sortie assez élevé ; deuxième constat, le Mini­Brute n’est pas cantonné à un registre de prédi­lec­tion comme la plupart des autres synthés ; il a un côté extrême, non bridé et bien punchy. Que ce soient les basses arron­dies ou les infra­basses acides, les leads doux filtrés ou déchi­rants avec accro­chage quand on pousse la réso­nance en conjonc­tion avec le Brute Factor, les effets spéciaux variés, les sons modu­lés ou arpé­gés, il semble à l’aise partout. En fait, on sent la filia­tion au monde modu­laire dans cette petite boule de nerfs. Nous avons égale­ment parti­cu­liè­re­ment appré­cié son filtre très colo­rant sans perte de niveau quand on pousse la réso­nance et ses enve­loppes qui claquent bien fort en mode rapide.

 

 

Ultra­saw
00:0000:21
  • Ultra­saw00:21
  • Meta­li­zer&Env00:31
  • Brute Factor00:21
  • Saw&Sub00:16
  • Phatt Butt00:14
  • SubBPF00:19
  • SubHPF­Noise00:14
  • Noise&Brute Factor00:38
  • Arp&LPF01:00
  • Arp&VCOMix­Touic03:26
  • Arp&Perky00:38

VCO vita­miné

Arturia MiniBrute

Afin de main­te­nir le prix de revient à des niveaux raison­nables, le Mini­Brute est mono oscil­la­teur. Cela aurait pu faire une section VCO un peu tris­tou­nette, mais c’était sans comp­ter sur le génie du concep­teur. En réalité, Yves s’est ingé­nié à contour­ner les prin­ci­pales limites d’un synthé mono oscil­la­teur clas­sique : pas de synchro ni de modu­la­tion en anneau, pas de désac­cor­dage des ondes pour épais­sir le son, pas d’ad­di­tion d’ondes diffé­rentes, pas de balan­ce… comme nous allons le voir, le Mini­Brute fait tout aussi bien, voire mieux que la plupart des synthés analo­giques à double VCO ! Non seule­ment il permet de cumu­ler toutes ses formes d’onde simul­ta­né­ment, mais en plus les niveaux de chaque onde sont modi­fiables.

Arturia MiniBrute

Au programme : dent de scie, rectangle, triangle, géné­ra­teur de bruit et Sub VCO… sans oublier l’en­trée audio qui vient se mélan­ger à cette section de luxe. Mais là où le Mini­Brute enfonce le clou, c’est dans la possi­bi­lité d’en­ri­chir le contenu harmo­nique de ses ondes de base et de modu­ler ce contenu. Pour commen­cer, l’onde en dent de scie peut se trans­for­mer en redou­table Ultra­saw ; on accède à 2 para­mètres : Ultra­saw Amount, qui règle le niveau d’injec­tion de l’ef­fet et Ultra­saw Rate, qui règle le batte­ment de 0,1Hz à 10Hz. Pour créer cet effet, le signal en dent de scie est copié 2 fois, chaque copie étant dépha­sée, l’une fixe à 1Hz, l’autre ajus­table par le poten­tio­mètre dédié. On passe ainsi progres­si­ve­ment d’une dent de scie plate à une texture légè­re­ment épais­sie, puis un chorus, puis une super­saw (si prisée en musique techno) jusqu’à des effets plus extrêmes.

Arturia MiniBrute

L’onde rectangle est une impul­sion à largeur variable clas­sique, réglable entre 50% (onde carrée) et 90% (l’im­pul­sion ne va pas jusqu’à 100% pour éviter le silence). L‘onde triangle peut passer par un Meta­li­zer, qui ajoute des harmo­niques par replie­ment d’onde ; cet effet est capable de simu­ler des synchros, des sons métal­liques ou une table d’onde façon PPG suivant les modu­la­tions qui lui sont assi­gnées. Un module Meta­li­zer va d’ailleurs venir enri­chir la collec­tion de modules Yusynth (cf. photo de la carte élec­tro­nique dans la main du Maître). La largeur du rectangle et le Meta­li­zer sont simul­ta­né­ment modu­lables par l’en­ve­loppe de filtre (bipo­laire) et le LFO, permet­tant de faire évoluer plus ou moins bruta­le­ment le spectre sonore.

Arturia MiniBrute

Ensuite, le Mini­Brute offre aussi un Sub VCO pouvant tour­ner 1 ou 2 octaves en dessous de la fonda­men­tale, avec une onde sinus ou carrée, permet­tant de renfor­cer les basses en douceur ou bruta­le­ment. Enfin, un géné­ra­teur de bruit blanc analo­gique vient complé­ter cette magni­fique section. Préci­sion tech­nique, la stabi­li­sa­tion du VCO s’opère après 5 à 10 minutes de chauffe, grâce à un système de four à 52°C, permet­tant une large plage de tempé­ra­ture de fonc­tion­ne­ment sans bron­cher. On sent d’ailleurs une partie de la chaleur déga­gée par ce système sur le panneau de la machine, comme si l’ali­men­ta­tion était interne ! Bref, voici une section inédite, qui permet de s’amu­ser long­temps sans toucher au filtre ou au Brute Factor. On applau­dit des deux mains !

VCF dopé

Arturia MiniBrute

Le filtre du Mini­Brute est une heureuse alter­na­tive au tradi­tion­nel filtre à échelle passe-bas 4 pôles. Il s’agit d’une modi­fi­ca­tion d’un filtre multi­mode réso­nant 2 pôles dési­gné par Stei­ner Parker (que l’on trouve sur le raris­sime et prisé Syntha­con). Il fonc­tionne en modes passe-bas, passe-bande, passe-haut et réjec­tion de bande. L’auto-oscil­la­tion a été modi­fiée pour être plus maîtri­sable et musi­cale (pas aussi déjan­tée) que sur l’ori­gi­nal ; elle entre en action entre 350 Hz et 8 kHz, en conjonc­tion avec le Brute Factor (voir ci-après). On appré­cie la variété de couleur (de très doux à très criard), la large plage de fonc­tion­ne­ment (20 Hz à 18 kHz) et l’ab­sence de perte de puis­sance quand on pousse la réso­nance. La fréquence de coupure dispose d’un suivi de clavier (de 0 à 200%) et d’une enve­loppe ADSR (avec modu­la­tion bipo­laire) ; elle peut égale­ment être modu­lée par diffé­rentes sources et contrô­leurs (cf. ci après). Yves va d’ailleurs déve­lop­per un nouveau module Yusynth basé sur ce filtre.

Arturia MiniBrute

En fin de chaîne ou presque, le VCA dispose d’une enve­loppe ADSR dédiée, indé­pen­dante de l’en­ve­loppe de filtre. Vient ensuite le Brute Factor™, une boucle de feed­back entre la sortie du VCA et l’en­trée du filtre inspi­rée du Mini­moog, permet­tant de créer des distor­sions avec accro­chage, allant jusqu’à l’ul­tra-satu­ra­tion du signal où seule la fonda­men­tale ressort bien satu­rée. Une compen­sa­tion auto­ma­tique de niveau a été inté­grée au circuit (atté­nua­tion en sortie quand on pousse la modu­la­tion), ce qui permet d’éco­no­mi­ser un réglage. Le volume final possède des contrôles de niveau sépa­rés pour la sortie casque et la sortie audio, le luxe !

Ça balance un max !

Arturia MiniBrute

Côté contrô­leurs physiques, le Mini­Brute offre pas mal de souplesse pour les modu­la­tions. A commen­cer par la molette du même nom qui peut contrô­ler, au choix, soit la fréquence de coupure du filtre, soit la quan­tité de vibrato sur le VCO, soit la quan­tité de LFO appliquée à diffé­rentes desti­na­tions. La pres­sion peut être affec­tée soit à la coupure du filtre, soit au vibrato. La plage du Pitch­bend varie entre +/- 1 demi-ton et +/- 1 octave. Un potard Glide ajoute un effet porta­mento, de 0 à envi­ron 2 secondes par octave. Passons aux autres sources de modu­la­tion. Le vibrato agit sur la hauteur du VCO ; il offre les ondes sinus, carré vers le haut (trille ascen­dant) et carré vers le bas (trille descen­dant), très utiles ! La fréquence varie de 3 à 30 Hz. Le LFO et l’ar­pé­gia­teur sont numé­riques, comme nous l’avons vu, pour permettre la synchro­ni­sa­tion parfaite des horloges. Le LFO offre 6 formes d’onde : sinus, triangle, rampe, carré, S&H stan­dard (à paliers) et S&H lissé (continu) ; le géné­ra­teur de S&H et l’in­té­gra­teur pour créer le S&H lissé sont pure­ment analo­giques, sous horloge numé­rique ; la vitesse de lissage est variable en fonc­tion du tempo, parfait ! Le LFO travaille de 0,1 Hz à 100 Hz et peut se synchro­ni­ser à l’ar­pé­gia­teur ; il est capable de modu­ler la largeur d’im­pul­sion de l’onde rectangle et le Meta­li­zer de l’onde triangle du VCO simul­ta­né­ment, le pitch, la coupure du filtre et le volume. Toutes ces modu­la­tions sont indé­pen­dantes et bipo­laires. En revanche, il n’y a pas de réglage de délai d’ap­pa­ri­tion de l’ef­fet.

Arturia MiniBrute

Les enve­loppes sont de type ADSR ; elles offrent 2 vitesses de réponse sur les temps : rapide (de 1 ms à 1 s) ou lent (de 10 ms à 10 s) ; elles sont affec­tées au VCF et VCA dans le dur, mais la première peut aussi modu­ler la largeur d’im­pul­sion de l’onde rectangle et le Meta­li­zer de l’onde triangle, comme nous l’avons déjà vu. Le profil des segments de temps est expo­nen­tiel, ce qui leur confère une bonne pêche en mode rapide ; seul compro­mis, l’ab­sence d’af­fec­ta­tion d’une enve­loppe au pitch, quel dommage ! Cette – par ailleurs – excel­lente section de modu­la­tion se conclut avec un arpé­gia­teur bien pensé, doté d’une fonc­tion Hold, travaillant sur 1 à 4 octaves, suivant 4 motifs basiques (haut, bas, alterné, aléa­toire), un facteur de swing (jusqu’à 75%) et diffé­rentes divi­sions tempo­relles (de la noire au trio­let de double-croche). Le tempo peut être réglé de 30 à 260 bpm, avec un potard dédié ou une touche Tap. En synchro Midi / USB, la signa­ture peut être multi­pliée ou divi­sée par 2. Petite astuce (acti­vable ou non via le futur utili­taire), l’ar­pé­gia­teur peut agir comme un petit séquen­ceur 12 notes, en main­te­nant la première note et en entrant les notes suivantes dans l’ordre à repro­duire, sympa.

Un zest de numé­rique

Arturia MiniBrute

Comme nous l’avons vu, les LFO et arpé­gia­teur du Mini­Brute sont numé­riques. La machine renferme égale­ment une partie soft qui contrôle le Midi / USB et le réglage de certains para­mètres basiques. Cette partie sera acces­sible via un utili­taire en cours de fina­li­sa­tion, d’où l’on règlera le canal Midi, la courbe de vélo­cité, la courbe de pres­sion, le gain d’en­trée audio, le mode de déclen­che­ment du LFO, le mode de jeu (prio­rité de note), l’ac­ti­va­tion du mode legato et le mode de l’ar­pé­gia­teur (avec / sans mémoire de note). Le système d’ex­ploi­ta­tion pourra égale­ment être mis à jour via l’uti­li­taire. Tout cela est clai­re­ment expliqué dans l’ex­cellent manuel en Français de 52 pages, qui détaille préci­sé­ment et de manière très didac­tique le rôle de chaque para­mètre et accom­pagne le lecteur, en parti­cu­lier néophyte, dans ses premiers pas dans la synthèse sonore. Bravo !

Conclu­sion

Voilà, nous sommes déjà arri­vés à la fin de notre parcours, il est presque temps de lais­ser la parole à Yves. Force est d’avouer que le Mini­Brute nous a bluf­fés tout au long du test. Les mots qui nous viennent à l’es­prit pour le décrire sont origi­na­lité, richesse, poly­va­lence, ergo­no­mie, qualité, connec­ti­vi­té… diffi­cile de faire le tour des combi­nai­sons sonores possibles, car elles sont toutes vrai­ment perti­nentes. Mais ce qui nous étonne le plus, c’est le tarif ultra compé­ti­tif de cette petite bombe analo­gique. On en serait presque à oublier ses petits défauts, le prin­ci­pal étant la taille et la réponse du clavier. Quels que soient nos moyens, notre expé­rience, notre arse­nal, nos besoins ou nos goûts, tout nous pousse irré­sis­ti­ble­ment à faire une petite place bien au cœur de notre dispo­si­tif pour un Mini­Brute. Assu­ré­ment un coup de maître et notre coup de cœur 2012 !

Inter­view d’Yves Usson, docteur modu­laire et co-concep­teur du Mini­Brute

Arturia MiniBrute

Cher­cheur émérite dans le domaine des biotech­no­lo­gies, Yves Usson est égale­ment un passionné de synthèse analo­gique modu­laire ; collec­tion­neur de modèles rares, il est aussi concep­teur de ses propres modules Yusynth qu’il partage sur Inter­net avec d’autres adeptes du SDIY ; pas éton­nant que le nom de ce person­nage char­mant et modeste soit un jour asso­cié à un synthé commer­cial tout à fait origi­nal, dont il a conçu la partie analo­gique. Au moment d’en­trer chez lui, un détail nous frappe, si on peut dire : sa sonnette est en panne…­de­puis plus de 20 ans !

AF : Yves, quel est ton parcours ?

Enfant, j’étais un élève qui avait la faci­lité, c’est-à-dire que le niveau de ce qui m’était proposé était très large­ment à ma portée et donc je n’avais pas à four­nir d’ef­fort en classe pour obte­nir de bons résul­tats scolaires. Cela m’a permis de sauter un certain nombre de classes au primaire, avance que j’ai reperdu bien plus tard en Fac, où trop habi­tué à la faci­lité, j’ai eu du mal à me convaincre qu’il fallait peut-être commen­cer à travailler un mini­mum pour avoir le niveau. Sinon tout au cours de mon parcours scolaire et univer­si­taire, j’ai déve­loppé un goût très marqué pour la tech­no­lo­gie et les sciences, en parti­cu­lier pour l’élec­tro­nique (lycéen j’étais passionné par le radio-amateu­risme et j’ai dirigé le club d’élec­tro­nique de mon bahut). Après un docto­rat en biolo­gie cellu­laire et molé­cu­laire et une année-post-docto­rale à la Fac de méde­cine d’Otago en Nouvelle-Zélande, j’ai inté­gré le C.N.R.S. en 1988 comme cher­cheur dans le domaine du génie biomé­di­cal. Mon secteur d’ac­ti­vité se situe dans le déve­lop­pe­ment de l’ima­ge­rie en biolo­gie.

Comment a commencé ta passion pour les synthés analo ?

Arturia MiniBrute

Elle a commencé très tôt, en fait en 1969/70 quand on a pu entendre sur les ondes radio les premiers titres commer­ciaux à base de synthé­ti­seurs analo­giques : Pop Corn et la bande son d’Orange Méca­nique. J’ai été fasciné par ces sono­ri­tés qui, si elles semblent banales de nos jours, étaient tota­le­ment inouïes (au sens propre) à l’époque. Après, ces instru­ments ont commencé à se tailler une place dans les groupes de musique et j’étais fasciné par la déme­sure du modu­laire Moog de Keith Emer­son (ELP) et les mélo­dies lanci­nantes et hypno­tiques des groupes alle­mands d’alors : Tange­rine Dream, Klaus Schulze et Ash Ra Tempel. Plus tard, m’étant formé en auto­di­dacte à l’élec­tro­nique, j’ai commencé à bidouiller des effets pour guitare et en 1978, je me suis lancé dans la construc­tion de mon premier synthé­ti­seur modu­laire.

Au début des années 80, je me suis désin­té­ressé de la construc­tion de synthé­ti­seurs pour me consa­crer à mon nouveau hobby d’alors, l’in­for­ma­tique. J’ai construit mon premier ordi­na­teur (un Sinclair ZX81 en kit) et à partir de là, mes loisirs furent essen­tiel­le­ment consa­crés à la program­ma­tion. Curieu­se­ment, c’est par cette même program­ma­tion que bien plus tard j’ai retrouvé un inté­rêt pour les synthé­ti­seurs analo­giques. En effet en 1999, un anglais déve­lop­pait sous Linux un synthé­ti­seur analo­gique virtuel en utili­sant des éléments d’in­ter­face graphique que j’avais program­més et placés dans le domaine public. Intri­gué par ce programme, je l’ai utilisé puis j’y ai contri­bué en déve­lop­pant des émula­tions de modules. Par curio­sité, j’ai fait alors une recherche sur inter­net avec les mots clé « buil­ding a modu­lar synthe­si­zer » et à ma grande surprise, j’ai trouvé une mine d’in­for­ma­tions et des sites fabu­leux de SDIY comme celui de Jürgen Haible ou de Ken Stone qui m’ont donné envie de m’y remettre et donc début 2000, je me suis relancé dans mon ancien hobby : la luthe­rie élec­tro­nique analo­gique.

Quelles sont tes acti­vi­tés liées à la synthèse ?

Arturia MiniBrute

Dans le cadre de mes loisirs j’ai eu envie de me lancer dans la fabri­ca­tion d’un synthé­ti­seur modu­laire analo­gique. Au début mes inten­tions étaient assez limi­tées car je m’ef­forçais en fait de rester raison­nable et de muse­ler ma passion, mais celle-ci a fina­le­ment pris le dessus. Très rapi­de­ment, l’étu­diant sans un rond des années 75–78 qui sommeillait en moi a refait surface et j’ai voulu satis­faire mon rêve de jeune homme, mais avec mes moyens d’aujour­d’hui. Paral­lè­le­ment à mes déve­lop­pe­ments, je me suis fait plai­sir en ache­tant un des premiers Macbeth M5 en 2005 et dans la foulée un modu­laire Synthe­si­zers.com. Puis en 2006, j’ai fait la connais­sance d’Oli­vier Grall (http://olivier-grall.yusynth.net) ; cette rencontre avec ce passionné de synthé­ti­seurs modu­laires analo­giques et de pianos élec­triques a été déter­mi­nante pour moi et a levé les dernières barrières que je m’étais fixées. A comp­ter de ce moment, j’ai lancé mon projet « Yusynth » de construc­tion d’un gros synthé­ti­seur modu­laire ayant des carac­té­ris­tiques dignes des meilleures machines profes­sion­nelles et en essayant de créer éven­tuel­le­ment de nouveaux modules.

Dans le même esprit de partage que j’avais pu rencon­trer sur les sites de quelques concep­teurs de SDIY que j’ad­mire (Jürgen Haible, Ian Fritz, René Schmitz, Ken Stone, Ray Wilson et quelques autres), j’ai choisi de parta­ger mes réali­sa­tions avec les gens en mettant sur mon site toutes les infor­ma­tions utiles pour que chacun puisse se construire son propre modu­laire : sché­mas, dessin de circuit imprimé, dessin de faça­de… Paral­lè­le­ment, j’ai commencé à m’in­té­res­ser aux synthé­ti­seurs vintage et autres instru­ments élec­tro­niques anciens tels que les Ondes Marte­not et donc j’ai commencé à acqué­rir et restau­rer ces superbes instru­ments. Bien sûr, je ne me contente pas de construire et restau­rer des synthé­ti­seurs, je les utilise aussi pour tenter de produire du bruit harmo­nieux (je suis un piètre musi­cien, je le confesse).

Quand et comment a débuté le projet Mini­Brute ?

Arturia MiniBrute

Le projet Mini­Brute a débuté au prin­temps 2010 et mon impli­ca­tion est le résul­tat d’une rencontre avec un autre passionné : Antoine Back. En fait, il faut préci­ser que je suis Greno­blois et que le siège d’Ar­tu­ria se situe dans la banlieue de Grenoble. Ceci a contri­bué à faci­li­ter ma colla­bo­ra­tion avec Artu­ria. Donc un soir d’Avril 2010, j’ai fait la rencontre d’An­toine Back avec qui j’avais sympa­thisé sur le forum Anafrog. C’est dans un café de Grenoble, alors que nous dégus­tions une bonne bière, qu’An­toine m’ap­prend au détour de la conver­sa­tion qu’il travaillait chez Artu­ria et que son souhait le plus cher était qu’Ar­tu­ria se lance dans la construc­tion d’un synthé­ti­seur analo­gique hard­ware. L’idée a dû faire son chemin car la direc­tion d’Ar­tu­ria a décidé de se lancer dans l’aven­ture. Artu­ria a fait une étude de marché et consti­tué un dossier de projet d’un mini synthé­ti­seur mono­pho­nique pure­ment analo­gique qui se devait d’être simple, faci­le­ment abor­dable pour un néophyte et d’un prix attrac­tif. Artu­ria, société très connue pour son exper­tise en termes de logi­ciels de synthèse, ne dispo­sait pas cepen­dant de person­nel rompu à la concep­tion de circuits analo­giques ; aussi le président Frédé­ric Brun a souhaité confier la tâche de la concep­tion de la partie analo­gique de ce synthé­ti­seur à un expert externe. C’est à ce stade qu’An­toine lui a conseillé de s’adres­ser à moi.

Arturia MiniBrute

Donc début juin 2010, j’ai reçu un email de Frédé­ric Brun m’ex­po­sant les grandes lignes du projet et me propo­sant de me joindre à ce projet en tant que consul­tant expert. Le projet a tout de suite retenu mon atten­tion pour plusieurs raisons : à plusieurs reprises, j’avais été solli­cité pour des projets de construc­tion de synthé­ti­seurs analo­giques, mais j’avais jusque-là refusé car cela venait de gens sans expé­rience indus­trielle et sans vrais moyens. Or pour moi, il n’était pas ques­tion de me lancer dans une telle entre­prise pour abou­tir à la réali­sa­tion d’une machine vendue confi­den­tiel­le­ment à une ving­taine ou une cinquan­taine d’exem­plaires. Au contraire, la propo­si­tion d’Ar­tu­ria satis­fai­sait mon envie de voir un vrai synthé­ti­seur analo­gique français produit avec des moyens adéquats et une véri­table logis­tique de produc­tion et de distri­bu­tion. J’ai donc rencon­tré les gens d’Ar­tu­ria et le projet m’a été présenté. Celui-ci était bien pensé dans l’en­semble et au vu des premiers éléments, j’ai été rapi­de­ment convaincu, d’une part de la viabi­lité du projet et d’autre part, de la volonté d’Ar­tu­ria de produire un synthé­ti­seur de bonne qualité méca­nique (coque en alu, clavier semi-lesté) et sans compro­mis sur la qualité du son. J’ai donc accepté l’aven­ture et je ne le regrette pas du tout, car d’une part, l’ex­pé­rience a été riche du point de vue humain et d’autre part, le but a été atteint et je suis, ne le cachons pas, très fier du résul­tat.

Qu’est-ce qui diffé­ren­cie le Mini­Brute du reste de l’offre analo­gique ?

Ce qui diffé­ren­cie le Mini­Brute, c’est que lors de sa concep­tion, la ques­tion prin­ci­pale n’a pas été : « de quelles fonc­tions doit-on le doter pour qu’il soit compa­rable à tel ou tel synthé­ti­seur vintage ou néo-analo­gique du marché ? », mais plutôt : « quelles fonc­tion­na­li­tés héri­tées des synthé­ti­seurs analo­giques modu­laires voudrait-on trou­ver sur un synthé­ti­seur mono­pho­nique analo­gique ? ». Il y a eu des choix radi­caux faits : d’abord, utili­ser un vrai VCO, ce qui est risqué en terme de stabi­lité ther­mique ; aussi l’ai-je doté d’une stabi­li­sa­tion ther­mo­sta­tique à tempé­ra­ture élevée (52°C) ; ensuite, pouvoir mixer chaque forme d’onde du VCO pour enri­chir la palette sonore ; enfin, ajou­ter systé­ma­tique­ment des modi­fi­ca­teurs / enri­chis­seurs timbraux à chaque forme d’onde : PW et PWM pour le carré, Ultra­saw pour la dent de scie et Meta­li­zer pour le triangle. Un autre point fort est la multi­pli­ca­tion des sources de modu­la­tion. En effet, le Mini­Brute n’offre pas un unique LFO mais une multi­tude de LFOs indé­pen­dants, soit visibles et contrô­lables comme le Vibrato (qui en plus de déli­vrer la clas­sique sinu­soïde offre des modu­la­tions carrées pour effec­tuer des trilles ascen­dante ou descen­dante), la vitesse de l’Ul­tra­saw, le LFO prin­ci­pal de modu­la­tion assi­gnable au VCO (pitch), aux modi­fi­ca­teurs (PWM, Meta­li­zer), au filtre (Cutoff du VCF) ou à l’am­pli­fi­ca­teur de sortie (VCA) ; soit cachés et fixes : seconde modu­la­tion de l’Ul­tra­saw. Notons que le PWM, le Meta­li­zer et le VCF sont modu­lables à la fois par le LFO et un géné­ra­teur d’en­ve­loppe de façon simul­ta­née et indé­pen­dante. Les modu­la­tions peuvent être réglées en posi­tif comme en néga­tif.

Arturia MiniBrute

Deux autres éléments font du Mini­Brute un synthé­ti­seur unique aujour­d’hui. Le premier est le VCF qui est un filtre multi­mode 12dB/octave Stei­ner (que l’on trou­vait sur le Syntha­con et le Syntha-system de Stei­ner Parker) au lieu d’un clas­sique filtre à la Moog. Ce filtre Stei­ner est capable de douceur mais peut égale­ment produire un son rageur et agres­sif. Le second élément est le Meta­li­zer que j’ai créé spécia­le­ment pour le Mini­Brute. C’est en fait un Wave­fol­der, c’est-à-dire un dispo­si­tif qui va prendre la forme du triangle et en replier les pointes de façon récur­sive et contrô­lable. Grâce à ce circuit, on peut créer une palette conti­nue allant du son doux et rond du triangle jusqu’à des sons très métal­liques et tran­chants, évoquant le clave­cin ou l’épi­nette quand le Meta­li­zer n’est pas modulé ou bien des sons de type Sync-Sweep lorsque l’on module le Meta­li­zer. Enfin dernière sophis­ti­ca­tion concer­nant le son, nous avons doté le Mini­Brute du Brute­Fac­tor™, qui est en fait un circuit de feed­back interne qui reboucle la sortie du VCA sur le mixer du VCF permet­tant ainsi que créer toute sorte d’ef­fets de distor­sion et d’over­drive, un effet bien connu des amateurs du Mini­moog D.

Ajou­tons à tout cela un clavier doté d’un After­touch (routable vers diffé­rentes fonc­tions : cutoff, vibrato) ainsi que d’une vélo­cité et un arpé­gia­teur offrant la possi­bi­lité d’in­tro­duire du Swing, une horloge synchro­ni­sable par un Tap tempo et une fonc­tion de mini-séquen­ceur. Un dernier point très impor­tant pour moi est que ce synthé­ti­seur moderne n’uti­lise que des compo­sants usuels (aucun compo­sant proprié­taire ou super-spécia­lisé) que l’on peut se procu­rer faci­le­ment et cela au moins pour les 20 ans à venir, ce qui est plutôt rassu­rant par rapport à d’autres produits actuels basés sur des compo­sants proprié­taires rares ou bien obso­lètes depuis 30 ans. Voilà donc énor­mé­ment de possi­bi­li­tés conden­sées dans une machine de taille modeste (desti­née à entrer dans une sacoche d’or­di­na­teur portable) et à un prix extrê­me­ment abor­dable.

Quelles ont été les prin­ci­pales diffi­cul­tés au cours du design ?

La prin­ci­pale diffi­culté a été de réduire le nombre de compo­sants ajus­tables présents dans mes circuits origi­naux en les remplaçant par des compo­sants à valeur fixe de façon à faci­li­ter la produc­tion indus­trielle. Cela s’est fait sans problème pour certaines fonc­tions mais s’est avéré plus déli­cat pour d’autres en raison de la tolé­rance des compo­sants utili­sés. Il a donc fallu reve­nir à l’uti­li­sa­tion de quelques compo­sants ajus­tables. Hormis cela, nous n’avons pas rencon­tré de diffi­cul­tés majeures.

Comment as-tu réussi à faire entrer autant de para­mètres avec un cahier des charges aussi serré ?

En me persua­dant que cela était possible. En fait, quand je déve­loppe mes modules, j’en imagine toujours une version simpli­fiée qui puisse s’in­té­grer dans un système plus compact. Aussi cela n’a pas été trop compliqué d’as­sem­bler ces versions simpli­fiées pour en faire un ensemble riche en possi­bi­li­tés. Parfois, il a fallu faire preuve d’ima­gi­na­tion pour réduire et opti­mi­ser un circuit sans en perdre les carac­té­ris­tiques sonores inté­res­santes.

Avec l’ac­cueil dithy­ram­bique fait au Mini­Brute depuis sa présen­ta­tion, comment te sens-tu ? Cela te donne t-il l’en­vie de prépa­rer une suite ou plutôt d’al­ler sous les coco­tiers ?

J’es­pé­rais un succès d’es­time mais les réac­tions depuis le NAMM Show m’ont vrai­ment étonné. En fait, il semble qu’un tel synthé­ti­seur manquait dans le paysage et que tout le monde se réjouisse de la sortie du Mini­Brute. J’en suis très heureux et fier. On peut effec­ti­ve­ment envi­sa­ger une suite, mais avant cela il ne suffit pas d’avoir marqué un essai (la sortie au NAMM), il faut ensuite le trans­for­mer, c’est-à-dire que la machine soit produite et dispo­nible avant l’été et que les inten­tions d’achat se confirment. Les coco­tiers, ce n’est pas ma tasse de thé…

Et main­te­nant, que vas-tu faire de ton temps libre ?

Dans l’ave­nir immé­diat je vais reprendre quelques projets en cours. Après, j’ai envie de me lancer dans la réali­sa­tion de synthé­ti­seurs très expé­ri­men­taux : un modu­laire dédié à la synthèse par modé­li­sa­tion physique et un synthé­ti­seur analo­gique orienté synthèse addi­tive. J’ai d’autres projets de déve­lop­pe­ment mais il est préma­turé d’en parler. Et surtout, je vais essayer de passer plus de temps à me servir de mes instru­ments qu’à les construire. J’ai­me­rais aussi pouvoir colla­bo­rer avec de vrais musi­ciens pour essayer de créer des choses origi­nales (instru­ments, effets…).

9/10
Award Valeur sûre 2012
Points forts
  • Grain tout à fait original
  • Territoires sonores très variés
  • Section VCO + Sub VCO top niveau
  • Filtre sortant des sentiers battus
  • Enveloppes à modes rapide et lent
  • LFO et vibrato bien pensés
  • Modulations généreuses et pertinentes
  • Arpégiateur complet
  • Ergonomie parfaite
  • Connectique Audio / CV / Midi / USB hyper complète
  • Entrée pour traitements de sources externes avec audio Gate
  • Construction très solide
  • Instrument compact et ultra portable
  • Manuel en Français très didactique
  • Prix vraiment raisonnable
Points faibles
  • Clavier en retrait par sa taille et sa réponse
  • Pas d’enveloppe sur le pitch
  • Pas de transposition par demi-ton
  • Vélocité qui ne fonctionne qu’en Midi
Auteur de l'article synthwalker Passionné de synthés, concepteur produits et rédacteur presse

J'aime tous les synthés, avec une prédilection pour les polyphoniques vintage à mémoires, que j'empile avec délectation depuis quelques dizaines d'années. Vieux gourou chauve mais pas barbu, j'écris depuis un quart de siècle des articles techniques sur les synthés et j'ai contribué au développement de certains d'entre eux. Plusieurs centaines ont été publiés, dont une grande partie sur Audiofanzine. J'ai aussi contribué aux magazines PlayRecord, Musiciens, Recording Musicien, Musicsound et KR.


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