revega 29/08/2019

Korg Z1 : l'avis de revega

« KORG GREY METAL IN THE DARK! »
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Rapport qualité/prix : Excellent Cible : Les utilisateurs avertis
Bon vu le nombre d’avis je penses que le mien ne sera qu’une brique de plus à l’édifice.
Etonnant d’ailleurs de trouver autant de sensations positives sur un appareil des années 90’s notamment dans le registre ‘VA hybride’.
Ergonomie bien bourrine très proche du Korg Trinity (dont il embarque le même carénage) si vous voyez ce que je veux dire avec un poids et une prise en main similaire. Du brut de fonderie métalique et plastique made in Korg 1997 et mine de rien ça tient le choc. Près de 20 ans après l’usure, quand il y en a, est quasi invisible.
On va pas rentrer brièvement dans les aspects techniques et pour faire simple le Z1 est un Synthé VA avec une technologie de modélisation physique, entendez par là des formes d’ondes d’instruments acoustiques divisés en 4 familles (je sais c’est pas plus claire mais dites vous que la marque avait 20 ans d’avance sur ce point là). Mais surtout c’est la synthèse Moss (multi oscillator Sytnesis System) déjà présent sur le petit Prophecy de la même marque qui fit le son de pas mal de prods electro de cette époque.
Donc en gros vous avez:
Polyphonie 12 voix
Multitimbralité à 6!!
2 Sub OSC! Ouais quand même.
Un banque son de 256 réinscriptibles.
Possibilité de lui adjoindre une carte mémoire (conseillé)
Création d’algorythmes pour créer vos propres formes d’ondes avec 4 familles d’instruments + 3 formes d’ondes VA
Multi timbral à 6 partie
4 LFO
3 types de synthèses, Physique, Analog (VA) et FM ou plutôt VPM (c’est pareil vous cassez pas).
3 filres LPF, HPF ou en dual (BPF)
L’aftertouch
Pad-touch, soit une zone tactile pour activer et faire jouer des modulations programmées (pas mal du tout)
Pas mal d’effets pour ceux qui aime. Curieusement ils peuvent faire partie du ‘son’ de ce Z1, dans leur texture ils font parfois partie inhérente du son et sans eux ça sonne pas pareil. Difficile à exprimer car moi même je n’aime pas les effets intégrés dans les claviers mais là la séduction opère pas mal. Notion subjective je ne m’attarde pas.
Attention! Ne vous fiez pas aux sons d’usine! Il sont d’une autre époque, ou la techno ‘autotamponeuse’ était un gage de plaisir, l’electronica le must de la hype et la dance music l’apanage des branchés. Bref à survoler mais surtout à pulvériser pour les remplacer par vos explorations. Là il faudra survoler un certains nombres de paramètres via les menus mais pas de panique, tout reste claire et évident.
Les 18 potards présents sur la surface du Z1 permettent de jouer sur l’enveloppe des filtres, le sequenceur et l’arpégiateur. Pour le reste à vos boutons poussoirs et votre curiosité.
Et c’est quand même un sacré son pour un VA (je résume)! Déjà le niveau de sortie est très cohérent et la patate assez présente. Il a son identité, et on peut lui faire jouer presque tout avec ce goût prononcé pour l’expérimental. Une cloche peut sonner distordue, une trompette en vrai désaccord mais musicale, les orgues vaporeux et imprécis, des nappes hyper organiques. Il ne semble pas vraiment avoir de limites et c’est assez fou de penser qu’un Synthé de cette époque ai pu nager à contre courant des modes pour encore être pertinent aujourd’hui. Certes il est pas le seul si vous vous référez au Nord Lead, Virus, Supernova, Waldorf Q et tous les autres de la même période (quand on y pense y’en avait pas des tonnes). Mais son identité sonore est suffisamment singulière pour le distinguer de la masse.
Le séquenceur est excellent, facile à comprendre même si vous devrez jouer avec vos boutons pour le gérer. Il groove bien et les possibilités de jouer sur la vélocité lui confère une dynamique très expressive.
Le seul défaut ‘physique’ outre son poids et sa taille c’est l’usure des contacteurs , il faut tôt ou tard les changer, pas super dur mais faut tout démonter (avé satanas!!!) , jouer de la soudure pour les remplacer. A part ça j’ai jamais rien vue de sérieux et aucun bug en 10 ans, la tôle est sacrément blindée et l’écran tient toujours la route.
Un clavier fait pour les explorateurs, les sound designers, les curieux et les programmateurs en tout genre. Les joueurs de presets (et y’en a pas qu’un peu) c’est clairement pas pour vous, désolé.
Curieusement je n’ai pas trouvé une seule vidéo résumant suffisamment bienles capacités de l’instrument. On entend peu voir pas les possibilités d’interaction entre les formes d’ondes ‘acoustique’ et ‘analog’. Les démos semblent plus retenir les sonorités planantes, 'néo analog'. voir carrément les presets :facepalm:
Bref j’en ai quand même trouvé une de ce doux dingue de Jexus qui sauve nettement la moyenne:



Je l’avais pas acheté bien cher, autour de 350 €, peu de personnes au milieu des années 2000 n’en voulait. On en trouvait partout et souvent relégué au rang des numériques has been. Avec sa tronche de worstation à la Triton il inspirait un peu la méfiance et la mode ‘Analog-Vintage-Trop-Hype-J’adore’ commençait à poindre son nez avec ses légions de gimbardes poussièreuses. Pourtant…. J’avoue qu’après toutes ces années il est un des rares que je n’ai jamais voulu revendre. Son identité est telle qu’il est difficile de se dire qu’un autre fera de même. Evidemment il faut le programmer, y passer un peu de temps pour en retirer des sons personnalisés et tout à fait hors du commun. Aujourd’hui je ne sais pas quel est son prix je n’en ai pas vu d’autre depuis un moment.
J'en ai eu deux, un que j'ai revendu comme un "...." (mettez ici une insulte visant à réduire le QI de l'auteur au plus strict minimum) et un deuxième que là j'ai gardé.
il reste, à mes yeux, un des rares synthés de cette époque encore très pertinent avec un son hyper singulier et une résistance à la DX7. A tester pour être sûr même si y’a peu de chances d’être déçu.
Enjoy!