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La respiration pour le chant

La respiration pour le chant

Savoir chanter, c'est avant tout savoir respirer. Et comme la totalité des humains sont par la force des choses autodidactes en la matière, il nous a semblé qu'un dossier n'était pas de trop pour revenir sur les bases même de la respiration. Prêt pour un grand bol d'air ?

Savoir chan­ter, c’est avant tout savoir respi­rer. Et comme la tota­lité des humains sont par la force des choses auto­di­dactes en la matière, il nous a semblé qu’un dossier n’était pas de trop pour reve­nir sur les bases même de la respi­ra­tion. Prêt pour un grand bol d’air ?


La respi­ra­tion est le souffle de la vie. Elle commence à la nais­sance par une première inspi­ra­tion pour se termi­ner à la mort par une dernière expi­ra­tion.

 

Elle est un pont entre le corps et l’es­prit car si elle est d’abord physique, elle est aussi direc­te­ment reliée aux émotions et à la pensée. Le corps humain est d’ailleurs un instru­ment musi­cal bien parti­cu­lier, car le chan­teur est indis­so­ciable de son instru­ment, il ne peut se sépa­rer de lui comme le ferais un guita­riste ou un pianiste.

 

L’ap­pa­reil vocal lui même est une combi­nai­son de diffé­rents outils qui travaillent simul­ta­né­ment ensemble, mettant au final l’air en vibra­tion. Compre­nez par là que la voix n’a pas d’or­gane en parti­cu­lier. De la prise d’air à l’émis­sion d’un son, le système phona­toire est ainsi défini comme l’en­semble des phéno­mènes qui concourent à la produc­tion des sons vocaux. Il peut être décom­posé en quatre éléments qui concourent étroi­te­ment à la produc­tion de la parole et du chant : la souf­fle­rie, le vibra­teur, les réso­na­teurs et le système arti­cu­la­teur.

 

A l’évi­dence, le méca­nisme vocal est un méca­nisme complet parce qu’il engage tout le corps, et complexe parce que les diffé­rentes parties du corps travaillent simul­ta­né­ment, mais ont des mouve­ments parfois contraires voire contra­dic­toires.

 

Maîtri­ser sa voix, c’est donc prendre conscience des diverses inter­ac­tions qui opèrent au sein de notre corps et en premier lieu du trajet de l’air jusqu’à l’émis­sion du son, d’où ce dossier.

 

Nous étudie­rons dans une premier partie la physio­lo­gie respi­ra­toire afin de comprendre ce qui s’opère au sein de notre corps.

Nous verrons dans une seconde partie le méca­nisme du souffle appliqué au chant ainsi que le soutien.

 

La troi­sième et dernière partie propo­sera quant à elle un échan­tillon d’exer­cices prove­nant de diffé­rentes sources et permet­tant au chan­teur d’ap­pliquer les concepts déve­lop­pés aupa­ra­vant.

 

Cet article a été rédigé par DriX. Ne manquez d’al­ler le remer­cier en rendant une petite visite au site de son groupe https://www.yooplay.fr/.

 

La physio­lo­gie respi­ra­toire

Le son n’est pas une simple circu­la­tion d’air, mais d’ondes dans l’air. Dans le chant, ces ondes sont produites grâce au trajet de l’air dans le corps jusqu’à sa mise en vibra­tion.

Le méca­nisme de respi­ra­tion disso­cie le corps en deux voies :

  • les voies respi­ra­toires supé­rieures : le nez, fosses nasales, la bouche, le pharynx
  • les voies Infé­rieures : le larynx, Trachée, bronche par exten­sion les poumons.

 

Sché­mas du trajet de l’air

La souf­fle­rie consiste en :

 

  • Un réser­voir d’air permet­tant d’em­ma­ga­si­ner l’air suffi­sant à la phona­tion. Cet ensemble complexe allant des bronches aux plus minus­cules alvéoles s’ap­pelle les poumons.
Un réservoir d'air
  • Une tuyau­te­rie permet­tant de véhi­cu­ler le souffle. La prin­ci­pale de ces voies aériennes est la trachée.
La trachée
  • Un moteur : un ensemble de muscles qui permet de géné­rer l’éner­gie néces­saire à la produc­tion du souffle.
    Le diaphragme, muscle large et fin, situé sous les poumons assure avec les muscles inter­cos­taux et abdo­mi­naux, la contrac­tion et l’ex­pan­sion de la cage thora­cique permet­tant la respi­ra­tion. Les côtes servent de support struc­tu­ral à l’en­semble des éléments thora­ciques, et les membranes de la plèvre assurent la lubri­fi­ca­tion des organes respi­ra­toires évitant les frot­te­ments pendant la respi­ra­tion.
Le moteur de la respiration


Le vibra­teur est consti­tué du larynx, un ensemble de carti­lages arti­cu­lés compre­nant les deux cordes vocales, tout autour de la trachée.

Projection du larynx dans le cou
Détails du vibrateur

Les vibrateurs


Les cordes vocales sont deux rubans, sépa­rés pour l’ins­pi­ra­tion ou l’ex­pi­ra­tion, mais qui s’ac­colent pour la produc­tion sonore.
Au cours d’une phrase, le chan­teur perd progres­si­ve­ment son air, sans que sa produc­tion sonore soit propor­tion­nelle au volume d’air ainsi perdu.

Cette perte est occa­sion­née par les phases d’ou­ver­ture des cordes vocales, qui alternent avec les phases de ferme­ture.
Lors de la produc­tion sonore, les cordes doivent vibrer à la fréquence du son qu’elles émettent, c’est-à-dire s’ac­co­ler et se déta­cher autant de fois par seconde qu’il y a de hertz dans la fréquence du son.

Les cordes vocales ont trois posi­tions fonda­men­tales :

  • Soit, elles sont écar­tées : la glotte est ouverte et l’air circule libre­ment. C’est la respi­ra­tion.
  • Soit, elles sont acco­lées : la glotte est alors fermée et l’air ne passe pas. C’est l’apnée.
  • Soit, les cordes sont rappro­chées : la glotte est variable. C’est la phona­tion.

La glotte est l’es­pa­ce­ment plus ou moins grand entre les deux cordes vocales selon que ce soit une simple respi­ra­tion, de l’apnée ou de la phona­tion.

Respiration et apnéePhonation

Lorsqu’elles sont ouvertes, les cordes vocales libèrent un espace appelé glotte (en bleu sur le schéma).

Acco­lées, elles ne laissent pas passer d’air : c’est l’apnée.

Rappro­chées et grâce une pres­sion d’air appro­priée venant des poumons, elles vibrent l’une contre l’autre.

Les cordes vocales battent l’un contre l’autre comme une anche double.

Descrip­tion : le larynx, organe vibra­teur du système phona­toire, crée une discon­ti­nuité dans la colonne d’air expi­ra­toire, engen­drant ainsi une onde sonore.
Il y a un équi­libre entre la pres­sion de l’air venant des poumons via la trachée et la tension des cordes vocales.



Les cavi­tés de réso­nance sont consti­tuées par le pharynx ou arrière-gorge.

Les cavités de résonance

Les réso­na­teurs se répar­tissent, au-dessus des cordes vocales en trois secteurs :

  • derrière

Le premier réso­na­teur est le pharynx : ensemble de cavi­tés plus ou moins souples. Permet­tant de modi­fier la fréquence et le timbre des sons émis comme tous les réso­na­teurs.

  • dessus

En dessus de la bouche se situent les cavi­tés nasales puis les sinus.
Les cavi­tés nasales : elles commu­niquent avec le pharynx par le rhino-pharynx.
Lorsque le voile du palais est élevé, il empêche le passage de l’air.
Les sinus sont des cavi­tés remplies d’air, situées au-dessus du nez. Il ne joue qu’un rôle indi­rect, voire acces­soire, dans le proces­sus de réso­nance du son.

  • devant

Devant le pharynx, se situe l’or­gane phona­toire le plus connu et le plus précis de l’or­ga­nisme humain : la bouche. Cet organe produit les consonnes, grâce aux arti­cu­la­teurs.


Le système arti­cu­la­teur est l’élé­ment mobile du conduit vocal permet­tant l’ar­ti­cu­la­tion des consonnes et la forma­tion des voyelles : les dents, langue, lèvres, mâchoire, voile du palais…

 

SCHEMA DE SYNTHESE

Shéma de synthèse

 

Inspi­ra­tion, expi­ra­tion et soutien

La respi­ra­tion natu­relle comporte deux temps prin­ci­paux : l’ins­pi­ra­tion et l’ex­pi­ra­tion.

Inspiration et expiration

Inspi­ra­tion

C’est l’acte par lequel l’air entre dans notre corps. Il faut donc que la cage thora­cique augmente son volume. Cela se fait grâce à la contrac­tion de certains muscles, appe­lés les muscles inspi­ra­teurs*.

*Muscles inspi­ra­teurs : les muscles éléva­teurs des côtes et du ster­num sont en premier lieu le diaphragme, puis les scalènes, le sterno-cleido-mastoï­dien et les muscles sous hyoï­diens, les surcos­taux, le grand et le petit pecto­ral, le long dorsal, le petit dentelé posté­rieur et supé­rieur, le grand dentelé : ses fais­ceaux supé­rieur et infé­rieur (Testut et Latarjet), unique­ment ses fais­ceaux infé­rieurs (Kapandji), unique­ment la portion supé­rieure (Patu­ret), tout le muscle (Rouvière), le sous-clavier (acces­soi­re­ment pour Patu­ret), les fibres supé­rieures du sacro-lombaire (Kapandji), et les muscles inter­cos­taux externes.

Lorsque le diaphragme est au repos, il est bombé vers le haut. Lorsque le diaphragme se contracte (ce qui demande un effort), il s’abaisse.
Le volume de la cage thora­cique augmente la pres­sion dimi­nue, et les poumons se remplissent d’air : c’est l’ins­pi­ra­tion.

Lors d’une inspi­ra­tion normale, le diaphragme se contracte, sa cour­bure dimi­nue et il s’abaisse. Lors d’une inspi­ra­tion forcée, (pour faire entrer une quan­tité maxi­male d’air dans les poumons) les muscles inter-costaux externes se contractent pour soule­ver les côtes en plus de l’abais­se­ment du diaphragme.

Expi­ra­tion

L’ex­pi­ra­tion est la deuxième phase de la venti­la­tion des poumons, L’ins­pi­ra­tion est active alors que l’ex­pi­ra­tion est passive.
Elle survient lorsque les muscles se relâchent. Le diaphragme se relâche, il se bombe vers le haut, le volume de la cage thora­cique dimi­nue, la pres­sion dimi­nue, et les poumons se vident.
Lors d’une expi­ra­tion forcée (lorsque l’on veut faire sortir une quan­tité maxi­male d’air), les abdo­mi­naux et les muscles inter-costaux interne se contractent pour faire sortir une grande quan­tité d’air.

Les muscles qui abaissent les côtes et le ster­num sont des muscles expi­ra­teurs : en premier lieu le trans­verse de l’ab­do­men, le grand droit, le grand oblique, le petit oblique, puis le petit dentelé posté­rieur et infé­rieur, le grand dentelé par ses fais­ceaux moyen et infé­rieur (Duchenne, cité par Patu­ret), le fais­ceau moyen du grand dentelé (Testut), le carré des lombes, le trian­gu­laire du ster­num, la partie basse du sacro-lombaire et le long dorsal (Kapandji), les inter­cos­taux moyen et interne .

Expiration passive et inspiration active


Le soutien

Une voix qui résonne, sans crier, c’est géné­ra­le­ment le résul­tat d’un contact opti­mal entre le souffle et un appa­reil vocal libre.

Il existe deux types de caté­go­ries vocales bien connues : les voix aiguës et les voix graves.
La descrip­tion des parti­cu­la­ri­tés de fonc­tion­ne­ment de ces deux registres est la suivante :

– le registre « lourd » ou voix de poitrine (très déve­loppé dans les réper­toires tradi­tion­nels et de « variété », la « belting voice »)

- le registre « léger » (méca­nisme 2) ou voix de tête.

– le registre « mixte » ou « connecté » dans certain cas (mélange des deux précé­dant)

En fait, il s’agit de méca­nismes au niveau du larynx qui colorent diffé­rem­ment les sons de l’éten­due vocale des diffé­rentes voix.
On cherche à les fusion­ner ou à les garder sépa­rés, selon les styles.
Toutes les voix possèdent ces deux registres, mais les utilise de façon très diffé­rente; parfois on sacri­fie l’un des deux.


Cela nous amène à disso­cier deux types de souffle :

Thora­cique supé­rieur : corres­pond à une voix natu­relle et parlée, on prend de l’air en montant légè­re­ment le thorax, puis lorsque celui-ci descend, un courant d’air se produit et un son est créé par le simple passage de l’air à travers le larynx.


Abdo­mi­nale : corres­pond à l’émis­sion de la voix proje­tée et chan­tée. On projette un son. Il est fait de la mise en route du souffle abdo­mi­nal : l’in­té­rêt de cette respi­ra­tion abdo­mi­nale c’est qu’elle permet de béné­fi­cier du réglage diaphrag­ma­tique.
Le rôle du diaphragme est de refou­ler les viscères de l’ab­do­men vers le bas qui viennent s’éta­ler en cein­ture, ce qui permet l’élar­gis­se­ment de la cage thora­cique et donc l’ins­pi­ra­tion.
Quand on est dans le souffle, il sert de réglage du débit pour un son abdo­mi­nal. Tandis que pour un souffle thora­cique on se sert du larynx pour le réglage du débit.

 

Remarque

Atten­tion ! contrai­re­ment à la respi­ra­tion dites «  natu­relle  », le soutien implique une petite subti­lité :

Dans une respi­ra­tion natu­relle, comme on a pu le voir aupa­ra­vant, quand l’air entre le la Boué abdo­mi­nale se gonfle et quand on expire, elle se vide.

Avec le soutien ou appog­gio, on va stocker une partie de l’air inspiré au niveau de cette bouée et puiser dans cette réserve unique­ment la quan­tité d’air néces­saire au son qu l’on veut produire.

Il s’agit de prendre appui sur sa propre bouée abdo­mi­nale et garder une détente thora­cique.

L’idéal pour le chan­teur serait de maîtri­ser ces deux «  formes  » de souffle avec une prédi­lec­tion pour la respi­ra­tion basse située au niveau de la bouée abdo­mi­nale.

L’im­por­tance du souffle bas et de l’ex­pan­sion du bas du corps assure une pres­sion moindre sous le larynx, permet­tant de ce fait un son de qualité plus « ronde », une gorge plus ouverte et une posi­tion du larynx plus basse.
Lorsque l’air est accu­mulé en un point plus bas du corps, le chan­teur se sent plus solide et ancré dans le sol, et moins tenté de « pous­ser trop d’air à travers les cordes ».
La sensa­tion alors qu’on approche une note aiguë doit être de « s’en­fon­cer dans le sol avec les genoux fléchis ».

Il faudrait chan­ter depuis ses muscles du dos jusqu’à la réso­nance dans sa voix (presque comme si on n’avait pas de gorge).

Nous enten­dons tout le temps parler du danger de pous­ser sa voix ou de la forcer.

« Pous­ser, forcer la voix » se produit quand un chan­teur pousse trop d’air et de pres­sion à travers le larynx. Il en résulte une fatigue vocale due au fait de « trop souf­fler à travers les cordes ». Nous n’avons besoin que de très peu d’air pour chan­ter.

Les hommes sont tout parti­cu­liè­re­ment puis­sants en raison de la partie supé­rieure de leur corps et ils utilisent trop de force qui « sur-compresse » le souffle. Il en résulte que les « cordes vocales éclatent sous la pres­sion de l’air ». Le palais mou retombe géné­ra­le­ment et vous obte­nez une situa­tion que certains appellent « l’aboie­ment ».

 

Le juste soutien : l’Ap­pog­gio

Appo­gio est un terme italien signi­fiant appui. En français, la traduc­tion de soutien est géné­ra­le­ment préfé­rée. Cette notion renvoie à un idéal d’équi­libre et de coor­di­na­tion entre la gestion du souffle et la réso­nance de la voix. Notez que de manière géné­rale, « appog­gio », « connexion », « soutien », « support » signi­fient la même chose.

A quel moment doit inter­ve­nir le soutien et quel est son rôle dans le son de la voix ?

Le soutien assure « la ferme­ture des cordes ».

Cela signi­fie une parfaite ferme­ture des cordes vocales au moment précis où le soutien corpo­rel est engagé. Le « soutien corpo­rel » est une exten­sion du « réflexe muscu­laire du rire ou du grogne­ment » dans les régions des abdo­mi­naux infé­rieurs et du bas du dos.

Un chan­teur ne devrait jamais ressen­tir un « grogne­ment » dans la région de la gorge, unique­ment dans le bas du dos. Les muscles de la gorge doivent toujours être doux et souples.

Le rôle premier du soutien est de produire suffi­sam­ment de « compres­sion d’air » pour qu’un chan­teur puisse émettre et soute­nir une note éner­gique et vive hors de la région de la gorge.

Si une note n’est pas soute­nue, le chan­teur fait passer « trop d’air relâ­ché à travers le larynx ».
La base d’un chant sain est une note libre au moyen d’un soutien souple et flexible.

Un très bon exer­cice est de chan­ter un « S » sur une longue tenue. Cela crée le « soutien exact et équi­li­bré » qui procure suffi­sam­ment de résis­tance dans le corps sans trop « d’hy­per­ten­sion » du corps.

Une autre carac­té­ris­tique impor­tante d’un bon soutien réside dans ce que beau­coup appellent rester « la gorge ouverte ».

Le larynx ne peut pas « rete­nir » la pres­sion de l’air.
C’est le bas du corps qui « retient » la pres­sion de l’air, la gorge est alors plus à même d’être ouverte.
Les chan­teurs doivent comprendre que ce n’est que le corps qui « retient » la pres­sion de l’air, et non la glotte. Rete­nir l’air au moyen de la glotte peut bles­ser la gorge.
Un soutien correct permet de « rete­nir » la pres­sion de l’air tout en assu­rant un parfait « flux d’air » à travers le larynx.
C’est le concept dont nous parlions en intro­duc­tion :
Deux méca­nismes oppo­sés travaillant de concert pour obte­nir un équi­libre.
Donc en soute­nant un son correc­te­ment, un chan­teur « retient » et « laisse passer » l’air simul­ta­né­ment.
Cela peut être ressenti grâce à la sensa­tion du rire ou encore de l’ha­lè­te­ment (comme si on voulait imiter un caniche ou un gorille).

 

Mise en pratique

La POSI­TION du corps doit être minu­tieu­se­ment étudiée et obser­vée.

Assis, comme debout, le buste doit rester parfai­te­ment droit ; ne s’ap­puyer à aucun dossier, se mettre au bord d’une chaise par exemple.

Le corps doit être complè­te­ment détendu, sauf les muscles néces­saires pour main­te­nir la posi­tion, mais même ces muscles ne doivent jamais être cris­pés et l’at­ti­tude doit toujours être aisée et déga­gée.

Les épaules tombent natu­rel­le­ment et le cou et détendu. Le fait de haus­ser les épaules en inspi­rant n’aug­mente pas la capa­cité, mais dénote d’autre part un état de tension chez l’in­di­vidu.

Tenir la poitrine souple et décon­trac­tée.

La tête doit être droite et ne bouger sous aucun prétexte.

Les poumons doivent pouvoir se mouvoir libre­ment à l’in­té­rieur de la cage thora­cique.

 

Exer­cice 1 : Sentir l’air dans son corps

 

Penchez le tronc en avant et placez les coudes sur les cuisses, légèrement au-dessus des genoux

1. Asseyez-vous comme sur l’illus­tra­tion ci-contre.

2. Penchez le tronc en avant et placez les coudes sur les cuisses, légè­re­ment au-dessus des genoux.
Ne faites pas repo­ser le poids du corps, mais sur le milieu du corps qui prend appui sur les jambes.

3. Inspi­rez et expi­rez par le nez et sentez votre souffle se propa­ger de l’ar­ri­vée d’air jusqu’au bas du ventre. Imagi­nez qu’un tube conduit l’air de votre nez vers le bas de votre dos et que votre bouée abdo­mi­nale se gonfle et se dégonfle tout en douceur. Essayez égale­ment de ressen­tir le voile du palais. Pour cela imagi­nez que vous avez une balle entre l’ar­rière de votre langue et votre nez, vous devriez ainsi sentir l’air plus libre­ment circu­ler dans cette zone.

Faîtes cet exer­cice jusqu’à sentir l’air circu­ler dans les diffé­rentes zones décrites, tout en étant toujours détendu. Vous pouvez fermer les yeux pour mieux ressen­tir votre corps.

Vous pouvez par la suite faire cet exer­cice en inspi­rant et en expi­rant par la bouche.

 


Exer­cice 2 : Sentir l’ar­rière de la bouée abdo­mi­nale

 

1. Allon­gez-vous sur le dos, genoux et pieds déten­dus et mains sur les cotés comme sur l’illus­tra­tion. Tout votre dos doit épou­ser la forme du sol. Trou­vez votre posi­tion idéale jusqu’à sentir le bas de votre dos bouger.

Allongez-vous sur le dos, genoux et pieds détendus et mains sur les cotés

2. Inspi­rez et expi­rez par le nez puis par la bouche. Déten­dez vous et concen­trez-vous sur le bas de votre dos. Vous devriez sentir votre ventre bouger et votre bas du dos soule­ver légè­re­ment votre corps du sol.

Cette exer­cice permet de bien sentir l’ar­rière de la bouée abdo­mi­nale, car c’est proba­ble­ment la zone la plus diffi­cile à ressen­tir (par rapport au mouve­ment du bas du ventre par exemple).


 

Exer­cice 3 : Sentir les zones respi­ra­toires

Nous allons main­te­nant étudier toutes les zones trai­tées dans les deux premiers chapitres.
Repre­nez la même posture que dans l’exer­cice 1.

Faîtes l’exer­cice en inspi­rant et en expi­rant par le nez, puis la même chose avec la bouche.

Placez les paumes des mains sur le tronc, au bas de la cage thoracique, les extrémités des doigts se touchant au milieu de la poitrine

 

 

1. Placez les paumes des mains sur le tronc, au bas de la cage thora­cique, les extré­mi­tés des doigts se touchant au milieu de la poitrine. Puis écar­tez-les lente­ment au niveau du diaphragme jusque sur les cotés. Dépla­cez les paumes à votre rythme en inspi­rant, faites une pause et expi­rez.

 

 

2. Quand vous avez atteint les parois de la cage thora­cique, descen­dez les paumes de la même manière jusqu’au milieu du corps de façon à sentir les mouve­ments de votre abdo­men. Il se gonfle et se dégonfle à chaque inspi­ra­tion et expi­ra­tion.

 

Déplacez-les des mains le long du corps entre la cage thoracique et le bassin au niveau de la région abdominale

 

3. Dépla­cez-les des mains le long du corps entre la cage thora­cique et le bassin au niveau de la région abdo­mi­nale. Essayez d’ac­com­pa­gner menta­le­ment votre souffle. Prenez conscience de la quan­tité d’air que vous inspi­rez et que vous expi­rez. C’est que l’on appelle une respi­ra­tion consciente.

 

 

Placez la main gauche au niveau du diaphragme et main droite sur les côtes inférieures

 

 

4. Placez la main gauche au niveau du diaphragme et main droite sur les côtes infé­rieures. Essayez de sentir le trajet de votre souffle à l’in­té­rieur de votre zone abdo­mi­nale et thora­cique.
Vous devriez sentir dans un premier temps, votre bouée se gonfler et se dégon­fler et les cotes se soule­ver et s’abais­ser déli­ca­te­ment juste après.

 

Un bras tendu vers l'extérieur, placez votre paume de l'autre main au sommet de la cage thoracique, les doigts sous l'aisselle

 

 

5. Un bras tendu vers l’ex­té­rieur, placez votre paume de l’autre main au sommet de la cage thora­cique, les doigts sous l’ais­selle. Vous devriez sentir les cotes s’abais­ser et se soule­ver douce­ment.

 

 

Une main posée sur la cuisse, placez la paume de l'autre main le long de la clavicule

 

 

6.Une main posée sur la cuisse, placez la paume de l’autre main le long de la clavi­cule. Descen­dez la paume sur la poitrine jusqu’au niveau du diaphragme en inspi­rant et expi­rant lente­ment. Dépla­cez les mains de façon à répé­ter le mouve­ment sur l’autre côté.

 

 




Exer­cice 4 : Réveiller le soutien.

Après avoir senti le trajet de l’air dans votre corps, vous allez faire travailler votre bouée abdo­mi­nale.

1. Mettez-vous en posi­tion comme dans l’exer­cice 1.

Imitez le chien qui halète en inspi­rant et expi­rant rapi­de­ment par la bouche. Dans un premier temps faites-le natu­rel­le­ment a votre vitesse en déplaçant vos tout autour de votre bouée abdo­mi­nale.

Essayez ensuite d’exa­gé­rer l’ex­pi­ra­tion et rédui­sez progres­si­ve­ment la vitesse jusqu’à ressen­tir l’in­ter­ac­tion entre le souffle qui sort de votre bouche et le mouve­ment de votre boué.

On réalise alors que le mouve­ment est le suivant : Quand on expire (ou on pousse), on s’ap­puie sur la bouée abdo­mi­nale qui reste en expan­sion. C’est cette sensa­tion qu’il faut travailler.

Cela peut être trou­blant au début car la logique de la respi­ra­tion natu­relle veut que quand on expire le ventre se vide. Mais la sensa­tion du soutien est bien celle-la, on expire, la bouée abdo­mi­nale reste en posi­tion ouverte (rempli d’air) et on s’ap­puie dessus.

Travaillez cette sensa­tion et une fois acquise, descen­dez votre soutien encore plus bas (vous pouvez pour cela mettre vos main au niveau de l’en­trejambes).

 

2. Faites la même chose en faisant des « tsssssssssssss » court et précis avec la langue et les dents, tout en vous appuyant sur votre bouée.

 

3. Faites la même chose en faisant des « peu-peu-peu » court et précis avec bouche, tout en vous appuyant sur votre bouée.

Vous pouvez trou­ver énor­mé­ment de variante de cet exer­cice, comme faire vibrer vos lèvres avec un «  prrrrrrrrrrrrr  ». Trou­vez un exer­cice de ce type qui vous corres­ponde et qui permette de réveiller auto­ma­tique­ment et rapi­de­ment votre propre soutien.

 

4. Le dernier exer­cice est le plus connu de tous.
Repre­nez la posi­tion de l’exer­cice 1 et essayez de faire un «  tssssssssss  » le plus continu possible, le plus long­temps possible.

Atten­tion le plus impor­tant dans cet exer­cice n’est pas la durée maxi­male que vous aller réali­ser mais en premier lieu la régu­la­rité de votre son !

Faites-le d’abord en comp­tant jusqu’à dix, souf­flez, recom­men­cez si c’est raté. Si c’est réussi, incré­men­ter le temps par 20, 30…

Sur ce même exer­cice ne faites plus un «  tssssssssssss  » mais essayez de poser un son sur votre souffle.

Vous-vous videz donc de votre air et essayez, le plus déli­ca­te­ment possible et sans effort de mettre l’air en vibra­tion avec vos cordes vocales. Cet exer­cice est excellent pour travailler son attaque sans donner des coups de gorge ou de glotte. Donc faites-le le plus petit possible et le plus doux possible.

 

Conclu­sion

Nous avons pu comprendre au travers de ce dossier comment s’ar­ti­cu­laient les méca­nismes de la respi­ra­tion au sein de notre corps.
Le corps est divisé en deux zones : zone de respi­ra­tion haute et basse.

Le son provient de l’in­tro­duc­tion de l’air dans le corps, dont le trajet est affecté par diffé­rents éléments jusque sa mise en vibra­tion et sa «  re-sortie  ».
La trachée est le conduit qui véhi­cule cet air.
Le diaphragme avec les muscles inter­cos­taux sont la pompe, le moteur du système respi­ra­toire.

Le stockage de l’air est assuré au niveau des poumons et de la bouée abdo­mi­nale.
L’air remonte jusqu’au vibra­teur, larynx, cordes vocales ou litté­ra­le­ment, il est mis en vibra­tion.
Les réso­na­teurs lui donnent son timbre et sa couleur : pharynx, bouche…
Les arti­cu­la­teur assurent la modé­li­sa­tion des sont émis : langue, bouche, mâchoi­re…

Nous avons pu voir égale­ment qu’il fallait faire une légère distinc­tion entre la respi­ra­tion natu­relle et le soutien.
Respi­ra­tion natu­relle :

  • inspi­ra­tion -> la bouée abdo­mi­nale se gonfle
  • expi­ra­tion -> la bouée abdo­mi­nale se vide

Soutien ou appog­gio :

  • inspi­ra­tion -> la bouée abdo­mi­nale se gonfle
  • expi­ra­tion -> la bouée abdo­mi­nale reste gonflé et on s’ap­puie dessus
    Avant chaque phrase il faudrait véri­fier la juste habi­tude de ce méca­nisme (être ouvert et produire le son).

Faites les exer­cices du chapitre trois, mais entraî­nez-vous surtout, une fois que vous aurez assi­milé les bases, à les appliquer sur des morceaux de votre réper­toire. Le prin­ci­pal dans le travail de cette tech­nique n’est pas la tech­nique en elle-même, mais comment vous l’in­gé­rez au sein de votre propre style, comment vous l’adap­tez à vous-même.

La tech­nique n’est pas une fin en soi, car le plus impor­tant reste quand même de jouer et de prendre du plai­sir, il ne faut jamais l’ou­blier.

 

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