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Théorie musicale
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Comme tout langage, la musique a sa grammaire, son orthographe et son vocabulaire. Si vous êtes las de ne composer qu'à partir des 3 mêmes accords depuis des lustres, nul doute que ce forum vous ouvrira des horizons créatifs insoupçonnés, quel que soit l'instrument que vous pratiquiez.

Par a.k.a le 23/04/2008
De la tonalité au sérialisme intégral
Petit histoire de la musique sérielle
Du clavier bien temperé de Jean-Sebastien Bach à la musique sérielle de Jean Barraqué, il aura fallu deux siècles pour que les compositeurs parviennent à entrevoir la musique autrement que dans un système tonal. Petite chronologie des événements à l'intention de ceux qui veulent en savoir plus sur la musique contemporaine.

Un regard rétrospectif sur l'histoire de la musique occidentale laisse entrevoir la domination du système tonal. Sa datation reste assez floue, mais l'on peut toutefois attribuer la première utilisation de l'accord de septième de dominante(1) à Claudio Monteverdi, dans son Second livre de Madrigaux. On doit également le premier opéra de l'histoire de la musique à ce compositeur italien, l'Orfeo.

Les précurseurs

Jean-Sebastien Bach
Jean-Sebastien Bach

C'est Jean-Sébastien Bach (1685-1750) qui fixera les premières conventions tonales dans une de ses œuvres les plus célèbres au titre évocateur : Le clavier bien tempéré, manifeste du tempérament égal dont il compose le premier livre en 1722, le second étant publié vingt-deux ans plus tard. Il devenait ainsi possible de jouer dans vingt-quatre tonalités différentes sur le même instrument (2). Ces conventions portant sur le découpage de l'octave en douze sons égaux ne seront pas remises en cause avant le XXe siècle : certains compositeurs feront usage d'intervalles microtonaux, c'est-à-dire inférieurs au demi-ton , mais ces tentatives restent tout de même sporadiques. (3)

Le génie de Bach réside notamment dans ses constructions architectoniques, celui-ci faisant découler un chef d'œuvre comme les Variations Goldberg ou L'art de la fugue d'un seul thème, sujet ou motif, mais aussi dans la beauté des lignes mélodiques et dans la conscience harmonique très marquée que l'on peut observer dans ses compositions. Celles-ci évoluent au fil d'une écriture rigoureuse et de parcours harmoniques complexes qui sont déployés grâce à la technique de la modulation, c'est-à-dire du passage d'une tonalité à l'autre, souvent engendré par la résolution de l'accord de septième de dominante ou de septième diminuée, toujours selon le principe tension-détente.

Les musicologues reconnaissent en Mozart (1756-1791) le compositeur qui porte la tonalité à son plus haut degré de perfection : situé entre Bach (chez qui on détecte les prémisses d'une structure qui répond au caractéristiques intrinsèques de son matériau) et Beethoven (celui-ci amorçant déjà d'une certaine manière la fin du romantisme en ce qu'il disloque la tonalité en rompant audacieusement motifs et harmonies), le viennois utilise massivement la forme sonate, réalisant ainsi l'idéal de la tonalité. (4)

L'évolution historique nécessaire du système tonal pousse les compositeurs romantiques de la deuxième génération (à partir de la seconde moitié du XIXe siècle) à élargir l'utilisation qu'ils en font dans leurs compositions. Pour cela, ils ne résolvent plus les dissonances, issus d'accords plus complexes de cinq ou six sons. On peut déjà observer cela dans la Sonate pour piano de Liszt, composée entre 1852 et 1853. Le compositeur hongrois est aussi l'auteur d'une « Bagatelle sans tonalité », qui laisse déjà sourdre la rupture. Mais l'exemple le plus flagrant reste encore le « Prélude » de Tristan et Isolde, l'opéra de Wagner composé en 1865. La prégnance du chromatisme, c'est-à-dire le fait que les sons soient joués de demi-tons en demi-tons, implique deux choses. D'abord, un certain nombre d'accords ne sont plus résolus, puisqu'ils semblent eux-mêmes formés de manière accidentelle (5) ; c'est le cas de l'accord de la mesure 2 (alors que la partition est écrite en la mineur, on trouve l'accord suivant : fa – si – ré# - sol #). En outre, la généralisation du chromatisme dans la musique postromantique conduit à la corrosion du système tonal, qui s'effrite peu à peu. La fin du système tonal est donc la conclusion historique d'une méthode de composition qui a dominé la musique occidentale pendant près de trois cents ans.



1. Cet accord de quatre sons formé sur le cinquième degré est celui qui atteste d'un contexte tonal. Il créé une certaine dissonance, destinée à être résolue en le faisant suivre d'un accord du premier degré, qui donne quant à lui une impression de stabilité. On appelle ce processus de résolution une cadence parfaite. La dialectique tension – détente est la base de la tonalité même.

2. La musique occidentale, en acceptant le généralisation du tempérament égal, découpe une octave en douze demi-tons strictement égaux, soit douze hauteurs différentes. Sachant que seuls deux modes issus du plain-chant sont conservés – le mode majeur, issu du mode de do, et le mode mineur, issu du mode de la – et que ceux-ci peuvent être utilisés à partir de chacune des hauteurs, on recense au total vingt-quatre tonalités.

3. On en trouve par exemple dans la dernière œuvre de Belà Bartók, sa Sonate pour violon seul Sz. 117, commandée par Yehudi Menuhin en 1945, ou dans les pièces de l'américain Henri Cowell, qui fabriquait des pianos à claviers microtonaux pour créer ses œuvres.

4. Celle-ci est une amplification de la forme suite (souvent utilisée par les compositeurs de l'époque baroque) et comprend trois parties : une exposition, un développement et une réexposition. L'exposition comprend généralement deux thèmes que l'on identifie par les lettres A et B. Le thème A est dans le ton principal, tandis que le thème B est au ton de la dominante ou au relatif mineur. La partie centrale comprend des éléments du thème A 'mais parfois également du thème B) qui sont développés au gré du compositeur. Enfin, la réexposition donne à nouveau le thème A, puis le thème B, qui reste cette fois dans le ton principal.

5. En réalité, leur caractère fonctionnel existe toujours, mais d'une manière beaucoup plus latente