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Théorie musicale
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Par a.k.a le 23/04/2008
De la tonalité au sérialisme intégral
De la musique atonale...
Arnold Schönberg
Arnold Schönberg

Arnold Schönberg naît en 1874, au moment de l'apogée du chromatisme dans la musique occidentale. Sa formation musicale est tripartite : Il dégrossit l'écriture et notamment le contrepoint avec Alexander von Zemlinsky, un homme cultivé, ouvert au théâtre et à la littérature. Strauss et Busoni l'aideront également dans sa démarche compositionnelle. Mahler sera quant à lui un soutien infaillible. Enfin, Schönberg est surtout autodidacte : il étudiait toutes les partitions qu'il avait l'occasion d'avoir en mains, en majeure partie les piliers de la musique austro-allemande : Bach, Beethoven, Mozart, Wagner, Mahler, Brahms.

Sa première grande œuvre est la Nuit transfigurée, composée en 1899 et créée en mars 1902. Ce sextuor à cordes emprunt d'un élan post-romantique, tant dans l'écriture que dans l'argument, est une sorte de synthèse des écritures de Brahms, qui meurt en 1897, et de Wagner. Jusqu'en 1904, Schönberg est assurément dans une phase de tâtonnement. A partir de cette année, il transmettra ses connaissances à ceux qui deviendront ses plus fidèles disciples : Alban Berg (1885-1935) et Anton Webern (1883-1945). Le dernier mouvement de son Quatuor à cordes n°2, "Entrückung", composé en 1907, est le premier exemple de musique atonale : elle s'émancipe des lois du système tonal. Les sons sont utilisés et agencés pour eux mêmes, pour leur valeur sonore propre, ainsi que l'annonçait déjà la démarche de Liszt.

Il faut remarquer que le passage d'une tonalité "décadente" à une musique sans tonalité ne s'est pas faite d'un seul coup : c'est bel et bien la généralisation du chromatisme – à l'origine, une méthode pour moduler par glissement – qui a donné son autonomie à chaque son utilisé par le compositeur. De leur côté, Berg et Webern trouvent des moyens de se distinguer de leur maître : le premier reste très fortement attaché au romantisme en mêlant des relents de tonalité dans ses compositions atonales, tandis que le second se dirige vers une atomisation de la matière sonore. Schönberg et son école composent alors un certain nombre de chef-d'œuvres de musique atonale : pour le "Maître", Cinq pièces pour orchestre Op. 16 ou l'Erwartung Op. 17, pour Berg, la Suite lyrique ou l'opéra Wozzeck et pour Webern, les Six Bagatelles pour quatuor à cordes Op. 9 ou les Pièces pour orchestre Op. 10. On peut déjà remarquer dans certaines de ces pièces chez les trois compositeurs qu'une sorte d'égalité entre les douze sons est respectée. Rompre les polarisations du système tonal passe donc par un refus de privilégier un son plutôt qu'un autre.