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Théorie musicale
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Comme tout langage, la musique a sa grammaire, son orthographe et son vocabulaire. Si vous êtes las de ne composer qu'à partir des 3 mêmes accords depuis des lustres, nul doute que ce forum vous ouvrira des horizons créatifs insoupçonnés, quel que soit l'instrument que vous pratiquiez.

Par a.k.a le 23/04/2008
De la tonalité au sérialisme intégral
La musique sérielle
Olivier Messiaen
Olivier Messiaen

Pourtant, l'impulsion décisive de cette technique doit être restituée à Olivier Messiaen qui compose "Mode de valeurs et d’intensités", l’une de ses Quatre études de rythme en 1949. Lors de cette démarche de composition, Messiaen cherche à dépasser le dodécaphonisme sériel d’Arnold Schönberg en généralisant la série à tous les paramètres du son, et plus seulement aux hauteurs. Pour cela, il élabore trois séries de hauteurs, d’attaques, d’intensités et de rythmes. En combinant ces différents paramètres – c’est-à-dire en individuant chaque son en matière de rythme, de hauteur et de timbre (par l’attaque et l’intensité) – il obtient un mode de trente-six sons à partir duquel il compose cette pièce. Sa synesthésie lui faisant apparaître du noir à l'audition de cette pièce, il abandonne rapidement cette voie pour revenir à son système modal très élaboré.

Mais étant professeur de composition de ceux qui deviendront les piliers du sérialisme intégral, il fait part de sa trouvaille à ses élèves. Des figures comme celles de Luciano Berio, Pierre Boulez, Iannis Xenakis, Bruno Maderna, Luigi Nono ou Karlheinz Stockhausen contribueront alors à répandre la méthode sérielle. Les compositeurs phares de ce courant, qui correspond seulement à une des ramifications de l'après guerre (certains compositeurs commencent à porter un grand intérêt aux possibilités qu'offrent les synthétiseurs, ou encore à l'enregistrement, tandis que d'autres se consacrent à formuler une musique dépouillée et minimaliste, voire ouverte), admettent plus ou moins rapidement la faiblesse de ce "système" compositionnel. On mesure son impact à l'œuvre intégralement sérielle de Jean Barraqué.

Toutefois, il convient de retirer le voile de l'apparence révolutionnaire ou résolument moderne qui couvre le dodécaphonisme sériel de Schönbergen disant avec Dominique Jameux que "la musique sérielle" ou "dodécaphonique" n'est pas un bouleversement, mais l'état le plus récent (les années 1920), de la révolution musicale mise en œuvre par J.-S. Bach.

"Le clavier bien tempéré de 1722 (...) est la première œuvre relevant d'un système "dodécaphonique". De même, les différentes formes d'écriture de la série (directe, rétrograde, miroir rétrograde) ne sont pas propres à l'écriture sérielle, mais sont connues depuis des siècles par l'écriture canonique, celle des polyphonistes franco-flamands comme par Jean-Sébastien Bach à nouveau – et bien d'autres." (8)

Même si cette tension vers la modernité n'est pas si profonde qu'elle n'y paraît, en tout cas au stade du matériau, on conviendra toutefois que les œuvres musicales engendrées par ce système présentent un aspect esthétique inédit, qui ont bouleversé la manière de concevoir la musique après elles. Pour paraphraser Boulez, nous pouvons dire qu'avec la musique atonale, nous assistons à une rénovation importante – sinon la plus importante depuis des siècles – du langage musical.

 



8. JAMEUX, D., L'école de Vienne, Paris, Fayard, « Les chemins de la musique », 2002, pp. 462-463.