Le Traité des Objets Musicaux de Pierre SCHAEFFER
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Anonyme ![]() | 251 Posté le 10/05/2008 à 20:50:55Oui, aujourd'hui "savante" est perçu négativement, drôle d'époque. Ceci dit le terme est plus souvent employé par les détracteurs que par les compositeurs ou auditeurs d'icelle musique. Car on n'a toujours pas trouvé le mot adéquat pour remplacer "classique" manisfestement dépassé (et déjà porteur de deux sens donnant lieu à moult quiproquos). |
![]() AFicionado | 252 Posté le 11/05/2008 à 01:37:36Oui. J'ajouterai toutefois qu'il est toutefois plus facile d'écouter en concert la musique d'aujourd'hui, celle qui se fait actuellement, ce qui est bien, que celle du début et milieu du siècle dernier. Surtout en province. J'ai enfin pu voir en concert "le Marteau sans Maître" il y a quelques mois. D'ailleurs, dans une salle où toutes les générations étaient représentées. Et même, si la partition est assez austère - mais beaucoup plus accessible que les oeuvres antérieures de Boulez - ce fut un réel succès. Et le public s'est rendu compte que la musique contemporaine - paradoxe pour une musique qui a entre 80 et 50 ans - pouvait s'apprécier. Et ce d'autant plus que le Marteau sans Maître prend, au niveau de l'instrumentarium, appui sur les musiques extra européennes. Ce n'est pas du sérialisme pur et dur, que j'apprécie par ailleurs. |
![]() Posteur AFfranchi | 253 Posté le 16/05/2008 à 13:06:52Oupsss! Je n'étais pas repasser dans le coin depuis un moment et n'avais pas vu ce début de discussion musique savante/"pas(?)" savante. Moi aussi je suis "client" de la musique classique, contemporaine etc... mais c'est vrai que j'ai souvent eu la sensation d'un réel mépris de la part de ceux qui opèrent au sein de la machine académique à l'égard de ceux qui campent dans les marge tout en poursuivant une démarche de recherche. Il y a eu un échange suscité il y a quelque années par le magasine "Wire" entre Richard D. James et feu Stockausen qui m'était apparu assez significatif: Citation : In November of 1995, "The Wire" wrote an article entitled "Advice to Clever Children". Pour le coup, je trouve la réponse de RDJ bien plus futée que celle du vieux... Celà dit, tout ça pose la question passionnante de savoir ce qui différencie ce qui se fait dans l'institution académique et ce qui se fait en dehors, dans les zones les plus chercheuses des musiques dites "populaires". Mais cette question expose la sphère académique à tomber dans le piège "Marcel Duchamp": est musique ce qui est écrit par un compoisiteur de musique; ce qui est désigné comme tel par les pairs du compositeur; bref, est musique ce que Pierre Boulez (en son temps et depuis sa position de pouvoir institutionnel) désigne comme tel... Je suis convaincu que des lignes de démarcation plus pertinentes existent, mais j'ai du mal a voir lesquelles. Bien beau sujet de discussion en tout cas qui mériterait sans doute son propre "thread" |
![]() Drogué à l'AFéine | 254 Posté le 17/05/2008 à 19:29:08En socio, PM Menger a réflechit à ce propos : comment la musique contemporaine est-elle perçue ? "Mais comme le peuple est un ballot, on lui met la retraite au flambeau !" (Monthéus, 1912) |
![]() Posteur AFfranchi | 255 Posté le 17/05/2008 à 21:35:15Il me semble que Memger "enfonce le cloup" de la critique d'une musique académique qui serait une sorte de ready-made permanant, mais se voilant de processus d'autolégitimation interne. Pour Menger (c'est d'ailleur non pas son avis mais un résultat d'enquête méthodique), le public "cultivé" n'aime pas cette musique poour les raisons que celles-ci se donnent à elle-même, raison qui restent obscures,même au audoteurs les plus pointus: Citation : La grande majorité des enquêtés (73 %) estiment difficile (57,3 %) ou très difficile Encore une fois, si on suit cette logique, la qualité des oeuvre est celle qui est "décidé" par ceux qui ont la légitimité à énoncer cette qualité. Autoréférence purement tautologique: le beau, c'est ce qui est fait par ceux qui ont des diplômes en "beau", et qui est reconnu comme tel par d'autres type qui ont des diplôme en "beau" eux aussi, et qui sont les chefs de ceux qui ont des diplômes en "beau". A Je suis personnellement sociologue et pourtant je résiste à ce type d'analyse. Il y a qq chose dans l'expérience esthétique vécue qui me semble impossible à résoudre à ces effets de croyance. Cette émotion que je ressens à l'écoute de certain passages des sequenzia de Berio est bien réelle, et personne ne m'a dit que c'était là, sur tel enchaînement de timbre, que je devais être touché. Mais alors, ce quelque chose, c'est "quoi"? Et où, de ce point de vue, réside la démarcation en la musique "savante" (celle qui est faite par des "diplômés en beau" qui font mumuse entre eux), et la musique chercheuse faite par ceux qui ont pas passé d'examen en beau et qui n'ont donc pas, sur le front, le tempon "faiseur légitime de beau"...? Dans le dernier Autechre, il y a des arythmies, du dodécaphonisme, des timbres atonaux, et par moment, c'est super joli! |
![]() Posteur AFfranchi | 256 Posté le 17/05/2008 à 21:42:52Il y a eu un petit bug sur la citation. Voici la bonne version: Citation : La grande majorité des enquêtés (73 %) estiment difficile (57,3 %) ou très difficile |
![]() Drogué à l'AFéine | 257 Posté le 18/05/2008 à 09:43:09Oui, mais c'est tout la difficulté d'une sociologie des oeuvres. Citation : Cette émotion que je ressens à l'écoute de certain passages des sequenzia de Berio est bien réelle, et personne ne m'a dit que c'était là, sur tel enchaînement de timbre, que je devais être touché. Il y a sans doute là une articulation singulière entre la culture, les codes que tu as acquis comme toute personne écoutant ce genre musical, mais aussi le fruit de ton expérience intime, des souvenirs conscients ou inconscients que ce passage éveille chez toi. Pour Menger, je pense que son idée est surtout que la musique contemporaine participe d'un phénomène de distinction. On se force à écouter Boulez Xénakis et autres, parce que c'est l'apanage des gens "biens", de ceux qui ont le "bon goût" et ceci est d'autant plus fort que l'écoute de ce genre musical n'est pas des plus aisés pour un français lambda. "Mais comme le peuple est un ballot, on lui met la retraite au flambeau !" (Monthéus, 1912) |
![]() Posteur AFfamé | 258 Posté le 18/05/2008 à 09:53:06En quelque sorte c'est une sorte de suivisme qui permet de se distinguer (je sais c'est paradoxal) et de faire partie de l'élite qui "pense pour tous et qui montre le chemin", Amen! CDW |
![]() Posteur AFfranchi | 259 Posté le 18/05/2008 à 09:58:03Citation : Pour Menger, je pense que son idée est surtout que la musique contemporaine participe d'un phénomène de distinction. On se force à écouter Boulez Xénakis et autres, parce que c'est l'apanage des gens "biens", de ceux qui ont le "bon goût" et ceci est d'autant plus fort que l'écoute de ce genre musical n'est pas des plus aisés pour un français lambda. C'est l'approche "bourdivine" classique. Sachant que l'écrit en question est une oeuvre de jeunesse du-dit Menger, peut-être même le résultat de son travail de thèse. Celà étant, Menger (que je connaît mal par ailleur) me semble beaucoup trop talentueux pour n'être que dans la mise en oeuvre de ce modèle. Ce modèle qui nie l'expérience esthétique (ce n'est qu-une "illusion" destinée à voiler la stratégie de distinction...!)quand il est utilisé de manière caricaturale... et la rend problématique quand il est utulisé finement. Celà étant dit, en niant l'expérience esthétique, ce modèle n'a plus non plus grand chose à dire du processus créatif. Et il se trouve justement que le prochain livre de Menger s'appelera "le travail créateur". Affaire à suivre... |



