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Techniques de Chant
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Pavarotti, Robert Plant et Eminem n'ont qu'a bien se tenir : nous sommes ici aux royaume des chanteurs de tous poils ! Des astuces pour chanter mieux aux techniques de respiration ou d'harmonisation vocale, tous les sujets abordés ici s'intéressent au plus fabuleux des instruments jamais conçu : la voix.

Par DriX le 27/08/2004
La respiration pour le chant
Inspiration, expiration et soutien
La respiration naturelle comporte deux temps principaux : l'inspiration et l'expiration.

Inspiration et expiration

Inspiration

C'est l'acte par lequel l'air entre dans notre corps. Il faut donc que la cage thoracique augmente son volume. Cela se fait grâce à la contraction de certains muscles, appelés les muscles inspirateurs*.

*Muscles inspirateurs : les muscles élévateurs des côtes et du sternum sont en premier lieu le diaphragme, puis les scalènes, le sterno-cleido-mastoïdien et les muscles sous hyoïdiens, les surcostaux, le grand et le petit pectoral, le long dorsal, le petit dentelé postérieur et supérieur, le grand dentelé : ses faisceaux supérieur et inférieur (Testut et Latarjet), uniquement ses faisceaux inférieurs (Kapandji), uniquement la portion supérieure (Paturet), tout le muscle (Rouvière), le sous-clavier (accessoirement pour Paturet) , les fibres supérieures du sacro-lombaire (Kapandji), et les muscles intercostaux externes.

Lorsque le diaphragme est au repos, il est bombé vers le haut. Lorsque le diaphragme se contracte (ce qui demande un effort), il s'abaisse.
Le volume de la cage thoracique augmente la pression diminue, et les poumons se remplissent d'air : c'est l'inspiration.

Lors d'une inspiration normale, le diaphragme se contracte, sa courbure diminue et il s'abaisse. Lors d'une inspiration forcée, (pour faire entrer une quantité maximale d'air dans les poumons) les muscles inter-costaux externes se contractent pour soulever les côtes en plus de l'abaissement du diaphragme.

Expiration

L'expiration est la deuxième phase de la ventilation des poumons, L'inspiration est active alors que l'expiration est passive.
Elle survient lorsque les muscles se relâchent. Le diaphragme se relâche, il se bombe vers le haut, le volume de la cage thoracique diminue, la pression diminue, et les poumons se vident.
Lors d'une expiration forcée (lorsque l'on veut faire sortir une quantité maximale d'air), les abdominaux et les muscles inter-costaux interne se contractent pour faire sortir une grande quantité d'air.

Les muscles qui abaissent les côtes et le sternum sont des muscles expirateurs : en premier lieu le transverse de l'abdomen, le grand droit, le grand oblique, le petit oblique, puis le petit dentelé postérieur et inférieur, le grand dentelé par ses faisceaux moyen et inférieur (Duchenne, cité par Paturet), le faisceau moyen du grand dentelé (Testut), le carré des lombes, le triangulaire du sternum, la partie basse du sacro-lombaire et le long dorsal (Kapandji) , les intercostaux moyen et interne .

Expiration passive et inspiration active


Le soutien

Une voix qui résonne, sans crier, c'est généralement le résultat d'un contact optimal entre le souffle et un appareil vocal libre.

Il existe deux types de catégories vocales bien connues : les voix aiguës et les voix graves.
La description des particularités de fonctionnement de ces deux registres est la suivante :

- le registre "lourd" ou voix de poitrine (très développé dans les répertoires traditionnels et de "variété", la "belting voice")

- le registre "léger" (mécanisme 2) ou voix de tête.

- le registre "mixte" ou "connecté" dans certain cas (mélange des deux précédant)

En fait, il s'agit de mécanismes au niveau du larynx qui colorent différemment les sons de l'étendue vocale des différentes voix.
On cherche à les fusionner ou à les garder séparés, selon les styles.
Toutes les voix possèdent ces deux registres, mais les utilise de façon très différente; parfois on sacrifie l'un des deux.


Cela nous amène à dissocier deux types de souffle :

Thoracique supérieur : correspond à une voix naturelle et parlée, on prend de l'air en montant légèrement le thorax, puis lorsque celui-ci descend, un courant d'air se produit et un son est créé par le simple passage de l'air à travers le larynx.


Abdominale : correspond à l'émission de la voix projetée et chantée. On projette un son. Il est fait de la mise en route du souffle abdominal : l'intérêt de cette respiration abdominale c'est qu'elle permet de bénéficier du réglage diaphragmatique.
Le rôle du diaphragme est de refouler les viscères de l'abdomen vers le bas qui viennent s'étaler en ceinture, ce qui permet l'élargissement de la cage thoracique et donc l'inspiration.
Quand on est dans le souffle, il sert de réglage du débit pour un son abdominal. Tandis que pour un souffle thoracique on se sert du larynx pour le réglage du débit.


Remarque

Attention ! contrairement à la respiration dites " naturelle ", le soutien implique une petite subtilité :

Dans une respiration naturelle, comme on a pu le voir auparavant, quand l'air entre le la Boué abdominale se gonfle et quand on expire, elle se vide.

Avec le soutien ou appoggio, on va stocker une partie de l'air inspiré au niveau de cette bouée et puiser dans cette réserve uniquement la quantité d'air nécessaire au son qu l'on veut produire.

Il s'agit de prendre appui sur sa propre bouée abdominale et garder une détente thoracique.

L'idéal pour le chanteur serait de maîtriser ces deux " formes " de souffle avec une prédilection pour la respiration basse située au niveau de la bouée abdominale.

L'importance du souffle bas et de l'expansion du bas du corps assure une pression moindre sous le larynx, permettant de ce fait un son de qualité plus "ronde", une gorge plus ouverte et une position du larynx plus basse.
Lorsque l'air est accumulé en un point plus bas du corps, le chanteur se sent plus solide et ancré dans le sol, et moins tenté de "pousser trop d'air à travers les cordes".
La sensation alors qu'on approche une note aiguë doit être de "s'enfoncer dans le sol avec les genoux fléchis".

Il faudrait chanter depuis ses muscles du dos jusqu'à la résonance dans sa voix (presque comme si on n'avait pas de gorge).

Nous entendons tout le temps parler du danger de pousser sa voix ou de la forcer.

"Pousser, forcer la voix" se produit quand un chanteur pousse trop d'air et de pression à travers le larynx. Il en résulte une fatigue vocale due au fait de "trop souffler à travers les cordes". Nous n'avons besoin que de très peu d'air pour chanter.

Les hommes sont tout particulièrement puissants en raison de la partie supérieure de leur corps et ils utilisent trop de force qui "sur-compresse" le souffle. Il en résulte que les "cordes vocales éclatent sous la pression de l'air". Le palais mou retombe généralement et vous obtenez une situation que certains appellent "l'aboiement".

 

Le juste soutien : l'Appoggio

Appogio est un terme italien signifiant appui. En français, la traduction de soutien est généralement préférée. Cette notion renvoie à un idéal d'équilibre et de coordination entre la gestion du souffle et la résonance de la voix. Notez que de manière générale, "appoggio", "connexion", "soutien", "support" signifient la même chose.

A quel moment doit intervenir le soutien et quel est son rôle dans le son de la voix ?

Le soutien assure "la fermeture des cordes".

Cela signifie une parfaite fermeture des cordes vocales au moment précis où le soutien corporel est engagé. Le "soutien corporel" est une extension du "réflexe musculaire du rire ou du grognement" dans les régions des abdominaux inférieurs et du bas du dos.

Un chanteur ne devrait jamais ressentir un "grognement" dans la région de la gorge, uniquement dans le bas du dos. Les muscles de la gorge doivent toujours être doux et souples.

Le rôle premier du soutien est de produire suffisamment de "compression d'air" pour qu'un chanteur puisse émettre et soutenir une note énergique et vive hors de la région de la gorge.

Si une note n'est pas soutenue, le chanteur fait passer "trop d'air relâché à travers le larynx".
La base d'un chant sain est une note libre au moyen d'un soutien souple et flexible.

Un très bon exercice est de chanter un "S" sur une longue tenue. Cela crée le "soutien exact et équilibré" qui procure suffisamment de résistance dans le corps sans trop "d'hypertension" du corps.

Une autre caractéristique importante d'un bon soutien réside dans ce que beaucoup appellent rester "la gorge ouverte".

Le larynx ne peut pas "retenir" la pression de l'air.
C'est le bas du corps qui "retient" la pression de l'air, la gorge est alors plus à même d'être ouverte.
Les chanteurs doivent comprendre que ce n'est que le corps qui "retient" la pression de l'air, et non la glotte. Retenir l'air au moyen de la glotte peut blesser la gorge.
Un soutien correct permet de "retenir" la pression de l'air tout en assurant un parfait "flux d'air" à travers le larynx.
C'est le concept dont nous parlions en introduction :
Deux mécanismes opposés travaillant de concert pour obtenir un équilibre.
Donc en soutenant un son correctement, un chanteur "retient" et "laisse passer" l'air simultanément.
Cela peut être ressenti grâce à la sensation du rire ou encore de l'halètement (comme si on voulait imiter un caniche ou un gorille).