
Par romain_de_ny le 15/09/2002
La quantification
Après l'échantillonnage, la chaîne d'impulsions modulées est quantifiée. Quantifier un signal échantillonné consiste à placer les amplitudes des échantillons sur une échelle de valeurs à intervalles fixes (voir figure suivante).
Signal avant quantification :

Signal après quantification :

Le quantificateur détermine dans quel intervalle de quantification (de taille Q) l'échantillon se situe, et lui affecte une valeur qui représente le point central de cet intervalle. Ce procédé permet d'attribuer à l'amplitude de chaque échantillon un mot binaire unique. En quantification linéaire, chaque pas de quantification représente une incrémentation identique de la tension du signal. De plus, dans le système binaire le nombre de pas de quantification est égal à 2 puissance n, où n est le nombre de bits des mots binaires utilisés pour représenter chaque échantillon. En conséquence, un quantificateur 4 bits offre seulement 2 puissance 4 (16) niveaux de quantification, alors qu'un quantificateur 16 bits en offre 2 puissance 16 soit 65 536.
Il apparaît clairement qu'une erreur intervient dans la quantification, puisqu'on dispose d'un nombre limité de niveaux différents pour représenter l'amplitude du signal à chaque instant. La valeur maximale de l'erreur est de 0.5 Q. En conséquence, plus le nombre de bits par échantillon est important, et plus l'erreur est petite (voir figure suivante).
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| L'erreur maximale de quantification est égale à la moitié de l'intervalle de quantification (Q). A gauche le nombre d'intervalles est faible et l'erreur est importante alors qu'à droite le nombre d'intervalles est plus grand et l'erreur devient plus petite. | ||
L'erreur de quantification peut être considérée comme un
signal indésirable ajouté au signal utile (voir figure suivante).
Les signaux indésirables sont classifiés comme distorsion ou bruit
en fonction de leurs caractéristiques. La nature du signal d'erreur de
quantification dépend du niveau et de la nature du signal audio qui lui
est rattaché.
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| L'erreur de quantification vue comme signal indésirable ajouté
aux valeurs d'échantillons d'origine. Ici, l'erreur est directement
corrélée au signal et apparaîtra comme de la distorsion.
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Pour plus de clarté, considérons l'exemple d'une quantification
16 bits d'un signal sinusoïdal, échantillonné, de très
bas niveau. Son niveau est tout juste suffisant pour affecter la valeur du bit
le moins significatif à son niveau maximal (voir figure suivante à
gauche). Un tel signal aura une erreur de quantification périodique et
fortement corrélée au signal, apportant de la distorsion harmonique.
La figure de droite montre le spectre d'un signal de ce type analysé dans le domaine numérique. La distorsion engendrée apparaît clairement (avec une prédominance des harmoniques impaires) en addition de la fondamentale d'origine correspondant à la sonusoïde. Une fois le signal descendu au-dessous du niveau auquel l'élément binaire de poids faible (LSB) se déclenche, il n'y a plu aucune modulation. Du point de vue audible, on constate alors la disparition soudaine d'un signal très fortement distordu. Un signal sinusoïdal de plus haut niveau traverserait un plus grand nombre d'intervalles de quantification et générait une plus grande quantité de valeurs d'échantillon non nulles. Quand le niveau du signal augmente, l'erreur de quantification (toujours avec une valeur maximale de 0.5Q), devient de plus en plus petite comparée au niveau total du signal. La corrélation entre l'erreur et le signal diminue graduellement.

On considère maintenant un signal musical d'un niveau raisonnable. Les caractéristiques spectrales et l'amplitude d'un tel signal varient beaucoup : cela confère à l'erreur de quantification une nature assez aléatoire. En d'autres termes, l'erreur de quantification ressemble plus à du bruit qu'à de la distorsion, d'ou le terme de "bruit de quantification" couramment employé pour en décrire l'effet audible.
L'analyse de la puissance de l'erreur de quantification (en assumant que sa nature se rapproche du bruit) montre une amplitude efficace électrique de Q sur racine de 12, où Q est l'incrément de tension représenté par un intervalle de quantification. Ainsi, le rapport signal/bruit d'un signal idéal de n bits peut être approximativement donné par : (6.02n + 1.76) dB. Ceci implique un rapport signal/bruit théorique approché d'un peu plus de 6 dB par bit. Un convertisseur 16 bits doit afficher un rapport signal/bruit autour de 98 dB, et un convertisseur 8 bits autour de 50 dB. Par ailleurs, d'autres erreurs sont introduites si le signal à échantillonner présente une amplitude supérieure à la plage de conversion. Les signaux dépassants cette limite sont durement écrêtés ce qui induit une distorsion très sévère
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| Les signaux qui dépassent le niveau de pic sont durement écrêtés dans un système audionumérique. Il n'existe pas de valeurs disponibles pour représenter les échantillons. |
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