Le Mastering
Le
mastering d'un CD est à la fois un art et une science. Il constitue la
dernière touche créatrice et technique avant de presser un album
(CD, DVD, K7 ou autre support).
Vous pouvez comparer le mastering d’un CD au travail d’un éditeur
qui prend un manuscrit et le transforme en livre. L’éditeur de livres
doit à la fois comprendre la syntaxe, la grammaire, l’organisation
et le style d’écriture, mais aussi les techniques de reliure, les
séparations de couleurs, l’impression sous presse… De même,
l’ingénieur de mastering marie l’art de la musique avec la
science du son. C'est un spécialiste qui passe tout son temps à
perfectionner son art dans le mastering.
Le mastering audio est réalisé dans un studio dédié
comprenant une acoustique exemplaire et calibrée ainsi qu’une paire
de moniteurs haut de gamme. Le flux du signal audio reste minimum et des outils
spécialisés, souvent faits sur mesure, sont utilisés. Les
moniteurs ne devraient pas être encombrés par des interférences
acoustiques telles que de larges consoles de studios ou des racks d’effets
externes. En d’autres mots, l’acoustique est seule maître à
bord, viennent ensuite les autres facteurs à prendre en considération.
Pour des résultats optimums, le mastering ne devrait pas être
effectué dans le même studio que celui de l’enregistrement
et avec le même ingénieur qui a enregistré l’album.
Il est important de trouver un ingénieur de mastering qui apportera son
savoir-faire et sa perspective unique du projet de l’album et ce, afin
de mettre la touche finale qui distinguera un enregistrement ordinaire d’une
œuvre d’art.
Qu'est-ce qu'un ingénieur de Mastering ?
Un
ingénieur de mastering doit avoir un passé musical tout autant
que technique, une bonne oreille (voire deux !), un bon équipement, et
des connaissances techniques. Idéalement, il devrait savoir lire la musique
et avoir une excellente sensation de justesse. Il doit maitriser un bon nombre
d'équipements hi-tech dont la plupart ne sont pas trouvés dans
un studio d’enregistrement traditionnel. Un bon ingénieur de mastering
doit également connaître et comprendre de nombreux styles (et il
y en a beaucoup !), ainsi que savoir faire du travail d’édition.
Il est sensible aux besoins du réalisateur et de l'artiste, et accorde
une attention toute particulière à chacun de ses projets. Il doit
aussi deviner ce qui arrivera au CD lorsqu'il passera à la radio, dans
la voiture ou sur une chaîne stéréo.
[ Cet article est tiré du site Atanata
Records ]
Master, Pre-master, Glassmaster
Quelle est la différence entre un CDR et un
Glassmaster ?
Le
prémastering, plutôt que le mastering, est le terme le plus précis
à utiliser, puisque le vrai master pour un Compact Disc est appelé
le Glassmaster, lequel est découpé physiquement au laser durant
le pressage en usine. En fait, le glassmaster est détruit au moment de
la production. La seule chose permanente est une réplique, copie métallique
du glassmaster, qui sert de matrice pour presser des milliers de CDs avant dêtre
remplacée. Si vous voulez en savoir plus sur les procédés
de fabrication, je vous conseille de visiter l'une de ces usines de pressage.
Le matériel qui va à la fabrication peut être une bande
Umatic (système Sony à base de PCM1630), une cassette DDP (cassette
8mm Exabyte de data contenant une image disque du CD, le standard actuel), un
CD-R (CD enregistrable), ou encore un PMCD (CD Master contenant les mêmes
informations que lUmatic).
Désormais,
le lecteur standard installé dans le rack LBR, pour Laser Beam Recorder
(la machine qui soccupe de graver votre glassmaster), est une DDP; tout
autre format arrivant à lusine est transféré en DDP.
LUmatic est devenu plus ou moins désuet car il est moins fiable
quune cassette DDP et moins rapide pour graver le glassmaster.
Bien quil sagisse dun prémaster, il est courant de
désigner la cassette DDP ou le CDR « Master CD » car (espérons-le)
il ny aura plus daltération de laudio numérique
durant les prochaines étapes. Si lusine de pressage fait bien son
travail, les bits du CD final seront identiques à ceux du Master qui
ont quitté le studio de mastering.
Codes PQ et Norme Red Book
Les
codes PQ servent à faire des repères sur chaque titre du CD. Il
y a un index de début de titre et un index de fin de titre et ce, même
si les morceaux sont enchaînés. Lindex de fin de titre sert
principalement à connaître le minutage exact du titre. Chaque index
(de début et de fin) a un « offset » de quelques millisecondes,
permettant à votre lecteur CD de se positionner légèrement
avant le morceau afin de ne pas entamer le début du titre lorsquil
démarre.
La norme Red Book est un ensemble de règles très strictes et
toute bande (pré)master partant à lusine de pressage qui
ne respecte pas cette norme ne sera pas acceptée. Sans rentrer dans une
explication plus complexe, sachez quavant tout pressage, une analyse est
faite, détaillant le nombre des corrections derreur, la comparaison
entre les PQ inscrits et ceux décrits, le nombre de paquets exacts de
data enregistrés etc.
Pourquoi ne devrais-je pas appeler ma K7 DAT le
"Master" ?
Le
mot « Master » est trop utilisé. En réalité,
il ne peut y avoir quune cassette Master. Vous devriez nommer votre cassette
« Mix » ou « Session » ou « Travail édité
» ou « Compilation Edition » ou « Submaster assemblé
»
Mais comme vous pouvez le voir, utiliser le label « Master
» ne fera que rendre les choses plus confuses par la suite.
Dautres confusions arrivent lorsque le réalisateur sen mêle.
Il peut décider de changer lEQ ou les niveaux dune chanson,
mais oublier de lindiquer sur le master précédent. La première
chose à faire lorsque l'on crée un second master à partir
d'un master déjà existant, est certainement dinscrire en
gros DNU, pour « Do Not Use », sur l'étiquette de l'ancien
master devenu obsolète.
[ Cet article est tiré du site Atanata
Records ]
Analogique contre Numérique dans le Mastering
Une fois un signal converti en numérique, vous devriez faire attention
à bien revenir en analogique. Idéalement, vous ne voudrez quune
seule de ces conversions, une fois à lenregistrement et une autre
fois au moment de lécoute sur votre platine CD.
Mais alors que faire des compresseurs, limiteurs à lampe ou à
transistor ? Bien que couramment utilisés durant un mixage, un grand
nombre de ces processeurs ne convient pas à des fins de mastering. Par
exemple, un vieux Pultec peut avoir beaucoup de souffle mais être toujours
utilisable sur une voix ou un instrument pendant un mixage.
Mais
est-ce que vous passeriez votre mix général sur cette boîte
à souffle (peut-être que oui si vous aimez vraiment le son !) ?
De plus, chaque processeur utilisé dans un studio de mastering (un bon
studio de mastering) sera utilisé par paires, sera calibré, silencieux,
propre, et révisé régulièrement. Des positions calibrées
sont importantes pour un re-mastering ou pour la maintenance. "Propre"
signifie peu de distortion harmonique et de bruit de fond. "Par paires"
empêche limage stéréo de se détériorer.
Malgré tout, si un ingénieur en mastering a un EQ analogique
favori ou un processeur d'effets quil désire utiliser pour créer
un son particulier dune K7 DAT, il devra faire attention à comparer
le son avant et après traitement. Il y a toujours un manque de transparence
lorsque lon passe par des stades analogiques, particulièrement
A/D/A (analog/digital/analog). Quiconque a patché des processeurs sur
sa console est conscient de ces problèmes. En dautres termes, vous
devez faire très attention à peser le pour et le contre entre
faire un traitement analogique sur une bande DAT ou amener cette même
DAT sur un système numérique haute résolution et traiter
le signal en numérique sur toute la chaîne.
Il y aura de toute évidence un léger (ou un sérieux) manque
de transparence pour chaque conversion. Cependant, il est possible que lingénieur
de mastering pense que la musique bénéficiera des caractéristiques
acoustiques dun compresseur ou dun équaliseur « vintage
». Peut-être recherche-t-il ce fameux effet de pompage qui ne peut
être obtenu quavec des processeurs analogiques (de nombreuses personnes
se plaignent du côté trop propre du numérique). Enfin, certains
ingénieurs de mastering prétendent que les processeurs analogiques
sonnent mieux que les processeurs numériques. Mais il s'agit là
d'un autre débat, des plus subjectifs : nous ne rentrerons donc pas ici
dans celui-ci !
[ Cet article est tiré du site Atanata
Records ]
Cinq raisons de faire un mastering
Chaque enregistrement mérite d’avoir un bon mastering. Quand vous
mixez, votre travail n’est pas terminé. Le mastering polit le tout,
cela devient plus qu’un disque… Cela devient une œuvre d’art.
Les chansons deviennent un ensemble cohérent, le son peut prendre une nouvelle
dimension et une nouvelle vie qui met encore plus en valeur les meilleurs mix.
Voici 5 raisons pour lesquelles un mastering est nécessaire.
Fatigue de l'oreille
La plupart de la musique d’aujourd’hui est produite en enregistrement
multipistes. L'étape suivante est le mixage. Ce mixage peut prendre entre
4 heures et 4 semaines, selon les prédilections du réalisateur,
les souhaits de l’artiste et le budget. Généralement, chaque
titre est mixé indépendamment. Vous avez rarement le luxe de changer
et de comparer les chansons pendant que vous mixez. Certains mix peuvent être
faits à 2h du matin, quand les oreilles sont fatiguées, d’autres
à midi, quand vos oreilles sont fraîches. Le résultat :
chaque mix sonne différemment, chaque chanson a ses propres caractéristiques
acoustiques. Le mastering permettra d'homogénéiser l'ensemble
des morceaux de album masterisé en réduisant les différences
frappantes dans les morceaux.
La courbe de réponse des enceintes
C’est
assez invraisemblable quand vous y pensez mais peu de studios ont un système
d’écoutes fiable et précis. Saviez-vous par exemple que placer
des enceintes sur le rebord d’une console crée des creux et des
bosses dans la courbe de réponse en fréquences ? Une « control
room » classique, remplie d’équipements, provoque également
des accidents de courbe de réponse autour de 200-300Hz, avec un «
effet de masque » qui fera baver les éventuelles irrégularités
de ladite courbe. Et bien que vous soyez rempli de bonnes intentions, combien
de fois avez-vous le temps de prendre vos premix avec vous pour les jouer sur
différents systèmes allant de votre autoradio à un système
audiophile haut de gamme ? Résultat : vos mix sont des compromis. Certaines
fréquences ressortent trop, et d’autres pas assez.
Puis-je prendre votre commande SVP ?
Pendant une séance de mix, le réalisateur n’a généralement
aucune idée de l’ordre des chansons qu’il fera avant que tous
les mix soient terminés. Si vous compilez ces chansons à l’unité
de gain et les écoutez l’une après l’autre, cela ne
sonnera probablement pas comme un disque. Certains titres seront en dehors,
d’autres trop faibles ; vous pourrez aussi découvrir que certains
mix sont trop brillants ou qu’il n’y a pas assez de grave, ou que
la voix est trop faible, ou que la séparation stéréo est
trop étroite. Ces choses arrivent couramment, même après
des semaines passées en studio. De plus, ces problèmes n’apparaissent
souvent qu’une fois l’album assemblé dans son ordre et qu’il
est auditionné dans un bon environnement sonore.
La
perspective d'une (autre) paire d'oreilles qualifiée
L’ingénieur de mastering est la dernière personne à
participer à votre projet. Il peut donner une représentation artistique,
musicale et technique de vos idées. Profitez tout particulièrement
de ses oreilles… De nombreux projets musicaux sont passés entre
ses mains. Vous pouvez lui demander ce qu’il pense de l’ordre de vos
chansons, comment elles devraient être espacées, et s’il y
a quelque chose de spécial qui pourrait les mettre encore plus en valeur.
Il écoutera attentivement chaque aspect de votre album et pourra vous
fournir des suggestions si vous le désirez.
Toujours plus fort
«
La norme du CD indique que le niveau maximum d’un CD, soit 0dBfs, est de
18dB au-dessus du 0Vu de la console et ce, afin d’avoir une marge suffisante
pour les crêtes (headroom). De nos jours, cette marge a été
réduite à 1 ou 2dB par les studios de mastering (et leurs compresseurs/limiteurs
hi-tech). La compétition actuelle entre les différents studios
se tient là : qui produira un master encore plus fort que celui de votre
concurrent ? » (D.Blanc-Francart). Vous l'avez compris, laisser faire
le mastering par un professionnel peut être "stratégique".
Conclusion
Ce ne sont que quelques-unes des raisons pour lesquelles un travail de mastering
est inévitablement nécessaire pour faire de vos chansons un (pré)master
qui inclut un ajustement des niveaux, un bon espace entre les chansons, de bons
fondus ou enchaînements (fade-ins, fade-outs), la suppression de bruits
résiduels, le remplacement d’erreurs musicales en combinant plusieurs
prises (courant lors d’un enregistrement stéréo), l’égalisation
des chansons pour les rendre plus brillantes ou plus sombres, la mise en valeur
d’instruments qui (rétrospectivement) ne sortaient pas assez du
mix.
Ne sous-estimez donc pas le mastering, et surtout ne l’évitez pas
pour économiser quelques centaines d'euros.
Crédits
Texte original de Bob Katz.
Traduit et adapté de l'américain par Vincent
Cordel (Atanata Records).
Adapté par Agnès Fournier et Philippe Raynaud pour AudioFanzine.
Conserver une qualité de son optimale

A présent que vous en savez plus sur ce qu'est le mastering, nous allons tenter d'établir une petite checklit à valider avant de procéder
au mastering de votre album.
Recommandations pour conserver une qualité de son optimale
- Si vous mixez sur une bande analogique (oui, oui, cela se fait encore),
la meilleure chose à faire est d’effectuer une copie de sûreté
en numérique (pendant le mixage ou après). Editez votre bande
(analogique) avec votre désormais antique lame de rasoir. Dans la mesure
du possible, utilisez une bande 1/2 pouce tournant à 76cm/s (30IPS).
- Si vous mixez en numérique, sachez que la conversion A/D (Analog
to Digital) est le maillon le plus faible de votre chaîne. De multiples
répétitions de conversions A/D/A peuvent modifier de manière
plus ou moins radicale votre son, donnant au final un son généralement
plus dur. C’est pourquoi, si vous préférez mixer en 16bits
sur DAT, vous devriez vous procurer le meilleur convertisseur externe A/D.
Même si vous devez effectuer par la suite un dithering en 16 bits, un
bon convertisseur 20 bits A/D vous donnera de biens meilleurs résultats
acoustiques que les convertisseurs internes de votre DAT. Idéalement,
vous ne devriez pas non plus revenir en analogique (D/A) avant d'écouter
votre CD sur votre lecteur préféré.
- Arrêtez-vous tout de suite si vous voulez seulement faire un assemblage
de vos titres avant de les envoyer au studio de mastering. Vous ne gagnerez
pas de temps à copier votre DAT. Changer l'ordre des pistes prendra
2 minutes à faire au studio de mastering et vous éviterez ainsi
d’ajouter éventuellement des erreurs de codage sur votre bande
DAT en le faisant vous-même.
Note : ne faites jamais une seule copie durant le mix. Faites-en au
moins 2 et mettez-les dans un endroit sûr. N’envoyez jamais votre
copie unique par la poste. Cela ne vous empêche pas de tester l’ordre
de vos chansons en faisant des copies, mais envoyez votre DAT originale au mastering,
pas une copie.
Procédures de copie
Ecoutez toujours attentivement la sortie de votre enregistrement lorsque vous
faites une copie. C’est ennuyeux mais nécessaire. De plus, si vous
mettez votre enregistrement en pause, assurez-vous de redémarrer la bande
en enregistrement pendant 10 secondes avant que le titre ne démarre.
Cela vous assurera que la bande n’a pas de résidus sonores ou de
pops numériques au moment du play-back (la plupart des DATs n’ont
besoin que d’1 ou 2 secondes pour se synchroniser mais on n’est jamais
trop prudent).
Conseils
Si vous pensez éditer votre musique seul, dites-vous que pour conserver
une qualité de son optimale, vous devriez éviter de toucher à
tout ce qui a rapport au gain de votre musique, et laisser faire toutes ces
opérations votre l'ingénieur du son de votre studio de mastering
:
- N’utilisez pas les plug-ins « Maximiser » ou équivalents.
- N’égalisez pas ou ne compressez pas à travers votre éditeur.
- Ne NORMALISEZ pas.
- N’effectuez pas de fades (fade in / fade out).
- Désactivez votre option de dithering (si elle est disponible).
Chacun de ces procédés peut détériorer le son.
Il faut donc éviter de faire ces traitements deux fois de suite, c 'est
à dire vous puis l'ingénieur du son lors du mastering. Laissez-le
donc faire son métier !
De même, il est généralement recommandé de ne pas
faire vos fades durant le mix. Si vous avez des idées sur la manière
dont ils devront être faits, suggérez-les à votre ingénieur
de mastering. Mais donnez-lui aussi la parole : de par son expérience,
il pourrait avoir des idées auxquelles vous n’avez même pas
pensé.
Alertez votre ingénieur de mastering de tous les bruits de fond qui
vous dérangent dans votre mix (comme le SMPTE par exemple), ils pourront
dans la plupart des cas être éliminés. Parallèlement,
dites-vous que certains bruits peuvent être laissés volontairement
(artistiquement ?), comme le décompte du batteur, les commentaires de
musiciens etc. Cela peut donner une certaine ambiance à l’album.
N'hésitez pas à être créatifs !
[ Cet article est tiré du site
Atanata
Records ]
Préparer vos bandes et fichiers
La bande que vous envoyez n’est pas un master !
Donc ne l’intitulez pas « Master ».
Un
master est une bande (ou un CD) qui a été préparée
par le studio de mastering en une fois (sans s’arrêter), avec tous
les espaces, tous les niveaux, les eqs proprement définis, et qui n’a
plus besoin d’aucun traitement si ce n’est de se soumettre à
la norme Red Book (ajout des index). Seules les bandes PCM1630, DDP ou les CDRs
sont qualifiés. Une bande ADAT n’est pas un master CD. Donc envoyez
vos bandes en les intitulant : « Mix », « Submaster »,
« Session », « Mix édité », ou n’importe
quoi d’autre mais pas un « Master ».
Il ne s’agit pas de donner une importance moindre à votre bande
: cela aidera simplement à différencier le véritable master
de vos bandes sources. Cela évitera aussi toute confusion dans le futur
si vous devez faire des corrections et que vous recherchez le véritable
Master. Au moins la moitié des bandes dans une bibliothèque d’archives
est intitulée (à tort) Master.
Assurez-vous avant toute chose que votre studio de mastering accepte votre
support analogique.
Les plus courants sont les bandes 1/4 pouce ou 1/2 pouce à 19, 38 ou
76 cm/s (7 1/2, 15, 30 IPS).
Si vous avez utilisé un réducteur de bruit, n’oubliez pas
de mentionner quel format : Dolby A, SR, DBX Type 1 ainsi que l’égalisation
AES ou NAB.
Ajoutez une amorce en début et en fin de bande.
Si possible, ajoutez-en aussi entre les chansons (sauf pour les concerts).
La bande devrait être rembobinée lentement et en fin de bande.
Indiquez pour chaque bande le nom de l’album, le titre des chansons et
leur temps absolu (ABS Time).
Indiquez la vitesse de la bande, le niveau d’enregistrement à 0
VU en nw/M (si vous ne savez pas ce que c’est, demandez à votre
ingénieur du son), ainsi que l’égalisation et la réduction
de bruit employées.
Indiquez aussi s’il s’agit d’un enregistrement Mono ou Stéréo.
Ajoutez les tons d’alignement sur une de vos bandes (sans réducteur
de bruit) : 100Hz, 1kHz, 10kHz, 15kHz et si possible 45Hz et 5kHz le tout
à 0 VU. Il va de soi que cela doit être enregistré en passant
par le même équipement utilisé durant le mixage. Indiquez
enfin l’ordre des titres que vous voulez sur votre CD.
Préparation des bandes numériques (DAT)
De
manière générale, les convertisseurs A/D moyen de gamme
sont de meilleure qualité à 48kHz. N’oubliez pas la liste
des titres, le nom de l’album et le temps absolu (ABS) de chaque titre.
Si possible, ajoutez une Start ID avant chaque titre et indiquez-la sur
votre liste. Les Start Ids n’ont pas besoin d’être exactement
localisées (laissez de l’espace), mais elles sont très pratiques
pour se repérer.
Ayez toujours au moins une copie de sécurité (clone) avant
d’envoyer une cassette DAT au Mastering. Si possible, enregistrez un ton
de calibrage en début de bande à 1kHz au niveau de référence
qui correspond à 0 VU sur votre console (généralement entre
–14dBFS et –20dBFS). D’autres fréquences sont optionnelles.
Les tons sont utilisés pour vérifier l’état de votre
convertisseur A/D et la réponse en fréquence de votre système
ainsi qu’à la calibration des différentes machines.
Commencez à enregistrer votre musique après environ 2 minutes
de silence. Cela évite une éventuelle mauvaise condition de
la bande qui se trouve généralement au début de la cassette
DAT. Mettez votre ton de calibration (sans ID) à environ 2 minutes (ABS),
lancez votre premier titre avec une ID #1. Quand vous mixez sur un format numérique
(tel qu’une cassette DAT), mettez-vous en enregistrement au moins 10
secondes avant que la musique ne démarre, et laissez la bande tourner
au moins 10 secondes après que la musique soit terminée. Cela
vous évitera d’éventuelles erreurs de codage lorsque la bande
sera chargée au Mastering.
Il n’est pas besoin d’enregistrer vos titres dans l’ordre de
votre album. Amenez simplement une liste sur une feuille séparée
avec l’ordre que vous voulez. Certains réalisateurs amènent
aussi des instructions sur quelles prises prendre et où la trouver sur
la bande. Si vous avez des souhaits particuliers (comme des enchaînements
de morceaux), indiquez-le également.
Préparation des fichiers
Concernant les CD-Roms, bon nombre d’entre nous utilisent désormais
des CD-Roms avec des fichiers 24bits AIFF ou WAV comme submaster. C’est
un bon support pour échanger des fichiers mais quelques règles
sont tout de même à suivre :
- N’utilisez pas de labels CDs : ils peuvent être impressionnants
mais peu de personnes savent que cela augmente le taux d’erreur en altérant
la vitesse de rotation du disque, surtout lorsque vous enregistrez au delà
de 2X ou avec des fichiers multipistes, des fréquences d’échantillonnage
élevées ou des bits élevés. Il est possible d’éviter
bon nombre d’erreurs si vous n’utilisez pas de labels. Conclusion
: ne les utilisez pas pour tout matériel sensible.
- Concernant vos fichiers proprement dits, laissez au moins une seconde
de blanc en début de fichier car un certain nombre de programmes
peut y ajouter des clics numériques.
- Il est généralement recommandé de fermer votre session
CD-Rom. Si vous ne la fermez pas, certains studios auront du mal à
reconnaître votre CD ou à trouver tous les fichiers. Une erreur
facile à éviter.
D'autre part, d’après Michel Geiss, « il est important de
graver à la vitesse maximum autorisée par le graveur de CD (double,
quadruple...). En effet, la rotation à plus grande vitesse permet d'assurer
une meilleure stabilité du CD et le laser de gravure travaille par impulsions
plus brèves et donc plus constantes. Par ailleurs, la puissance du laser
est supérieure à vitesse plus rapide, donnant des empreintes plus
nettes. N'oubliez pas qu’il vous faut des disques certifiés compatibles
et qu’il vaut mieux s’en tenir à l’utilisation des supports
préconisés par le fabricant du graveur. ». Ce point est
un peu controversé par certains presseurs de CD qui préconisent
de graver en 1X pour éviter au maximum les erreurs de gravure et optimiser
la profondeur de gravure. Le mieux est certainement de vous conformer aux dires
de votre presseur : en cas de problème, vous aurez suivi scrupuleusement
leurs conseils.
Michel Geiss ajoute : « A noter que lors d'une gravure, le codage
de correction d'erreurs est de meilleure qualité en mode CDROM qu'en
mode CD Audio. Ceci explique pourquoi un CD Audio peut enregistrer 74 mn d'audio,
équivalent d'environ 740 MB sur un disque dur, et seulement 650 MB en
mode CDROM. »
Testez vos fichiers une fois la gravure faite. Ouvrez-en un ou plusieurs,
essayez de le rejouer, de le copier sur votre disque dur. Si, malheureusement,
vous obtenez des erreurs, il est temps de recommencer !
Crédits
Texte original de Bob Katz, complété par Vincent
Cordel (Atanata Records).
Traduit et adapté de l'américain par Vincent Cordel.
Adapté pour AudioFanzine par Agnès Fournier et Philippe Raynaud.
Photo "DAT" : The
DAT World.
[ Cet article est tiré du site Atanata
Records ]