« Un excellent compromis aux expandeurs et plus si affinités »
Publié le 23/02/26 à 19:28
Rapport qualité/prix :
Correct
Cible :
Tout public
Tout commence par un son inspirant, envoûtant, ou simplement troublant… et tout s’enclenche. On l’habille d’une rythmique, on y ajoute quelques lignes, et en une journée l’affaire est bouclée.
Chez moi, c’est souvent ainsi que naissent les morceaux. Je suppose que vous voyez ce que je veux dire.
Dès le début des années 2000, j’ai été parmi les premiers à croire aux instruments virtuels. Pourtant, comme le ressac, j’ai longtemps oscillé entre virtuel et matériel.
Avec le recul, j’ai sans doute dépensé davantage en plugins qu’en machines physiques. Beaucoup ont fini à la corbeille : soit inintéressants, soit abandonnés par leurs développeurs, sans solution d’activation alternative. La tendance actuelle me semble aller - sauf exception - vers un océan de presets, des milliers, dont seule une poignée s’avère réellement exploitable et cohérente dans un mix.
Les expandeurs, eux, ont cet avantage : leurs sons sont déjà optimisés par des ingénieurs de renom. On choisit, on place, et cela fonctionne presque immédiatement. Mais ils sont encombrants, peu éditables, et les faux contacts sont monnaie courante. Sans parler des câbles MIDI capricieux, des risques d’overflow ou des aléas matériels qui viennent parfois casser l’élan créatif.
Le monde idéal ? Des expandeurs intégrés dans un instrument virtuel. De vrais sons, avec la véritable signature sonore des machines originales - pas ces modélisations qui, une fois privées d’effets, perdent toute substance. Et puis, je n’ai pas toujours envie de concevoir mes propres sonorités : ce n’est généralement pas par là que je commence.
Eh bien cela existe : la fameuse suite Vintage Vault de UVI.
Des milliers de sons, réellement exploitables. Même « nus », ils sonnent. On retrouve le punch du matériel, des graves profonds et réalistes. Et pour cause : il ne s’agit pas de modélisation, mais d’échantillonnage de véritables machines - pas toujours légendaires, mais incontestablement musicales.
C’est la force de cette collection qui regroupe de nombreuses machines ayant façonné les années 80-90, avec des incursions dans les sonorités 70’s et même 2000 en mode revival. On y croise des instruments prestigieux, mais aussi des modèles plus modestes - des Casio, des Kawai - ainsi que d’imposants monstres bien trop volumineux pour franchir la porte d’un studio domestique.
Tout cela tourne dans UVI Workstation, avec Vintage Vault 4.
À propos de Workstation, on m’a glissé que Native Instruments serait passé par là - et cela se ressent : la recherche de patches rappelle celle de Kontakt ou Komplete Kontrol, avec filtrage par mots-clés et pré-écoute instantanée. C’était précisément la fonction qui manquait.
Côté stockage, vu la qualité et la quantité, je m’attendais à un volume colossal. Finalement, sur mon disque, l’ensemble représente moins de 400 Go - sachant que j’y héberge aussi Key Suite et d’autres instruments hors collection.
Avec un Samsung T7, le changement de banque prend à peine une seconde, ce qui reste très raisonnable. Sur un disque mécanique, en revanche, la patience serait mise à rude épreuve.
Concernant la charge CPU, c’est extrêmement léger — échantillons obligent.
Les sons sont légèrement modifiables, à la manière d’un expandeur généraliste type Sound Canvas de Roland ou série MU de Yamaha : peu de paramètres, mais suffisamment pour une personnalisation subtile.
Oui, je me montre enthousiaste. Y a-t-il des points faibles ?
Difficile à dire. Aucun son n’est médiocre, certains sont même remarquables - dans un ensemble déjà très qualitatif. Les boîtes à rythmes historiques, notamment, sont splendides. C’est ce qui m’a le plus impressionné.
On y trouve aussi des romplers dans la plus pure tradition : D50, M1, TG77… des patches FM, et bien sûr de l’analogique. Cela reste assez rare, hormis chez les marques OEM qui rééditent leurs propres instruments historiques.
Dans ce véritable nirvana de patches - et de pitch, sans oublier les « poutch » - il est difficile de faire la fine bouche.
Et pourtant, je vais essayer.
Le prix peut sembler dissuasif. Mais au regard de la qualité, il est largement justifié - d’autant que des promotions existent. Les sons ont été échantillonnés en très haute qualité, puis nettoyés : chaque instrument apparaît sous son meilleur jour, sans défaut.
C’est peut-être là, paradoxalement, la seule ombre au tableau : c’est très propre. Dans un home studio, si l’on n’est pas à la hauteur en matière de prise de son, le contraste peut être frappant. Un peu comme un dessin maladroit encadré dans un cadre doré finement sculpté.
Heureusement, une légère saturation, une compression subtile, voire - cas extrême - une touche de bit crushing suffisent à rééquilibrer l’ensemble.
J’ai longtemps hésité. C’est une promotion à -60 % qui m’a finalement décidé, avec cet a priori : « Je vais encore être déçu, seules quelques sonorités vaudront vraiment la peine. » C’était mon expérience passée avec un concurrent patriotique spécialisé dans la modélisation.
Finalement, le caractère figé des banques n’est pas un frein. Les quelques ajustements possibles suffisent, et la richesse sonore fait rapidement oublier le reste.
Et surtout, je ne vois pas cet outil comme un remplaçant du hardware, mais comme un complément particulièrement intelligent. Je reste très attaché au matériel. Rien n’empêche d’ajouter une couche d’un Korg Minilogue, d’un Behringer DeepMind 12 ou de toute autre machine analogique pour injecter du mouvement, une légère instabilité, un grain supplémentaire.
La base issue de Vintage Vault apporte une assise solide, propre, immédiatement exploitable dans le mix. Le hardware, lui, vient ajouter la vie, la largeur, les micro-variations. On profite ainsi du punch et de la profondeur du sample, sans les contraintes logistiques du matériel, tout en conservant le plaisir et la texture de l’analogique lorsque l’on en a envie.
Je ne dis pas que cela remplace le hardware. Je dis simplement que, pour la première fois, je n’ai pas l’impression de sacrifier l’essentiel en restant dans le domaine logiciel.
Comprenez-vous mieux mon enthousiasme ?
Si les sonorités des années 80-90 vous font vibrer et que les émulations vous ont souvent laissé sur votre faim, ne faites pas comme moi : ne tournez pas autour du pot… surtout si une promotion passe par là.
Chez moi, c’est souvent ainsi que naissent les morceaux. Je suppose que vous voyez ce que je veux dire.
Dès le début des années 2000, j’ai été parmi les premiers à croire aux instruments virtuels. Pourtant, comme le ressac, j’ai longtemps oscillé entre virtuel et matériel.
Avec le recul, j’ai sans doute dépensé davantage en plugins qu’en machines physiques. Beaucoup ont fini à la corbeille : soit inintéressants, soit abandonnés par leurs développeurs, sans solution d’activation alternative. La tendance actuelle me semble aller - sauf exception - vers un océan de presets, des milliers, dont seule une poignée s’avère réellement exploitable et cohérente dans un mix.
Les expandeurs, eux, ont cet avantage : leurs sons sont déjà optimisés par des ingénieurs de renom. On choisit, on place, et cela fonctionne presque immédiatement. Mais ils sont encombrants, peu éditables, et les faux contacts sont monnaie courante. Sans parler des câbles MIDI capricieux, des risques d’overflow ou des aléas matériels qui viennent parfois casser l’élan créatif.
Le monde idéal ? Des expandeurs intégrés dans un instrument virtuel. De vrais sons, avec la véritable signature sonore des machines originales - pas ces modélisations qui, une fois privées d’effets, perdent toute substance. Et puis, je n’ai pas toujours envie de concevoir mes propres sonorités : ce n’est généralement pas par là que je commence.
Eh bien cela existe : la fameuse suite Vintage Vault de UVI.
Des milliers de sons, réellement exploitables. Même « nus », ils sonnent. On retrouve le punch du matériel, des graves profonds et réalistes. Et pour cause : il ne s’agit pas de modélisation, mais d’échantillonnage de véritables machines - pas toujours légendaires, mais incontestablement musicales.
C’est la force de cette collection qui regroupe de nombreuses machines ayant façonné les années 80-90, avec des incursions dans les sonorités 70’s et même 2000 en mode revival. On y croise des instruments prestigieux, mais aussi des modèles plus modestes - des Casio, des Kawai - ainsi que d’imposants monstres bien trop volumineux pour franchir la porte d’un studio domestique.
Tout cela tourne dans UVI Workstation, avec Vintage Vault 4.
À propos de Workstation, on m’a glissé que Native Instruments serait passé par là - et cela se ressent : la recherche de patches rappelle celle de Kontakt ou Komplete Kontrol, avec filtrage par mots-clés et pré-écoute instantanée. C’était précisément la fonction qui manquait.
Côté stockage, vu la qualité et la quantité, je m’attendais à un volume colossal. Finalement, sur mon disque, l’ensemble représente moins de 400 Go - sachant que j’y héberge aussi Key Suite et d’autres instruments hors collection.
Avec un Samsung T7, le changement de banque prend à peine une seconde, ce qui reste très raisonnable. Sur un disque mécanique, en revanche, la patience serait mise à rude épreuve.
Concernant la charge CPU, c’est extrêmement léger — échantillons obligent.
Les sons sont légèrement modifiables, à la manière d’un expandeur généraliste type Sound Canvas de Roland ou série MU de Yamaha : peu de paramètres, mais suffisamment pour une personnalisation subtile.
Oui, je me montre enthousiaste. Y a-t-il des points faibles ?
Difficile à dire. Aucun son n’est médiocre, certains sont même remarquables - dans un ensemble déjà très qualitatif. Les boîtes à rythmes historiques, notamment, sont splendides. C’est ce qui m’a le plus impressionné.
On y trouve aussi des romplers dans la plus pure tradition : D50, M1, TG77… des patches FM, et bien sûr de l’analogique. Cela reste assez rare, hormis chez les marques OEM qui rééditent leurs propres instruments historiques.
Dans ce véritable nirvana de patches - et de pitch, sans oublier les « poutch » - il est difficile de faire la fine bouche.
Et pourtant, je vais essayer.
Le prix peut sembler dissuasif. Mais au regard de la qualité, il est largement justifié - d’autant que des promotions existent. Les sons ont été échantillonnés en très haute qualité, puis nettoyés : chaque instrument apparaît sous son meilleur jour, sans défaut.
C’est peut-être là, paradoxalement, la seule ombre au tableau : c’est très propre. Dans un home studio, si l’on n’est pas à la hauteur en matière de prise de son, le contraste peut être frappant. Un peu comme un dessin maladroit encadré dans un cadre doré finement sculpté.
Heureusement, une légère saturation, une compression subtile, voire - cas extrême - une touche de bit crushing suffisent à rééquilibrer l’ensemble.
J’ai longtemps hésité. C’est une promotion à -60 % qui m’a finalement décidé, avec cet a priori : « Je vais encore être déçu, seules quelques sonorités vaudront vraiment la peine. » C’était mon expérience passée avec un concurrent patriotique spécialisé dans la modélisation.
Finalement, le caractère figé des banques n’est pas un frein. Les quelques ajustements possibles suffisent, et la richesse sonore fait rapidement oublier le reste.
Et surtout, je ne vois pas cet outil comme un remplaçant du hardware, mais comme un complément particulièrement intelligent. Je reste très attaché au matériel. Rien n’empêche d’ajouter une couche d’un Korg Minilogue, d’un Behringer DeepMind 12 ou de toute autre machine analogique pour injecter du mouvement, une légère instabilité, un grain supplémentaire.
La base issue de Vintage Vault apporte une assise solide, propre, immédiatement exploitable dans le mix. Le hardware, lui, vient ajouter la vie, la largeur, les micro-variations. On profite ainsi du punch et de la profondeur du sample, sans les contraintes logistiques du matériel, tout en conservant le plaisir et la texture de l’analogique lorsque l’on en a envie.
Je ne dis pas que cela remplace le hardware. Je dis simplement que, pour la première fois, je n’ai pas l’impression de sacrifier l’essentiel en restant dans le domaine logiciel.
Comprenez-vous mieux mon enthousiasme ?
Si les sonorités des années 80-90 vous font vibrer et que les émulations vous ont souvent laissé sur votre faim, ne faites pas comme moi : ne tournez pas autour du pot… surtout si une promotion passe par là.