Note : 10 sur 10
« Un remplaçant moderne au vieillissant HD 600 »
Publié le 13/04/26 à 23:19
Rapport qualité/prix :
Excellent
Cible :
Les utilisateurs avertis
Le Hifiman Sundara est un casque ouvert utilisant des transducteurs magnétiques planaire. Il propose :
• une conception ouverte pour une scène sonore large et aérée ;
• un arceau à suspension pour une meilleure répartition du poids ;
• des transducteurs magnétiques planaire avec membrane "Neo Supernano" (NsD) ;
• une réponse en fréquence annoncée de 6 Hz à 75 kHz ;
• des connecteurs d'entrée double mini-jack 3,5 mm ;
• une structure hybride mêlant métal et polymères.
A la première écoute, j’ai été agréablement surpris par une certaine sensation de familiarité : habitué à un Sennheiser HD 600 depuis plus de 10 ans, j’étais comme à la maison avec ce Hifiman Sundara. En effet la signature sonore colle de très près a une courbe cible type "Diffuse-Field", tout comme les Sennheiser HD 580/600/650 qui restent des références absolues en studio. Combiné aux avantages de la technologie magnétique planaire – une réponse étendue dans le bas du spectre et un niveau de distorsion très faible – on obtiens un outil de monitoring extrêmement fiable. Les médiums sont particulièrement précis et détaillés, ce qui donne une grande clarté aux voix et aux instruments solistes. Les adeptes de la "courbe de Harman" et ses graves accentués trouveront probablement une légère pointe de brillance, mais en tant qu’adepte de neutralité je trouve ici le haut du spectre très équilibré – contrairement aux Sennheiser HDs réputés voilés dans les aigus – ce qui est un point fort pour déceler les sibilances ou les défauts de compression dans un mix. En revanche une session d'écoute de pop moderne peut rapidement induire une certaine fatigue auditive, surtout sur les mixes criards ou riches en hautes fréquences. C'est un casque qui privilégie la transparence et l'analyse plutôt que la flatterie euphonique.
Autre force de ce Sundara : la rapidité des transducteurs planaires. Contrairement à un casque dynamique classique, la membrane est ici extrêmement fine et réagit presque instantanément. Les mesures indépendantes confirment une excellente réponse impulsionnelle : les transitoires, comme les attaques de caisse claire ou les pincements de cordes, sont nets et sans bavure. Les amateurs de basses qui "cognent" reprocheront le manque de poids ou d’épaisseur dans le bas du spectre, mais personnellement j’apprécie ce rendu un peu sec, l'extension dans les graves étant meilleure que sur mon HD 600 mais aussi plus propre, sans aucune distorsion audible.
L'aspect "ouvert" du casque joue un rôle majeur dans la perception de l'espace. La scène sonore est large et, surtout, la sensation de profondeur est très bien retranscrite. On n’est pas sur une panoramique "larger than life" comme avec un Sennheiser HD 800, mais on arrive à localiser précisément chaque instrument dans le champ stéréo. Bien entendu le revers de la médaille c’est que l'isolation est quasi-inexistante : tout ce que vous écoutez est entendu par vos voisins de bureau, et inversement, le moindre bruit ambiant vient perturber votre écoute. C'est le prix à payer pour éviter les résonances internes propres aux casques fermés, mais cela limite l’usage du Sundara à des environnements calmes et contrôlés.
La qualité de construction semble vraiment bonne mais reste perfectible. La structure en métal inspire confiance et je suis assez fan du design industriel noir mat, sobre et élégant. Cependant, l'arceau manque un peu de souplesse et le mécanisme de réglage semble plutôt rigide, surtout en l’absence de système de rotation horizontal des oreillettes. Le confort est globalement bon grâce à la suspension qui répartit les 370 grammes de la bête, même si la force de serrage latérale (le "clamp") est assez prononcée lors des premières utilisations. Heureusement on peut légèrement écarter l’arceau si besoin, et les coussinets en mousse recouverts de similicuir tout doux – et de velours sur la face interne en contact avec la peau – compensent suffisamment la pression pour que le casque se fasse oublier après quelques minutes. En tout cas on sent que c'est un appareil robuste, conçu pour un usage sédentaire, même si certains détails de finition, comme le câble d'origine un peu microphonique, rigide et sujet aux faux plis, rappellent qu'on est encore sur un segment de prix compétitif.
Petites précisions utiles pour celles et ceux intéressé(e)s par ce casque :
- Il existe 2 versions du Sundara, à savoir celle d’origine, et celle de 2020 avec des coussinets d’oreille légèrement différents. Hifiman continue de distribuer les 2, mais la version 2020 sonne légèrement plus neutre, celle d’origine ayant un pic vers 5kHz pouvant lui conférer une certaine sibilance selon les sources.
- Pour que le Sundara s’exprime pleinement, il vaut mieux avoir un ampli casque dédié, car malgré une faible impédance de 32 ohms sa sensibilité modérée demande une réserve de courant honnête pour s'exprimer pleinement. Je ne saurais que trop conseiller d’investir dans un câble et un ampli symétriques (j’ai personnellement un faible pour le Topping A50).
Côté utilisation, grâce à sa réactivité et sa neutralité exemplaire, ce casque est particulièrement efficace pour les travaux de mixage fin et les contrôles réguliers des réglages de queue de reverb. Il est parfait pour égaliser des pistes avec précision, car il ne masque pas les fréquences adjacentes. C’est aussi un excellent choix pour l’édition chirurgicale (nettoyage de pistes, clics de bouche, bruits de fond) grâce à son haut niveau de détail. Pour un compositeur, il permet de travailler la spatialisation d'un projet avec une grande fidélité. Enfin, il brille pour l'écoute plaisir de genres musicaux complexes où la séparation instrumentale est primordiale, comme le classique ou la world music.
Conclusion
Le Hifiman Sundara est un outil de précision qui s'impose comme le champion du rapport qualité-prix pour un casque neutre. En ce qui me concerne il a complètement remplacé le HD 600 puisqu’il est plus précis dans les graves et les aigus tout en maintenant une distorsion plus faible sur tout le spectre audible. En termes de casque ouvert, la seule fois où j’ai entendu mieux, c’était un Expanse de Dan Clark Audio qui coutait la bagatelle de 4000€ neuf. A la limite, si on se fiche de la précision du son et qu’on veut un casque ouvert construit comme un tank, on peut lui préférer le Beyerdynamic DT 1990 Pro... Mais pour moi ce Sundara est maintenant LA référence incontournable pour quiconque cherche une neutralité "analytique" sous la barre des 500€.
Les points forts
+ Excellente neutralité fréquentielle (cible une courbe "Diffuse-Field").
+ Grande rapidité des transitoires grâce à la techno planaire à membrane fine.
+ Rapport performances/prix quasi imbattable dans sa catégorie.
+ Confort sur la durée des coussinets d’oreille et de l'arceau à suspension.
+ Scène sonore large et séparation des instruments très précise…
Les points faibles
- …mais une isolation nulle de par la conception très ouverte.
- Câble d'origine de qualité médiocre (rigide, court et microphonique).
- Nécessite un amplificateur casque dedié pour être pleinement exploité.
- Ajustement de l'arceau et des oreillettes un peu trop rigide.
• une conception ouverte pour une scène sonore large et aérée ;
• un arceau à suspension pour une meilleure répartition du poids ;
• des transducteurs magnétiques planaire avec membrane "Neo Supernano" (NsD) ;
• une réponse en fréquence annoncée de 6 Hz à 75 kHz ;
• des connecteurs d'entrée double mini-jack 3,5 mm ;
• une structure hybride mêlant métal et polymères.
A la première écoute, j’ai été agréablement surpris par une certaine sensation de familiarité : habitué à un Sennheiser HD 600 depuis plus de 10 ans, j’étais comme à la maison avec ce Hifiman Sundara. En effet la signature sonore colle de très près a une courbe cible type "Diffuse-Field", tout comme les Sennheiser HD 580/600/650 qui restent des références absolues en studio. Combiné aux avantages de la technologie magnétique planaire – une réponse étendue dans le bas du spectre et un niveau de distorsion très faible – on obtiens un outil de monitoring extrêmement fiable. Les médiums sont particulièrement précis et détaillés, ce qui donne une grande clarté aux voix et aux instruments solistes. Les adeptes de la "courbe de Harman" et ses graves accentués trouveront probablement une légère pointe de brillance, mais en tant qu’adepte de neutralité je trouve ici le haut du spectre très équilibré – contrairement aux Sennheiser HDs réputés voilés dans les aigus – ce qui est un point fort pour déceler les sibilances ou les défauts de compression dans un mix. En revanche une session d'écoute de pop moderne peut rapidement induire une certaine fatigue auditive, surtout sur les mixes criards ou riches en hautes fréquences. C'est un casque qui privilégie la transparence et l'analyse plutôt que la flatterie euphonique.
Autre force de ce Sundara : la rapidité des transducteurs planaires. Contrairement à un casque dynamique classique, la membrane est ici extrêmement fine et réagit presque instantanément. Les mesures indépendantes confirment une excellente réponse impulsionnelle : les transitoires, comme les attaques de caisse claire ou les pincements de cordes, sont nets et sans bavure. Les amateurs de basses qui "cognent" reprocheront le manque de poids ou d’épaisseur dans le bas du spectre, mais personnellement j’apprécie ce rendu un peu sec, l'extension dans les graves étant meilleure que sur mon HD 600 mais aussi plus propre, sans aucune distorsion audible.
L'aspect "ouvert" du casque joue un rôle majeur dans la perception de l'espace. La scène sonore est large et, surtout, la sensation de profondeur est très bien retranscrite. On n’est pas sur une panoramique "larger than life" comme avec un Sennheiser HD 800, mais on arrive à localiser précisément chaque instrument dans le champ stéréo. Bien entendu le revers de la médaille c’est que l'isolation est quasi-inexistante : tout ce que vous écoutez est entendu par vos voisins de bureau, et inversement, le moindre bruit ambiant vient perturber votre écoute. C'est le prix à payer pour éviter les résonances internes propres aux casques fermés, mais cela limite l’usage du Sundara à des environnements calmes et contrôlés.
La qualité de construction semble vraiment bonne mais reste perfectible. La structure en métal inspire confiance et je suis assez fan du design industriel noir mat, sobre et élégant. Cependant, l'arceau manque un peu de souplesse et le mécanisme de réglage semble plutôt rigide, surtout en l’absence de système de rotation horizontal des oreillettes. Le confort est globalement bon grâce à la suspension qui répartit les 370 grammes de la bête, même si la force de serrage latérale (le "clamp") est assez prononcée lors des premières utilisations. Heureusement on peut légèrement écarter l’arceau si besoin, et les coussinets en mousse recouverts de similicuir tout doux – et de velours sur la face interne en contact avec la peau – compensent suffisamment la pression pour que le casque se fasse oublier après quelques minutes. En tout cas on sent que c'est un appareil robuste, conçu pour un usage sédentaire, même si certains détails de finition, comme le câble d'origine un peu microphonique, rigide et sujet aux faux plis, rappellent qu'on est encore sur un segment de prix compétitif.
Petites précisions utiles pour celles et ceux intéressé(e)s par ce casque :
- Il existe 2 versions du Sundara, à savoir celle d’origine, et celle de 2020 avec des coussinets d’oreille légèrement différents. Hifiman continue de distribuer les 2, mais la version 2020 sonne légèrement plus neutre, celle d’origine ayant un pic vers 5kHz pouvant lui conférer une certaine sibilance selon les sources.
- Pour que le Sundara s’exprime pleinement, il vaut mieux avoir un ampli casque dédié, car malgré une faible impédance de 32 ohms sa sensibilité modérée demande une réserve de courant honnête pour s'exprimer pleinement. Je ne saurais que trop conseiller d’investir dans un câble et un ampli symétriques (j’ai personnellement un faible pour le Topping A50).
Côté utilisation, grâce à sa réactivité et sa neutralité exemplaire, ce casque est particulièrement efficace pour les travaux de mixage fin et les contrôles réguliers des réglages de queue de reverb. Il est parfait pour égaliser des pistes avec précision, car il ne masque pas les fréquences adjacentes. C’est aussi un excellent choix pour l’édition chirurgicale (nettoyage de pistes, clics de bouche, bruits de fond) grâce à son haut niveau de détail. Pour un compositeur, il permet de travailler la spatialisation d'un projet avec une grande fidélité. Enfin, il brille pour l'écoute plaisir de genres musicaux complexes où la séparation instrumentale est primordiale, comme le classique ou la world music.
Conclusion
Le Hifiman Sundara est un outil de précision qui s'impose comme le champion du rapport qualité-prix pour un casque neutre. En ce qui me concerne il a complètement remplacé le HD 600 puisqu’il est plus précis dans les graves et les aigus tout en maintenant une distorsion plus faible sur tout le spectre audible. En termes de casque ouvert, la seule fois où j’ai entendu mieux, c’était un Expanse de Dan Clark Audio qui coutait la bagatelle de 4000€ neuf. A la limite, si on se fiche de la précision du son et qu’on veut un casque ouvert construit comme un tank, on peut lui préférer le Beyerdynamic DT 1990 Pro... Mais pour moi ce Sundara est maintenant LA référence incontournable pour quiconque cherche une neutralité "analytique" sous la barre des 500€.
Les points forts
+ Excellente neutralité fréquentielle (cible une courbe "Diffuse-Field").
+ Grande rapidité des transitoires grâce à la techno planaire à membrane fine.
+ Rapport performances/prix quasi imbattable dans sa catégorie.
+ Confort sur la durée des coussinets d’oreille et de l'arceau à suspension.
+ Scène sonore large et séparation des instruments très précise…
Les points faibles
- …mais une isolation nulle de par la conception très ouverte.
- Câble d'origine de qualité médiocre (rigide, court et microphonique).
- Nécessite un amplificateur casque dedié pour être pleinement exploité.
- Ajustement de l'arceau et des oreillettes un peu trop rigide.