Roli, une compagnie anglaise qui fait beaucoup parler d’elle en ce moment, était aussi présente à l’IRCAM live pour exhiber son fameux Seaboard. Ayant de nombreux points communs avec le concept Touchkeys, ce dernier pousse le concept plus loin encore avec un clavier qui délaisse les traditionnelles touches et leurs marteaux au profit du caoutchouc et d’un silicone truffé de capteurs de pression.
Un gadget d’inventeur autiste ? Certainement pas si l’on en croit Hans Zimmer, fan de la première heure. Il ne s’agit pas en effet d’un clavier de contrôle trafiqué mais bien d’un tout nouvel instrument qui offre des possibilités relativement inédites en termes d’expressivité et de sensations. Le jeu dessus est en effet une expérience très sensuelle et offre des possibilités qui dépassent de loin le standard MIDI, au point que Roli a dû mettre au point son propre protocole de communication (OSC a été évoqué mais ce dernier était également trop limité, de sorte que Roli a dû développer sa propre norme).
Parmi les bonnes nouvelles, notons que le Seaboard ne se limite pas au seul contrôle : l’équipe de Roli travaille d’arrache-pied sur un synthé qui sera embarqué dans le clavier pour en faire un véritable instrument avec une originalité intéressante : il n’y aura pas d’autre contrôle sur le Seabord en dehors des ‘touches’ et de la molette permettant de passer d’un preset à un autre par le biais d’un morphing. Au grand dam des amateurs de Vintage, on est donc à l’opposé de l’ergonomie à l’ancienne des synthés à potards, sliders et patchs, ce qui n’est pas pour nous déplaire.
« Pourquoi ne pas proposer une molette de modulation et de pitch bend ? » demande quelqu’un dans la salle. Simplement parce que chacune des 88 touches du clavier est, en plus d’une touche, à la fois molette de pitch bend et de modulation, et qu’il ne s’agit pas de singer l’ergonomie des claviers depuis 40 ans mais bien de proposer une expérience neuve.
L’autre chose intéressante, c’est l’ambition qu’a Roli de rendre son instrument réellement accessible. En marge de la première série de Seaboard à 88 touches limitée à 88 exemplaires et vendu symboliquement au prix rondelet de 8888,88 $, le constructeur propose désormais un 61 touches à 2999 $ et un 37 touches à 1999 $, ce qui, pour un synthé complètement assemblé à la main en Angleterre, n’a rien de déraisonnable. Et mon petit doigt me dit qu’un 25 touches pourrait bien voir le jour…
Bref, une affaire à suivre de près car c’est assurément dans le milieu de la facture d’instruments numériques l’une des plus enthousiasmantes initiatives qu’on ait vu depuis longtemps.
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