Note : 6 sur 10
« Mon préféré parmis les compresseurs que je ne recommande pas »
Publié le 19/04/26 à 01:34
Rapport qualité/prix :
Mauvais
Cible :
Les utilisateurs avertis
Le dbx 165A est un compresseur/limiteur mono à base de VCA (Voltage Controlled Amplifier) devenu un standard pour sa capacité à gérer les dynamiques complexes avec une grande musicalité. Il propose :
• La technologie "Over Easy" : une courbe de compression "soft-knee" brevetée par dbx ;
• un mode Auto Attack/Release dépendant du programme musical ;
• des contrôles manuels complets du temps d'attaque et de rétablissement ;
• un limiteur de crêtes baptisé PeakStop en sortie de la machine ;
• une détection de niveau de type RMS (valeur efficace) plutôt que crête ;
• une connectivité permettant le couplage stéréo avec une seconde unité.
On ne présente plus les compresseurs dbx, et particulièrement le 165 qui, avec son prédécesseur le 160 VU, a largement contribué à bâtir l’excellente réputation de la marque américaine ET des compresseurs VCA aux contrôles simples mais au son punchy et transparent.
La grosse nouveauté du 165 par rapport à son grand frère 160 VU, c’était l’ajout du réglage manuel des temps d’attaque et de relâchement, ce qui lui permet d’offrir une plage de manœuvre assez large allant de la microseconde à plusieurs secondes. J'apprécie particulièrement la précision du potentiomètre de release qui permet de sculpter finement la fin d'une note de basse, par exemple. Cependant, il faut être honnête : l'ergonomie des boutons rotatifs en aluminium, bien que très "vintage" et gratifiante au toucher, n'est pas la plus précise du monde pour des rappels de sessions millimétrés. On est sur du matériel analogique pur jus, et je ne suis pas le seul à pester contre l'absence de crans sur les réglages de ratio, ce qui rend le couplage manuel de deux unités monos pour un bus stéréo un peu fastidieux.
Mais j’avoue qu’en ce qui me concerne, c’est le mode Auto Attack/Release qui donne tout son intérêt à cette machine. En l'activant, on laisse le détecteur RMS analyser le signal pour adapter les constantes de temps en fonction du contenu fréquentiel et de l'amplitude. C'est d'une efficacité redoutable sur les voix : peu importe si le chanteur chuchote ou hurle, le 165A maintient une assise constante. Cela simplifie énormément le workflow à la prise car on passe moins de temps à triturer les potards pour éviter les artefacts. Le seul bémol, c'est que sur des sources très percussives avec beaucoup de sub-bass, le mode auto peut parfois se laisser piéger et relâchement un peu trop lent, ce qui nécessite alors de repasser en manuel pour garder le contrôle.
Un autre gros point fort du 165A par rapport à ses prédécesseurs, c’est le mode "soft-knee" ici appelé "Over Easy". Contrairement à un dbx 160 classique qui peut être assez brutal dans le déclenchement de sa compression plutôt abrupte, le 165A entre en action de manière très progressive. J’ai pu constater que même avec des ratios supérieurs à 4:1 la transition est presque imperceptible à l'oreille, ce qui évite cet effet de "pompage" disgracieux qu'on retrouve sur des VCA bas de gamme. C'est un luxe de pouvoir réduire la dynamique de 10 dB sans avoir l'impression que le son est écrasé sous une chape de plomb. En revanche, pour ceux qui cherchent un compresseur capable de "claquer" violemment sur une caisse claire, le soft-knee peut parfois paraître un peu trop poli, manquant de ce mordant agressif qu’il est facile d’obtenir en désactivant le mode Over Easy.
Passons rapidement sur le limiteur PeakStop vu que c’est une fonction que j'utilise très peu. Techniquement, il s'agit d'un circuit de "clipping" progressif situé juste avant la sortie. C’est très efficace pour s'assurer qu'aucun pic ne dépasse un certain seuil de sécurité, notamment pour protéger des convertisseurs en aval du compresseur. Cependant, si on pousse le PeakStop un peu trop fort, une distorsion très audible apparait. Ce n'est pas un limiteur "brickwall" numérique transparent ; c'est un outil de protection qui ajoute de la saturation si on le sollicite trop. C'est parfait pour donner un côté "gras" à un bus de batterie, mais je l'évite sur des sources qui demandent une clarté absolue.
La qualité de construction du 165A est typique de l'âge d'or de dbx : c'est du solide, lourd, avec un châssis en acier conçu pour durer des décennies. Les composants internes, notamment les fameux VCA Blackmer, sont montés sur des circuits imprimés de haute qualité, et le large VU-mètre à aiguille est d'une lisibilité exemplaire, même dans la pénombre d'une régie. Mais il faut se souvenir que le 165A est sorti au début des 80’s et c’est maintenant une machine vieillissante. Même si à l'origine son bruit de fond était plus contenu que sur le 160 VU, les exemplaires qu'on trouve d’occasion devraient systématiquement être inspectés par un technicien compétent, les composants accusant souvent leur âge. De nos jours, un exemplaire non entretenu et non modifié est suffisamment bruyant pour présenter peu d'intérêt par rapport à une bonne émulation en plugin (mention spéciale au C165a de chez SKnote).
Côté utilisation, ce compresseur était à sa sortie un vrai "couteau suisse" haut de gamme, mais de nos jours il souffre un peu de comparaison avec les meilleures références de milieu de gamme. Cela dit il excelle toujours sur les voix lead un peu brutales où sa détection RMS fait des miracles pour lisser les performances sans les dénaturer, et il est aussi super sur la basse électrique car il parvient à stabiliser les notes graves sans enlever le "groove" ou l'attaque des cordes, un peu à la manière d’un LA-3A placé comme "soft-limiter" derrière un bonne DI. En studio, je trouve aussi ce 165A très utile pour les prises de guitare acoustique un peu trop dynamiques, car il permet d'épaissir le son tout en conservant le naturel des transitoires. Enfin, utilisé en paire, il peut donner une cohésion (le fameux effet "glue") très intéressante sur un bus de batterie si on cherche un son typé années 70-80, riche et dense. C’est maintenant l’usage exclusif de ma vieille paire de 165A qui ont atterris chez un ami percussionniste, remplacés dans mon studio par un simple 1066.
Conclusion
En 1985 le dbx 165A était une référence absolue alliant la précision technique d’un VCA haut de gamme à la subtilité d’une compression "soft-knee" grâce au circuit Over Easy. Là où un 1176 apporte plus de coloration et d’agressivité, le 165A se montre plus polyvalent et respectueux du timbre original. Certes, il demande un peu plus de savoir-faire pour être parfaitement dompté que son ainé 160 VU ou qu'un classique LA-2A à deux boutons, mais sa capacité à ne jamais sonner "étouffé" en faisait un investissement de choix pour n'importe quel rack de mixage sérieux. En revanche 40 ans plus tard… Il ne fait guère de sens de s’en procurer un quand il est possible d’obtenir la même signature sonore avec des plugins ou du hardware d’entrée de gamme (si vous n’avez jamais testé un dbx 166, vous pourriez être surpris) mais sans le bruit de fond ! Quant aux studios pros, ils préfèreront sans aucun doute s’équiper avec du matos plus moderne, à commencer par le haut de gamme dbx (160SL / 162SL / 676) ou autre VCA de chez SSL, Elysia, AEA et consorts…
Les points forts
+ Courbe de compression "Over Easy" extrêmement transparente, même à haut ratio.
+ Mode Auto Attack/Release très musical et performant sur les voix.
+ Détection RMS qui respecte la perception naturelle du volume sonore.
+ Qualité de fabrication robuste et esthétique vintage iconique.
+ Grande polyvalence (voix, basse, instruments acoustiques).
Les points faibles
- Machine vieillissante qui, même bien entretenue, possède un niveau de souffle relativement élevé si non modifiée.
- Ergonomie des potentiomètres non crantés (difficile pour le recall exact).
- Le limiteur PeakStop qui se transforme vite en pédale de distorsion si on n'y prend pas garde.
- Unité mono uniquement (nécessite deux appareils pour la stéréo).
- Peut manquer de "caractère" ou de punch pour ceux qui cherchent une compression très colorée.
• La technologie "Over Easy" : une courbe de compression "soft-knee" brevetée par dbx ;
• un mode Auto Attack/Release dépendant du programme musical ;
• des contrôles manuels complets du temps d'attaque et de rétablissement ;
• un limiteur de crêtes baptisé PeakStop en sortie de la machine ;
• une détection de niveau de type RMS (valeur efficace) plutôt que crête ;
• une connectivité permettant le couplage stéréo avec une seconde unité.
On ne présente plus les compresseurs dbx, et particulièrement le 165 qui, avec son prédécesseur le 160 VU, a largement contribué à bâtir l’excellente réputation de la marque américaine ET des compresseurs VCA aux contrôles simples mais au son punchy et transparent.
La grosse nouveauté du 165 par rapport à son grand frère 160 VU, c’était l’ajout du réglage manuel des temps d’attaque et de relâchement, ce qui lui permet d’offrir une plage de manœuvre assez large allant de la microseconde à plusieurs secondes. J'apprécie particulièrement la précision du potentiomètre de release qui permet de sculpter finement la fin d'une note de basse, par exemple. Cependant, il faut être honnête : l'ergonomie des boutons rotatifs en aluminium, bien que très "vintage" et gratifiante au toucher, n'est pas la plus précise du monde pour des rappels de sessions millimétrés. On est sur du matériel analogique pur jus, et je ne suis pas le seul à pester contre l'absence de crans sur les réglages de ratio, ce qui rend le couplage manuel de deux unités monos pour un bus stéréo un peu fastidieux.
Mais j’avoue qu’en ce qui me concerne, c’est le mode Auto Attack/Release qui donne tout son intérêt à cette machine. En l'activant, on laisse le détecteur RMS analyser le signal pour adapter les constantes de temps en fonction du contenu fréquentiel et de l'amplitude. C'est d'une efficacité redoutable sur les voix : peu importe si le chanteur chuchote ou hurle, le 165A maintient une assise constante. Cela simplifie énormément le workflow à la prise car on passe moins de temps à triturer les potards pour éviter les artefacts. Le seul bémol, c'est que sur des sources très percussives avec beaucoup de sub-bass, le mode auto peut parfois se laisser piéger et relâchement un peu trop lent, ce qui nécessite alors de repasser en manuel pour garder le contrôle.
Un autre gros point fort du 165A par rapport à ses prédécesseurs, c’est le mode "soft-knee" ici appelé "Over Easy". Contrairement à un dbx 160 classique qui peut être assez brutal dans le déclenchement de sa compression plutôt abrupte, le 165A entre en action de manière très progressive. J’ai pu constater que même avec des ratios supérieurs à 4:1 la transition est presque imperceptible à l'oreille, ce qui évite cet effet de "pompage" disgracieux qu'on retrouve sur des VCA bas de gamme. C'est un luxe de pouvoir réduire la dynamique de 10 dB sans avoir l'impression que le son est écrasé sous une chape de plomb. En revanche, pour ceux qui cherchent un compresseur capable de "claquer" violemment sur une caisse claire, le soft-knee peut parfois paraître un peu trop poli, manquant de ce mordant agressif qu’il est facile d’obtenir en désactivant le mode Over Easy.
Passons rapidement sur le limiteur PeakStop vu que c’est une fonction que j'utilise très peu. Techniquement, il s'agit d'un circuit de "clipping" progressif situé juste avant la sortie. C’est très efficace pour s'assurer qu'aucun pic ne dépasse un certain seuil de sécurité, notamment pour protéger des convertisseurs en aval du compresseur. Cependant, si on pousse le PeakStop un peu trop fort, une distorsion très audible apparait. Ce n'est pas un limiteur "brickwall" numérique transparent ; c'est un outil de protection qui ajoute de la saturation si on le sollicite trop. C'est parfait pour donner un côté "gras" à un bus de batterie, mais je l'évite sur des sources qui demandent une clarté absolue.
La qualité de construction du 165A est typique de l'âge d'or de dbx : c'est du solide, lourd, avec un châssis en acier conçu pour durer des décennies. Les composants internes, notamment les fameux VCA Blackmer, sont montés sur des circuits imprimés de haute qualité, et le large VU-mètre à aiguille est d'une lisibilité exemplaire, même dans la pénombre d'une régie. Mais il faut se souvenir que le 165A est sorti au début des 80’s et c’est maintenant une machine vieillissante. Même si à l'origine son bruit de fond était plus contenu que sur le 160 VU, les exemplaires qu'on trouve d’occasion devraient systématiquement être inspectés par un technicien compétent, les composants accusant souvent leur âge. De nos jours, un exemplaire non entretenu et non modifié est suffisamment bruyant pour présenter peu d'intérêt par rapport à une bonne émulation en plugin (mention spéciale au C165a de chez SKnote).
Côté utilisation, ce compresseur était à sa sortie un vrai "couteau suisse" haut de gamme, mais de nos jours il souffre un peu de comparaison avec les meilleures références de milieu de gamme. Cela dit il excelle toujours sur les voix lead un peu brutales où sa détection RMS fait des miracles pour lisser les performances sans les dénaturer, et il est aussi super sur la basse électrique car il parvient à stabiliser les notes graves sans enlever le "groove" ou l'attaque des cordes, un peu à la manière d’un LA-3A placé comme "soft-limiter" derrière un bonne DI. En studio, je trouve aussi ce 165A très utile pour les prises de guitare acoustique un peu trop dynamiques, car il permet d'épaissir le son tout en conservant le naturel des transitoires. Enfin, utilisé en paire, il peut donner une cohésion (le fameux effet "glue") très intéressante sur un bus de batterie si on cherche un son typé années 70-80, riche et dense. C’est maintenant l’usage exclusif de ma vieille paire de 165A qui ont atterris chez un ami percussionniste, remplacés dans mon studio par un simple 1066.
Conclusion
En 1985 le dbx 165A était une référence absolue alliant la précision technique d’un VCA haut de gamme à la subtilité d’une compression "soft-knee" grâce au circuit Over Easy. Là où un 1176 apporte plus de coloration et d’agressivité, le 165A se montre plus polyvalent et respectueux du timbre original. Certes, il demande un peu plus de savoir-faire pour être parfaitement dompté que son ainé 160 VU ou qu'un classique LA-2A à deux boutons, mais sa capacité à ne jamais sonner "étouffé" en faisait un investissement de choix pour n'importe quel rack de mixage sérieux. En revanche 40 ans plus tard… Il ne fait guère de sens de s’en procurer un quand il est possible d’obtenir la même signature sonore avec des plugins ou du hardware d’entrée de gamme (si vous n’avez jamais testé un dbx 166, vous pourriez être surpris) mais sans le bruit de fond ! Quant aux studios pros, ils préfèreront sans aucun doute s’équiper avec du matos plus moderne, à commencer par le haut de gamme dbx (160SL / 162SL / 676) ou autre VCA de chez SSL, Elysia, AEA et consorts…
Les points forts
+ Courbe de compression "Over Easy" extrêmement transparente, même à haut ratio.
+ Mode Auto Attack/Release très musical et performant sur les voix.
+ Détection RMS qui respecte la perception naturelle du volume sonore.
+ Qualité de fabrication robuste et esthétique vintage iconique.
+ Grande polyvalence (voix, basse, instruments acoustiques).
Les points faibles
- Machine vieillissante qui, même bien entretenue, possède un niveau de souffle relativement élevé si non modifiée.
- Ergonomie des potentiomètres non crantés (difficile pour le recall exact).
- Le limiteur PeakStop qui se transforme vite en pédale de distorsion si on n'y prend pas garde.
- Unité mono uniquement (nécessite deux appareils pour la stéréo).
- Peut manquer de "caractère" ou de punch pour ceux qui cherchent une compression très colorée.