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Tutoriel

Le système d'in-ear monitoring le plus compact (et probablement le moins cher !)

Un nombre croissant de groupes, même amateurs, adoptent le principe de retours in-ear avec leur propre console numérique, car il présente de nombreux avantages : réglage individualisé et mémorisé, son de qualité et balances plus rapides, moins de repisse et/ou de course au volume sur scène, etc.

Si la motivation de certains est de s'affranchir de l'ingé son pour leur mix retour (il a pu leur arriver de tomber sur une personne pas très compétente), une approche bien conçue est généralement bien perçue par l'ingé son d’accueil si ca lui simplifie la tâche à l'installation et pendant le show. Évidemment ca lui fait moins de choses à gérer pendant les balances et le spectacle, mais surtout en diminuant le volume sur scène et la repisse des retours dans les micros il a plus de latitude pour faire un bon son de façade.

Le principe consiste à utiliser un splitter (qui contient un transformateur d'isolation par voie) pour envoyer indépendamment le signal de chaque micro (ou presque) vers la console façade et vers la console de retours. La façade est gérée normalement, tandis que les retours alimentent des petits amplis casque ou des transmetteurs HF, et chaque membre du groupe peut régler son mix à partir d'une app sur son téléphone.

 

Compact et low-cost

Le souci, c'est que ce genre de config peut rapidement coûter cher (surtout avec des HF) et occuper pas mal de place donc nécessiter un rack gros et lourd. Il existe de nombreux tutos, notamment sur Youtube, qui expliquent comment faire. Ici, pour rendre la config bien plus compacte et économique j'ai fait deux choix structurants :

  • privilégier des liaisons filaires, au moins dans un premier temps.
  • ne pas splitter tous les (nombreux) micros de la batterie, mais ajouter en plus de ceux de la salle le minimum de micros dédiés aux retours.

On peut ainsi se contenter d'un seul splitter à 8 canaux, occupant juste une unité de rack. J'ai choisi de mettre un micro kick, et un "underhead" accroché sur le pied de cymbale crash et dirigé vers caisse claire et charley, à vous de voir ce qui vous suffit pour assurer le groove. Alternativement, vous pouvez demander un circuit de retour à l'ingé façade, avec un submix batterie.

Pour les instruments stéréo, un seul signal suffira (d'autant plus si vos IEM sont mono). Un signal destiné uniquement aux retours comme un clic ou le talkback venant de la régie façade ira directement sur la console retour, sans passer par le splitter.

synoptique iem

On pourra me rétorquer qu'il manque des sources dans les retours avec ces choix, notamment les toms ou un côté des sources stéréo, mais à mon avis l'essentiel c'est que le groupe ait dans les oreilles les éléments sonores nécessaires pour jouer carré, pas forcément de profiter de leur propre concert comme si ils étaient dans le public. Ce sera de toute façon plus précis qu'une scène où tous les retours sont à donf' et avec "une fréquence qui tourne".

 

Matériel

Voici la liste de courses :

  • le cœur du système est une console numérique compacte. J'ai choisi la Behringer XR-18 car elle a un nombre d'entrées suffisant pour la plupart des configs rock et assimilé, et suffisamment de sorties pour 4 mixes stéréo, ou jusqu'à 6 mixes mono et deux stéréo (avec quelques astuces qu'on verra plus loin). Comme elle est repassée sous la barre des 400€ et qu'elle permet aussi de faire de l'enregistrement multi-pistes ou assurer les petits événements où vous vous sonorisez vous-même, c'est un outil très polyvalent. Ceux rebutés par la réputation de la marque pourront opter pour la version Midas MR-18 ou un produit concurrent.
  • un octuple splitter micro en rack, par exemple le Behringer MS-8000 (environ 80€). Toute l'astuce est de n'avoir besoin que d'un seul splitter rackable, là où on aurait le réflexe d'en prendre deux pour assurer toutes les entrées de la console retours. La sortie directe va vers la console façade, c'est à elle de fournir le 48V aux micros qui en ont besoin, et la sortie sur transfo va vers la XR-18.
  • un rack 4U court, par exemple le Thomann en ABS à 85€. Il est possible de racker de chaque côté, et un des couvercles a un filet pour ranger des câbles et accessoires. La console fait 3U, le splitter 1U, et j'ai ajouté une réglette de prises rackable à l'arrière.
  • un micro de surface pour grosse caisse, par exemple Superlux E100 ou T-Bone BD 500, facile à placer, pas besoin de pied.
  • un micro à condensateur "underhead" par ex. Superlux Hi-10 avec un clamp pour l'installer sur un pied de cymbale de manière à capter caisse claire, charley, crash, et un peu de tout le reste.
  • éventuellement un micro d'ambiance si vous vous sentez enfermés dans les in-ear, j'utilise un micro de mesure omnidirectionnel que j'avais par ailleurs.
  • un ou deux petits multipaires XLR pour faciliter la connexion avec le système de la salle. Ou un lot de câbles courts que vous avez gaffés ensemble, ca peut être un meilleur rapport fiabilité/prix. Veillez à bien identifier chaque ligne avec du barnier de couleur et numéro + nom de la ligne au marqueur.
  • pour chaque membre du groupe :
    • un ampli casque comme le Behringer P2 ou le Superlux HA1D (mieux parce que le switch mono/stéréo est plus accessible et il est moins cher, env. 20€),
    • un câble XLR suffisamment long selon la position sur scène,
    • éventuellement un adaptateur 2 XLR-F vers 1 XLR-M (~8€) pour le fonctionnement en stéréo si vous avez suffisamment de sorties,
    • et bien sûr des écouteurs IEM. Là y'en a à tous les prix et c'est un choix très personnel, jusqu'à des moulages sur-mesure. Pour rester dans le low-cost les Behringer SD251 font le job honnêtement.
    • installer l'application X-Air Q ou MX-Q sur leur smartphone.
  • Optionnel mais recommandé : un petit routeur WiFi dual-band, qui sera plus résistant à tous les téléphones du public tenant de se connecter que le point d'accès WiFi intégré à la console, et un court câble RJ45.

Tout cela nous amène à un total de 650€ environ (hors options), et à partir de 60€ par musicien.

 

Montage du rig

Il est possible d'installer les oreilles de rack de la console et du splitter à l'avant ou à l'arrière, et de les racker à l'avant ou à l'arrière du rack, ce qui donne pas mal de possibilités d'installation tout en laissant les connecteurs suffisamment accessibles au fond d'un rack court. Le truc c'est que lors de l'installation on a besoin de connecter à la fois les entrées et un jeu de sorties du splitter entre les micros et la stagebox, donc de chaque côté. Une option c'est d'avoir un court multipaire installé à demeure du côté le moins accessible.

iem rig

L'alternative que j'ai choisie est de modifier les oreilles de rack de la console et d'y intégrer 8 connecteurs XLR-F reliés aux entrées du splitter, ce qui permet d'avoir tous les connecteurs à l'avant. Ensuite il s'agit de réaliser les câbles fixes à la bonne longueur pour relier un jeu de sorties vers la console retours. Il peut être pratique d'utiliser des connecteurs XLR courts (cf. photo), assez chers à moins de les acheter directement chez "les 40 voleurs".

xlr short

Avec un peu de chance, et en utilisant de tels connecteurs coudés, il sera possible d'installer ultérieurement une paire d'émetteurs IEM HF (à condition qu'il ne soient pas trop profonds) à l'arrière du splitter.

 

Éditez votre fiche technique

Une fois le montage réalisé, et testé en répète, un point crucial est de bien communiquer avec les organisateurs de concerts pour qu'ils acceptent sans rechigner votre système. Il s'agit de bien expliquer sur votre fiche tech en quoi consiste le rig, et quelles lignes vous allez faire passer par votre splitter en empiétant le moins possible sur leurs plate-bandes.

Voici un exemple de patch list, à adapter à votre groupe :

façade splitter IEM mixer source micro
1-8 Batterie complète tout plein
9 kick in supplémentaire e100
10 underhead supplémentaire Hi10
9 1 1 basse DI DI box
10 basse mic M88
11 2 2 guitare jardin SM57
12 3 3 guitare cour e609
13 4 4 samples L DI box
14 samples R DI box
11 click
15 5 5 synthé L DI box
16 synthé R DI box
17 6 6 chœurs jardin SM58
18 7 7 voix lead Beta58
19 8 8 chœurs cour SM58
12 ambiance plateau ECM999
13 talkback régie PG58


Il y a parfois moyen de gratter un peu si vous êtes limite sur 8 lignes de splitter, en récupérant une sortie DI d'ampli, une sortie supplémentaire de clavier ou de multi-effet guitare, la sortie Link d'une DI box, etc. Il existe aussi des petits boîtiers qui permettent de splitter une seule ligne, voire pour certaines sources (micro dynamique) un adaptateur XLR en Y peut faire le job si votre config grandit par la suite.

 

Et avec un membre en plus ?

Du côté des sorties, sur la XR-18 il est assez évident d'utiliser les sorties AUX 1 à 6 pour 6 mixes mono, 3 mixes stéréo, ou toute combinaison des deux. On les contrôle avec l'appli X-Air Q, qui a l'avantage de limiter l'accès aux autres paramètres pour éviter les fausses manips.

Mais si vous avez besoin de plus ? Le Main Mix peut également être utilisé pour un retour stéréo, soit sur les sorties XLR soit sur la sortie casque, mais il faudra utiliser l'appli X-Air Edit ou Mixing Station, à réserver au membre du groupe le plus versé dans la technique car il est facile de se tromper de fader.

Mais si vous avez besoin d'encore plus ? Une astuce est d'utiliser un envoi FX, mais pas n'importe où, il y quelques limitations. D'abord, routez (dans Setup > Monitor > Monitor Source) une paire de bus, par ex. bus 5-6 vers le Monitor Mix, et envoyez-le vers la sortie casque (In/Out > Main Out > Monitor vers Phones). Ensuite, un envoi FX (mono) peut être routé directement vers une sortie AUX, et configuré pré-fader. On va par exemple router FX Send 3 et 4 vers AUX 5 et 6 (In/Out > Aux Out > Effect 3 vers Aux 5 et Effect 4 vers Aux 6). Les processeurs d'effets ne sont pas totalement perdus, il peuvent encore être routés en insert (par exemple en Dual Guitar Amp sur deux entrées DI). Ca nous amène à 4 mixes stéréo et 2 mono, 3 stéréo et 4 mono, ou 2 stéréo et 6 mono.

xairedit config

Si il vous en faut encore plus, il faudra connecter un ou plusieurs P16-HQ en Ultranet.

 

L'ami des sondiers ?

En cas de questions des organisateurs du concert, précisez que vous apportez le multipaire pour renvoyer les lignes vers la stagebox, et combien de temps il vous faut pour tout installer (entraînez-vous en répète !). Plus votre système s'intégrera de manière simple, rapide et lisible dans le l'équipement de la salle, plus l'ingé son résident sera votre copain.

Proposez de venir plus tôt et/ou de partir plus tard, afin de laisser votre système branché toute la soirée : comme le splitter est passif et que la console façade est sur les sorties directes, vous pouvez éteindre votre console pour les autres groupes sans risquer de perturber quoi que ce soit. Ou mieux, amenez un ordi et leur proposez-leur un enregistrement multi-pistes de leur performance.

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