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Chandler Limited REDD.47 Special Edition Pre Amp
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ArcheoMane ArcheoMane

« REDD47, force et chaleur d'une époque lointaine.... le son sixties retrouvé !  »

Publié le 16/01/26 à 13:00
Rapport qualité/prix : Excellent
Cible : Les utilisateurs avertis
Le REDD.47 est souvent décrit comme le préampli à lampes mythique. Il occupe pourtant une place plus précise — et plus singulière — dans l’histoire du son : non seulement pour ses qualités techniques inédites, mais surtout pour son statut quasi clandestin, entretenu volontairement pendant des décennies.

Le REDD.47 est le préamplificateur d’entrée des consoles EMI REDD, notamment la REDD.51, dont il n’existe que trois exemplaires connus à ce jour (la dernière s’est vendue plusieurs millions de dollars). Contrairement aux V72 et autres modules broadcast allemands, le REDD.47 n’a jamais été commercialisé. Pas de catalogue, pas de fiche produit, pas de version “client”. EMI considérait ces circuits comme des outils internes, développés pour les besoins spécifiques d’Abbey Road : un son, une méthode, une signature que l’on ne partage pas.

“Those amps were never meant to leave the building.”
— ancien ingénieur EMI

Cette rareté n’était pas accidentelle. Le REDD.47 naît d’un problème très concret. Les préamplis lampes classiques — en particulier le V72 — étaient magnifiques sur l’orchestre et la voix, mais trop lents, trop mous pour la musique qui arrivait. Le rock devenait plus dense, plus physique, et la chaîne commençait à montrer ses limites.

Ringo Starr n’aimait pas le rendu de sa caisse claire : trop ronde, manquant d’attaque, se perdant dans le mix dès que les guitares entraient. Ce n’était pas un problème de volume, mais de tenue des transitoires.

“The snare didn’t crack the way it did in the room.”
— propos rapportés par des ingénieurs EMI

Cette insatisfaction répétée met une pression directe sur les ingénieurs du REDD Department. Il fallait durcir la chaîne, sans perdre la musicalité EMI. Partant de l’architecture du V72, ils vont accélérer le comportement du circuit, augmenter la tenue à fort niveau, stabiliser le bas médium, rendre la saturation contrôlable et préserver l’attaque des percussions. Le choix de la EF86 est déterminant : plus rapide, plus nerveuse, capable d’encaisser des transitoires violents sans s’effondrer.

“We needed the drums to stay up front when the band played loud.”
— Geoff Emerick

À partir de 1963–64, cela s’entend immédiatement : la batterie devient plus autoritaire, la caisse claire tient le mix. Le REDD.47 n’est pas flatteur : il résiste.

Ce point est essentiel pour comprendre la suite. Lorsque les consoles à transistors remplacent progressivement les chaînes à lampes à Abbey Road, Geoff Emerick parle d’un véritable choc sonore. Non pas une amélioration évidente, mais une rupture. Dans ses témoignages, il évoque une perte de densité, de cohérence et surtout de force organique. Les nouveaux mixers sont plus propres, plus stables, mais aussi plus plats, moins engagés physiquement.

“The new transistor desks were cleaner, but they didn’t fight back the same way.”
— Geoff Emerick

Pour Emerick, le REDD.47 incarnait précisément ce que le transistor n’offrait pas : de la tenue sous pression. Ce basculement n’a jamais été vécu comme un progrès artistique évident, mais comme un compromis industriel.

C’est aussi pour cela que le REDD.47 n’a jamais été vendu. Ce n’était pas une couleur parmi d’autres, mais une réponse ciblée à un problème précis, liée à une époque, un lieu et une musique. Le garder secret, c’était préserver une avance sonore.

Il faudra attendre des décennies et le travail déterminant de Wade Goeke (Chandler Limited) pour que ce circuit sorte enfin de l’ombre — sans être trahi. Chandler n’a pas cherché à moderniser le REDD.47, mais à respecter sa logique : une évolution durcie du V72, pensée pour encaisser le rock, avec une attaque ferme, une saturation contrôlable et une musicalité intacte. Les aspérités ont été conservées : le resserrement du bas médium quand on pousse, la claque de la caisse claire, la stabilité à fort niveau.

Je n’ai pas d’original à disposition, mais la comparaison avec le V72 est sans appel. Le Chandler REDD.47 sonne comme une évolution radicale : même ADN (lampes + transformateurs), mais une électronique plus rapide, plus de headroom, un bas médium plus ferme et une saturation mieux maîtrisée. Le vieil adage tube = slow / transistor = fast trouve ici une exception majeure.

Le REDD.47 a façonné le son des années 60 — Beatles, Pink Floyd (ère Syd Barrett), The Zombies, et bien d’autres. Ce n’est pas une couleur : c’est une arme sonore.

“The V72 was beautiful, but it wasn’t made for loud guitars and drums.”
— ingénieurs EMI

Aujourd’hui, c’est précisément cette tension entre raffinement et brutalité contrôlée qui rend le REDD.47 unique. Je l’utilise sur des styles où il faut de la matière, de l’impact et de la tenue. Bas médium structuré, transitoires rapides pour du tube, aigus soyeux. Là où le V72 arrondit, le REDD.47 tient la barre.

La fabrication Chandler est irréprochable. Après quelques mois, j’ai complété avec un RS124 : le combo est redoutable. Prochaine étape : un second REDD.47 pour le travail stéréo… et, bien sûr, la fameuse cascade de deux REDD pour retrouver la distorsion des voix et guitares du White Album.