Note : 8 sur 10
« Bien mais pas encore l'élite »
Publié le 26/08/26 à 20:16
Rapport qualité/prix :
Correct
Cible :
Les utilisateurs avertis
Reçu la semaine dernière, j'ai pris toute la semaine pour l'essayer avant de poser cet avis ici.
L'idée de départ était simple : je voulais virer ma ribambelle de pédales du bureau pour tout condenser dans un seul boîtier, branché en XLR direct dans ma carte son pour jouer au casque. Il me fallait un préamp, un compresseur, un chorus, un accordeur et des mémoires. Je ne voulais pas partir sur un gros multi-effets type Helix par souci de simplicité (même si mon avis a un peu évolué depuis suite à cette semaine d'essai).
Ma basse principale est une Ibanez ATK 100 modifiée avec un micro actif, et j'ai testé la bête au casque, en répète sur sono, ainsi que sur plusieurs amplis à transistors (Fender Rumble 100, Gallien Krueger et Ampeg). À noter que je joue principalement du rock, plutôt sombre et parfois du métal.
C’est le tout premier préampli basse entièrement numérique de chez Tech 21. La marque avance qu’elle attendait d’avoir la qualité sonore idéale avant de sauter le pas, tout en concédant que l’explosion du coût des composants analogiques a joué.
Côté déballage, c'est un sans-faute : carton de bonne qualité, l'alimentation fournie est de super qualité avec ses adaptateurs internationaux, et contrairement à ce que racontait la fiche Thomann, les câbles MIDI sont bien fournis dans la boîte. Le boîtier reprend exactement le format classique du Bass Driver Programmable en aluminium brossé noir. C'est très propre, mais c'est un véritable aimant à traces de doigts. Ne pas couper de saucisson dessus.
Pour l'utilisation, il faut savoir qu'il y a deux modes distincts : le mode Performance, avec 3 mémoires directement accessibles sous le pied via les footswitches (dans la pure tradition du Bass Driver Programmable), et le second mode Studio qui donne accès à l'intégralité des 128 presets de la bête (via MIDI ou l'application). Les emplacements d'usine sont remplis de presets inspirés de sons iconiques : du Geezer Butler, du Paul McCartney époque Rickenbacker, du Chris Squire, Hysteria de Muse, The Who, etc. Tout est évidemment 100 % modifiable et sauvegardable.
Une entrée, une sortie XLR, une sortie jack, une boucle d'effets + MIDI In et Out.
En façade, on retrouve les potards habituels : Drive, Bass, Mid, Treble, Presence, Comp et Blend. Le pédalier embarque 4 footswitches : 3 pour les presets du mode Performance et un dernier pour enclencher la « Red Zone » (qui ouvre une deuxième couche de réglages) ou l'accordeur en appui long. L'accordeur est assez simpliste et moins précis qu'une vraie pédale dédiée, mais il me suffit pour l'usage quotidien.
Une fois la Red Zone activée, les potards pilotent Preamp, Filter, Freq Medium, Q Mid, Ambiance (reverb), Ratio Compresseur et Chorus. Tech 21 indique dans le manuel que le potard de chorus passe en vibrato après la moitié de sa course, mais dans les faits, ce n'est pas du tout le cas. C'était ma première frustration, jusqu'à la moitié de la course j'ai d'usine un chorus très faible et passé la moitié, plus rien, zéro vibrato...
Pour ce qui est de l'affichage LCD à 7 segments type réveil-matin, il déroute un peu, il clignote tout le temps pour mille raisons et demande d'avoir le manuel sous les yeux. Enfin, comme sur la version analogique, lorsqu'on rappelle un preset, la position physique des potards ne correspond plus au son enregistré ; il faut faire tourner le potard et guetter les clignotements pour retrouver la valeur sauvegardée.
C'est sur la partie logicielle que l'expérience est décevante. Le boîtier d'interface USB/MIDI fourni par Tech 21 est dans un plastique ultra cheap qu'on a peur de casser rien qu'en le regardant. Mais le pire reste le logiciel officiel : une interface visuelle tout droit sortie du début des années 2000 qui est restée bloquée dans une boucle de connexion infinie sans jamais reconnaître la pédale. Énorme frustration, je n'ai pas réussi à connecter mon ordi, pourtant récent, à la pédale.
Le miracle est venu d'un développeur indépendant qui a créé Sansapp, une appli open-source disponible sur GitHub et sur l'Apple Store :
https://github.com/mckelveygreg/sansapp.
Installée sur mon Mac via un petit boîtier MIDI Bluetooth ou le boîtier USB, la connexion a été immédiate. Même si l'ergonomie garde un look appli smartphone sur ordi, ça me sauve littéralement la pédale en débloquant tout son potentiel.
Via l'application, l’appareil devient beaucoup plus puissant. Le chorus devient enfin configurable comme on le souhaite, sauvegardable sur le preset. Pour le compresseur, on a accès à absolument tout : Threshold, Ratio, Output, Attack, Release, Soft Clip, Autogain, Lookahead et un Gate/Expandeur paramétrable.
Pour l'égalisation, on peut régler précisément le Q et la fréquence de chaque bande. Côté voicing et préamp, on peut affiner les paramètres Pre-amp, Driver, Presence, Buzz, et le trio Punch / Punch Freq / Punch Q.. Les reverbs intégrées (Room, Hall, Spring, Plate, Chorus vert, Echo, Echo vert) et les IRs d'usine font très bien le travail.
Seule ombre au tableau : j'ai constaté quelques bugs étranges. Par exemple, en poussant le compresseur sur un preset, aucun son ne traitait le signal. Il a fallu que je zappe sur un autre preset puis que je revienne dessus pour que le compresseur se réveille enfin. Et c'est arrivé aussi pour le chorus, sans savoir si c'est une mauvaise manip ou un bug.
Heureusement, pour le son, le Sansamp Elite fait oublier ses approximations. Le grain est franchement excellent, propre et d'une grande dynamique. Au casque chez moi, c'est un régal. La plupart des simulations d'amplis présentes d'usine m'ont donné matière à jouer. En répétition, on a fait le test avec le batteur en sortant directement sur la sono. Au début, je trouvais que le bas-médium manquait un peu de coffre, mais en branchant une Music Man StingRay qui traînait au studio, on a tout de suite compris que c'était le micro de mon ATK qui créait ce creux, pas le préamp.
J'ai aussi comparé avec ma pédale préférée depuis des années, la Tech 21 Q\strip (une tranche de console vintage 70's très neutre). En collant la Q\strip en amont de la Sansamp Elite, le résultat est génial, la Q\strip apportant son grain analogique au signal ultra propre de l'Elite. Moi qui voulais simplifier et virer mes pédales, me voilà déjà en train de vouloir rajouter des trucs...
En résumé, je ressors très partagé par cette fausse simplicité et par la partie logicielle officielle à la ramasse. Mais je garde la pédale sans hésiter pour la qualité brute du son direct console et le plaisir de jeu au casque. C'est du numérique, donc on peut espérer que de futures mises à jour du firmware viennent corriger les petits bugs et permettent, pourquoi pas, de réassigner les potards de la Red Zone (perso, je me fous du Ratio et du Filter sur les boutons physiques, je préférerais avoir des accès directs aux paramètres du chorus). Si vous êtes prêts à bidouiller avec l'appli open-source, c'est un très bon outil.
À 389 €, le rapport qualité/prix reste correct au vu de la qualité sonore brute. Ce n'est clairement pas une pédale plug-and-play pour débutant : la bête s'adresse aux bassistes avertis prêts à utiliser l'appli open-source pour passer outre une ergonomie et un logiciel d'origine très moyens. Pour la qualité du son, elle mérite sans problème son 4/5. Je vais sans doute éditer cet avis dans les mois qui viennent et je suis curieux d’avoir les avis des autres, notamment sur le logiciel.
Le fichier audio a été fait directement après le déballage, Ibanez ATK au médiator. Je me suis branché sans chercher à faire les gains d’entrée, j’ai mis le blend à zéro puis à 100%. L’entrée sature mais ça montre bien le changement radical du preset VTBass sur le son de la basse.
L'idée de départ était simple : je voulais virer ma ribambelle de pédales du bureau pour tout condenser dans un seul boîtier, branché en XLR direct dans ma carte son pour jouer au casque. Il me fallait un préamp, un compresseur, un chorus, un accordeur et des mémoires. Je ne voulais pas partir sur un gros multi-effets type Helix par souci de simplicité (même si mon avis a un peu évolué depuis suite à cette semaine d'essai).
Ma basse principale est une Ibanez ATK 100 modifiée avec un micro actif, et j'ai testé la bête au casque, en répète sur sono, ainsi que sur plusieurs amplis à transistors (Fender Rumble 100, Gallien Krueger et Ampeg). À noter que je joue principalement du rock, plutôt sombre et parfois du métal.
C’est le tout premier préampli basse entièrement numérique de chez Tech 21. La marque avance qu’elle attendait d’avoir la qualité sonore idéale avant de sauter le pas, tout en concédant que l’explosion du coût des composants analogiques a joué.
Côté déballage, c'est un sans-faute : carton de bonne qualité, l'alimentation fournie est de super qualité avec ses adaptateurs internationaux, et contrairement à ce que racontait la fiche Thomann, les câbles MIDI sont bien fournis dans la boîte. Le boîtier reprend exactement le format classique du Bass Driver Programmable en aluminium brossé noir. C'est très propre, mais c'est un véritable aimant à traces de doigts. Ne pas couper de saucisson dessus.
Pour l'utilisation, il faut savoir qu'il y a deux modes distincts : le mode Performance, avec 3 mémoires directement accessibles sous le pied via les footswitches (dans la pure tradition du Bass Driver Programmable), et le second mode Studio qui donne accès à l'intégralité des 128 presets de la bête (via MIDI ou l'application). Les emplacements d'usine sont remplis de presets inspirés de sons iconiques : du Geezer Butler, du Paul McCartney époque Rickenbacker, du Chris Squire, Hysteria de Muse, The Who, etc. Tout est évidemment 100 % modifiable et sauvegardable.
Une entrée, une sortie XLR, une sortie jack, une boucle d'effets + MIDI In et Out.
En façade, on retrouve les potards habituels : Drive, Bass, Mid, Treble, Presence, Comp et Blend. Le pédalier embarque 4 footswitches : 3 pour les presets du mode Performance et un dernier pour enclencher la « Red Zone » (qui ouvre une deuxième couche de réglages) ou l'accordeur en appui long. L'accordeur est assez simpliste et moins précis qu'une vraie pédale dédiée, mais il me suffit pour l'usage quotidien.
Une fois la Red Zone activée, les potards pilotent Preamp, Filter, Freq Medium, Q Mid, Ambiance (reverb), Ratio Compresseur et Chorus. Tech 21 indique dans le manuel que le potard de chorus passe en vibrato après la moitié de sa course, mais dans les faits, ce n'est pas du tout le cas. C'était ma première frustration, jusqu'à la moitié de la course j'ai d'usine un chorus très faible et passé la moitié, plus rien, zéro vibrato...
Pour ce qui est de l'affichage LCD à 7 segments type réveil-matin, il déroute un peu, il clignote tout le temps pour mille raisons et demande d'avoir le manuel sous les yeux. Enfin, comme sur la version analogique, lorsqu'on rappelle un preset, la position physique des potards ne correspond plus au son enregistré ; il faut faire tourner le potard et guetter les clignotements pour retrouver la valeur sauvegardée.
C'est sur la partie logicielle que l'expérience est décevante. Le boîtier d'interface USB/MIDI fourni par Tech 21 est dans un plastique ultra cheap qu'on a peur de casser rien qu'en le regardant. Mais le pire reste le logiciel officiel : une interface visuelle tout droit sortie du début des années 2000 qui est restée bloquée dans une boucle de connexion infinie sans jamais reconnaître la pédale. Énorme frustration, je n'ai pas réussi à connecter mon ordi, pourtant récent, à la pédale.
Le miracle est venu d'un développeur indépendant qui a créé Sansapp, une appli open-source disponible sur GitHub et sur l'Apple Store :
https://github.com/mckelveygreg/sansapp.
Installée sur mon Mac via un petit boîtier MIDI Bluetooth ou le boîtier USB, la connexion a été immédiate. Même si l'ergonomie garde un look appli smartphone sur ordi, ça me sauve littéralement la pédale en débloquant tout son potentiel.
Via l'application, l’appareil devient beaucoup plus puissant. Le chorus devient enfin configurable comme on le souhaite, sauvegardable sur le preset. Pour le compresseur, on a accès à absolument tout : Threshold, Ratio, Output, Attack, Release, Soft Clip, Autogain, Lookahead et un Gate/Expandeur paramétrable.
Pour l'égalisation, on peut régler précisément le Q et la fréquence de chaque bande. Côté voicing et préamp, on peut affiner les paramètres Pre-amp, Driver, Presence, Buzz, et le trio Punch / Punch Freq / Punch Q.. Les reverbs intégrées (Room, Hall, Spring, Plate, Chorus vert, Echo, Echo vert) et les IRs d'usine font très bien le travail.
Seule ombre au tableau : j'ai constaté quelques bugs étranges. Par exemple, en poussant le compresseur sur un preset, aucun son ne traitait le signal. Il a fallu que je zappe sur un autre preset puis que je revienne dessus pour que le compresseur se réveille enfin. Et c'est arrivé aussi pour le chorus, sans savoir si c'est une mauvaise manip ou un bug.
Heureusement, pour le son, le Sansamp Elite fait oublier ses approximations. Le grain est franchement excellent, propre et d'une grande dynamique. Au casque chez moi, c'est un régal. La plupart des simulations d'amplis présentes d'usine m'ont donné matière à jouer. En répétition, on a fait le test avec le batteur en sortant directement sur la sono. Au début, je trouvais que le bas-médium manquait un peu de coffre, mais en branchant une Music Man StingRay qui traînait au studio, on a tout de suite compris que c'était le micro de mon ATK qui créait ce creux, pas le préamp.
J'ai aussi comparé avec ma pédale préférée depuis des années, la Tech 21 Q\strip (une tranche de console vintage 70's très neutre). En collant la Q\strip en amont de la Sansamp Elite, le résultat est génial, la Q\strip apportant son grain analogique au signal ultra propre de l'Elite. Moi qui voulais simplifier et virer mes pédales, me voilà déjà en train de vouloir rajouter des trucs...
En résumé, je ressors très partagé par cette fausse simplicité et par la partie logicielle officielle à la ramasse. Mais je garde la pédale sans hésiter pour la qualité brute du son direct console et le plaisir de jeu au casque. C'est du numérique, donc on peut espérer que de futures mises à jour du firmware viennent corriger les petits bugs et permettent, pourquoi pas, de réassigner les potards de la Red Zone (perso, je me fous du Ratio et du Filter sur les boutons physiques, je préférerais avoir des accès directs aux paramètres du chorus). Si vous êtes prêts à bidouiller avec l'appli open-source, c'est un très bon outil.
À 389 €, le rapport qualité/prix reste correct au vu de la qualité sonore brute. Ce n'est clairement pas une pédale plug-and-play pour débutant : la bête s'adresse aux bassistes avertis prêts à utiliser l'appli open-source pour passer outre une ergonomie et un logiciel d'origine très moyens. Pour la qualité du son, elle mérite sans problème son 4/5. Je vais sans doute éditer cet avis dans les mois qui viennent et je suis curieux d’avoir les avis des autres, notamment sur le logiciel.
Le fichier audio a été fait directement après le déballage, Ibanez ATK au médiator. Je me suis branché sans chercher à faire les gains d’entrée, j’ai mis le blend à zéro puis à 100%. L’entrée sature mais ça montre bien le changement radical du preset VTBass sur le son de la basse.
Fichiers audio liés à cet avis
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