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Sarakyel Sarakyel

« Fireface 802 FS, ou le coeur invisible des studios sérieux »

Publié le 22/03/26 à 03:08
Rapport qualité/prix : Correct
Cible : Les utilisateurs avertis
La Fireface 802 FS est une interface audio USB 2 (compatible USB 3) qui propose :
• 60 canaux audio au total (30 entrées / 30 sorties) ;
• 4 préamplis micro/instrument en façade sur combos jack/XLR ;
• une conversion AN/NA de haute qualité ;
• une section DSP intégrée pour le routage et les effets (TotalMix FX) ;
• 2 sorties casque haute puissance indépendantes ;
• une connectivité ultra-complète : ADAT, AES/EBU, MIDI et Word Clock sur BNC.

Quand on regarde les mesures indépendantes (genre celles effectuées par AF), ce qui frappe, c'est la clarté chirurgicale du signal. Entre la distorsion hyper faible, le crosstalk quasi-inexistant et le jitter pratiquement éliminé par la techno SteadyClock FS, avec de bons moniteurs on obtient un son d’une neutralité absolue : ce qui rentre ressort exactement pareil, sans aucune flatterie ou brillance artificielle. C'est un point fort pour l’écoute analytique, même si certains pourront trouver ça un peu froid ou "clinique". Personnellement, je préfère bosser avec une base propre et saine, et le fait est que cette Fireface 802 FS offre ce qui se fait de mieux en termes de conversion et de pré-amplification.

Les 4 préamplis micro en façade sont dérivés de l'Octamic II et ils sont d'une propreté exemplaire. Avec 60 dB de gain maximum, la 802 FS est certes un gros cran en dessous des UFX II/III et leurs 75 dB, mais on peut quand même pousser les micros dynamiques les plus gourmands (genre SM7B) sans récupérer de souffle audible, ce qui est suffisamment rare pour être souligné. Et en mode instrument (Hi-Z) la réponse reste très linéaire aussi, même si le signal enregistré avec une basse ou une guitare ne parait pas aussi "vivant" qu’avec une bonne D.I. JFET comme on trouve chez Audient. Mais la présence de deux ports ADAT permet d'étendre facilement les capacités de l'interface avec 16 entrées supplémentaires, ce qui en fait une solution durable pour un studio qui pourrait encore s’agrandir – et éventuellement ajouter tout un tas de préamplis et autres boites de directs au caractère sonore plus marqué ! Le dernier petit bémol, c'est que les réglages de gain des préamplis embarqués se font via des potentiomètres analogiques et non numériques. C'est super pour les ajustements à la volée, mais pour faire un "recall" exact d'une session à l'autre, c'est moins précis que sur une UFX III où tout est pilotable au clic près.

De retour à la longue série des points que j’apprécie : la gestion améliorée des amplis casque sur les versions "FS" des Firefaces. Les deux sorties sont puissantes et gèrent sans broncher des casques à haute impédance (type DT 1990 Pro ou Hifiman HE-6) : le rendu reste toujours dynamique et très fidèle. Petit bonus, chaque sortie bénéficie de son propre potard de gain pour facilement gérer les disparités de volume parfois énormes entre différents modèles de casques.

Mais à mon sens, le vrai cœur de la bête, c’est la suite logicielle TotalMix FX qui permet de gérer tout le routage et le DSP interne. Pouvoir rediriger n'importe quelle entrée vers n'importe quelle sortie en quelques clics avec une latence quasi nulle, c'est du pur bonheur. Visuellement l'interface utilisateur accuse un peu son âge (très "Windows 95" dans l'esprit) et la courbe d'apprentissage est un peu raide au début, mais une fois qu'on a compris la logique de routage c'est d'une puissance redoutable. On peut créer des mixages complexes en un clin d'œil, et les effets intégrés (EQ, reverb, compression, etc.) sont efficaces et suffisamment transparents pour se faire oublier. Mais surtout, pour moi la "killer feature" ajoutée récemment aux interfaces de génération "FS", c’est la possibilité d’ajouter un "room-EQ" (un égaliseur paramétrique 9-bandes) mono ou stéréo indépendamment sur chaque sortie afin de compenser les faiblesses acoustiques d’une pièce ou de rendre un casque plus neutre. Et comme ça tourne sur le DSP interne ça n’ajoute aucune latence et ne consomme pas de ressources machine !

Et là on touche à l’aspect ou RME enterre la concurrence, a savoir les performances et la stabilité des drivers. Je n'ai jamais eu un seul plantage en six mois d'utilisation intensive sous Windows : ce n’est pas pour rien si les pilotes RME sont légendaires. J'ai pu descendre à des tailles de buffers de 48 ou 64 samples sans craquements, éliminant toute latence sonore pendant le monitoring ou l’enregistrement d’instruments en multipistes.

Justement, pour ce qui est de la durabilité c'est du "Made in Germany" pur jus. Le châssis en métal est lourd, rigide et semble prêt à encaisser des années de rackage/dé-rackage. Les connecteurs XLR/Jack Neutrik sont de haute qualité, et les potentiomètres, bien que serrés, offrent une résistance ferme et agréable qui respire la durabilité.

La 802 FS est donc un investissement pour ceux qui misent sur le long terme. Face à la concurrence elle se place sur un segment où l'on cherche la performance pure plutôt que le "bling-bling". Si on la compare à une Universal Audio Apollo x8, la Fireface gagne haut la main sur la stabilité des drivers et la transparence, même si elle n'offre pas un écosystème de plugins aussi riche qu’UAD. Face à une Antelope Orion, certes l’ergonomie chez RME est moins intuitive et l’interface utilisateur moins moderne mais la connectique est plus riche et le fonctionnement beaucoup plus fiable au quotidien.


Conclusion

Cette interface est un véritable couteau-suisse pour le studio pro ou semi-pro. Elle excelle particulièrement pour l'enregistrement multipistes (y compris des groupes complets avec batterie) grâce à sa stabilité et ses extensions ADAT. Et bien entendu elle est parfaitement adaptée au mixage et au mastering "in-the-box" : pour peu que la chaine de monitoring suive, la fidélité de la conversion permet de prendre des décisions d'égalisation et de compression très fines sans douter de ce qu'on entend. Enfin, c'est aussi une solution de choix pour le live, car sa robustesse et ses drivers infaillibles garantissent qu'elle ne vous lâchera pas en plein concert.
Bref, la RME Fireface 802 FS c'est l'interface de la maturité : elle fait tout ce qu’on lui demande sans se faire remarquer si bien qu’on oublie qu'elle est là, et c'est sans doute le plus beau compliment qu'on puisse faire à du matériel de studio.

Les points forts
+ Stabilité des drivers : tout simplement imbattable sur le marché.
+ Transparence sonore : une conversion neutre et une horloge ultra-précise.
+ TotalMix FX : une matrice de routage flexible et puissante.
+ Room EQ : un égaliseur paramétrique assignable indépendamment sur chaque sortie.
+ Latence ultra-faible : permet de travailler en temps réel sans frustration.
+ Sorties casques : puissantes et capables de driver n'importe quel casque.
+ Qualité de fabrication : un tank conçu pour durer des décennies.
+ Connectivité complète : idéale pour faire le pont entre l'analogique et le numérique.

Les points faibles
- Limite de gain sur les pré-amplis micro : dommage de devoir se contenter de +60 dB max quand les Fireface UFX de même génération offrent +75 dB.
- Pas de réglage numérique du gain d’entrée : dommage pour le rappel précis des sessions.
- Design austère : on est sur de l'utilitaire pur, loin de l'esthétique léchée de certains concurrents. TotalMix mériterait un petit rafraîchissement visuel, et le routage peut être déroutant au premier abord.
- Bundle logiciel inexistant en Europe : pas de DAW ni de plugins à télécharger alors qu’un pack logiciel bien fourni est offert aux clients nord-américains…