« Une heureuse anomalie sur le marche des rubans passifs »
Publié le 04/04/26 à 00:53
Rapport qualité/prix :
Excellent
Cible :
Les utilisateurs avertis
Le CRM-1 de chez NoHype Audio est un micro mono à ruban qui propose :
• un moteur à ruban court (low-tension) pour une réponse transitoire rapide ;
• un diagramme polaire en figure en 8 (bidirectionnel) ;
• un transformateur de sortie de haute qualité (souvent negligé sur l'entrée de gamme) ;
• une réponse en fréquence restreinte typique des rubans (30Hz a 13KHz @ +/- 3 dBs), mais très linéaire et avec une atténuation douce des aigus ;
• une conception robuste mais compacte facilitant le placement ;
• une électronique passive nécessitant un préampli avec beaucoup de gain et une impédance adaptée.
Dès qu'on branche le CRM-1, ce qui saute aux oreilles — et qui est confirmé par les courbes de réponse fournies avec chaque micro (car oui, chaque unité est testée individuellement) — c'est cette douceur caractéristique dans le haut du spectre. On oublie tout de suite les haut-médiums agressifs ou les sibilances qui percent les tympans sur les voix. C'est un micro très "honnête" : il ne cherche pas à briller artificiellement. La chute de réponse commence assez tôt, vers 10-12 kHz, ce qui donne ce côté "vintage" immédiat. Mais attention à l'effet de proximité : dès qu'on s'approche à moins de 20 cm, les graves gonflent de manière spectaculaire. C’est un point fort pour donner du corps à une voix fluette, mais ça peut vite devenir brouillon si on ne gère pas le placement avec précision.
La directivité en figure en 8 est, comme sur la plupart des rubans, très bien définie. Les "nulls" (les zones de rejet sur les côtés) sont d'une efficacité redoutable. En situation de prise de son "live" avec plusieurs instruments dans la même pièce, j'ai pu isoler une guitare acoustique d'un chanteur avec une propreté impressionnante en orientant simplement le flanc du micro vers la source indésirable. En revanche, le lobe arrière capte autant que le lobe avant, ce qui signifie que l'acoustique de votre pièce va s'inviter dans l'enregistrement. Si votre pièce sonne "carton", le CRM-1 ne vous fera aucun cadeau de ce côté-là.
Parlons du gain, car c'est là que le bât blesse : le CRM-1 est un micro passif avec une sensibilité assez faible. Pour capter une source douce comme une voix murmurée ou une guitare classique, il faut un préampli capable de fournir au moins 60 dB de gain propre, idéalement même 70 dB. Sur des interfaces d'entrée de gamme on finit souvent par remonter le bruit de fond (le souffle) du préampli en même temps que le signal. Ce n’est pas pour rien que le concepteur conseille de lui adjoindre un "booster" de type Cloudlifter ou FetHead pour attaquer le préampli avec un niveau confortable et une impédance d'entrée optimale, afin de ne pas "charger" le ruban et perdre encore plus d'aigus.
Mais là où le CRM-1 se rend vraiment utile – et c’est à mon sens la raison pour laquelle il mérite sa place à côté des meilleurs micros a ruban – c’est sa capacité à dompter les sources trop brillantes sans jamais perdre en dynamique ni en précision. Il est absolument impérial devant un ampli guitare électrique : il encaisse les fortes pressions acoustiques sans broncher et restitue le gras des médiums sans le côté "nid d'abeilles" des micros dynamiques classiques. Je l'ai aussi trouvé excellent en "overhead" de batterie (en paire Bluemlein) pour obtenir un son de cymbales soyeux et naturel, ou encore pour capturer les résonances complexes d’un sitar indien.
Concernant la construction, on sent que NoHype Audio a fait des choix astucieux. Il faut d’ailleurs noter que bien qu’il soit fabriqué à partir de composants majoritairement chinois, le micro est assemblé à la main en Belgique. Le corps est en métal épais, très sobre (finition noire mate), et le connecteur XLR est solidement fixé. Ce n'est pas un objet de luxe au design recherché, mais c'est un outil sérieux, lourd pour sa taille, qui donne une vraie sensation de solidité. La pince fournie fait le job, même si elle est assez basique.
Note : la boutique allemande MusicStore propose aussi le VRM-16, une version du CRM-1 encore moins chère car assemblée en Asie et distribuée sous sa propre marque Fame.
En résumé, le CRM-1 est une anomalie sur le marché : il permet d’obtenir un son similaire à ce qu’on attend d'un micro à ruban "boutique" pour une fraction du prix. Plus large et moins directif qu’un Beyerdynamic M160, il offre des performances bien supérieures grâce à un bas-médium bien plus riche et détaillé. Face à un Royer R-121 (la référence absolue à 1500€), il n'a évidemment pas la même finesse dans les détails ni la même extension dans l'infra-basse, mais pour 1/10ème du prix, la différence de qualité sonore est loin d'être aussi flagrante que la différence de prix. C'est l'anti-micro bas de gamme : ici, le transformateur ne sature pas de manière désagréable et le ruban est correctement tendu.
Conclusion
Ce micro est une bénédiction pour quiconque veut explorer la sonorité ruban sans se ruiner. Il excelle dès qu'il s'agit de rendre une source plus "organique" et moins numérique. Sa neutralité (dans le sens où il n'ajoute pas de couleur particulière) en fait une base de travail saine qu'on peut facilement sculpter avec un égaliseur par la suite. C'est l'outil parfait pour compléter un parc de micros déjà pourvu en condensateurs et dynamiques, apportant cette texture mate et veloutée qui manque souvent aux productions modernes.
Les points forts
+ Rapport qualité/prix imbattable : des performances pro pour le prix d'un micro d’entrée de gamme.
+ Timbre naturel et doux : parfait pour calmer les sources agressives (amplis, cymbales).
+ Qualité des transformateurs : pas de distorsion parasite notable dans le bas du spectre.
+ Réponse transitoire : plus rapide et précise qu'un micro dynamique classique.
+ Construction robuste : un outil simple, solide et bien assemblé à la main en Belgique.
+ Mesure individuelle : chaque micro est livré avec sa propre courbe de réponse en fréquence.
Les points faibles
- Niveau de sortie faible : nécessite impérativement un excellent préampli ou un pré-préampli (FetHead/Cloudlifter).
- Sensibilité aux bruits de fond : sa directivité en 8 capte énormément l'ambiance arrière de la pièce.
- Fragilité inhérente au ruban : comme tout micro de ce type, il craint les courants d'air (souffle direct) et l'alimentation fantôme 48V (si le câble est défectueux ou si on patche à chaud).
- Esthétique très utilitaire : on est sur un design industriel sobre et utilitaire, loin du look iconique des grandes marques de luxe.
• un moteur à ruban court (low-tension) pour une réponse transitoire rapide ;
• un diagramme polaire en figure en 8 (bidirectionnel) ;
• un transformateur de sortie de haute qualité (souvent negligé sur l'entrée de gamme) ;
• une réponse en fréquence restreinte typique des rubans (30Hz a 13KHz @ +/- 3 dBs), mais très linéaire et avec une atténuation douce des aigus ;
• une conception robuste mais compacte facilitant le placement ;
• une électronique passive nécessitant un préampli avec beaucoup de gain et une impédance adaptée.
Dès qu'on branche le CRM-1, ce qui saute aux oreilles — et qui est confirmé par les courbes de réponse fournies avec chaque micro (car oui, chaque unité est testée individuellement) — c'est cette douceur caractéristique dans le haut du spectre. On oublie tout de suite les haut-médiums agressifs ou les sibilances qui percent les tympans sur les voix. C'est un micro très "honnête" : il ne cherche pas à briller artificiellement. La chute de réponse commence assez tôt, vers 10-12 kHz, ce qui donne ce côté "vintage" immédiat. Mais attention à l'effet de proximité : dès qu'on s'approche à moins de 20 cm, les graves gonflent de manière spectaculaire. C’est un point fort pour donner du corps à une voix fluette, mais ça peut vite devenir brouillon si on ne gère pas le placement avec précision.
La directivité en figure en 8 est, comme sur la plupart des rubans, très bien définie. Les "nulls" (les zones de rejet sur les côtés) sont d'une efficacité redoutable. En situation de prise de son "live" avec plusieurs instruments dans la même pièce, j'ai pu isoler une guitare acoustique d'un chanteur avec une propreté impressionnante en orientant simplement le flanc du micro vers la source indésirable. En revanche, le lobe arrière capte autant que le lobe avant, ce qui signifie que l'acoustique de votre pièce va s'inviter dans l'enregistrement. Si votre pièce sonne "carton", le CRM-1 ne vous fera aucun cadeau de ce côté-là.
Parlons du gain, car c'est là que le bât blesse : le CRM-1 est un micro passif avec une sensibilité assez faible. Pour capter une source douce comme une voix murmurée ou une guitare classique, il faut un préampli capable de fournir au moins 60 dB de gain propre, idéalement même 70 dB. Sur des interfaces d'entrée de gamme on finit souvent par remonter le bruit de fond (le souffle) du préampli en même temps que le signal. Ce n’est pas pour rien que le concepteur conseille de lui adjoindre un "booster" de type Cloudlifter ou FetHead pour attaquer le préampli avec un niveau confortable et une impédance d'entrée optimale, afin de ne pas "charger" le ruban et perdre encore plus d'aigus.
Mais là où le CRM-1 se rend vraiment utile – et c’est à mon sens la raison pour laquelle il mérite sa place à côté des meilleurs micros a ruban – c’est sa capacité à dompter les sources trop brillantes sans jamais perdre en dynamique ni en précision. Il est absolument impérial devant un ampli guitare électrique : il encaisse les fortes pressions acoustiques sans broncher et restitue le gras des médiums sans le côté "nid d'abeilles" des micros dynamiques classiques. Je l'ai aussi trouvé excellent en "overhead" de batterie (en paire Bluemlein) pour obtenir un son de cymbales soyeux et naturel, ou encore pour capturer les résonances complexes d’un sitar indien.
Concernant la construction, on sent que NoHype Audio a fait des choix astucieux. Il faut d’ailleurs noter que bien qu’il soit fabriqué à partir de composants majoritairement chinois, le micro est assemblé à la main en Belgique. Le corps est en métal épais, très sobre (finition noire mate), et le connecteur XLR est solidement fixé. Ce n'est pas un objet de luxe au design recherché, mais c'est un outil sérieux, lourd pour sa taille, qui donne une vraie sensation de solidité. La pince fournie fait le job, même si elle est assez basique.
Note : la boutique allemande MusicStore propose aussi le VRM-16, une version du CRM-1 encore moins chère car assemblée en Asie et distribuée sous sa propre marque Fame.
En résumé, le CRM-1 est une anomalie sur le marché : il permet d’obtenir un son similaire à ce qu’on attend d'un micro à ruban "boutique" pour une fraction du prix. Plus large et moins directif qu’un Beyerdynamic M160, il offre des performances bien supérieures grâce à un bas-médium bien plus riche et détaillé. Face à un Royer R-121 (la référence absolue à 1500€), il n'a évidemment pas la même finesse dans les détails ni la même extension dans l'infra-basse, mais pour 1/10ème du prix, la différence de qualité sonore est loin d'être aussi flagrante que la différence de prix. C'est l'anti-micro bas de gamme : ici, le transformateur ne sature pas de manière désagréable et le ruban est correctement tendu.
Conclusion
Ce micro est une bénédiction pour quiconque veut explorer la sonorité ruban sans se ruiner. Il excelle dès qu'il s'agit de rendre une source plus "organique" et moins numérique. Sa neutralité (dans le sens où il n'ajoute pas de couleur particulière) en fait une base de travail saine qu'on peut facilement sculpter avec un égaliseur par la suite. C'est l'outil parfait pour compléter un parc de micros déjà pourvu en condensateurs et dynamiques, apportant cette texture mate et veloutée qui manque souvent aux productions modernes.
Les points forts
+ Rapport qualité/prix imbattable : des performances pro pour le prix d'un micro d’entrée de gamme.
+ Timbre naturel et doux : parfait pour calmer les sources agressives (amplis, cymbales).
+ Qualité des transformateurs : pas de distorsion parasite notable dans le bas du spectre.
+ Réponse transitoire : plus rapide et précise qu'un micro dynamique classique.
+ Construction robuste : un outil simple, solide et bien assemblé à la main en Belgique.
+ Mesure individuelle : chaque micro est livré avec sa propre courbe de réponse en fréquence.
Les points faibles
- Niveau de sortie faible : nécessite impérativement un excellent préampli ou un pré-préampli (FetHead/Cloudlifter).
- Sensibilité aux bruits de fond : sa directivité en 8 capte énormément l'ambiance arrière de la pièce.
- Fragilité inhérente au ruban : comme tout micro de ce type, il craint les courants d'air (souffle direct) et l'alimentation fantôme 48V (si le câble est défectueux ou si on patche à chaud).
- Esthétique très utilitaire : on est sur un design industriel sobre et utilitaire, loin du look iconique des grandes marques de luxe.