« Une merveilleuse modernisation d'une vieille formule magique »
Publié le 04/04/26 à 02:05
Rapport qualité/prix :
Excellent
Cible :
Les utilisateurs avertis
Le Rode NTR est un microphone à ruban actif moderne qui propose :
• un ruban de 1,8 micron d'épaisseur, l'un des plus fins du marché ;
• une électronique active interne (nécessite une alimentation fantôme 48V) ;
• un système de suspension interne propriétaire pour le moteur à ruban ;
• une réponse en fréquence étendue (20 Hz - 20 kHz) ;
• une grille gravée chimiquement pour une transparence acoustique maximale ;
• une vis de verrouillage de voyage pour sécuriser le ruban durant le transport.
Dès qu’on commence à enregistrer avec le NTR, ce qui saute aux oreilles c’est son extension dans les aigus. Contrairement à beaucoup de rubans passifs qui s'effondrent après 10 kHz, celui-ci reste garde une bonne présence sur tout le spectre audible. On évite ainsi l'étape habituelle du "EQ boost" massif dans les aigus pour retrouver de la définition. Les mesures montrent une réponse très étendue, et ça se sent : le son est d'une fidélité redoutable. Ceux qui cherchent un micro avec ce côté sombre souvent associé aux rubans vintages peuvent passer leur chemin : on a ici affaire à un micro très précis, presque chirurgical, qui ne pardonne pas autant sur les sources un peu criardes qu'un micro passif plus traditionnel. Mais c’est ce qui fait du NTR une petite merveille d’ingénierie audio : des aigus présents mais soyeux et aérés comme pratiquement aucun autre micro ne sait les capturer sans un coup d’égaliseur spécialisé (quelqu’un a dit Mäag Audio ?).
Le fait que ce micro soit actif change complètement la donne en termes de gain. Pas besoin de sortir l'artillerie lourde côté pré-amplification pour obtenir un niveau exploitable, car son électronique interne booste le signal avec un bruit propre de seulement 15 dBA. C'est une performance remarquable pour cette technologie. On peut donc l'utiliser sur des sources très calmes sans récupérer de souffle. En revanche, j'ai remarqué que le niveau de sortie est vraiment élevé, presque comme un micro statique ; il faut donc faire attention à ne pas saturer l'entrée de son interface sur des sources percutantes, car le micro lui-même peut encaisser jusqu'à 130 dB SPL sans distorsion notable.
Un autre aspect important mais qui passe souvent inaperçu, c'est la conception physique de la grille. Rode a utilisé une découpe laser très fine qui minimise les réflexions internes. En pratique, cela donne une directivité en figure en 8 extrêmement propre et symétrique. Le rejet sur les côtés est quasi total, ce qui permet de réaliser des prises de son dans des environnements un peu pollués acoustiquement sans trop de dégâts.
Ce micro s'avère particulièrement efficace pour les prises de voix qui nécessitent de la douceur sans sacrifier l'intelligibilité. Il excelle également sur les guitares acoustiques où il capture le corps de l'instrument tout en gardant le brillant des cordes. C’est aussi un outil de choix pour les "overheads" de batterie si l’on cherche un rendu naturel et non agressif des cymbales. De manière générale, il est parfait pour toute source où l’on hésite entre la chaleur d’un ruban et la clarté d’un condensateur, car il se situe exactement à la croisée des deux mondes.
La qualité de construction est exemplaire, et personnellement je trouve le design industriel extrêmement réussi ; on sent que Rode a voulu en faire un "flagship". Le châssis est robuste, la finition est soignée et l'usinage des pièces mobiles ne présente aucun jeu. Toutefois, son encombrement est un vrai problème : il est imposant et pèse plus d'un kilo (!!!). C'est le seul aspect qui justifie vraiment de lui enlever une etoile à mes yeux. Il m'a fallu investir dans un pied de micro lesté pour éviter que l'ensemble ne bascule, car sa masse peut vite devenir une contrainte lors de placements délicats. Mais il faut reconnaitre que c'est un objet massif qui inspire confiance et qui est conçu pour durer, loin des productions légères et fragiles que l'on croise parfois en entrée de gamme.
Enfin, la sécurisation du ruban est un point fort indéniable. La vis de verrouillage située sur le dessus permet de le "figer" pendant le transport. C'est rassurant, car on sait que les rubans sont sensibles aux courants d'air et aux chocs. En revanche, le système de fixation propriétaire (le montage se fait par le bas du corps) est un peu rigide. On ne peut pas l'orienter aussi librement qu'un micro monté sur une pince classique ou une suspension universelle, ce qui oblige parfois à faire des contorsions avec le pied de micro pour trouver l'angle parfait par rapport à la source.
Conclusion
Ce Rode NTR est une belle réussite technique qui modernise efficacement le concept du ruban. Face à un Royer R-122 (également actif), le NTR offre une réponse plus étendue dans les aigus et un bruit de fond plus faible, bien que le Royer conserve une "signature" plus typée et reconnaissable. Comparé à un Audio-Technica AT4080, le Rode est plus neutre et "hi-fi", là où l'AT4080 cherche davantage à imiter le comportement d'un micro statique vintage. A moins de 800€ neuf c’est un excellent investissement pour un studio qui cherche un ruban polyvalent et facile à utiliser au quotidien, sans les contraintes de gain des modèles passifs.
Les points forts
+ Réponse en fréquence "full range" (20 Hz - 20 kHz), très large pour un ruban.
+ Électronique active : niveau de sortie confortable et bruit propre très bas.
+ Transparence acoustique de la grille (limite les ondes stationnaires).
+ Vis de verrouillage pour protéger le ruban pendant le transport.
+ Construction haut de gamme et très robuste.
+ Garantie Rode (souvent extensible à 10 ans avec remplacement du ruban gratuit une fois).
Les points faibles
- Poids conséquent (1+ kg) nécessitant des pieds de micro très stables.
- Encombrement important qui peut gêner les placements serrés.
- Montage propriétaire limitant un peu les angles d'inclinaison.
- Manque de "caractère" vintage pour ceux qui cherchent l'atténuation marquée des aigus typique des vieux rubans.
• un ruban de 1,8 micron d'épaisseur, l'un des plus fins du marché ;
• une électronique active interne (nécessite une alimentation fantôme 48V) ;
• un système de suspension interne propriétaire pour le moteur à ruban ;
• une réponse en fréquence étendue (20 Hz - 20 kHz) ;
• une grille gravée chimiquement pour une transparence acoustique maximale ;
• une vis de verrouillage de voyage pour sécuriser le ruban durant le transport.
Dès qu’on commence à enregistrer avec le NTR, ce qui saute aux oreilles c’est son extension dans les aigus. Contrairement à beaucoup de rubans passifs qui s'effondrent après 10 kHz, celui-ci reste garde une bonne présence sur tout le spectre audible. On évite ainsi l'étape habituelle du "EQ boost" massif dans les aigus pour retrouver de la définition. Les mesures montrent une réponse très étendue, et ça se sent : le son est d'une fidélité redoutable. Ceux qui cherchent un micro avec ce côté sombre souvent associé aux rubans vintages peuvent passer leur chemin : on a ici affaire à un micro très précis, presque chirurgical, qui ne pardonne pas autant sur les sources un peu criardes qu'un micro passif plus traditionnel. Mais c’est ce qui fait du NTR une petite merveille d’ingénierie audio : des aigus présents mais soyeux et aérés comme pratiquement aucun autre micro ne sait les capturer sans un coup d’égaliseur spécialisé (quelqu’un a dit Mäag Audio ?).
Le fait que ce micro soit actif change complètement la donne en termes de gain. Pas besoin de sortir l'artillerie lourde côté pré-amplification pour obtenir un niveau exploitable, car son électronique interne booste le signal avec un bruit propre de seulement 15 dBA. C'est une performance remarquable pour cette technologie. On peut donc l'utiliser sur des sources très calmes sans récupérer de souffle. En revanche, j'ai remarqué que le niveau de sortie est vraiment élevé, presque comme un micro statique ; il faut donc faire attention à ne pas saturer l'entrée de son interface sur des sources percutantes, car le micro lui-même peut encaisser jusqu'à 130 dB SPL sans distorsion notable.
Un autre aspect important mais qui passe souvent inaperçu, c'est la conception physique de la grille. Rode a utilisé une découpe laser très fine qui minimise les réflexions internes. En pratique, cela donne une directivité en figure en 8 extrêmement propre et symétrique. Le rejet sur les côtés est quasi total, ce qui permet de réaliser des prises de son dans des environnements un peu pollués acoustiquement sans trop de dégâts.
Ce micro s'avère particulièrement efficace pour les prises de voix qui nécessitent de la douceur sans sacrifier l'intelligibilité. Il excelle également sur les guitares acoustiques où il capture le corps de l'instrument tout en gardant le brillant des cordes. C’est aussi un outil de choix pour les "overheads" de batterie si l’on cherche un rendu naturel et non agressif des cymbales. De manière générale, il est parfait pour toute source où l’on hésite entre la chaleur d’un ruban et la clarté d’un condensateur, car il se situe exactement à la croisée des deux mondes.
La qualité de construction est exemplaire, et personnellement je trouve le design industriel extrêmement réussi ; on sent que Rode a voulu en faire un "flagship". Le châssis est robuste, la finition est soignée et l'usinage des pièces mobiles ne présente aucun jeu. Toutefois, son encombrement est un vrai problème : il est imposant et pèse plus d'un kilo (!!!). C'est le seul aspect qui justifie vraiment de lui enlever une etoile à mes yeux. Il m'a fallu investir dans un pied de micro lesté pour éviter que l'ensemble ne bascule, car sa masse peut vite devenir une contrainte lors de placements délicats. Mais il faut reconnaitre que c'est un objet massif qui inspire confiance et qui est conçu pour durer, loin des productions légères et fragiles que l'on croise parfois en entrée de gamme.
Enfin, la sécurisation du ruban est un point fort indéniable. La vis de verrouillage située sur le dessus permet de le "figer" pendant le transport. C'est rassurant, car on sait que les rubans sont sensibles aux courants d'air et aux chocs. En revanche, le système de fixation propriétaire (le montage se fait par le bas du corps) est un peu rigide. On ne peut pas l'orienter aussi librement qu'un micro monté sur une pince classique ou une suspension universelle, ce qui oblige parfois à faire des contorsions avec le pied de micro pour trouver l'angle parfait par rapport à la source.
Conclusion
Ce Rode NTR est une belle réussite technique qui modernise efficacement le concept du ruban. Face à un Royer R-122 (également actif), le NTR offre une réponse plus étendue dans les aigus et un bruit de fond plus faible, bien que le Royer conserve une "signature" plus typée et reconnaissable. Comparé à un Audio-Technica AT4080, le Rode est plus neutre et "hi-fi", là où l'AT4080 cherche davantage à imiter le comportement d'un micro statique vintage. A moins de 800€ neuf c’est un excellent investissement pour un studio qui cherche un ruban polyvalent et facile à utiliser au quotidien, sans les contraintes de gain des modèles passifs.
Les points forts
+ Réponse en fréquence "full range" (20 Hz - 20 kHz), très large pour un ruban.
+ Électronique active : niveau de sortie confortable et bruit propre très bas.
+ Transparence acoustique de la grille (limite les ondes stationnaires).
+ Vis de verrouillage pour protéger le ruban pendant le transport.
+ Construction haut de gamme et très robuste.
+ Garantie Rode (souvent extensible à 10 ans avec remplacement du ruban gratuit une fois).
Les points faibles
- Poids conséquent (1+ kg) nécessitant des pieds de micro très stables.
- Encombrement important qui peut gêner les placements serrés.
- Montage propriétaire limitant un peu les angles d'inclinaison.
- Manque de "caractère" vintage pour ceux qui cherchent l'atténuation marquée des aigus typique des vieux rubans.