Est-ce le son ou plutot la note qui equivaut ,pour un peintre, à une couleur ?
- 16 réponses
- 7 participants
- 466 vues
- 10 followers
foud'hammond
141
Posteur·euse AFfiné·e
Membre depuis 1 an
14 Mars 2026 à 12:55 (modifié le 14 Mars 2026 à 12:57)Est-ce le son ou plutot la note qui equivaut ,pour un peintre, à une couleur ?
#1
Pour obtenir une musique,on a besoin d'au moins un son et de plusieurs notes ,peu importe que cette musique soit complete ou non .
Pour obtenir une peinture (disons plutot un tableau ),en dehors de ceux qui se contentent de peindre une toile avec une seule couleur ,l'utilisation de plusieurs couleurs pour enrichir l'oeuvre entamée est preferable,donc la question est la suivante :
Est-ce le son ou plutot la note qui equivaut ,pour un peintre, à une couleur ?

Pour obtenir une peinture (disons plutot un tableau ),en dehors de ceux qui se contentent de peindre une toile avec une seule couleur ,l'utilisation de plusieurs couleurs pour enrichir l'oeuvre entamée est preferable,donc la question est la suivante :
Est-ce le son ou plutot la note qui equivaut ,pour un peintre, à une couleur ?
Signaler
LeBrennou
209
Posteur·euse AFfiné·e
Membre depuis 1 an
14 Mars 2026 à 15:10
#2
C'est très pertinent comme réflexion. J'ai souvent eut cette comparaison à l'esprit.
D'un point de vu matériel ou physique, on est sur une variation de fréquences pour les deux domaines.
Si pour la musique, on connaît le rapport entre deux octaves avec doublement de fréquence et le rapport tierces, quintes, etc ... et l’harmonie qui en découle, j'ignore si on peut faire la même analogie avec les fréquences des ondes lumineuses (couleurs complémentaires, couleurs opposées).
Au delà des couleurs, il importe aussi la notion de luminosité. Équivalente du volume pour le son?
D'un point de vu matériel ou physique, on est sur une variation de fréquences pour les deux domaines.
Si pour la musique, on connaît le rapport entre deux octaves avec doublement de fréquence et le rapport tierces, quintes, etc ... et l’harmonie qui en découle, j'ignore si on peut faire la même analogie avec les fréquences des ondes lumineuses (couleurs complémentaires, couleurs opposées).
Au delà des couleurs, il importe aussi la notion de luminosité. Équivalente du volume pour le son?
Signaler
foud'hammond
141
Posteur·euse AFfiné·e
Membre depuis 1 an
14 Mars 2026 à 16:57 (modifié le 14 Mars 2026 à 16:59)
#3
Merci à toi LeBrennou ,les choses techniques liées au solfège étant pour moi tres similaire à la langue chinoise ,voir meme à celle des petits hommes verts ,mais en reprenant ta comparaison de la luminosité pour tenter de la rapprocher à celle du son ,j'aurai plutot tendance à penser que la notion de luminosité en peinture serait tres proche de celle de la musique ,pour exemple ,on dit d'une musique qu'elle est sombre ou joyeuse et lumineuse ,quand au degrés d'intensité du son ,ne serait-il pas plutot equivalent à l'intensité d'une emotion que degage une image et de son coté percutant ?
c'est marrant d'ailleurs cette envie que l'on peut avoir subitement de vouloir faire de la musique car avant tout il faut toucher notre instrument,souvent notre petit amour (façon de parler ),etre "toute gaite" de l'avoir sous ses doigts ,d'etre en contact avec lui ,s'assoir en face de lui pour les claviers ou le prendre dans ses bras pour d'autres,qu'en est-il du peintre qui subitement souhaite peindre ou dessiner ,est-ce que le pinceau ,ses crayons et la toile lui font le meme effet qu'à nous autre les "zicos" ?
Puis une fois installé et alors qu'un coup de pinceau raté n'engendrant aucune inspiration devra etre effacé ou masqué,la toile agissant comme un enregistreur car ne pouvant faire autrement ,pendant que nous autres ,si une vilaine note ou un accord dissonnant nous perturbe par sa froideur ,ce sera aussitot oublié car bien vite remplacés par d'autres rendant ce moment comme un petit bonheur pour peut etre un jour finir comme une toile de maitre ! (c'est une image biensur
)
ce parallèle entre un peintre et nous est si proche alors que c'est quelque part bien different !
c'est marrant d'ailleurs cette envie que l'on peut avoir subitement de vouloir faire de la musique car avant tout il faut toucher notre instrument,souvent notre petit amour (façon de parler ),etre "toute gaite" de l'avoir sous ses doigts ,d'etre en contact avec lui ,s'assoir en face de lui pour les claviers ou le prendre dans ses bras pour d'autres,qu'en est-il du peintre qui subitement souhaite peindre ou dessiner ,est-ce que le pinceau ,ses crayons et la toile lui font le meme effet qu'à nous autre les "zicos" ?
Puis une fois installé et alors qu'un coup de pinceau raté n'engendrant aucune inspiration devra etre effacé ou masqué,la toile agissant comme un enregistreur car ne pouvant faire autrement ,pendant que nous autres ,si une vilaine note ou un accord dissonnant nous perturbe par sa froideur ,ce sera aussitot oublié car bien vite remplacés par d'autres rendant ce moment comme un petit bonheur pour peut etre un jour finir comme une toile de maitre ! (c'est une image biensur
ce parallèle entre un peintre et nous est si proche alors que c'est quelque part bien different !
Signaler
foud'hammond
141
Posteur·euse AFfiné·e
Membre depuis 1 an
14 Mars 2026 à 17:30
#4
Et quand la couleur se transforme en noir et blanc car certains preferent la guerre plutot qu'une douce atmosphère ,les humains souffrent mais quand est-il de leur instruments qui finissent ensevelis sous les gravois,estropiés par les bombes ,imaginer ceux qui reviennent voir à quoi ressemble leur quartier, qu'est donc devenue leur maison,et comment accepter de voir ainsi detruit l'amour de sa vie ,clavier transformé en une carcasse brulée ou meme les rats refusent d'y aller,guitare dechirée ,ecrassée ou carrement disparue ,se souvenir de ces moments passés à si souvent caresser ses objets autant de desire que de plaisirs, oui trop nombreuses toutes ces larmes qui doivent couler sans meme pouvoir se controler .
Signaler
Bonfoin
45
Nouvel·le AFfilié·e
Membre depuis 5 mois
14 Mars 2026 à 20:58 (modifié le 14 Mars 2026 à 20:59)
#5
En général on ne compare pas la couleur aux notes, mais aux intervalles entre les notes, à la tonalité, aux modes.
Signaler
Pierrek75
52
Posteur·euse AFfranchi·e
Membre depuis 1 an
15 Mars 2026 à 00:13
#6

Signaler
Pierrek75
52
Posteur·euse AFfranchi·e
Membre depuis 1 an
15 Mars 2026 à 00:15
#7

Signaler
Bonfoin
45
Nouvel·le AFfilié·e
Membre depuis 5 mois
15 Mars 2026 à 03:59 (modifié le 15 Mars 2026 à 04:03)
#8
Ça n'a rien de musical.
Ça na rien de graphique.
Ça na rien de graphique.
Signaler
Mini-Maxi
31
Nouvel·le AFfilié·e
Membre depuis 1 mois
15 Mars 2026 à 04:59
#9
Je connaissais pas Herbin, moi je trouve ça bien vu d'avoir placé ça là.
Signaler
Belford
22
Nouvel·le AFfilié·e
Membre depuis 3 mois
15 Mars 2026 à 08:27 (modifié le 15 Mars 2026 à 11:16)
#10
foud'hammond, je me demande si ta question ne joue pas un peu sur les mots : ce que tu appelles le "son", c’est plutôt le timbre, et quand tu parles de "note", tu fais sans doute référence à la hauteur du son.
Le son est un phénomène acoustique, la note est un signe graphique.
Danhauser le dit, qui ne se trompe jamais :
et
Schoenberg souligne l’importance du timbre, qu’il considère comme un paramètre musical à part entière pouvant structurer le discours musical, notamment à travers le concept de Klangfarbenmelodie, où la succession des couleurs sonores participe à la formation de la mélodie.
Saviez-vous que certaines personnes atteintes de synesthésie musique‑couleurs perçoivent les sons sous forme de couleurs ? Dans ce phénomène neurologique, deux sens se mêlent : l’écoute d’une note peut faire apparaître spontanément une teinte précise, transformant l’expérience musicale en expérience visuelle.
Pour approfondir les liens entre perception sensorielle et musique, on peut se tourner vers les travaux du neurologue et écrivain Oliver Sacks. Dans son ouvrage Musicophilia : La musique, le cerveau et nous, et plus particulièrement dans le chapitre intitulé La tonalité du vert limpide : synesthésie et musique.
Y a-t-il parmi vous des personnes qui expérimentent la synesthésie musique-couleurs ?
Comme Mini-Maxi, je trouve que l’ajout de Pierrek75 est opportun. J'ajoute aussi cette citation de Jacques Lassaigne :
Le son est un phénomène acoustique, la note est un signe graphique.
Danhauser le dit, qui ne se trompe jamais :
Citation :
Les notes représentent des hauteurs et des durées de sons.
et
Citation :
Le son est une sensation produite sur l’organe de l’ouïe par le mouvement vibratoire des corps sonores. Le son musical se distingue du bruit, en ce que l’on peut en mesurer exactement la hauteur /.../ le son musical possède trois qualités spéciales : la hauteur, l’intensité et le timbre.
Schoenberg souligne l’importance du timbre, qu’il considère comme un paramètre musical à part entière pouvant structurer le discours musical, notamment à travers le concept de Klangfarbenmelodie, où la succession des couleurs sonores participe à la formation de la mélodie.
Saviez-vous que certaines personnes atteintes de synesthésie musique‑couleurs perçoivent les sons sous forme de couleurs ? Dans ce phénomène neurologique, deux sens se mêlent : l’écoute d’une note peut faire apparaître spontanément une teinte précise, transformant l’expérience musicale en expérience visuelle.
Pour approfondir les liens entre perception sensorielle et musique, on peut se tourner vers les travaux du neurologue et écrivain Oliver Sacks. Dans son ouvrage Musicophilia : La musique, le cerveau et nous, et plus particulièrement dans le chapitre intitulé La tonalité du vert limpide : synesthésie et musique.
Y a-t-il parmi vous des personnes qui expérimentent la synesthésie musique-couleurs ?
Comme Mini-Maxi, je trouve que l’ajout de Pierrek75 est opportun. J'ajoute aussi cette citation de Jacques Lassaigne :
Citation :
À travers la longue recherche de l’absolu qu’est l’histoire de la peinture, Herbin représente un notable pas en avant. Ayant su combiner la simplification des formes avec l'intensité la plus haute de la couleur, il se trouve en mesure de créer un alphabet plastique de la plus grande précision, dont il a édicté les lois dans son ouvrage L’Art non figuratif non objectif.
Herbin a voulu rompre avec un processus de matérialisation de l'art qui se traduit aussi bien par le naturalisme et l’imitation — déchéance de la réalité — que par l’usure et la décomposition des matériaux eux-mêmes. Que les couleurs aient une signification spirituelle, on n’avait jamais tenté de le formuler aussi clairement. De même, tout le système des formes, avec leur disposition à la verticalité ou à l’horizontalité ou leurs élans latéraux, varie selon les couleurs qui les qualifient.
Enfin, Herbin trouve des correspondances entre les couleurs et les formes géométriques d'une part, et les notes de musique, les voyelles, les consonnes d’autre part. Il est aussi légitime, estime-t-il, de peindre un tableau abstrait à partir de lettres formant un mot comme été, île, nu, pluie, que de composer, comme J.-S. Bach, son contrepoint sur un thème formé selon les lettres B.A.C.H.
Ainsi s'explique le titre des tableaux d’Herbin de la grande période. Souvent, ses compositions apparaissent comme de somptueuses variations, construites avec la rigueur de Bach ou avec ce lyrisme farouche des poètes arabes chantant les lettres du nom de Dieu ou des mots les plus simples : jour, nuit, lune. Expérience unique où, sans nul doute, Herbin est allé si loin qu'il est difficile de la dépasser, tant elle est faite de l’incomparable recherche intérieure d'un homme qui a beaucoup médité et qui a voué toutes ses forces à l’exaltation de ses convictions.
Sa peinture est un absolu et, comme toutes les choses pures, elle est douée d'une puissante magie incantatoire.
Signaler
Bonfoin
45
Nouvel·le AFfilié·e
Membre depuis 5 mois
15 Mars 2026 à 13:33 (modifié le 15 Mars 2026 à 14:43)
#11
L'exemple le plus connu est la Blue Note .
Et cette Blue Note n'est pas un Do, un Fa ou un MI, c'est un intervalle qu'on pourrait définir ainsi: un infléchissement vers le grave d'environ un demi-ton de certains degrés de la gamme.
Et je ne pense pas qu'affecter une couleur directement à un intervalle ait du sens sans passer par un intermédiaire indspensable: le sentiment que procure cet intervalle ( tristesse--> blues---->bleu-----> note bleue )
Un musicien très érudit m'avait expliqué que la note bleue ce n'est pas un demi ton plus bas mais "à peu près" un demi-ton plus bas, et que ce sont les modulations dans cet intervalle ( le à peu près) qui donnent le caractère du blues. Pour lui ces modulations sont des sanglots, des émotions tristes, " qui nous éloignent un peu de la note juste. "
Et cette Blue Note n'est pas un Do, un Fa ou un MI, c'est un intervalle qu'on pourrait définir ainsi: un infléchissement vers le grave d'environ un demi-ton de certains degrés de la gamme.
Et je ne pense pas qu'affecter une couleur directement à un intervalle ait du sens sans passer par un intermédiaire indspensable: le sentiment que procure cet intervalle ( tristesse--> blues---->bleu-----> note bleue )
Un musicien très érudit m'avait expliqué que la note bleue ce n'est pas un demi ton plus bas mais "à peu près" un demi-ton plus bas, et que ce sont les modulations dans cet intervalle ( le à peu près) qui donnent le caractère du blues. Pour lui ces modulations sont des sanglots, des émotions tristes, " qui nous éloignent un peu de la note juste. "
Signaler
Belford
22
Nouvel·le AFfilié·e
Membre depuis 3 mois
15 Mars 2026 à 15:18
#12
Citation de Bonfoin :
la note bleue ce n'est pas un demi ton plus bas mais "à peu près" un demi-ton plus bas, et que ce sont les modulations dans cet intervalle ( le à peu près) qui donnent le caractère du blues. Pour lui ces modulations sont des sanglots, des émotions tristes, " qui nous éloignent un peu de la note juste. "
En musicologie, ce "à peu près" et ces "modulations" désignent précisément la tierce neutre, cet intervalle microtonal instable qui, en refusant la fixité du demi-ton occidental, donne à la note bleue tout son caractère.
Signaler
Bonfoin
45
Nouvel·le AFfilié·e
Membre depuis 5 mois
16 Mars 2026 à 10:29
#13
Oui, une sorte de no Man's Land ou l'on sort de la zone de confort pour voyager entre le " juste" et le "faux" mais ou pour certains obtus on serait déja dans le " faux".
Et c'est justement là que j'ai envie de rebondir sur un autre sujet, celui des dingos de l'IA, qui se croient artistes à tout corriger pour que ce soit "juste" et qui repeignent toute la musique en kaki ( la couleur que l'on obtient quand on mélange des peintures de toutes les couleurs) .
Et c'est justement là que j'ai envie de rebondir sur un autre sujet, celui des dingos de l'IA, qui se croient artistes à tout corriger pour que ce soit "juste" et qui repeignent toute la musique en kaki ( la couleur que l'on obtient quand on mélange des peintures de toutes les couleurs) .
Signaler
deb76
3854
Squatteur·euse d’AF
Membre depuis 21 ans
16 Mars 2026 à 14:27
#14
Intéressant votre sujet que s'inscrit pleinement dans un travail de réflexion que je mène conjointement avec des amis peintres et plasticiens. Pour la note bleue qui pourrait-être une tierce neutre tout dépend de l'instrument. Autant avec des instruments sur les lesquels on peut jouer sur les hauteurs des notes, les infléchir dans leurs fréquences microtonales, autant avec un piano, cela me semble nettement plus difficile. Peut-être en jouant avec un piano à queue (ou un clavecin) et modifier la pression sur la corde idoine ? D'ailleurs, je trouve le terme tierce neutre totalement inapproprié si il y a une instabilité microtonale. Pour ma part, le neutre s'apparente plus à la hauteur de la note fixe et qui n'évolue pas dans un sens ou dans un autre comme peut le faire un guitariste de blues avec un "bend". Ceci étant si c'est adopté par la musicologie contemporaine, pourquoi pas.
Pour revenir au sujet, il est vaste et les contributions des peintres et des musiciens depuis Arcimboldo au XVIe siècle où il avait imaginé un système d'équivalence entre valeurs gradués du noir au blanc et hauteurs de sons. En 1740, le mathématicien jésuite Louis Bertrand Castel, dans son traité sur l'optique des couleurs proposait un tableau des concordances entre l'échelle tempérée et le spectre chromatique, fondant son raisonnement sur deux triades : celle des couleurs primaires et celle des notes de l'accord parfait.
Quand j'ai lu la réponse de Bonfoin "En général on ne compare pas la couleur aux notes, mais aux intervalles entre les notes, à la tonalité, aux modes.", je n'ai pas pu m'empêcher de penser au cercle du cycle des quintes élaboré par Scriabine pour Prométhée et dans lequel chaque hauteur est mise en relation avec le spectre des couleurs. Il était, comme Messiaen synesthète.

Mais ce cercle d'équivalence auquel on peut penser immédiatement n'est qu'une infime partie de ce que les peintres et musiciens ont pu apporter leurs contributions sur les rapports peintures musiques. Belford évoque Schoenberg et son "concept de Klangfarbenmelodie" - et auquel j'ajouterai les superbes opus 9 et 10 de Webern qui en sont aussi une excellente illustration - et bien entendu on pense aux relations épistolaires entre Schoenberg et Kandinsky - qui avait traduit en russe des extraits du Traité d'Harmonie du compositeur. J'ai acheté "Musique et Art Plastiques, Interactions aux XXe et XXIe siècles" de Jean-Yves Bosseur et cet ouvrage donne le tournis tant les essais, les réflexions menés par les peintres et musiciens sont nombreuses. Et sur différents thèmes dont, entre autres, "Temps et espace" (Kupka et rythme, Adorno, Delaunay et simultanéité, Mouvement et harmonie pour Matisse, Fernand Léger et la dissonance), Geste graphique et instrumental, l'univers musical de Paul Klee, les apports du sérialismes dans les arts plastiques, du jazz. Jean-Yves Bosseur évoque la représentation de la musique, des instruments, du visuel de la notation musicale dans l'oeuvre plastique, et souligne aussi l'apport des compositeurs d'aujourd'hui. C'est fascinant !
Pour revenir au sujet, il est vaste et les contributions des peintres et des musiciens depuis Arcimboldo au XVIe siècle où il avait imaginé un système d'équivalence entre valeurs gradués du noir au blanc et hauteurs de sons. En 1740, le mathématicien jésuite Louis Bertrand Castel, dans son traité sur l'optique des couleurs proposait un tableau des concordances entre l'échelle tempérée et le spectre chromatique, fondant son raisonnement sur deux triades : celle des couleurs primaires et celle des notes de l'accord parfait.
Quand j'ai lu la réponse de Bonfoin "En général on ne compare pas la couleur aux notes, mais aux intervalles entre les notes, à la tonalité, aux modes.", je n'ai pas pu m'empêcher de penser au cercle du cycle des quintes élaboré par Scriabine pour Prométhée et dans lequel chaque hauteur est mise en relation avec le spectre des couleurs. Il était, comme Messiaen synesthète.

Mais ce cercle d'équivalence auquel on peut penser immédiatement n'est qu'une infime partie de ce que les peintres et musiciens ont pu apporter leurs contributions sur les rapports peintures musiques. Belford évoque Schoenberg et son "concept de Klangfarbenmelodie" - et auquel j'ajouterai les superbes opus 9 et 10 de Webern qui en sont aussi une excellente illustration - et bien entendu on pense aux relations épistolaires entre Schoenberg et Kandinsky - qui avait traduit en russe des extraits du Traité d'Harmonie du compositeur. J'ai acheté "Musique et Art Plastiques, Interactions aux XXe et XXIe siècles" de Jean-Yves Bosseur et cet ouvrage donne le tournis tant les essais, les réflexions menés par les peintres et musiciens sont nombreuses. Et sur différents thèmes dont, entre autres, "Temps et espace" (Kupka et rythme, Adorno, Delaunay et simultanéité, Mouvement et harmonie pour Matisse, Fernand Léger et la dissonance), Geste graphique et instrumental, l'univers musical de Paul Klee, les apports du sérialismes dans les arts plastiques, du jazz. Jean-Yves Bosseur évoque la représentation de la musique, des instruments, du visuel de la notation musicale dans l'oeuvre plastique, et souligne aussi l'apport des compositeurs d'aujourd'hui. C'est fascinant !
Signaler
Belford
22
Nouvel·le AFfilié·e
Membre depuis 3 mois
16 Mars 2026 à 17:10
#15
Déjà qu’il a fallu s’habituer à Bach si en plus il faut s’habituer à Bosseur !! (lu dans Petites vacheries entre musiciens réunies par… Jean-Yves Bosseur, illustrées par Christian Binet, Minerve et Fluide Glacial).
Sur le terme tierce neutre, on l'appelle ainsi simplement parce qu'elle n'est ni majeure ni mineure.
Sur le terme tierce neutre, on l'appelle ainsi simplement parce qu'elle n'est ni majeure ni mineure.
Signaler
deb76
3854
Squatteur·euse d’AF
Membre depuis 21 ans
16 Mars 2026 à 20:00
#16
Citation de Belford :
Déjà qu’il a fallu s’habituer à Bach si en plus il faut s’habituer à Bosseur !! (lu dans Petites vacheries entre musiciens réunies par… Jean-Yves Bosseur, illustrées par Christian Binet, Minerve et Fluide Glacial).
Sympa !
Sur le terme tierce neutre, on l'appelle ainsi simplement parce qu'elle n'est ni majeure ni mineure.[/quote]
Merci pour l'information. Et du coup, en recherchant je lis "Les tierces neutres sont approximativement un quart de ton au-dessus des tierces mineures du tempérament égal à 12 notes et un quart de ton en dessous des tierces majeures du tempérament égal à 12 notes . En justesse naturelle, ainsi que dans des accordages tels que 31-ET, 41-ET ou 72-ET, qui s'en rapprochent davantage, les intervalles sont plus courts."
Signaler
Belford
22
Nouvel·le AFfilié·e
Membre depuis 3 mois
21 Mars 2026 à 11:09
#17
Selon Peter van der Merwe et Gerhard Kubik les notes instables sont des tierces mineures ou neutres situées au-dessus de la tonique et la dominante. Ces intervalles, que Van der Merwe qualifie de tierces tombantes (dropping) ou suspendues (hanging) selon leur mouvement par rapport aux notes stables, sont considérés comme des blue notes. Pour Kubik, ces variations ne sont pas des notes distinctes mais appartiennent à une même zone de hauteur : les musiciens de blues conceptualisent ainsi des fréquences adjacentes comme un seul et même tonème.
Signaler
- < Liste des sujets
- Charte