Bugera V55 Infinium
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Bugera V55 Infinium
Frank Hagchotogow 07/01/2021

Bugera V55 Infinium : l'avis de Frank Hagchotogow

« Bluffé & .... sceptique ! »
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Rapport qualité/prix : Excellent Cible : Les utilisateurs avertis
Cet ampli m'a immédiatement bluffé. Alors pourquoi ajouter "sceptique" ? Rien à voir avec ses performances, seulement sceptique sur les quelques avis négatifs sur ce V55 Infinium !.. Mais qu'est ce que ces posteurs ont déjà essayé, qu'est-ce qu'ils jouent, avec quoi, avec qui et à quel niveau ? Sincèrement, ya de quoi se poser des questions !
Perso je ne suis pas Guthrie Govan (ah bon ?:clin:) mais j'ai des dizaines d'années de gratte, joue en live et continue à me produire et fais partie actuellement d'une formation de Cover comme lead guitare. Donc un répertoire large et pas mal d'amplis utilisés (rarement les mêmes en fonction des studios de répèt' en plus des rencontres, échanges etc...). Bref, c'est pour toute ces raisons que je me permet cette remarque, sans prétention, mais avec quelques arguments à la clé.
Mais passons au coeur de l'affaire : l'ampli.
RAS sur la finition, heureusement. C'est propre, bien ajusté, les matériaux utilisés sont dans le standard d'un matos sympa. Ćôté fonctions, il ne manque rien d'essentiel, au contraire. Deux canaux réverb' intégrée, boucle d'effet (Send-Return), sorties pour HP sup', position en mode triode (atténuation de puissance entre autre), footswitch d'origine (Réverb' & Canaux) mais aussi entrées bright ou "standard", commutateur de boost (médium aigu) et égalisation à 4 niveaux (basse médium aigu + présence). Donc, ultra complet. (Ah bon...ya pas de prise pour le mp3 et pas d'USB ? :clin:)
Alors, on branche ?
Comme tous les avis un peu sérieux (y en a heureusement) et les nombreuses vidéos du tube qui les confirment, le canal clean est excellent.. Respect total du caractère de l'instrument, aéré, consistant : Il a tout pour lui. Même à forte puissance, la grosse dynamique sans crunch est possible. On peut aussi le faire cruncher, of course. Mais en "clean de chez clean" on a toutefois le grain chaud et la compression des lampes, ce n'est donc pas comme un bon clean de transistors, et il y en a : Hughes & Kettner Attack 100 par exemple. Les réglages de tonalités sont sérieux, progressifs, avec un bonus pour le potar "présence" qui ne donne pas dans le gadget et sculpte le son subtilement. L'option "boost" agit sur la plage haut médium-aigu, elle n'est pas pilotée par le footswith (dommage mais bon). Elle m'a surpris car sur une guitare un peu pâteuse ou pour les amateurs de tranchant façon "cuter de cordonnier", ce boost médium-aigu a toute sa raison d'être. Son action est moins présente en canal saturé avec gros gain, mais il est là et c'est un "plus" niveau polyvalence. Autre surprise de taille : l'entrée -bright-. Perso j'adore ma Lespaul Studio (US) mais par rapport à ma Start' (Us itou) je regrette qu'avec beaucoup d'amplis, son micro manche ne perce pas assez le mix. C'est souvent le prob' avec les LP : un grain unique, mais pour sortir du mix faut monter trop fort en volume (du coup ça vient s'empêtrer avec la basse...) ou passer sur le micro chevalet. Or, cette entrée bright (d'ailleurs conseillées pour les Hambuckers dixit la doc Bugera) gomme complètement ce problème, sans pénaliser l'équilibre tonal de la gratte ni son caractère. Oh yes c'est encore un gros "+" .
Avant d'attaquer le canal saturé, quelques mots sur l'aptitude de ce canal clean à prendre la chaîne du pedalboard. Bah là encore : ça l'fait ! Et comme on peut pousser ce clean en restant droit, les distos l'adorent. Jv'ais pas m'étendre, mais comme je n'utilise pas le send-return quand je répèt sur d'autres amplis (pas le temps de patcher en 4 câbles,....compliqué) je peux les comparer dans cette config' : pédales distos & pédales de modulations sur l'entrée en façade. Et le Bugera s'en tire mieux qu' un Fender blues junior, qu'un Blackstar HT20. Au moins aussi bien qu'un Hot rod Deluxe pour donner des exemples connus. Ok, ... de temps en temps j'hérite d'un stack JCM 900 et là.... bon faut pas rêver non plus ! :clin:
Pour finir, attaquons le canal saturé. Si on a le temps et la,config' du pedalboard pour patcher en 4 câbles ça va évidemment servir. Là, je peux comprendre un peu mieux les critiques dans la mesure où ce n'est pas un rendu qui va ravir les amoureux du gros high-gain façon Rectifier. Mais attention, ça envoie quand même du bois... Disons que c'est plus dans l'esprit saturation vintage. Gain à donf', je la trouve tout de même excellente : charnue, consistante, bien tordue. Franchement c'est pas du Mesa ou du ENGL mais on n'est pas chez mémé non plus !
De plus, avec des bonnes pédales d'overdrive devant, ça peut déchirer.
Pour finir, encore deux trucs,: En clean pure et dure sur ma 330 de 1968 (je joue aussi jazz avec un ami zicos au clavier) le Bugera n'égale pas le Roland Jazz 120 que j'utilise avec lui. D'un autre côté, c'est une comparaison avec une référence du genre... mais attention, le Bugera n'est pas si loin... A l'opposé, en grosse saturation, on n'est pas chez Engl ni Mesa, ok, mais ce n'est pas non plus "largué" ou sans comparaison possible.
Enfin, contrairement à ce que pensais, le V55 est utilisable en appartement, même en mode pentode ! Je n'en vois pas l'intérêt dans mon 55 m2 vu son poids, son encombrement et sa puissance mais à volume faible raisonnable, toute sa palette passe en jouant sur Master, Volume et Gain. En situation normale, répèt et live (je parle sans reprise, of course), ne pas s'inquiéter pour le volume dispo, c'est jamais à fond même avec un bucheron aux drums : Ya ce qu'il faut ! . Bref, en dehors même de son prix, c'est un excellent ampli lampe de conception européenne, fabriqué en chine. Quant au budget... tout simplement ridicule vu les résultats et le plaisir qu'il procure.

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