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Le Pub

Le Pub de l'Amérique Latine

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Le Pub de l'Amérique Latine
Salut.
Si comme moi vous adorez ce continent, êtes fascinés par ses cultures, sa géographie. Son football, sa musique, sa littérature, sa politique actuelle ou passée. Que vous la connaissiez ou non, que vous l'aimiez ou la détestiez.
N'hésitez pas à poster, même si c'est pour en dire pis que pendre...
Venez nous faire partager vos expériences de voyage, du Rio Grande au Cap Horn, en passant par le Sertao brésilien ou les cordillères.
Des sierras mexicaines au canal de Panama. Le sujet est aussi vaste que ce continent, et peut être aussi passionnant.
Si ça vous chante d'y aller, il se trouvera bien un Afien pour vous filer quelques tuyaux...

Bienvenue.
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L'architecture de Tarabuco, la petite ville coloniale espagnole, basse, simple, fonctionnelle, le plan géométrique. Je me dirige vers l'hôtel. Une porte, une fenêtre. Une enseigne, hôtel-restaurant. J'entre. C'est tout en longueur, une salle à manger, au fond un minuscule comptoir. Une dame assez âgée, pas loin de 70 ans.
- Bonjour Madame, vous avez une chambre, avec douche ?
- Oui, vous restez combien de nuits ?
- Je pars dimanche, 2 nuits.
- Vous êtes le seul client, je vais vous donner la chambre sur la terrasse à l'arrière. La terrasse est un peu encombrée mais vous verrez, la chambre est tranquille, s'il y a du monde au restaurant vous n'entendrez rien.
Tout est vieillot, Madame, la déco, le mobilier. C'est aussi leur maison. Ça respire le charme et la gentillesse, la simplicité. A l'arrière, après ce qui semble être leur partie privée, une courette, un escalier. A l'étage une petite terrasse, encombrée, arrosoirs, pots de fleurs, linge qui sèche. A gauche, une porte, une fenêtre. Ma chambre. Parquet, lit, table, chaise. On peut pas faire plus simple. Propreté exquise.

Je suis sur mon lit. Je prends mon appareil photo:
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Je lis toujours Shi Nai An...
Madame m'a dit qu'elle faisait aussi restaurant, j'en profite. Je me mets en pension complète. Ça fait pas de réduc mais comme je me sens bien ici...
Une petite sieste puis je prends mes cliques et mes claques et vais me promener.

D'un strict point de vue touristico-touristique il n'y a rien à faire ou voir à Tarabuco en dehors du marché dominical. C'est pour ça que je suis venu un vendredi.
S'il n' y a rien à voir et faire c'est que c'est bien...
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  • sonicsnap
Je découvre Tarabuco.
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  • sonicsnap
Mon vendredi après midi et mon samedi sont consacrés à la découverte du village et de la campagne environnante.

1 L'ancienne voie ferrée Sucre-Tarabuco.
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A l'est du village, une colline boisée. Un chemin de terre monte au sommet. Je l'emprunte. Croise une grand-mère et sa petite fille adolescente. La môme à sa grand mère...
- Il est mignon lui.
Merci, c'est gentil, mademoiselle que je lui réponds...
La gamine gênée. La grand-mère:
- Je t'avais déjà dit faire attention, y'a des Gringos qui parlent espagnol...
- C'est pas grave c'était pour dire une gentillesse.
- Oui, mais faut faire attention quand même.
La môme savait pas où se foutre...

Je continue mon chemin vers le sommet de la colline. Un piaf. Genre rapace. J'ai décidé que c'était un condor. Je mets le téléobjectif, bouffe le tiers d'une péloche. C'était plutôt un aigle voire une buse... mais de belle taille. Sur le moment j'avais décidé que c'était un condor.

Du haut de la colline j'ai une belle vue sur le village, la campagne.

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Ces vendredi et samedi à Tarabuco furent de belles journées. Ça n'avait rien d'extraordinaire, juste des promenades. En fait, si, c'était extraordinaire, la preuve, je m'en rappelle parfaitement 27 ans après.
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  • sonicsnap
AS tu l'a peut-être dit (excuse moi si c'est le cas), mais j'ai la flemme de revenir en arrière: C'était à quelle période de l'année ton voyage? En fait, quelle était la saison, là bas? Dans l'ensemble, le temps a l'air plutôt clément quoique pas très chaud?
T'inquiète, je réponds avec plaisir à tes questions*. Mi-Mars à mi-Juin. Donc l'automne austral. D'où le début d'un temps pourri à l'entrée de la Patagonie, des journées tempérées avec des nuits très froides dans l'Atacama. Idem sur l'Altiplano. Ces régions, Atacama, Bolivie, nord de l'Argentine et Sud du Pérou sont à peu près au niveau du tropique du Capricorne.
*Edit, c'est valable pour tous ceux qui ont des questions... je répondrai avec plaisir, dans la limite de mes compétences.


Tarabuco... c'est une sorte de chef lieu de canton. De quoi y vit-on ? Sûrement pas mal d'agriculture. La région est fertile. Je viens d'aller vérifier, elle est située à 3200 mètres d'altitude. C'est étonnant, je n'ai aucun souvenir d'avoir manqué de souffle lors de mon escapade sur la colline. Donc ce gros village vivote, est un peu endormi. Les diverses administrations offrent quelques emplois. Ça ne sent pas la richesse mais pas non plus l'extrême pauvreté urbaine. La Bolivie métisse et Aymara ou Quechua. C'est tranquille.
2 jours de promenade au hasard.
Le soir je dine au resto de l'hôtel. De temps en temps un client passe prendre un pot, la pluie et le beau temps...
Je discute avec madame, son mari arrive.
J'ai quelques souvenirs de ces moments.
Le frère de l'un des deux est artiste peintre en région parisienne, il habite vers la Défense. Alors il y a 2 ans ils sont allés à Paris. Le voyage de leur vie.
Ils en parlaient avec des étoiles dans les yeux. Je me rappelle encore l'expression de Madame pour décrire Paris.
- Que maravilla.
Quelle merveille. Elle m'a énoncé tous les monuments de Paris visités. Le classique touristique.
Monsieur était le médecin de la ville. Il est retraité.
Il passe une partie de son temps libre à explorer la région à la recherche d'artefacts précolombiens. Dans une petite vitrine à l'arrière du resto, ses trouvailles. Des tessons de poterie, des statuettes, des outils. L'archéologue amateur. Il est en contact avec les services archéologiques de la région. S'il trouve une pièce intéressante, direction les réserves ou le musée de la région. Il est très fier de sa petite collection.
Ils sont charmants. voilà comment se passent mes 2 diners dans cet hôtel... 2 jours à Tarabuco en dehors du marché dominical.
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  • sonicsnap
Dimanche matin. Je me réveille, descend vers le resto. La foule. Madame a installé des tables et chaises sur la Plaza de Armas. C'est plein de touristes. Des jeunes routards, des vieux en voyage organisé... Et des locaux venus de leurs hameaux et villages environnants vendre le produit de leurs récoltes. D'autres sont devenus vendeurs de babiole touristiques à la con. Le choc.
Madame me sert le petit dej' à l'intérieur du resto. Elle est affairée Madame... Monsieur est mis à contribution.
3 petits dej' pour la 2, 4 cocas et une bière pour la 6.
Quant à moi, je me sens un peu plus privilégié... Je sens Madame plus attentive.
- Que voulez-vous déjeuner, Gringo ?
- Comme hier. Le complet quoi.
- Un petit dej' pour notre hôte.
Je suis toujours chouchouté, les autres c'est la cash machine...
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  • sonicsnap
Les femmes sont en tenue traditionnelle. Comme un peu partout dans l'Amérique Latine beaucoup de chapeaux melon, d'autres portent des galures rappelant les casques des conquistadores, en feutre, heureusement pas en fer...
Des camions à plateaux et ridelles. Chaque hameau ou village en loue un pour amener sa marchandise. Certains sont venus avec les ânes.
Pour vous faire une idée de ce qu'était le marché en ce jour, imaginez le marché de Belleville où on trouverait autant de fruits et légumes que de tours Eiffel en plastique et de T-Shirts logotés I Love Paris avec des hordes de touristes instagrameurs au milieu des habitués.

Je me promène vaguement. Ça m'emmerde ces hordes touristiques. Je ne regrette pas d'être venu le vendredi. Je file sur ma colline voir les coulisses, je suis mieux là haut loin de la foule. Je fais quelques photos au 400mm. J'ai même pas l'inspiration...

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Je retourne en ville déjeuner. Le resto est plein. Madame me dorlote toujours... c'est pas le cas des autres touristes. Eux c'est aboulez l'oseille. Normal, ils font leur beurre 1 jour par semaine. Je suis attablé dehors, une longue table, entouré de touristes. Comme Madame m'appelle par mon prénom, la question logique.
- Vous vivez ici ?
- Non. Je suis arrivé vendredi pour profiter du village.
- Ah ? Y'a quoi à faire ou voir en dehors du marché ?
- Se promener dans la campagne.
J'ai pas poursuivi le sujet... Là, au milieu de ce marché local parmi mes congénères touristes Gringos, je me sens colonisateur, voyeur. Je ne suis pas à l'aise.
Une sale impression de se trimballer dans un zoo humain.
Les touristes négocient à mort la moindre babiole, pour certaines des monstruosités. Du textile, genre que ça représente le Grand Inca Pachacutec matant de son regard perçant le Macchu Pichu au coucher de soleil. Vous voyez ? Le même style que les T-shirts Johnny Hallyday avec le loup hurlant à la mont devant les Rocheuses ou le pygargue à tête blanche, avec le regard méchant, en plein vol, toujours au dessus des Rocheuses... Quand on sait que les civilisations précolombiennes étaient les championnes du textile. Je suis assis sur un banc de la Plaza de Armas. Je mate tout ça, je suis atterré.
Je fais quelques rares photos, je suis presque honteux de les faire...
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  • sonicsnap
Un gringo, la soixantaine bien tassée, matos photo de "pro", objectif mahousse, du genre qu'on utilise pour la photo animalière. Il se plante devant les femmes Quechuas, à 1 mètre, et les photographie. Pas bonjour, rien. Il ne leur demande pas leur avis. Les femmes le voyant arriver dissimulent leurs visages. Au bout de 10 minutes quelques hommes du coin vont le voir, en colère, et lui font comprendre qu'il a intérêt à ranger son matos sans quoi il risque de se faire lyncher.
De ce que je comprends cet abruti leur dit qu'il n'a pas fait une seule photo... Il prend les locaux pour des cons mais finit par comprendre et range son appareil. Pour ma part, tellement honteux, il y a belle lurette que j'e l'ai rangé...
Voilà Tarabuco, l'un des plus beaux marchés d'Amérique Latine... Parait-il.

J'ai fait très peu de photos...
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2. On vend ses carottes ou son maïs et on achète un balai, une bassine, du riz...
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Il est 14 ou 15h, le marché se finit. Je vais récupérer mon sac et dire au revoir à mes hôtes. Hormis le marché j'ai adoré Tarabuco. C'était tranquille, reposant. Je me suis fait dorloter. J'ai été l'attraction, seul Gringo à y aller en semaine... Je trouve un bus pour Sucre. A bord quasi que des touristes, si contents d'avoir vécu, vu, et senti du typique, fait des achats qui vont ravir les amis et la famille...
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  • sonicsnap
Revenons en arrière. Lorsque j'étais à Sucre avant mon départ pour Tarabuco je voyais un monsieur sans âge porter et essayer de vendre aux quelques touristes des babioles, souvenirs à la con, "typiques"... Il allait vers chaque touriste en proposant sa camelote, je le voyais encore à la tombée de la nuit.
Je l'ai revu à Tarabuco. Il ne vendait rien. Il est monté dans le bus qui retournait à Sucre. Il a négocié le billet avec le chauffeur et aussitôt a tenté de vendre une fois de plus ses babioles. En vain. Il avait parmi ses babioles un Charango, petite guitare des Andes, dont la caisse était une carapace de tatou. Personne ne lui avait dit qu'il n'avait aucune chance de le vendre... le tatou des Andes est protégé, se faire choper à la douane avec au retour c'est la garantie de se le faire confisquer et de payer une amende sévère...
J'ai revu ce monsieur à Sucre juste après notre arrivée, sur la Plaza de Armas.
Parfois la misère nous revient en pleine gueule... Là je l'ai prise comme un uppercut cette misère. Pourquoi cette fois là, pourquoi ce monsieur, je ne sais pas.
Il émanait de lui un tel désarroi, un tel désespoir, une tristesse... La résignation absolue.
Et là j'ai été très con... je regrette encore de ne lui avoir rien acheté. Une copie de merdouille précolombienne, très moche... Un bracelet en laine à 3 francs 6 sous. Bref, lui filer de quoi bouffer sans lui faire l'aumône.
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  • sonicsnap
Pour les Parigots ou ceux qui passeraient par Paris, cette expo à la Fondation Cartier Bresson.
Susan Meiselas. Photographe, le Nicaragua. Son bouquin de photos sur la révolution Sandiniste est remarquable.
https://www.henricartierbresson.org/actualites/susan-meiselas-nicaragua-histoire-memoire/
Je quitte Sucre pour La Paz en avion... Un Boeing 727 de la Lloyd Aero Boliviano... Les contrôles douaniers sommaires, l'avion sur le tarmac. J'ai encore cette image en tête, il est tôt, il fait frisquet.
La Paz. Je n'ai jamais su pourquoi mais c'était pour moi une ville mythique. Une métropole à 4000 mètres d'altitude. Il faut imaginer un fer à cheval. Le fer à cheval en lui même est le haut de la ville, sur l'Altiplano. S'y trouvent l'aéroport et ce qui est devenue une ville indépendante de la capitale, au départ une simple banlieue informelle, El Alto. Au nord du fer à cheval, plus loin, un autre mythe, le lac Titicaca. A l'intérieur du fer à cheval, ça descend abrupt. Au milieu de l'intérieur du fer, La Paz, toujours en descente. Plus on descend plus c'est riche. Au pied de l'Altiplano une litanie de maisons de briques brutes et de broc. Au fond, vers le bas des mini gratte ciels. On aperçoit le stade national. Stade Hernan Siles Zuazo. Président de gauche des années 80 qui a renvoyé un certain Klaus Barbie en France.
Je descends de l'avion, heureusement je suis déjà accoutumé à l'altitude... L'avion est pressurisé à 2300 mètres, les portes ouvertes c'est directement 4000.
La fourgonnette Toyota transformée en minibus, c'est parti. On descend le long du fer à cheval. Une vue plongeante sur toute la ville. Au loin, vers le sud, qui domine l'Altiplano, l'Illimani. Une grosse montagne enneigée, 6400 mètres d'altitude.
Pour une fois je me sers de Lonely Planet et du Routard. Pour trouver l'hôtel. J'ai jeté mon dévolu sur l'hôtel Alem, Calle Sagarnaga. Quelques touristes m'en ont dit du bien, pas cher, dans un quartier tranquille et populaire, dans le centre historique.
Il part de l'église San Francisco, le coeur historique. La Calle Sagarnaga a oublié de garder son architecture coloniale. De petits immeubles, pas très chics, des échoppes de tout et n'importe quoi, des restos, des magasins de fringues, tout en lama, Alpaga, des polaires... 27 ans après je me revois encore grimper la rue pour rejoindre l'hôtel, mon sac à dos est lourd mais je suis aux anges.
La Paz faisait partie des endroits que je voulais absolument voir. Il y en a tellement, des milliers.
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  • sonicsnap
Je visite la Paz au hasard. Je ne prends pas de guide. Je marche, sans but. J'ai sûrement raté beaucoup de trucs touristiques, de musées. J'avais juste envie de flâner. Sans d'autre but que de découvrir la ville...
Je commence par descendre, les quartiers plus riches, le centre économique. Une longue avenue. Avenida Mariscal Santa Cruz. Je pose mes pellicules à la DHL. J'en ai déjà parlé. La boutique de Freddy le photographe. Un tour au centre culturel français. C'est grand, cossu. Je m'installe. J'emprunte l'édition hebdomadaire du Monde. Cette édition était réservée aux étudiants et expatriés, introuvable en France en librairie. Sur abonnement. Je rappelle qu'on est avant internet... 1999. Je prends connaissance de l'actualité. Ça finit par m'emmerder ces quartiers chics, je remonte.
Ce qui me surprend le plus c'est la population. Sur les trottoirs on croise aussi bien des femmes Quechua ou Aymara en tenue dite traditionnelle, c'est à dire leur tenue de tous les jours, que des biznessmen en costard sombre. Ces femmes vendent sur de petits étals les habituelles confiseries, babioles etc etc.
Je remonte vers la Plaza San Francisco pour me perdre dans les rues.

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  • sonicsnap
Les photos qui suivent n'ont aucun intérêt "artistique"... Je les ai faites juste pour me souvenir.
Je suis revenu à La Paz en 2003, ces photos sont celles de ces 2 promenades.

La Paz. Nuestra Señora de La Paz de son vrai nom...

1. Au fond l'Illimani et ses 6400 mètres d'altitude.
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3. En haut, El Alto.
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4. L'ancienne gare ferroviaire devenue gare routière.
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5. Certains connaissent mon goût immodéré pour tout ce qui est fils et poteaux...
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7. Toujours l'Illimani au fond.
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9. Peut être la Calle Sagarnaga. Si c'est pas elle, elle ressemble à ça.
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14. Direction Coroico. J'y reviendrai.
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15. D'un strict point de vue photographique, ma photo préférée de La Paz.
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Voilà... La Paz telle que je l'ai vue.
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  • sonicsnap
Quelques souvenirs épars de mes promenades dans La Paz.
2003. A la tombée de la nuit je remonte l'Avenida Mariscal Santa Cruz. Je marche sur le terre plein central, piétonnier. Il fait froid. Un gamin vient vers moi. Son visage est recouvert d'une cagoule. 10 ans, 12 ans à tout casser, si j'en juge par sa voix et sa taille.
- Shoeshine, Gringo ?
- No, gracias, Chico. Mis zapatos están limpios...
- No, sucios, Gringo. Pero, porque Chico ? Soy una chica...
Traduction.
- Je cire tes chaussures, Gringo ?
- Non merci, bonhomme, elles sont propres.
Ce qui était un vrai baratin, elles étaient crades comme pouvaient l'être des pompes de marche au bout de 2 mois de voyage...
- Non, elles sont sales. Et pourquoi tu m'appelles gamin ? Je suis une gamine.

Comment pouvais-je le savoir... il fait presque nuit, elle porte une cagoule. Sa voix était espiègle. Il y avait du sourire dans sa voix. Je l'ai trouvée merveilleuse cette gamine. Déçue que je ne veuille pas qu'elle me cire les pompes. J'ai sorti un billet, tiens, c'est cadeau. Elle était surprise. Mais j'ai rien ciré. Pas grave.
Cette gamine est mon plus beau souvenir de La Paz. C'est pourtant pas joyeux une gamine qui cire des pompes à la nuit tombée pour se payer à bouffer ou des stylos et des cahiers. Dans sa misère il y avait une telle espièglerie dans la façon dont elle a dit " Soy una Chica"...
Inoubliable Chica.
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  • sonicsnap
Sonic, belle non. Je dirais plutôt surprenante. Elle a un charme certain.
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  • sonicsnap
1999
J'en ai pas fini avec mes tours d'Altiplano. Je suis un peu limite en fringues chaudes. Calle Sagarnaga je vais dans un magasin de fringues à touristes en sac à dos. J'achète une grosse polaire. Marron. Quelques chaussettes en laine de lama ou alpaga. Sauf qu'à ce prix là, quelques Bolivianos, elles étaient brutes. J'ai chaud aux pieds mais ça gratte bien.
2003
Midi. Il me reste quelques heures à passer en ville. Je prends le bus de nuit pour Uyuni. Je trouve un resto populaire pour employés de bureau. Menu à quelques bolivianos. C'est plutôt bon, bonne ambiance. Je vais aux chiottes. Je sais que je ne pourrai pas chier dans le bus et que les chiottes aux éventuels arrêts seront immondes au delà du possible. Un tour aux chiottes... ils sont d'une propreté digne d'une salle d'opération. Faut chier, absolument. Des chiottes propres comme, ce sera pas avant demain matin voire demain midi. J'ai réussi. J'ai chié. Bonne bouffe, pas chère, resto sympa, bon caca.
Me voilà prêt pour une nuit de bus... Je ne suis pas retourné à La Paz depuis cette fois.
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  • sonicsnap
Un tour à la Lloyd Aero Boliviano, je prends mon ticket pour Salta, en Argentine, via Santa Cruz de la Sierra. Salta c'est le Tren a las Nubes...
Décollage le jeudi matin. Je suis resté 4 jours à La Paz. J'ai laissé une partie de mes affaires à l'hôtel et déjà réservé une chambre pour mon retour dans une petite semaine. Le minibus Toyota, la montée vers El Alto. L'aéroport est vieillot. Ce n'est pas le principal aéroport de Bolivie. La Paz n'est pas la capitale économique, c'est Santa Cruz, dans les plaines. Du gaz, du pétrole...
Salta, Nord-Ouest de l'Argentine. L'aéroport. Contrôle douanier. La douanière, aussi malaimable et baraquée qu'un douanier texan me demande :
- Vous trimbalez des cailloux dans votre bagage à main ? Ouvrez-le.
- Non, m'dame, des appareils photos et leurs objectifs.
- Passez.
Intérieurement je la traite de pouffiasse. Connasse. Fliquette de merde.
Le taxi. Chouette, une 504 Peugeot. Modèle argentin avec des pare chocs en plastique noirs... Une 504 modernisée à la sauce latino-américaine... Ça l'enlaidit bien mais me rajeunit.
L'hôtel. Une cour tout en longueur. Des bâtiments de plein pied, du parpaing brut, des toits en tôle ondulée. Sommaire. Mais avec un dollar au plus haut et un peso indexé sur le dollar ça me coûte une blinde...
Je n'ai pas l'adresse de la gare. Je vois l'office du tourisme, me rencarde. Ils ne savent pas. Tout juste on me dit, allez vers l'ouest en suivant l'avenue du Général Grosseburnos, par là il doit y avoir une gare. Quelques kilomètres à pied et me voilà devant une gare. Personne. Je finis par trouver un cheminot, il me rencarde. Le train pour Socompa part demain, le guichet ouvre à 6 heures. J'y serai... Retour au centre ville. Resto un peu chicos à m'envoyer un énorme morceau de bidoche, Bif de Chorizo qu'il s'appelait, une demie bouteille de Martini Bianco et enfin un vrai expresso.

La suite au post 1150...

Le retour à Salta. Je reste une nuit en auberge de jeunesse. La ville est en effervescence. Y'a match de foot. Boca Junior contre River Plate. C'est comme Barça-Real ou OM-PSG mais à la puissance 1000. L'Argentine s'arrête. Les bistrots sont bondés. Certains ont fermé les grilles, les clients enfermés à l'intérieur, ceux qui veulent voit le match sont agrippés aux grilles.
Benoît, le français qui était avec moi dans le train, m'explique ce qu'est un Boca-River. La folie.
2 clubs de Buenos Aires. L'un Boca Junior est le club du prolétariat, il tire son nom du quartier portuaire de la Boca. L'autre, River, est appelé Los Milionarios On est supporter de l'un ou de l'autre de générations en générations... Je ne sais même pas s'il y a ne serait-ce qu'un seul joueur qui ait joué pour l'un et l'autre.
Quand il a quitté son job dans les vignes argentines, Benoît s'est vu offrir par ses collègues un maillot officiel de Boca Junior. Pas un truc au rabais, pâle copie achetée sur un marché à la con. non, le vrai maillot acheté dans une boutique officielle... Le cadeau ultime.
Lundi matin, je pars pour un village dont j'ai oublié le nom à quelques heures de route de Salta. Joli trajet. Géologie, couleurs... Un village niché au pied de la Cordillère. Je m'y promène. Ne fais même pas de photos. C'était paisible.
Je reprends l'avion pour La Paz mercredi après midi. Escale à Santa Cruz. On nous fait sortir de l'avion. Interdiction d'y retourner... Problème technique. Depuis le hall d'embarquement on aperçoit le pilote avec sa lampe de poche venu récupérer ses affaires. On attend un autre avion dépêché à Santa Cruz. Arrivée à La Paz. Il est tard, 22 heures.
Une tripotée de chauffeurs de taxis dans l'aérogare... Il est tard, Gringo, taxi ? Y'a plus de bus pour La Paz.
Si messieurs, juste dehors. Bonne nuit.
Minibus, descente vers la Plaza SanFrancisco, remontée de la Calle Sagarnaga, Hôtel Alem. Un petit resto, du "consome de pollo con verdura y papas" autrement dit du bouillon avec un morceau de poulet et quelques morceaux de pommes de terre et légumes. Avec le plat du jour, très souvent des pommes de terre et des légumes.

Demain départ pour Coroico dans le piémont andin. En empruntant la route de la mort. C'est son charmant petit surnom.
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  • sonicsnap