Farfisa soundmaker
+
Farfisa soundmaker

soundmaker, Orgue de la marque Farfisa.

Comparateur de prix
Petites annonces
tuchap 01/08/2018

Farfisa soundmaker : l'avis de tuchap

« Un excellent clavier méconnu et sous-estimé »
4

  • J'aime
  • Tweet
  • Partager
  • Mail
Rapport qualité/prix : Correct Cible : Les utilisateurs avertis
Outre son look surprenant et très 70's, et bien qu'étant à la base à preset, ce clavier (100% analogique) surprend par ses possibilités cachées et mal mises en valeur. Il est à tord classé dans la catégorie "orgues", ce n'en est pas un. Il pourrait s'apparenter à un ARP Pro Soloist, mais avec le coté polyphonique en plus, et infiniment plus de fonctionalités... D'ou le coté sous-estimé, si l'on considère la différence de prix (due au coté "américain" de l'ARP et au fait qu'il ait été utilisé par quelques sommités...).
Il y a de plus quelques petits pièges à prendre en compte, qui peuvent laisser penser que l'instrument fonctionne mal pour des utilisateurs peu avertis.

Le clavier dispose de 3 sections: mono, poly et strings (jouables simultanément). Les sections poly et strings sont générées suivant le principe des diviseurs de fréquence, classique dans les claviers italiens. La section mono dispose d'un générateur de dent de scie et de pulse indépendant des diviseurs, et s'apparente à un DCO.

La section Mono comprend les presets des instruments classiques (vents plus violon et accordéon) plus un son de basse (pas mal) et de guitare électrique (pluck sound peu convaincant). Les réglages preset ne concernent que la fréquence et la résonance du VCF (filtre résonnant assez efficace, la résonance peut être ajustée en interne), en plus des réglages d'enveloppe. Par contre il est essentiel de bien régler les sliders ADSR qui restent manuels. Le son du preset est complètement différent suivant ces réglages on peut même ne plus avoir de son du tout si ce réglage est à 0 ce qui peut laisser penser à une panne. La fonction FREE permet de retrouver les réglages manuels du VCF et de l'enveloppe, ce qui autorise des bidouilles intéressantes.

La section Poly comprend les claviers (piano, clavecin, honky tonk) plus des brass qui sonnent plutôt bien. On trouve également les strings sur 2 registres. Les strings ne sont pas les meilleurs que l'ont puisse avoir mais ils font le job.

Terminons par les trésors cachés du Soundmaker: d'abord l'aftertouch, qui est purement optico-mécanique (ouverture d'un écran devant une ampoule lorsque l'on appuie sur le clavier). Cet aftertouch peut être dirigé vers plusieurs sources de modulation (cumulables) essentiellement vers la section MONO (LFO, brillance, glide) mais aussi vers la brillance des brass. Ensuite le LFO (trompeusement appelé Oscillator), qui peut être actif seulement sur certaines parties de l’enveloppe (attaque, release ou global), cette fonctionnalité n'est pas courante et fort intéressante au niveau expressivité. Enfin la cerise sur le gâteau, l'entrée instrument externe, qui non seulement peut être modifiée par les VCF et VCA, mais peut aussi déclencher l'enveloppe.

Signalons que l'on peut également faire transiter le signal poly à travers les VCF/VCA en position FREE (mixé avec le signal direct), ce qui permet des effets étonnants, associé avec les modulations. Il y a également une fonction de partage du clavier, poly à gauche, mono à droite (Split Keyboard).

La pédale est à double action (volume et sustain sur les preset piano/clavecin).

La fabrication est très bonne, le câblage magnifique, c'est du solide. A noter la présence d'un très grand nombre de condensateurs tantales qui peuvent poser des problèmes. Une majorité des composants sont des classiques et encore disponibles.

En conclusion, un clavier peu courant et bourrés d'astuces (malgré son coté clavier à preset souffrant à tord de préjugés injustifiés), et qui peut sonner magnifiquement si on se donne la peine de bien comprendre les réglages.