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Erica Synths SYNTRX
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Erica Synths SYNTRX

Synthétiseur analogique en rack de la marque Erica Synths

Prix public : 2 500 € HT
synoptik synoptik

« Un laboratoire de synthèse  »

Publié le 16/03/22 à 16:16
Rapport qualité/prix : Excellent
Cible : Les utilisateurs avertis
Après à peine deux ans de service le Syntrx tire déjà sa révérence, en partie victime d’un contexte compliqué pour une petite entreprise.
Annoncé comme une série limité et face au succès des pré commandes Erica Synth prit la décision de se lancer dans une série pour le coup un peu moins limitée, soit 1156 unités produites et à l’heure actuel il en resterait moins d’une centaine.

Le Syntrx est donc mon premier synthé Erica Synth, leur réputation solide dans le monde du modulaire m’a mis en confiance pour pré commander début juin 2020 ce cousin éloigné du synthi au prix de 2500 € ht. Il faut dire que les alternatives en therme de Synthé à matrice ne courent pas les rues, entre le synthi au prix stratosphérique, le Portabella de chez Pin Electronics moins chère que son ancêtre mais tout de même près de trois fois plus chère que le Syntrx et une annonce récente parmi tant d’autres d’un clone du VCS3 chez Beringer … ce Syntrx me semblait donc être le bon candidat.
A noter qu’il y a aussi le Vostok d’Analogue Solutions mais on s’éloigne un peu et le prix double au passage soit 4810 € ht.

Au déballage du packaging soigné, nous trouvons un manuel aux dimensions démesurées décrivant les différents modules, le principe de fonctionnement de la matrice ainsi que quelques exemples basiques de patch et c’est sous une dizaine de feuillets de patch vierge que le Syntrx apparaît.
Le moins que l’on puisse dire c’est que ce Syntrx a de la gueule et que la qualité de fabrication est au rendez vous ! On le croirait tout droit sorti d’un film de SF des 60´s.
Boîtier métal, laquage + vernis, les potards tout comme les switchs sont solidement fixés et semblent indémontables, les connectiques situées à l’arrière et même l’entrée pour l’alimentation sont du même ordre. Le joystick est précis, n’a aucun jeux et tient en place qu’elle que soit sa position, tous semble taillé pour durer !

Bon je l’allume et commence à me familiariser avec la matrice qui me semble au premier abord plutôt ergonomique, on se déplace facilement et très rapidement sur les axes horizontaux et verticaux. Je raccorde quelques modules entre eux, test différents routing et connections… le moins que l’on puisse dire c’est que ça fonctionne très bien et là je prends conscience du potentiel de cette matrice et de sa prise en main façon Etch A Sketch. L’ergonomie associé à la matrice directement empruntée au cultissime Synthi est un modèle du genre, à noter qu’Erica Synth ont inclus quelques un des mods que l’on trouve sur le Synthi. La ressemblance s’arrête là et comme ils le soulignent dans leur com’ toute la partie interne est belle et bien original et développé en collaboration avec des ingénieurs de l'Université technique de Riga.

Synthé analogique soustractif comprenant trois VCO , un filtre passe bas, un noise, un sample & hold, un ring modulator, une vraie reverb à ressort, une enveloppe AD/ASR de type trapézoïdale, un joystick accompagné d’un petit switch servant au déclenchement de l’enveloppe et le centre de contrôle de tout ceci la matrice 16/16. Chacune des sorties dispose d’une section de filtrage, d’un réglage de volume et de panoramique, elles peuvent être utilisées/traitées comme deux sorties mono ou une stéréo. Tout ces modules peuvent ressortir au travers d’une une paire de petits HP, ces derniers font le job et peuvent avec la reverb entrer en rétroaction (et entre autre générer une nouvelle source sonore voir de modulation). Un vu mètre est également présent, assignable dans la matrice pouvant servir au contrôle (audio et CV) des sorties, des entrées mais également de n’importe quel module. Côté connections on a le droit à deux entrées CV, une entrée Gate, du Midi in/out, deux entrées et sorties, une sortie casque et l’entrée pour l’alimentation.

Le centre de contrôle de l’ensemble est la Matrice numérique 16x16. Sur l'axe vertical se trouvent les sources et sur l'axe horizontal les destinations (j’aurais aimé avoir les différentes formes d’ondes des trois OSC en tant que sources individuelles mais c’est quand même le cas pour l’OSC 3.
Elle fonctionne donc grâce à deux encodeurs vous permettant de vous déplacer au travers des différents points de patch, l'encodeur droit permet les déplacements horizontaux et la validation des points de patchs. L’encodeur gauche permet quand à lui les déplacements verticaux mais également d'atténuer vos points de patchs, passant de 100 %, 70 % à 30 % (une différence de luminosité de la led permet de se situer visuellement). Une fonction empruntée aux utilisateurs de pin :clin: permet en maintenant le bouton Shift et en cliquant sur l'encodeur droit d’établir une connexion momentanée jusqu’au relâchement de ce dernier.
Dans l’absolue la matrice permet d’assigner jusqu’à 16 signaux à un modules et inversement d’assigner/diviser un signal à 16 destinations (sans perte d’intensité, la matrice étant bufferiser) et c’est là à mon sens la grande force du Syntrx, ce côté expérimentation sans limites.

Cette matrice est analogique mais contrôlée numériquement et a l’avantage de pouvoir stocker jusqu’à 254 Patchs, mais juste les points de patch ! La position des différents potards n’est pas convertie en valeurs numériques pour le stockage et le prix aurait certainement explosé avec ce genre d’option. Cela permet quand même de sauvegarder vos patchs de base comme par exemple un classique OSC>Filtres>Env. ou un autre pour les traitements externes Input>Ring Mod/VCO>Reverb en tant que point de départ pour les faire évoluer si besoin et de les rappeler en un clic. Vous pouvez bien sûr stocker le gros patch de la mort qui tue mais dans ce cas photo ou feuille de patch vierge seront nécessaires puisque pas de rappel de la positions des potards et le moindre petit mouvement de ces derniers pouvant littéralement changer la donne il est préférable de mémoriser leur emplacement. On peut également passer d’un patch à l’autre d’un simple clic, pratique et parfois surprenant !
A noter que si vous éteignez le Syntrx sans avoir sauvegardé votre patch en cour vous le retrouverez à l’allumage.

Dans cette configuration les possibilité d’interconnection de la matrice sont énormes et la lecture de l’ensemble est on ne peut plus clair, on est loin du fouillis de câbles d’un modulaire classique mais en contrepartie on travail dans un environnement fixe et non évolutif mais je pense que sa force est justement là, les limites poussent à la créativité. C’est une véritable ouverture à la recherche, à l’expérimentation et en associant la matrice au joystick les choses deviennent complètement folles !
Le son devient une sorte de matière physique, palpable et modifiable sur autant de paramètres que l’on veut et du bout des doigts !

Même avec de bonnes bases en synthèse, il faudra tout de même comprendre le principe du routing à travers la matrice, la connaissance de chaque module, leurs interactions, pour vraiment entrer dans les entrailles du Syntrx.
Excellente initiative, Erica Synth et Andris Indāns proposent à cette adresse un ensemble d’exemples de patchs bien utiles pour comprendre tout ça https://garage.ericasynths.lv/articles/syntrx-patch-notes/,
j’ai compilé la totalité des patch (une cinquantaine) dans un fichier PDF dispo ici https://medias.audiofanzine.com/files/syntrx-patch-notes-484127.pdf
On peut également échanger ou discuter patch ici https://fr.audiofanzine.com/rack-analogique/erica-synths/syntrx/forums/t.728205,syntrx-patch-notes.html .

Les trois oscillateurs du Syntrx utilisent des cadrans à vernier, pratique pour se balader sur la totalité de plage d’utilisation (8 octaves) sans passer par un sélecteur supplémentaire . Allant des classiques sinusoïdales, dent de scie, square ou triangle, chacune propose son propre contrôle de niveau. L’OSC1 dispose d’un sélecteur d’octave à trois positions, l’OSC2 d’un switch permettant la Synchro à l’oscillateur 1 et le 3ème quand à lui peut fonctionner en mode libre et utilisable en tant que LFO.
Un noise également présent dispose de deux potards permettant de jouer sur la couleur et le niveau.
Les deux entrées audio proposent un contrôle de gain et un sélecteur d’entrée micro/ligne, elles font parties des entrées de la matrice et peuvent pour le coup passer par ou moduler n’importe quel section du synthé disponible sur la matrice.
A noter que ces deux entrées audio ont été sur mon Syntrx modifiées pour accepter et router des signaux CV dans la matrice, merci Erica Synth !
Le Sample & Hold propose un réglage sur le rate, un autre sur l’amplitude et deux commutateurs. Le premier permet de choisir l’entrée comme le VCO3 ou le noise et le deuxième le signal qui sera envoyé à la matrice, le VCO3, S&H ou un mix des deux. A noter qu’il partage la ligne 6 de la matrice avec le VCO3.

Les VCO sont généreux , un léger désaccordage leur permet de dégager cette altération si agréable surtout si l’on joue avec leur entrée dans le filtre et ce dernier ! Chacune des ondes pouvent aller de la finesse à la saturation mais également jusqu’à la déstructuration en jouant avec la cross modulation entre les VCO, le joystick pouvant encore une fois pousser le jeux très loin.
Le filtre est bien sûr capable d’entrer en auto oscillation mais cette dernière s’estompe au fur et à mesure que l’on y entre les oscillos pour laisser place à un filtre plus crunchy, distordu. Dommage qu’il ne suive pas le clavier 1 V./Oct.
Le Ring Mod est excellent, allant du simple trémolo aux sons métalliques dans une utilisation classique, la matrice offre tout un tas de possibilités supplémentaires comme celle par exemple d’y traiter un signal externe.

L’enveloppe trapézoïdale contient deux modes AD et ASR, elle est composé de quatre sections (Attack, On, Decay et Off) et peut être déclenché par une note MIDI, CV/Gate ou par le bouton Attack à côté du joystick mais également et c’est là je trouve tout l’intérêt se (re)déclencher automatiquement, créant une enveloppe en boucle. Allant de loop mélodiques à déstructurées, les possibilités sont vastes surtout si l’ont y associe le joystick sur quelques paramètres.
Cette enveloppe peut aussi servir de modulation et pour le coup de LFO customisable, le potentiomètre Trapézoïdal permettant de jouer sur l’amplitude.

Bon point pour le Syntrx qui devient paraphonique en utilisant les entrées CV/Gate, l’entrée CV1 contrôlant l’OSC1 et l’entrée CV2 l’OSC2, il faudra par contre se débrouiller avec la seule et unique enveloppe. Néanmoins chacun des deux OSC peuvent être router indépendamment à travers les sorties 1 et 2, chacune bénéficiant de son propre réglage de volume, d’un panoramique et d’un filtre de sortie.
J’utilise ces entrées CV/Gate avec différents claviers séquenceurs comme un Korg SQ1 , un keystep ou le combo OP1/Oplab qui regorge de séquenceurs plutôt fun et parfaitement adapté à ce genre de synthé.
La MPC Live 2 est également un excellent compagnon pour le Syntrx avec ses sorties midi, CV/Gate et deux entrées audio qui permettent de séquencer et traiter indépendant les deux OSC au travers des bus de fx au routing puissant et flexible !
Le Syntrx peut également être contrôlé via deux CC MIDI. Les n° 20/21 sont assignés par défaut et peuvent être modifiés par une procédure MIDI.
Le premier CC correspond au mouvement X du joystick, le second au mouvement Y et tout est directement assignable dans la matrice.

Ce qui est sûr c’est que ce synthé ne répondra pas à toutes les attentes et ne correspondra pas à tous le monde ! D’une part parce que la matrice et approche modulaire rendra le travail un peu plus long qu’avec un mono classique et que son terrain de jeu vous emmènera dans de l’expérimental, la recherche, dans quelques chose d’aléatoire/d’imprévu, ouvrant un vrai terrain d’exploration ou le moindre petit mouvement de valeur peut vous retourner un patch... mais d’autre part parce que son tarif élevé n’est pas des plus accessible. Mais attention le Syntrx ne se cantonne pas aux blips, bloop, bam et autres fx et peut comme tout synthé soustractif jouer de la basse, napes ou du lead, l’implantation midi et CV/Gate comme la tenue sur les huit octave sont bel et bien là pour aller dans ce sens, mais pour le coup d’autres le feront pour moins chère.
Cependant aucune video, ni même avis ou test ne pourront à mon sens retranscrire ce qu’il est possible de faire et de ressentir avec ce synthé, son côté vivant, cette manière de construire un son, cette approche bac à sable... un synthé un restera à coup sûr dans mon set !