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ArcheoMane ArcheoMane

« Le MiniMoog de la Perestroika  »

Publié le 07/01/26 à 12:18
Rapport qualité/prix : Excellent
Cible : Les utilisateurs avertis
Récupéré en panne, il y a deux ans, l'expérience avec l'Aelita a commencé les mains dans le cambouis et des galères pour recapper ce synthé de l'ère soviétique Brejnev - circuit tout et composants écrit en russe... Apres échange avec quelques personnes russophones, on a réussi à faire revenir à la vie cette petite bête assez incroyable.

Pour résumer la chose, l'Aelita est le MiniMoog du soviétique 80. Le synthé est sorti vers 1982 - mais les russes avaient pas mal d'années de retard - on se retrouve donc finalement avec une architecture Monosynth analogique à VCO discrets avec un path à 3 VCO(s) analogiques réels 1 VCF résonant 1 VCA 1 Enveloppe simples + Mode unison.

Chaque note est générée, pas divisée (certains forums parlait de division d'octave à son propos, et bien après balade sous le capot, on peut confirmer que rien de tout ca)... On est donc fonctionnellement bien dans une architecture classique inspirée du Mini. Mais attention à ne pas s'y méprendre, il ne s'agit pas d'un clone ou d'un Moog like. Les points communs avec un Moog concerne la synthèse soustractive classique (path 3 VCO → VCF → VCA) un son épais, riche en harmoniques et résonance auto-oscillante possible. Mais philosophiquement il y a des différences majeures : tout d'abord le filtre est beaucoup plus rugueux (pas un ladder doux), le gain staging est plus violent, les oscillateurs plus instables : ici pas de recherche de rondeur ou de séduction dans le son. Là où Moog cherche la chair, Aelita cherche la tension.

C'est donc un synthé unique avec un périmètre sonore très particulier, une sonorité propre avec un caractère fort et prononcé - ce qui n'est pas pour me déplaire. Je l'utilise principalement en studio, pour des projets orientés techno industrielle, EBM, dark ambient et sound design.

Ce n’est clairement pas un synthé très polyvalent : je m’en sers comme une source de matière brute, pour des basses épaisses, des leads agressifs ou des textures très organiques. En live, c’est possible, mais il faut aimer travailler sans filet : pas de presets, pas de rappel instantané évidemment mais surtout le panel écrit en cyrillique.

Côté fabrication, le synthé est très solide, presque rustique - tank look. On sent que c’est une machine conçue pour durer. La finition est correcte sans être luxueuse, austère mais robuste et l’esthétique est très marquée, presque militaire. L’ergonomie est simple mais un peu déroutante au début, notamment à cause des inscriptions en cyrillique et de certains choix de panneaux typiques de l’époque.

Le clavier est honnête mais basique : pas de vélocité, pas d’aftertouch, un toucher assez sec, dur. Ce n’est clairement pas un clavier d’expression, mais plutôt un outil de contrôle. De toute façon, on passe plus de temps à sculpter le son avec les potards qu’à vraiment “jouer” du clavier.

Vous l'aurez compris c'est vraiment le caractère sonore qui est la vraie raison de garder cette machine.

Globalement, il est gras, épais, très analogique, instable avec beaucoup de caractère - presque sixties tellement c'est débridé. Les oscillateurs sont bruts, parfois instables, et c’est justement ce qui fait son charme. Ce n’est pas un son propre ou poli, mais un son vivant, avec des aspérités.

Les possibilités d’édition sont simples mais efficaces. On reste sur une synthèse analogique classique, sans modulation complexe, mais tout est direct, immédiat. Le mode unison permet d’obtenir des sons vraiment massifs. En revanche, il ne faut pas s’attendre à la flexibilité ou au confort. Ca reste un concept bien soviet : dur, fonctionnel, efficace mais austère.

Ce que j’apprécie le plus, c’est son caractère unique et le fait qu’il ne sonne comme vraiment rien d’autre, même de très loin je ne vois rien avec quoi le comparer. C’est une machine qui impose une esthétique et qui pousse à faire des choix.

Ce que j’aime moins, ce sont ses limitations : pas de MIDI d’origine, un clavier perfectible, et une ergonomie qui peut rebuter au début. Mais pour moi, ça fait partie du jeu. Si tout va bien j'ai enfin trouvé un kit pour mettre le midi dessus, ce qui est le game changer attendu;

En résumé, l’Aelita est un synthé de caractère, exigeant, parfois ingrat, mais extrêmement inspirant si on accepte de travailler avec ses contraintes. Pour l'instant je le resample - et comme source pour faire des stacks dans un E3 ou Synclavier, j'ai un son extrêmement convaincant. Ca reste en tout cas mille fois plus bouillonnant et vivant que n'importe quel instrument moderne bridé par la précision chirurgicale de l'electronique du XXIème siècle Comparé à cela, cette pièce d'un autre temps semble vivante et habitée - ce qui est très appréciable...

C'est un synthé photograhique - qui crée des images et des contrastes forts. Pour moi malgré les petits défauts, c'est suffisant pour en faire un keeper dans un parc avec du caractère.