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Test de la Cyborg Digital Distortion de Rocktron - Le Terminator de la disto

Rocktron a sorti il y a quelque temps une nouvelle série de pédales numériques, les Cyborgs. Après une pédale de réverbe et une pédale de délai, avec leur grosse carcasse et leurs deux footswitchs, c’est au tour de la distortion de pointer le bout de son nez, nous l’avons testée.

Rock­tron a sorti il y a quelque temps une nouvelle série de pédales numé­riques, les Cyborgs. Après une pédale de réverbe et une pédale de délai, avec leur grosse carcasse et leurs deux foots­witchs, c’est au tour de la Digi­tal Distor­tion de poin­ter le bout de son nez, nous l’avons testée.

Quand on dit Cyborg, les amateurs de cinéma intel­lec­tuel pensent forcé­ment au fameux film avec Jean-Claude Van Damme, quand les grat­teux pensent plutôt pour leur part aux pédales numé­riques de Rock­tron. Pourquoi numé­riques ? Parce qu’elles reposent sur un DSP Moto­rola et peuvent être pilo­tées via MIDI. Si le numé­rique n’a rien d’éton­nant dans le contexte des deux précé­dentes pédales de la gamme, une réverb et un délai, il est déjà moins évident quand on s’at­taque à la distor­sion, effet roi s’il en est dans le monde de la guitare élec­trique et bien souvent analo­gique. Combi­nant 8 distos dans une seule et même pédale, la petite dernière de la famille Cyborg ne manque toute­fois pas d’ar­gu­ments sur le papier. Voyons sur le terrain si elle a de quoi faire sa place sur votre Pedal­board.

La grosse boîte

 

Rocktron Cyborg DistortionL’es­thé­tique de cette Cyborg Disto reprend en tout point le design et l’er­go­no­mie de ses grandes sœurs. C’est donc un bon gros bloc métal­lique que nous sortons du carton, de 26,67 × 15,24 × 5,72 cm, soit deux fois et demie plus large qu’une pédale clas­sique. Vu le nombre de switchs et de potards sur l’en­gin, on se dit que le construc­teur aurait pu faire un effort et fabriquer un châs­sis un peu moins large. La pédale pren­dra de la place sur votre pedal­board, vous êtes préve­nus ! En ce qui concerne le poids, il est, au vu de la taille du boitier, assez léger. Les quatre pads en caou­tchouc situés sous la carros­se­rie font que la Cyborg Distor­sion tient bien en place et ne bougera pas trop lors d’une répète ou d’un concert agité ! Le design de l’en­gin est quant à lui assez parti­cu­lier, dans le style vieux poste de radio : ce n’est pas super joli, mais il s’agit là d’une appré­cia­tion bien subjec­tive et, de toute façon sur scène, le public ne la verra pas, ce qui clot le débat. Au niveau des entrées et sorties, on reste dans le clas­sique côté audio avec une entrée guitare, une sortie vers l’am­pli, tandis qu’une petite prise MIDI permet, via un épanoui (fourni), de dispo­ser d’une sortie et d’une entrée. Enfin, on retrouve la prise secteur permet­tant de bran­cher l’adap­ta­teur, fourni lui aussi. Notons dès à présent qu’il sera impos­sible d’uti­li­ser la pédale avec des piles.

Parmi les choses appré­ciables, on notera la qualité des deux foots­witchs qui claquent bien et qui résis­te­ront aux coups de tatane appuyés. Sur la partie supé­rieure, on aperçoit quatre poten­tio­mètres cran­tés et sans fin, une série de 8 LEDs et un petit switch « 2nd func­tion ». Contrai­re­ment aux foots­witchs, les potards ont l’air moyen­ne­ment résis­tants. Il ne reste plus qu’à espé­rer que cela ne reste qu’une impres­sion… Le petit switch est quant à lui diffi­ci­le­ment acces­sible et les gros doigts peste­ront sûre­ment contre la pédale. Pour le reste, rien à signa­ler, c’est du tout bon !

Bran­chons main­te­nant ampli et guitare !

Comment ça marche

 

Rocktron Cyborg DistortionLes quatre poten­tio­mètres ont chacun deux fonc­tions, sélec­tion­nables via le petit switch situé sous les potards de droite. Ainsi, le premier potard permet de navi­guer parmi les huit presets, chaque LED corres­pon­dant alors à un preset, mais aussi de régler le seuil du système de réduc­tion de bruit maison, le Hush. Ce dernier agit comme un expan­deur et contrôle le volume du signal quand ce dernier passe sous le seuil établi par l’uti­li­sa­teur.

Les trois autres poten­tio­mètres permettent de chan­ger le type de la modé­li­sa­tion (8 dispo­nibles), le gain et le volume en sortie. En pous­sant le petit switch sur la droite, on peut accé­der aux para­mètres de l’éga­li­seur trois bandes : bass, middle et treble. Les 8 LEDs font alors office d’af­fi­chage de valeur pour le réglage en cours de modi­fi­ca­tion. Pour éviter à l’uti­li­sa­teur de se trom­per de mode, les LEDs se mettent à cligno­ter rapi­de­ment (atten­tion aux crises d’épi­lep­sie !) lorsque le switch est sur la droite (mode 2nd func­tion).

Le fait de pous­ser ce petit switch permet aussi de sauver le preset après modi­fi­ca­tion. Il faudra pour cela lais­ser appuyer sur le foots­witch de droite et le tour sera joué. Pour chan­ger de preset via les foots­witchs, il faudra lais­ser appuyé celui de gauche puis appuyer sur celui de droite pour faire défi­ler les 8 presets pour enfin vali­der avec le foots­witch de droite. C’est un peu long et compliqué, surtout sur scène. La chose sera sans doute plus aisée en bran­chant un péda­lier MIDI via le connec­teur adéquat. Il sera aussi possible d’ac­cé­der à d’autres presets (jusqu’à 128), ce qui rend l’adjonc­tion d’un péda­lier MIDI très inté­res­sant. Cerise sur le pompon, le péda­lier MIDI permet­tra de contrô­ler simul­ta­né­ment plusieurs pédales de la série Cyborg, comme le délai ou la réverbe. L’avan­tage d’ache­ter un péda­lier MIDI est donc triple, dommage que la Cyborg ait une ergo­no­mie très discu­table sans.

Pour chaque preset, une posi­tion « solo » est enclen­chable via le foots­witch de droite, ce qui permet de fina­le­ment doubler le nombre de presets. Car vous pour­rez faire ce que vous voulez avec ce mode solo, comme mettre un son utili­sant une autre modé­li­sa­tion, tout est permis ! Le solo donne donc la possi­bi­lité de chan­ger de son en un coup de pied, là où il en faut au moins trois pour chan­ger de preset quand on n’a pas de péda­lier MIDI. Si on compte le bypass comme un son (vous aurez alors le son clean de votre ampli), il a donc trois sons par preset (clean, crunch et solo), ce qui peut se révé­ler suffi­sant pour la plupart des utili­sa­teurs (un son pour le couplet, un son pour le refrain et un son pour le solo).

Voyons main­te­nant comment sonne la boiboi­te…

Et comment ça sonne ?

 

Rocktron Cyborg DistortionLa pédale propose huit modé­li­sa­tions aux noms assez évoca­teurs : edgy coils qui se destine aux micros simples bobi­nages, dirty pour salir le son de son ampli, austin au son texan, crunch au son bluesy, corro­sive orienté hard et métal, stack simu­lant les gros amplis à lampes, recti­fied a un son plus moderne et enfin arma­ged­don un son plus extrême. La palette est donc assez large, du boost à la disto meur­trière en passant par le bon vieil over­drive des familles. Pas de doute là-dessus, vous aurez de quoi faire, surtout avec l’éga­li­seur trois bandes et le réglage de gain permet­tant de peau­fi­ner rapi­de­ment et simple­ment le son.

Les sons propo­sés par la pédale sont de qualité et assez homo­gènes. En effet, même si la Cyborg propose huit modé­li­sa­tions diffé­rentes, ces dernières laissent trans­pa­raître la person­na­lité de la pédale. Les trois premières modé­li­sa­tions (edgy coils, dirty et austin) pour­ront donner un petit boost à votre ampli et lui donner une couleur diffé­rente. Les deux suivantes (crunch et corro­sive) sont un peu plus musclées et s’adap­te­ront bien au rock voire au blues de teigneux. Les trois dernières (stack, recti­fied et arma­ged­don) se destinent plus aux musiques violentes ou extrêmes, comme le métal ou le bon gros rock à tendance stoner. De manière géné­rale, le son est assez chaud mais les distor­sions ont pafois tendance à gommer la person­na­lité de la guitare, comme souvent avec le numé­rique. Le Hush fait bien son travail, et Dieu sait s’il peut être utile lorsque le gain grimpe. Lorsqu’il est bien réglé, le souffle est forte­ment dimi­nué sans pour autant « manger » le jeu du guita­riste.

Voici quelques exemples des diffé­rentes modé­li­sa­tions afin de vous faire une idée plus précise, ils ont été enre­gis­trés avec un ampli Orange Dual Terror, une Tele­cas­ter Custom 72 avec des micros P-Rails de Seymour Duncan et une Les Paul Studio :

 

Tele­cas­ter :

Sans puis avec la pédale enclen­chée

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Rock

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Metal

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Tele­cas­ter blues sans, puis avec

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Les Paul blues sans, puis avec

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Conclu­sion

 

Rocktron Cyborg DistortionLa série Cyborg accouche d’une pédale de distor­sion pouvant combler les guita­ristes dési­reux d’avoir une jolie collec­tion de distor­sions sans pour autant inves­tir dans un gros péda­lier multief­fet ressem­blant à une usine à gaz et propo­sant des effets parfois excen­triques ou inutiles. Ici, pas de chichi, que de la disto et rien que de la disto. Les huit modé­li­sa­tions couvrent un large panel sonore et la robus­tesse de l’en­gin semble sans faille.

On pourra regret­ter le fait de ne pouvoir utili­ser des piles ou encore sa taille rela­ti­ve­ment encom­brante. L’er­go­no­mie est aussi assez hasar­deuse et l’achat d’un péda­lier MIDI peut se révé­ler assez indis­pen­sable, surtout pour la scène. On passe de 16 à 128 presets, le chan­ge­ment de programme est simpli­fié et il sera possible de contrô­ler plusieurs pédales Cyborg (peut-être avez-vous besoin d’un délai ou d’une réverb ?) via cet unique péda­lier. Pour un peu moins de 300€, la Cyborg Distor­sion est une bonne solu­tion pour les guita­ristes avides de signaux satu­rés en tout genre.

 

 

  • 8 modé­li­sa­tions dans une pédale
  • Sons de qualité
  • Couvre une large palette sonore
  • Boitier et foots­witchs robuste

  • Ergo­no­mie et seule­ment 16 presets sans péda­lier MIDI
  • Potards qui ne semblent pas super solides
  • Très large, et physique parti­cu­lier
  • Seule­ment sur secteur

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