L’Imperial Preamp de Tone King transpose au format pédale le cœur du célèbre ampli Imperial MKII. L’idée est simple sur le papier : offrir le grain typique des combos américains vintage dans un format compact. Voyons ensemble si le son est au rendez-vous.
Présentation du Tone King Imperial Preamp : format, contrôles et connectique complète

La surface supérieure accueille un ensemble de potentiomètres répartis en deux sections correspondant aux deux canaux de la pédale. Le canal RHYTHM s’inspire des combos blackface des années 60 et dispose de réglages Volume, Bass et Treble, tandis que le canal LEAD vise des sonorités plus typées tweed, avec les contrôles Volume, Tone et Mid-Bite, ce dernier permettant de resserrer les graves tout en ajoutant présence et gain. Chaque canal bénéficie également d’un potentiomètre Attenuation, permettant d’ajuster le niveau de sortie général tout en conservant le caractère du préampli, notamment en compensant certaines pertes dans les hautes fréquences.
À cela s’ajoute une section d’effets intégrée reprenant deux éléments emblématiques de l’ampli Imperial. La réverbération à convolution de type spring dispose de réglages REVERB et DWELL, permettant d’ajuster à la fois le niveau et la profondeur de l’effet. Le trémolo, lui, propose les contrôles DEPTH et SPEED pour gérer respectivement l’intensité et la vitesse de modulation. À cela s’ajoutent trois footswitches : TREMOLO/REVERB, CHANNEL/LOOP BYPASS et BYPASS/IR BYPASS.
L’Imperial Preamp ne se contente pas d’intégrer une simple section de préamplification. Tone King a également reproduit le circuit d’inverseur de phase de l’Imperial MKII, alimenté par l’une des trois lampes 12AX7. La marque parle d’un « zero watt poweramp », autrement dit un étage de puissance simulé qui ne produit pas réellement de puissance, mais qui permet de retrouver une partie du comportement harmonique et de la dynamique de l’ampli original. Nous verrons ce que cela donne concrètement sur le plan sonore plus loin dans ce test.

Ainsi, sur la tranche arrière, on trouve tout d’abord l’entrée instrument au format jack 6,35 mm, ainsi qu’une boucle d’effets en série composée d’une sortie Send et d’un Return stéréo (Left et Right) toujours au format jack 6,35 mm.
La pédale peut également s’intégrer directement dans le circuit d’un ampli guitare grâce à trois connexions dédiées : From Amp Send, To Amp Return et To Amp In, toutes au format jack 6,35 mm. On peut ainsi imaginer utiliser l’Imperial Preamp pour ajouter des canaux supplémentaires à un amplificateur.
Pour les utilisations en direct, Tone King a prévu deux sorties symétriques Left et Right au format XLR, permettant d’envoyer le signal directement vers une console de mixage ou une interface audio. Ces sorties intègrent une simulation d’enceinte et d’étage de puissance basée sur des IRs, avec deux petits sélecteurs à trois positions, un par canal, notés CAB. Un interrupteur Ground Lift est également présent pour traiter les éventuels problèmes de boucle de masse.
La pédale propose en outre une sortie casque au format jack stéréo 6,35 mm. On trouve également une entrée MIDI au format DIN 5 broches, permettant notamment de rappeler les préréglages via un contrôleur externe. L’Imperial Preamp peut en effet mémoriser jusqu’à 128 préréglages. Un port USB-C est présent pour la connexion à un ordinateur afin de gérer les simulations d’enceintes et certains paramètres spécifiques via un logiciel dédié sur lequel nous reviendrons.
Concernant l’alimentation, la pédale fonctionne avec un bloc secteur 12 V DC fourni. La consommation annoncée est d’environ 800 mA, ce qui reste assez élevé mais parfaitement compréhensible au regard de la présence de trois lampes 12AX7 et du circuit numérique.
Conçue aux États-Unis mais fabriquée en Chine, l’Imperial Preamp affiche des matériaux et une qualité d’assemblage tout à fait corrects. Au moment de ce test, son prix de vente se situe autour de 660 euros, ce qui la positionne clairement dans la catégorie premium des préamplis à lampes au format pédale. Reste maintenant à vérifier si ce positionnement se justifie à l’usage.
Prise en main du Tone King Imperial Preamp : ergonomie et logique de fonctionnement
Avant de s’attarder sur les qualités sonores de ce préampli, il convient de faire un point sur sa prise en main. Si la connectique, avec ses nombreuses possibilités, peut au premier abord donner l’impression d’une véritable usine à gaz, dans la pratique cette polyvalence sert simplement à répondre à différents besoins d’intégration. Dans le cadre de ce test, j’ai en priorité opté pour un branchement simple en stéréo à l’aide des sorties XLR.

Le réglage des effets est quant à lui enfantin. La réverbération et le trémolo disposent chacun de seulement deux paramètres, ce qui permet de trouver rapidement un réglage efficace. Il est bien entendu possible de les utiliser séparément ou simultanément.
La pédale dispose également d’une application PC/Mac baptisée Tone King Editor, à laquelle on accède en connectant le préampli via le port USB-C. Cette dernière m’a semblé particulièrement réussie : la connexion est stable et immédiate, et l’interface reste claire et facile à comprendre.
Parmi les fonctions proposées, l’application permet notamment de :
- préparer des préréglages que l’on pourra rappeler via MIDI
- activer le Reverb Tails, afin de laisser la réverbération se dissiper naturellement lors d’un changement de preset
- passer la pédale en mono, ce qui peut s’avérer utile dans certaines situations
- activer des filtres coupe-bas et coupe-haut, indépendamment sur chaque canal
- gérer les IRs
Concernant ce dernier point, il faut noter qu’il est possible de stocker et d’accéder directement depuis la pédale à trois IRs par canal. La bonne nouvelle, c’est que dans cet univers parfois un peu indigeste des réponses impulsionnelles, Tone King a eu la bonne idée de fournir une vingtaine d’IR OwnHammer, que j’ai trouvées particulièrement bien choisies et équilibrées. Bien entendu, il reste tout à fait possible d’importer ses propres fichiers (WAV de 44,1 à 96 kHz) ou encore de bypasser complètement cette section.
On apprécie également le fait que Tone King ait fait le choix d’une intégration complète du protocole MIDI. Il est ainsi possible de définir un canal MIDI, de stocker 128 préréglages et d’agir précisément sur l’ensemble des paramètres du préampli. On imagine donc assez facilement le champ des possibles que cela ouvre sur un pedalboard hybride, même de taille relativement minimaliste.
Qualités sonores du Tone King Imperial Preamp : dynamique, grain et polyvalence
Matériel utilisé dans le cadre de ce test :
Je vous propose d’écouter dans un premier temps le canal RHYTHM, qui couvre les besoins en matière de sons clairs.

- 1 – RHYTHM – OH 412 BASKETWEAVE – REV 2 – VOL 500:34
- 2 – RHYTHM – OH 112 IMPERIAL TK1660 – TREM + REV00:46
- 3 – RHYTHM – OH 112 IMPERIAL TK1660 – REV 4 DWELL 700:40
- 4 – RHYTHM – OH 112 IMPERIAL TK1660 – REV 4 – VOL 200:17
- 5 – RHYTHM – OH 112 IMPERIAL TK1660 – VOLUME 1000:38
Ce canal se montre très polyvalent. Il reste claquant et bien droit sur une bonne partie de sa course (au moins jusqu’à un volume réglé autour de 5) et accepte très bien la cohabitation avec quelques saturations externes. Attention toutefois à tempérer le bas du spectre : le préampli n’en manque pas et, avec ma guitare au caractère naturellement assez sombre, j’ai parfois dû réduire franchement le potentiomètre dédié aux basses.
Par ailleurs, en arrivant dans le dernier tiers du potentiomètre de volume, le son commence à cruncher sérieusement, avec cette sensation très « analogique » sous les doigts (exemple 5). J’ai également trouvé que la réverbération intégrée permettait de travailler assez facilement des textures aériennes en poussant ses deux réglages (exemple 3).
Voici maintenant quelques extraits enregistrés sur le canal LEAD :

- 6 – LEAD – OH 412 BASKETWEAVE – MID-BITE 4 – TONE 7 – VOL 500:35
- 7 – LEAD – 212 CLASS A BLUE – MID-BITE 10 – TONE 5 – VOL 300:31
- 8 – LEAD – OH 412 BASKETWEAVE – MID-BITE 6 – TONE 4 – VOL 600:30
- 9 – LEAD – 212 CLASS A BLUE – MID-BITE 4 – TONE 3 – REV 4 DWELL 800:29
- 10 – LEAD – 212 CLASS A BLUE – MID-BITE 10 – TONE 6 – VOL 500:19
- 11 – LEAD – 212 CLASS A BLUE – MID-BITE 8 – TONE 5 – TREM 800:29
- 12 – LEAD – OH 412 BASKETWEAVE – MID-BITE 5 – TONE 5 – VOL 1000:15
Là encore, le canal se montre polyvalent grâce à un gain très progressif, allant d’un léger crunch à une saturation beaucoup plus soutenue, sans toutefois chercher à rivaliser avec des registres réellement high-gain. Ce n’est clairement pas le préampli le plus adapté pour des sonorités métal modernes et agressives. On navigue ici davantage dans l’univers tweed des années 50. Par ailleurs, le potentiomètre Mid-Bite a une influence importante sur l’équilibre tonal du son. Il vient à la fois redessiner la courbe des médiums et apporter un surcroît de gain.
De manière plus générale, j’ai trouvé que ce préampli avait pour qualité de toujours rester musical. Les réglages sont à la fois réactifs et progressifs, tout en évitant les rendus caricaturaux. Au final, on retrouve assez facilement les sensations que l’on peut avoir lorsque l’on règle une véritable tête d’ampli à lampes.






