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Test de la pédale Tone King Imperial Preamp - L’hybride à l’honneur

9/10

L’Imperial Preamp de Tone King transpose au format pédale le cœur du célèbre ampli Imperial MKII. L’idée est simple sur le papier : offrir le grain typique des combos américains vintage dans un format compact. Voyons ensemble si le son est au rendez-vous.

Test de la pédale Tone King Imperial Preamp : L’hybride à l’honneur

Présen­ta­tion du Tone King Impe­rial Preamp : format, contrôles et connec­tique complète

faceAu débal­lage, l’Im­pe­rial Preamp se présente sous la forme d’une pédale rela­ti­ve­ment compacte, avec des dimen­sions de 183 × 145 × 70 mm pour un poids d’en­vi­ron 900 grammes. Le châs­sis métal­lique inspire confiance et le design reprend d’ailleurs l’es­thé­tique de l’Im­pe­rial MKII.

La surface supé­rieure accueille un ensemble de poten­tio­mètres répar­tis en deux sections corres­pon­dant aux deux canaux de la pédale. Le canal RHYTHM s’ins­pire des combos black­face des années 60 et dispose de réglages Volume, Bass et Treble, tandis que le canal LEAD vise des sono­ri­tés plus typées tweed, avec les contrôles Volume, Tone et Mid-Bite, ce dernier permet­tant de resser­rer les graves tout en ajou­tant présence et gain. Chaque canal béné­fi­cie égale­ment d’un poten­tio­mètre Atte­nua­tion, permet­tant d’ajus­ter le niveau de sortie géné­ral tout en conser­vant le carac­tère du préam­pli, notam­ment en compen­sant certaines pertes dans les hautes fréquences.

À cela s’ajoute une section d’ef­fets inté­grée repre­nant deux éléments emblé­ma­tiques de l’am­pli Impe­rial. La réver­bé­ra­tion à convo­lu­tion de type spring dispose de réglages REVERB et DWELL, permet­tant d’ajus­ter à la fois le niveau et la profon­deur de l’ef­fet. Le trémolo, lui, propose les contrôles DEPTH et SPEED pour gérer respec­ti­ve­ment l’in­ten­sité et la vitesse de modu­la­tion. À cela s’ajoutent trois foots­witches : TREMOLO/REVERB, CHAN­NEL/LOOP BYPASS et BYPASS/IR BYPASS.

L’Im­pe­rial Preamp ne se contente pas d’in­té­grer une simple section de préam­pli­fi­ca­tion. Tone King a égale­ment repro­duit le circuit d’in­ver­seur de phase de l’Im­pe­rial MKII, alimenté par l’une des trois lampes 12AX7. La marque parle d’un « zero watt powe­ramp », autre­ment dit un étage de puis­sance simulé qui ne produit pas réel­le­ment de puis­sance, mais qui permet de retrou­ver une partie du compor­te­ment harmo­nique et de la dyna­mique de l’am­pli origi­nal. Nous verrons ce que cela donne concrè­te­ment sur le plan sonore plus loin dans ce test.

connectiqueMais c’est surtout du côté de la connec­tique que l’Im­pe­rial Preamp impres­sionne, avec une approche pensée pour couvrir aussi bien une utili­sa­tion tradi­tion­nelle sur pedal­board que l’in­té­gra­tion dans une confi­gu­ra­tion avec un ampli­fi­ca­teur.

Ainsi, sur la tranche arrière, on trouve tout d’abord l’en­trée instru­ment au format jack 6,35 mm, ainsi qu’une boucle d’ef­fets en série compo­sée d’une sortie Send et d’un Return stéréo (Left et Right) toujours au format jack 6,35 mm.

La pédale peut égale­ment s’in­té­grer direc­te­ment dans le circuit d’un ampli guitare grâce à trois connexions dédiées : From Amp Send, To Amp Return et To Amp In, toutes au format jack 6,35 mm. On peut ainsi imagi­ner utili­ser l’Im­pe­rial Preamp pour ajou­ter des canaux supplé­men­taires à un ampli­fi­ca­teur.

Pour les utili­sa­tions en direct, Tone King a prévu deux sorties symé­triques Left et Right au format XLR, permet­tant d’en­voyer le signal direc­te­ment vers une console de mixage ou une inter­face audio. Ces sorties intègrent une simu­la­tion d’en­ceinte et d’étage de puis­sance basée sur des IRs, avec deux petits sélec­teurs à trois posi­tions, un par canal, notés CAB. Un inter­rup­teur Ground Lift est égale­ment présent pour trai­ter les éven­tuels problèmes de boucle de masse.

La pédale propose en outre une sortie casque au format jack stéréo 6,35 mm. On trouve égale­ment une entrée MIDI au format DIN 5 broches, permet­tant notam­ment de rappe­ler les préré­glages via un contrô­leur externe. L’Im­pe­rial Preamp peut en effet mémo­ri­ser jusqu’à 128 préré­glages. Un port USB-C est présent pour la connexion à un ordi­na­teur afin de gérer les simu­la­tions d’en­ceintes et certains para­mètres spéci­fiques via un logi­ciel dédié sur lequel nous revien­drons.

Concer­nant l’ali­men­ta­tion, la pédale fonc­tionne avec un bloc secteur 12 V DC fourni. La consom­ma­tion annon­cée est d’en­vi­ron 800 mA, ce qui reste assez élevé mais parfai­te­ment compré­hen­sible au regard de la présence de trois lampes 12AX7 et du circuit numé­rique.

Conçue aux États-Unis mais fabriquée en Chine, l’Im­pe­rial Preamp affiche des maté­riaux et une qualité d’as­sem­blage tout à fait corrects. Au moment de ce test, son prix de vente se situe autour de 660 euros, ce qui la posi­tionne clai­re­ment dans la caté­go­rie premium des préam­plis à lampes au format pédale. Reste main­te­nant à véri­fier si ce posi­tion­ne­ment se justi­fie à l’usage.

Prise en main du Tone King Impe­rial Preamp : ergo­no­mie et logique de fonc­tion­ne­ment

Avant de s’at­tar­der sur les quali­tés sonores de ce préam­pli, il convient de faire un point sur sa prise en main. Si la connec­tique, avec ses nombreuses possi­bi­li­tés, peut au premier abord donner l’im­pres­sion d’une véri­table usine à gaz, dans la pratique cette poly­va­lence sert simple­ment à répondre à diffé­rents besoins d’in­té­gra­tion. Dans le cadre de ce test, j’ai en prio­rité opté pour un bran­che­ment simple en stéréo à l’aide des sorties XLR.

canauxLe réglage du son se fait assez faci­le­ment, mais il faut tout de même prendre en compte une petite subti­lité concer­nant la gestion du gain. En effet, sur les deux canaux, la quan­tité de gain varie en fonc­tion de la posi­tion du poten­tio­mètre Volume. Ainsi, c’est le contrôle Atte­nua­tion qui se charge prin­ci­pa­le­ment de gérer le niveau de sortie, à la manière d’un Master.

Le réglage des effets est quant à lui enfan­tin. La réver­bé­ra­tion et le trémolo disposent chacun de seule­ment deux para­mètres, ce qui permet de trou­ver rapi­de­ment un réglage effi­cace. Il est bien entendu possible de les utili­ser sépa­ré­ment ou simul­ta­né­ment.

La pédale dispose égale­ment d’une appli­ca­tion PC/Mac bapti­sée Tone King Editor, à laquelle on accède en connec­tant le préam­pli via le port USB-C. Cette dernière m’a semblé parti­cu­liè­re­ment réus­sie : la connexion est stable et immé­diate, et l’in­ter­face reste claire et facile à comprendre.

Parmi les fonc­tions propo­sées, l’ap­pli­ca­tion permet notam­ment de :

  • prépa­rer des préré­glages que l’on pourra rappe­ler via MIDI
  • acti­ver le Reverb Tails, afin de lais­ser la réver­bé­ra­tion se dissi­per natu­rel­le­ment lors d’un chan­ge­ment de preset
  • passer la pédale en mono, ce qui peut s’avé­rer utile dans certaines situa­tions
  • acti­ver des filtres coupe-bas et coupe-haut, indé­pen­dam­ment sur chaque canal
  • gérer les IRs

Concer­nant ce dernier point, il faut noter qu’il est possible de stocker et d’ac­cé­der direc­te­ment depuis la pédale à trois IRs par canal. La bonne nouvelle, c’est que dans cet univers parfois un peu indi­geste des réponses impul­sion­nelles, Tone King a eu la bonne idée de four­nir une ving­taine d’IR OwnHam­mer, que j’ai trou­vées parti­cu­liè­re­ment bien choi­sies et équi­li­brées. Bien entendu, il reste tout à fait possible d’im­por­ter ses propres fichiers (WAV de 44,1 à 96 kHz) ou encore de bypas­ser complè­te­ment cette section.

On appré­cie égale­ment le fait que Tone King ait fait le choix d’une inté­gra­tion complète du proto­cole MIDI. Il est ainsi possible de défi­nir un canal MIDI, de stocker 128 préré­glages et d’agir préci­sé­ment sur l’en­semble des para­mètres du préam­pli. On imagine donc assez faci­le­ment le champ des possibles que cela ouvre sur un pedal­board hybride, même de taille rela­ti­ve­ment mini­ma­liste.

  • Tone King
  • MIDI
  • IRs

 

Quali­tés sonores du Tone King Impe­rial Preamp : dyna­mique, grain et poly­va­lence

Maté­riel utilisé dans le cadre de ce test :

Je vous propose d’écou­ter dans un premier temps le canal RHYTHM, qui couvre les besoins en matière de sons clairs.

1 – RHYTHM – OH 412 BASKET­WEAVE – REV 2 – VOL 5
00:0000:34
  • 1 – RHYTHM – OH 412 BASKET­WEAVE – REV 2 – VOL 500:34
  • 2 – RHYTHM – OH 112 IMPE­RIAL TK1660 – TREM + REV00:46
  • 3 – RHYTHM – OH 112 IMPE­RIAL TK1660 – REV 4 DWELL 700:40
  • 4 – RHYTHM – OH 112 IMPE­RIAL TK1660 – REV 4 – VOL 200:17
  • 5 – RHYTHM – OH 112 IMPE­RIAL TK1660 – VOLUME 1000:38

Ce canal se montre très poly­va­lent. Il reste claquant et bien droit sur une bonne partie de sa course (au moins jusqu’à un volume réglé autour de 5) et accepte très bien la coha­bi­ta­tion avec quelques satu­ra­tions externes. Atten­tion toute­fois à tempé­rer le bas du spectre : le préam­pli n’en manque pas et, avec ma guitare au carac­tère natu­rel­le­ment assez sombre, j’ai parfois dû réduire fran­che­ment le poten­tio­mètre dédié aux basses.

Par ailleurs, en arri­vant dans le dernier tiers du poten­tio­mètre de volume, le son commence à crun­cher sérieu­se­ment, avec cette sensa­tion très « analo­gique » sous les doigts (exemple 5). J’ai égale­ment trouvé que la réver­bé­ra­tion inté­grée permet­tait de travailler assez faci­le­ment des textures aériennes en pous­sant ses deux réglages (exemple 3).

Voici main­te­nant quelques extraits enre­gis­trés sur le canal LEAD :

6 – LEAD – OH 412 BASKET­WEAVE – MID-BITE 4 – TONE 7 – VOL 5
00:0000:35
  • 6 – LEAD – OH 412 BASKET­WEAVE – MID-BITE 4 – TONE 7 – VOL 500:35
  • 7 – LEAD – 212 CLASS A BLUE – MID-BITE 10 – TONE 5 – VOL 300:31
  • 8 – LEAD – OH 412 BASKET­WEAVE – MID-BITE 6 – TONE 4 – VOL 600:30
  • 9 – LEAD – 212 CLASS A BLUE – MID-BITE 4 – TONE 3 – REV 4 DWELL 800:29
  • 10 – LEAD – 212 CLASS A BLUE – MID-BITE 10 – TONE 6 – VOL 500:19
  • 11 – LEAD – 212 CLASS A BLUE – MID-BITE 8 – TONE 5 – TREM 800:29
  • 12 – LEAD – OH 412 BASKET­WEAVE – MID-BITE 5 – TONE 5 – VOL 1000:15

Là encore, le canal se montre poly­va­lent grâce à un gain très progres­sif, allant d’un léger crunch à une satu­ra­tion beau­coup plus soute­nue, sans toute­fois cher­cher à riva­li­ser avec des registres réel­le­ment high-gain. Ce n’est clai­re­ment pas le préam­pli le plus adapté pour des sono­ri­tés métal modernes et agres­sives. On navigue ici davan­tage dans l’uni­vers tweed des années 50. Par ailleurs, le poten­tio­mètre Mid-Bite a une influence impor­tante sur l’équi­libre tonal du son. Il vient à la fois redes­si­ner la courbe des médiums et appor­ter un surcroît de gain.

De manière plus géné­rale, j’ai trouvé que ce préam­pli avait pour qualité de toujours rester musi­cal. Les réglages sont à la fois réac­tifs et progres­sifs, tout en évitant les rendus cari­ca­tu­raux. Au final, on retrouve assez faci­le­ment les sensa­tions que l’on peut avoir lorsque l’on règle une véri­table tête d’am­pli à lampes.

Notre avis : 9/10

L’Im­pe­rial Preamp de la marque améri­caine Tone King est sans conteste un produit réussi. Tout d’abord, même si la fabri­ca­tion n’est pas locale, elle reste de bonne qualité. Ensuite, on peut saluer le fait d’avoir réussi à propo­ser un boîtier aux dimen­sions raison­nables tout en offrant une connec­tique parti­cu­liè­re­ment complète, capable de répondre à pratique­ment toutes les situa­tions. L’in­té­gra­tion du proto­cole MIDI est d’ailleurs réus­sie et fait de ce préam­pli un compa­gnon idéal pour les pedal­boards hybrides.

Le son est lui aussi convain­cant. Les deux canaux réagissent de manière très orga­nique et permettent de retrou­ver les sensa­tions de jeu que l’on attend lorsque l’on se branche dans un ampli­fi­ca­teur à lampes. Ils offrent par ailleurs une belle poly­va­lence, avec des plages de gain progres­sives permet­tant d’al­ler jusqu’à des sono­ri­tés rock bien géné­reuses. On appré­cie égale­ment la musi­ca­lité globale des réglages.

Tout n’est bien sûr jamais parfait et certains utili­sa­teurs pour­raient trou­ver un peu dérou­tante la gestion du gain, ainsi que la balance tonale, qui aurait peut-être gagné à propo­ser des contrôles d’éga­li­sa­tion un peu plus précis.

Enfin, l’Im­pe­rial Preamp s’échange à un tarif élevé (envi­ron 660 €). Cela dit, ses quali­tés sonores, sa concep­tion à lampes et son inté­gra­tion MIDI très complète contri­buent large­ment à justi­fier ce posi­tion­ne­ment premium.

  • face
  • effets
  • connectique
  • canaux
  • Tone King
  • MIDI
  • IRs

 

  • La qualité de fabrication
  • Le son
  • La polyvalence des deux canaux
  • Une connectique ultra complète
  • L’intégration très réussie du protocole MIDI

  • Une gestion du gain un peu déroutante au premier abord
  • Des basses qui peuvent demander un peu d’attention avec certains instruments
  • Un tarif peu accessible
Pays de fabrication : Chine
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  • Peaveycroquette 4912 posts au compteur
    Peaveycroquette
    Squatteur·euse d’AF
    Posté le 25/03/2026 à 17:40:01
    hmmmmm, résister à la crise de GAS, résister à la crise de GAS, résister à la crise de GAS, résister à la crise de GAS,...
  • jerewalch 182 posts au compteur
    jerewalch
    Posteur·euse AFfiné·e
    Posté le 25/03/2026 à 17:54:14
    Raaaah je viens de craquer sur un modèle B-stock avec la promo de Thomann à 535€... Hâte d'essayer la bête et de la comparer avec ma Tonex One ;)
  • nikos_sophos 680 posts au compteur
    nikos_sophos
    Posteur·euse AFfolé·e
    Posté le 25/03/2026 à 18:29:58
    Citation de jerewalch :
    Raaaah je viens de craquer sur un modèle B-stock avec la promo de Thomann à 535€... Hâte d'essayer la bête et de la comparer avec ma Tonex One ;)


    Intéressant ça, n'hésites pas a faire un retour

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