La Big Muff Pi 2 Dual OP-Amp est une pédale de distorsion-fuzz de la marque new-yorkaise Electro Harmonix. Après être resté dans les archives de Bob Myer, ingénieur de la marque, pendant plus de quarante ans, son schéma a été redécouvert par Daniel Danger et Josh Scott en 2021.
Josh Scott, patron de JHS Pedals, aidé par les équipes d’Electro Harmonix, a donc eu l’idée et l’envie de sortir cette pédale qui n’avait jamais vu le jour. La Big Muff Pi 2 Dual OP-Amp était née.
Origine et redécouverte du circuit de la Big Muff Pi 2 Dual OP-Amp
La première version de la Big Muff est sortie en 1969. Elle a été conçue par Bob Myer, un proche collaborateur de Mike Matthews, créateur d’Electro Harmonix à la fin des années 60. Bob Myer, en bon électronicien, a suivi de très près les évolutions techniques de son temps afin de proposer de nouvelles variantes de Big Muff, souvent plus économiques. Dans les années 70, les amplis opérationnels commençaient à inonder le marché et Bob Myer a songé à les utiliser pour concevoir un nouveau schéma de Big Muff. C’est finalement l’OP-Amp Big Muff qui a été retenue par Mike Matthews après avoir refusé un autre schéma. Il aura fallu attendre 2021 pour que Daniel Danger et Josh Scott mettent par hasard la main sur ce schéma perdu. Les deux hommes s’étaient rendus au domicile de Bob Myer pour s’entretenir avec lui sur le passé très riche d’Electro Harmonix et ont découvert un carton qui regorgeait de schémas n’ayant jamais vu le jour. Parmi eux, les deux compères ont trouvé celui de la pédale qui allait devenir la Big Muff Pi 2 Dual OP-Amp.
Circuit et conception de la pédale Big Muff Pi 2 Dual OP-Amp
Au cœur de cette Big Muff retrouvée se trouvent deux doubles amplis-OP pour un total de quatre étages d’amplification. La fuzz est générée par des diodes Silicium placées dans les boucles de feedback des amplis-OP, cela créé une saturation par Clipping. Ce circuit très original est abrité dans un joli boîtier moulé en aluminium. Pour ce test, la marque m’a fait parvenir la version Nano de la pédale. On doit la décoration de ce châssis à Daniel Danger, artiste graphique et spécialiste de l’histoire d’Electro Harmonix (c’est lui qui avait signé les illustrations des Lizard Queen et Lizard King de la marque). Le boîtier est recouvert d’une peinture rouge et porte le nom de la pédale, la signature de Bob Myer ainsi que la légendaire tête de mouflon devenu le logo de la Big Muff depuis 1973. Sans surprise, on retrouve les réglages classiques de Volume, Tone et Sustain. En plus de ce circuit totalement nouveau, la Big Muff Pi 2 intègre un footswitch Silent True Bypass à deux actions : Momentary ou Latch. Comme toutes les pédales Electro Harmonix Nano, elle est fournie avec sa pile 9 Volts installée dans son logement.
Analyse sonore de la Big Muff Pi 2 : comportement et texture de fuzz
Après avoir installé la Big Muff Pi 2 sur mon pedalboard, je commence le test armé de ma fidèle Fender Telecaster. Les amplis-OP doubles du circuit de la pédale changent beaucoup la texture de la distorsion, la compression générale et la réponse en fréquences. Dès les premiers accords joués, j’ai été frappé par le côté lisse de la distorsion-fuzz. Bien que le timbre soit très proche de celui d’une Big Muff, la saturation est beaucoup moins granuleuse, plus tranchante. Le son est moins compressé et les attaques sont plus nettes, c’est sympa. On profite également d’une réponse plus immédiate, on sent en jouant que la pédale réagit plus rapidement. Si la Big Muff creuse beaucoup les fréquences médiums, cette Big Muff 2 développe des médiums plus présents, ce qui permet de mieux ressortir du mix. Le son est toujours très large, mais il est plus présent mieux grâce aux médiums plus affirmés. La course du réglage de tonalité est très importante, on peut passer d’un son très chargé en basses avec des aigus veloutés à un son moins « bassy » et avec des aigus bien présents et brillants. Sur les valeurs les plus basses du réglage de tonalité, les basses sont bien présentes, on peut faire trembler les murs sans problème.

En changeant de guitare pour passer sur un micro double bobinage, les résultats sont globalement les mêmes, mais le son est plus musical, selon moi. La pédale réagit bien mieux quand le micro vient titiller son premier étage de gain. Même avec le réglage Sustain à zéro, on obtient une distorsion fuzz déjà bien épaisse. En augmentant la valeur de ce réglage, le son s’épaissit davantage et gagne en harmoniques. La Big Muff Pi 2 développe plus de gain qu’une Big Muff standard, mais la fuzz est plus compacte et dense, ce qui aboutit à un son plus précis, moins diffus. On peut davantage jouer avec la dynamique du circuit en attaquant plus ou moins fort ou en manipulant le volume de la guitare là où le son hyper compressé d’une Big Muff interdit presque toute tentative de nuance. Cependant, bien que la dynamique soit importante, les aigus disparaissent quand on baisse le volume de la guitare. On obtient donc un son plus clair, certes, mais également beaucoup plus sombre, c’est dommage.

- Gain Minimum01:41
- Gain Midi Tone Tweak01:59
- Gain Full01:38
- Stratocaster Position 400:55
Je poursuis le test en plaçant mon POG en amont de la Big Muff 2. Dans ce registre, la fuzz réagit très bien et on obtient très facilement un son à la Jack White. J’ai également placé un clean boost avant la fuzz, le Xotic EP Booster en l’occurrence, ce qui augmente légèrement le gain et l’épaisseur du son. Je termine le test en augmentant le gain de l’ampli pour le faire saturer légèrement. En plaçant le réglage Sustain assez bas, on peut obtenir une sonorité assez sympa, mais la saturation devient vite boueuse et on perd le côté précis de la Big Muff 2. Elle s’en sort bien mieux sur un son clair selon moi.

- Avec EP Booster (placé avant la Muff)00:52
- Avec EHX POG (octaver)02:18















