Bureaux / Desk : vos photos & vos commentaires
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Fmarine
Caca In -> Caca Out
Judochat
DocK'S
Beatless
Il est posé sur une planche de la dimension totale, elle-même supportée par des bons tréteaux en métal (tout ça c'est lourd).
☺️
S'il n'y a pas de solution, c'est qu'il n'y a pas de problème.
[ Dernière édition du message le 16/05/2025 à 10:28:31 ]
DocK'S
Tu as une idée du budget et du temps passé ?
[ Dernière édition du message le 16/05/2025 à 19:05:29 ]
Beatless
Ça remonte... Je pense qu'en MDF j'en ai eu pour 200 à 250€; rails écrous-cage et vis entre 30 et 50€; équerres, chant-plat, demi-rond, visserie diverse et vernis à bois entre 50 et 60€. Pour le temps passé je l'estime à une semaine (entre le premier coup de scie et la mise en place). J'inclus le temps de séchage entre les couches de vernis (4 ou 5).
S'il n'y a pas de solution, c'est qu'il n'y a pas de problème.
DocK'S
Je centralise ici la construction du bureau.
Budget ~800€
Matériaux :
- Mdf 36 mm pour les 4 pieds
- Plan de travail chêne 36 mm pour le plateau
- Mdf 22 mm pour les traverses
- chêne 14 mm pour les flancs
- tôle alu perforée épaisseur 1 mm
Capacité :
- 10 U en bas de chaque caisson
- 10 U en haut de chaque caisson
- 6 U au centre du plateau





















Beatless
J'ai le même aspi...
S'il n'y a pas de solution, c'est qu'il n'y a pas de problème.
DocK'S
J'en ai 3 de ce modèle, excellent rapport qualité/ prix et increvable !
foud'hammond
C.Lawde
Tout a commencé par une idée simple : construire moi-même un meuble pour mes synthétiseurs.
Et comme souvent dans ce genre d’histoire… tout semblait très facile au début.

Tout avait pourtant commencé sous les meilleurs auspices. Il faisait beau dehors. Le printemps pointait timidement le bout de son nez, comme un stagiaire qui n’ose pas encore entrer dans la salle de réunion. Moi, je sortais d’un rhume, mais enfin, globalement, l’univers semblait avoir décidé de ne pas me nuire pendant au moins vingt-quatre heures. Je surfais tranquillement sur internet, ce qui est déjà en soi une activité dangereuse, mais je l’ignorais encore. Me voilà sur Audiofanzine, temple numérique où des passionnés passent des heures à expliquer comment transformer une idée vaguement raisonnable en chantier de trois semaines. Et là, au détour d’un forum, illumination : un type avait construit lui-même son meuble de studio pour y glisser ses synthétiseurs. Génie. Car dans mon studio trône une échelle dite « Jaspers ». Très pratique si l’on souhaite donner l’impression d’un musée de synthétiseurs. Tout est exposé, tout est visible. Magnifique. Sauf qu’elle me cache la vue sur le jardin. Or j’aime voir mon jardin. C’est un jardin. Il est fait pour être vu.
Je décide donc de construire moi-même un meuble. Oui. Moi. Précisons qu’en matière de menuiserie, mon dernier exploit remontait à un meuble IKEA monté il y a dix ans. Et encore, je n’exclus pas que certaines vis aient fini dans la mauvaise dimension. Mais l’esprit humain est merveilleux : il oublie très vite ses limites. Je commence donc par faire des croquis. Beaucoup de croquis. Des croquis qui donnent l’impression que je sais ce que je fais. Je vais jusqu’à modéliser mon futur chef d’œuvre en trois dimensions. Rapidement, une question surgit : quelle est l’épaisseur du bois ? Question essentielle pour quelqu’un qui, jusqu’ici, n’avait fréquenté le bois qu’au stade final, quand il possède déjà des tiroirs, ou se tourne sous forme de pages dans un livre. Je pars donc enquêter sur les sites de bricolage. Et là, première révélation : le bois coûte manifestement beaucoup plus cher que ce que mon enthousiasme avait budgété. Je découvre aussi que trouver du bois déjà laqué noir relève d’une quête médiévale. Or mon studio est noir. Mes synthétiseurs sont bleus. Il existe donc une harmonie chromatique qu’il convient de préserver. Après de longues tergiversations, je choisis le matériau le moins cher : le MDF brut. Je peindrai moi-même. C’est à ce moment précis que le Dieu des Menuisiers a probablement ouvert le paquet de pop-corn.
Ensuite viennent les accessoires. Car un meuble, aussi étonnant que cela puisse paraître, nécessite que ses morceaux soient attachés entre eux. Je pars donc acheter des vis. Et là je découvre les tourillons. Pour ceux qui ne connaissent pas, ce sont de petits morceaux de bois qui permettent d’assembler deux planches de façon élégante et invisible. Une technique noble. Presque artistique. Je tombe immédiatement amoureux du concept. Je refais donc tous mes plans en fonction des tourillons. Ce sera magnifique. Je dois donc acheter des tourillons. Mais, grâce aux conseils de YouTube, aussi l’outil permettant de les aligner parfaitement ; parce que je n’en avais jamais vu de près. L’outil promet un alignement parfait, digne d’un chirurgien cardiaque.
Ensuite viennent les glissières pour les tiroirs. Quatorze glissières. Je regarde les prix. À ce moment-là, je comprends que le commerce de la glissière est manifestement une activité très lucrative. Je fais rapidement le calcul et réalise que pour financer l’ensemble je devrais probablement vendre un rein. Voire deux. Malheureusement, connaissant mon système rénal, je doute d’en tirer un prix très compétitif sur le marché noir. Je me rabats donc sur des sites allemands de bricolage, ce qui me permet d’obtenir mes glissières à un tarif légèrement inférieur au prix d’une petite voiture.
Tout est prêt. J’ai un plan de découpe. Je vérifie les mesures. Une fois. Deux fois. Dix fois. Quinze fois. Et à la quinzième vérification, je me rends compte que les mesures ont changé à chaque fois. Je décide alors d’adopter une méthode scientifique éprouvée : on verra bien. Ma moitié, qui travaille dans un magasin de bricolage et observe toute cette aventure avec le calme d’un biologiste regardant un animal se diriger vers un piège, se charge de la découpe des planches. Première coupe : 50 cm. Il m’apporte la planche. Je la regarde. Ces 50 cm me semblent… ambitieux. Je mesure. 70 cm. Oups, mauvais réglage. Bon. Nous décidons donc de recalculer tout le plan en improvisation totale, un peu comme si nous avions jeté trois dés en espérant obtenir un triple six du premier coup.
– […] j'ai toujours pensé que nous devions avancer vers l'avenir.
– Oui, monseigneur. Difficile d'aller dans l'autre sens.
Terry Pratchett
[ Dernière édition du message le 08/03/2026 à 20:03:18 ]
C.Lawde

Je rentre chez moi avec mes planches. Et là commence le montage. Les fameux tourillons. Je perce. Je place. Je teste. Et je découvre une chose fascinante : les Youtubeurs mentent. L’alignement parfait ne se fait pas en un tour de main. Pas du tout. Pire encore : les tourillons sont parfois si proches les uns des autres que l’outil censé simplifier la vie refuse simplement d’entrer dans l’espace prévu. Je dois donc abandonner la technologie moderne et revenir à une méthode ancestrale à base de clous à tête d’homme. Ce qui fonctionne immédiatement.
Après plusieurs heures, je parviens à assembler le meuble. Je teste. Ça ne tient pas. Ça ne tiendra jamais. On dirait un château de cartes qui aurait perdu confiance en lui. Le meuble penche dangereusement rien qu’en soufflant dessus. Je pars donc acheter une planche arrière, cette fameuse plaque qui, dans les meubles IKEA, est en réalité la seule chose qui empêche l’ensemble de s’effondrer. Adieu les tourillons. Bonjour les clous. Et les équerres. Et les longues vis. Mon château de cartes devient progressivement une forteresse Vauban.
Vient ensuite la peinture. Je fais à nouveau confiance à YouTube. Erreur. On me conseille de traiter les bords du MDF avec du polyuréthane pour combler les fibres. Déjà, ça coûte le prix d’un immeuble de trois étages et moi je ne souhaite qu’une armoire. Ensuite, mon vernis à l’eau refuse catégoriquement d’adhérer sur cette merveille chimique. Résultat : poncer. Repeindre. Reponcer. Finalement, je découvre la solution miracle : la peinture de façade. Celle qu’on applique sur des parpaings exposés aux tempêtes. Si ça tient sur une maison, ça tiendra sur mon meuble. Deux couches. Ponçage. Laque noire. Splendide.
Vient le moment d’installer les tiroirs. Quatorze glissières. Dans un meuble. Avec un tournevis. Je découvre alors que mon corps peut prendre des positions que même certains yogis refuseraient d’envisager. Il faut dire que ces tiroirs ne sont pas de petites boîtes discrètes : ce sont de grandes masses de bois, larges, profondes, lourdes, qui doivent être maintenues d’une main pendant que l’autre cherche à visser quelque chose dans un angle où même la lumière hésite à aller. Premier tiroir. Je le place. La planche se courbe. Je la retire. Je prends un outil de menuiserie qui ferait fantasmer un moine inquisiteur espagnol et je rabote deux demi-millimètres. Je remets la planche qui rentre désormais parfaitement en forçant un peu. Je place les six autres. Ce qui me permet de découvrir une vérité fondamentale de la menuiserie : quand on a réussi un tiroir, cela signifie simplement qu’il en reste six autres à faire exactement pareil. Chaque installation demande le même cérémonial. Glisser la planche. La soutenir avec le genou. Chercher le trou de vis. Perdre la vis. Retrouver la vis. Comprendre que ce n’est pas le bon trou. Recommencer. Je referme tout. Je passe la dernière couche de laque. Je recule satisfait du travail accompli. Bras croisés. Un peu comme un père qui regarde son adolescent en se disant : « Bon… ce n’est pas parfait, mais il y a du potentiel. »
Et là… révélation. La planche n’était pas trop grande. En réalité, c’était la planche du bas qui se déformait. Celle sur laquelle reposent les deux grands montants du meuble, ceux qui portent tous les tiroirs, toute la structure, tout l’édifice de mes ambitions de menuisier. Pourquoi se déformait-elle ? Parce que, dans un souci esthétique admirable, j’avais placé les roulettes bien au centre, pour qu’on ne les voie pas. Résultat : les deux montants du meuble appuient près des bords… tandis que les roulettes soutiennent le centre. La planche travaille donc avec une logique toute personnelle : les bords poussent vers le bas, le centre résiste, et cette planche se cambre lentement vers le haut. Une magnifique courbe convexe. Presque architecturale. Si le meuble avait été un pont suspendu, j’aurais été très fier. Mais ce n’est pas un pont. C’est un meuble censé être plat. Donc, en résumé : Je n’avais pas un problème de planche. J’avais inventé le meuble auto-implosif.
Donc, me voilà face à cette révélation architecturale : mon meuble n’était pas mal construit. Il obéissait simplement à une logique physique que j’avais oublié d’inviter dans le projet. La gravité. Cette vieille connaissance. Conclusion : je dois déplacer les roulettes vers les bords avant que l’ensemble de la structure ne décide de rejoindre tranquillement le centre de la Terre. Je démonte donc dignement ce que je viens d’achever avec tant de soin. C’est toujours un moment particulier dans la vie d’un bricoleur amateur : celui où l’on défait, dans un silence un peu honteux, ce que l’on vient de terminer avec fierté dix minutes plus tôt. Je retire les roulettes. Je les déplace vers les bords. Je revisse. Je retourne le meuble. Et là… miracle. Il ne s’enfonce plus. La planche du fond reste droite. Stable. Fiable. Le meuble tient sur ses roulettes comme un adulte responsable qui paie ses impôts et ne prend pas de décisions impulsives sur internet. Je pousse un peu. Je tire un peu. Je souffle dessus. Rien ne bouge. Rien ne bouge vraiment d’ailleurs, car avec près de cent kilos de menuiserie approximative, il faut tout de même fournir un effort respectable, voire sportif, pour déplacer l’ensemble d’un centimètre. À ce stade, une question commence à émerger : les roulettes ne relèvent-elles pas davantage de l’intention philosophique que de la fonctionnalité ? Bref, je viens donc officiellement d’atteindre ce niveau rare du bricolage amateur où l’objet tient debout sans assistance psychologique. Je contemple l’ensemble. Le meuble est noir. Les tiroirs glissent. Les équerres sont nombreuses, peut-être un peu trop nombreuses, mais elles témoignent d’une volonté sincère de ne pas mourir écrasé par un synthétiseur. Globalement, c’est une réussite.
Enfin… presque. Car c’est à ce moment précis que mon regard se pose sur le pot de laque noire. Je lis l’étiquette. « Sec au toucher : 4 heures. » « Manipulable : 12 heures. » Très bien. Et puis une phrase, écrite un peu plus bas, avec l’air de quelqu’un qui sait qu’il va gâcher la soirée : « Durcissement complet : 20 jours. » Vingt. Jours. Autrement dit, je viens de construire un meuble pour supporter environ cinquante kilos de synthétiseurs… que je ne peux pas poser dessus avant trois semaines.
Et c’est là que l’histoire prend une dimension logistique inattendue. Car, dans un moment d’optimisme délirant, persuadé que mon meuble allait être immédiatement opérationnel, j’avais pris une décision stratégique : j’avais vendu mon échelle Jaspers. Oui. Vendue. Partie. Un acheteur enthousiaste est venu la chercher, ravi de repartir avec ce magnifique support capable d’exposer une douzaine de synthétiseurs comme dans un magasin. Il est reparti heureux. Moi aussi. À ce moment-là, j’étais convaincu que mon nouveau meuble allait prendre le relais dans les minutes suivantes. Ce qui aurait été vrai… sans la petite histoire des vingt jours. Résultat : mon studio ressemble désormais à une salle des objets trouvés pour instruments électroniques. Il y a des synthétiseurs partout. Sur le bureau. Sur la table. Sur une chaise. Sur une autre chaise. Un module repose sur un carton qui contenait autrefois des câbles MIDI et qui sert maintenant de mobilier expérimental. Le Juno observe le Bass Station depuis le sol. Le DX7 médite sur une étagère improvisée. Un clavier est posé en travers d’un flight-case comme un blessé de guerre qu’on aurait déposé sur une civière. Et au milieu de ce chaos… trône mon meuble. Magnifique. Noir. Vide. Parfaitement vide. Je passe devant tous les jours. Je teste les tiroirs. Ils glissent merveilleusement. Je referme. Je regarde la surface noire brillante. Et je pense aux vingt jours. Encore dix-neuf. Encore dix-huit. Encore dix-sept. Je vis désormais dans une relation étrange avec ce meuble : nous partageons la même pièce, nous nous observons mutuellement, mais aucun synthétiseur n’a encore le droit d’y vivre. C’est une sorte de quarantaine mobilière. Un meuble en observation. Mais au fond, tout va bien. Le meuble tient debout. Il n’implose plus. Il ne menace plus de rejoindre le centre de la Terre. Et dans exactement vingt jours… si tout se passe bien… je pourrai enfin poser un premier synthétiseur dessus. Très doucement. Comme on dépose un bébé panda sur un sol fraîchement ciré.
– […] j'ai toujours pensé que nous devions avancer vers l'avenir.
– Oui, monseigneur. Difficile d'aller dans l'autre sens.
Terry Pratchett
[ Dernière édition du message le 08/03/2026 à 20:04:25 ]
C.Lawde

Alors évidemment, vous me voyez venir. Je n’ai pas attendu les vingt jours. Personne n’attend vingt jours pour tester un objet fabriqué amoureusement de ses propres mains. Surtout quand son studio ressemble depuis une semaine à un champ de mines électronique. Car pendant ces sept jours, ma vie musicale s’est transformée en parcours d’obstacles. Des synthétiseurs posés par terre. Des modules sur des cartons. Des câbles serpentant sur le sol comme une installation contemporaine intitulée « L’homme face à ses mauvaises décisions ». Chaque déplacement dans la pièce était un exercice de haute précision. Le moindre faux pas et je risquais soit de me casser la figure, soit de déclencher involontairement un pad ambient de douze minutes sur le DX7. Après une semaine de ce régime, mon courage a craqué. Je me suis dit : « Une semaine… c’est déjà pas mal. » Et j’ai commencé à installer les synthétiseurs dans le nouveau meuble. Mais, dans un sursaut de respect des consignes du fabricant de peinture, j’ai décidé de prendre une précaution. Car je me suis dit qu’il serait tout de même dommage que les pieds en caoutchouc de mes synthétiseurs fusionnent chimiquement avec la surface du meuble, transformant l’ensemble en installation définitive. J’ai donc pris une mesure de sécurité. J’ai glissé sous chaque pied de synthétiseur un petit morceau de papier toilette plié. Oui. Du papier toilette. Technique simple, économique, biodégradable, et manifestement issue d’un laboratoire de recherche très discret. Le résultat est… intéressant. Car le papier toilette, lorsqu’il est légèrement comprimé sous plusieurs kilos d’électronique japonaise des années 80, produit une esthétique très particulière. Chaque synthétiseur repose maintenant sur quatre petites fleurs blanches chiffonnées, comme s’il participait à une cérémonie nuptiale improvisée. Des machines électroniques sophistiquées, lourdes, précises, reposent… sur du papier toilette. L’esprit sent immédiatement qu’il y a quelque chose de fragile, presque sacrilège. Mais au moins, la laque et le caoutchouc ne fusionneront pas.
Je poursuis donc l’installation. Au début, tout va très bien. Les machines prennent place. Les tiroirs accueillent les claviers. L’ensemble commence enfin à ressembler à ce que j’avais imaginé dans mes croquis enthousiastes du premier jour. Je pousse le premier tiroir. Il ne se ferme pas. Je pousse un peu plus. Il ne se ferme toujours pas. Le tiroir reste obstinément ouvert, avec l’assurance tranquille d’un objet qui sait très bien que je ne comprends rien à ce qui se passe. Je regarde. Et là je comprends. Les câbles, qui étaient censés passer tranquillement à l’arrière entre les quatre montants du meuble, ont décidé collectivement de s’installer… exactement devant ces montants. Or les tiroirs sont conçus pour aller jusqu’au fond. Les câbles font donc obstacle. La glissière refuse de se fermer. C’est à ce moment précis que la situation devient véritablement intéressante. Car ce problème… je l’avais anticipé. C’est précisément pour cette raison que j’avais prévu de laisser l’arrière du meuble ouvert. Oui. Je l’avais prévu. Sauf qu’entre-temps, souvenez-vous, j’avais ajouté un fond au meuble. Le fameux fond IKEA. Celui qui devait empêcher l’ensemble de se transformer en château de cartes. Résultat : l’arrière est maintenant fermé. Totalement. Hermétiquement. Et l’unique accès pour passer les câbles se trouve dans l’espace de 12 centimètres entre chaque tiroir. Douze centimètres. Autrement dit : je venais de m’inscrire à un cours intensif de contorsionniste appliqué à la musique électronique.
Me voilà donc, à moitié allongé sous le meuble, un bras coincé entre deux tiroirs, essayant déplacer des câbles USB dans un espace qui aurait déjà été inconfortable pour une main d’enfant. À ce stade, plusieurs solutions s’offrent à moi. Première option : raboter deux centimètres de chaque planche. Magnifique idée… bien que je venais précisément d’utiliser péniblement du polyuréthane pour obtenir de beaux bords bien propres. Deuxième option : avancer toute la structure d’un centimètre. Mais cela aurait transformé mon meuble en objet aussi cicatrisé qu’un adolescent en pleine crise d’acné. Troisième option : les colsons. Les colsons sont au bricolage ce que le ruban adhésif est à la civilisation moderne, soit la preuve que l’humanité progresse en bricolant. Je choisis donc la solution des colsons. Je regroupe les câbles. Je les attache. Je les plaque contre le fond. Je pousse les tiroirs. Miracle. Ça fonctionne. Les tiroirs ferment. Les synthétiseurs sont installés. Le meuble tient. Et globalement, je dois reconnaître que je suis plutôt fier du résultat. Vraiment. À un détail près.
Car maintenant que tout est en place, que les synthés reposent élégamment sur leurs petits coussins de papier toilette, que les câbles sont disciplinés par des colsons et que les tiroirs coulissent étonnamment bien, ce qui reste une surprise permanente pour leur constructeur. Je prends un peu de recul dans mon studio. Je regarde mon œuvre. Je regarde l’ensemble. Et je réalise une chose. Avec la décoration et les deux synthétiseurs posés sur le dessus du meuble… Je ne vois toujours pas mon jardin.
– […] j'ai toujours pensé que nous devions avancer vers l'avenir.
– Oui, monseigneur. Difficile d'aller dans l'autre sens.
Terry Pratchett
[ Dernière édition du message le 09/03/2026 à 00:24:27 ]
Beatless
S'il n'y a pas de solution, c'est qu'il n'y a pas de problème.
sample-and-hold
l’univers semblait avoir décidé de ne pas me nuire pendant au moins vingt-quatre heures
Mais c'est tout les jours comme ça ?!? Au moins vous devez bien vous amuser
Zuma Otto Rivers
Mais si vous aimez les histoires de bricolage approximatif, vous devriez sourire.
Effectivement. (
« Il n'y a pas de théorie : il suffit d'entendre. Le plaisir est la règle. » Claude Debussy.
Peaveycroquette
J'apprécie beaucoup ton écriture et to' humour
C.Lawde
Mais c'est tout les jours comme ça ?!? Au moins vous devez bien vous amuserMerci pour ce partage.
Si vous saviez… Depuis que j’écris ce journal, je fais attention aux détails du quotidien. Bien sûr, je force le trait, mais je n’invente rien.
– […] j'ai toujours pensé que nous devions avancer vers l'avenir.
– Oui, monseigneur. Difficile d'aller dans l'autre sens.
Terry Pratchett
HPierre
Sn2o
Si vous saviez… Depuis que j’écris ce journal, je fais attention aux détails du quotidien. Bien sûr, je force le trait, mais je n’invente rien.
Merci pour ce moment, moi qui suis un bricoleur du dimanche après-midi d'été d'année bissextile, je me suis reconnu un peu (beaucoup) dans ces tribulations
.: Odon Quelconque :.
https://synthanatomy.com/2026/01/thomann-comborack-review-finally-the-keyboard-shelf-we-ve-been-waiting-for.html

« What is full of redundancy or formula is predictably boring. What is free of all structure or discipline is randomly boring. In between lies art. » (Wendy Carlos)
C.Lawde
Ceci dit, ma version revient un chouia moins cher (je simplifie la liste de courses à la dizaine d’euros) :
Planches MDF (3 × 122/244 cm) : 80 €
Fond type IKEA : 15 €
Peinture laque : 25 €
Glissières noires très chic (14) : 80 €
Fond polyuréthane : 30 €
Roulettes : 15€
Soit environ 250€, hors petit matériel et crises existentielles liées au bricolage.
– […] j'ai toujours pensé que nous devions avancer vers l'avenir.
– Oui, monseigneur. Difficile d'aller dans l'autre sens.
Terry Pratchett
[ Dernière édition du message le 09/03/2026 à 17:59:50 ]
Frajean
Quatorze glissières. Je regarde les prix. À ce moment-là, je comprends que le commerce de la glissière est manifestement une activité très lucrative. Je fais rapidement le calcul et réalise que pour financer l’ensemble je devrais probablement vendre un rein...
Glissières noires très chic (14) : 80 €
Bien sûr, je force le trait, mais je n’invente rien...
A peine
Et sinon, que courage de t'être lancé dans cette réalisation, et bravo pour le résultat. Tant pis pour la vue sur le jardin, tu n'as qu'à jouer debout, comme Jean-Jacques, ou Michel.
[ Dernière édition du message le 09/03/2026 à 18:47:51 ]
C.Lawde
Merci pour ce partage.
Merci beaucoup pour nous avoir partagé ton histoire d'une si belle manière !
Excellent
Quel talent de conteur... et de bricoleur !
Merci pour ce moment, moi qui suis un bricoleur du dimanche après-midi d'été d'année bissextile, je me suis reconnu un peu (beaucoup) dans ces tribulations![]()
Je ne m'attendais pas ce genre de réaction ^^
Merci pour votre lecture et vos remerciements, quitte à raconter mes petits déboires du quotidien, j'ai pris le parti de le faire sur le mode l'humour. Je suis heureux de vous avoir fait sourire.
– […] j'ai toujours pensé que nous devions avancer vers l'avenir.
– Oui, monseigneur. Difficile d'aller dans l'autre sens.
Terry Pratchett
C.Lawde
Dans le magasin de bricolage qui a pignon sur rue en Belgique, le prix est de 37€.
Sur un site allemand que je conseille car la qualité, comme la livraison, sont très satisfaisante, le prix est 9€. Ce qui fait quand même une petite différence.
– […] j'ai toujours pensé que nous devions avancer vers l'avenir.
– Oui, monseigneur. Difficile d'aller dans l'autre sens.
Terry Pratchett
[ Dernière édition du message le 09/03/2026 à 20:36:48 ]
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