Korg GrandStage 73
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Xavier Leblanc 06/02/2019

Korg GrandStage 73 : l'avis de Xavier Leblanc

« Nord Stage ou Grand Stage ? »
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Rapport qualité/prix : Correct Cible : Tout public
En passant ce week end dans mon magasin de musique préféré, je suis tombé nez à nez avec un Korg GrandStage 73. La bête était branchée, je n’ai pu résister à poser les doigts dessus.
Il faut dire qu’elle est belle, la bête, tout de noir vêtue, un look soigné, de l’alu brossé, un beau clavier profond et des potards de bonne facture, un logo lumineux aux couleurs changeantes….
Dès les premières notes, au piano, une irrésistible envie de jouer me saisit. Un son terriblement musical, pas aussi riche que celui de mon NS2, mais tellement plus inspirant…un clavier aux retours rapides, à la frappe réaliste, très légèrement plus lourd dans les graves, y est pour beaucoup ! Je remarque aussi un son parfaitement plein alors que les pianos de mon Nord (et j’en ai chargé beaucoup) sont tous « creux » dans les médiums. L’attaque est moins perlée également.
Sur ce point, le potard commandant la « dynamique » du son permet, en temps réel, d’ajuster l’attaque en fonction du son, alors que mon NS2 propose 3 courbes de vélocité à ajuster par une combinaison de touches. Et en ce qui concerne l’EQ, le petit trois bande immédiatement accessible et très visuel fait bien son boulot.
Ce qui me surprend, c’est la « jouabilité » de ce piano dont la résonance sympathique ne se fait entendre que sur les accords plaqués avec pédale enfoncée…
Rapidement, je plonge dans les pianos électriques, moins, beaucoup moins réussis que les samples de chez Clavia. Un peu clinquants (comme l’ensemble des sons), ils sont cependant facilement modelables notamment par le réglage de la dynamique.
Comme pour les piano, les configs d’origine sont flatteuses, immédiatement jouables, avec des réglages d’effets pertinents.
La riche section synthé est impressionnante, avec de nombreux sons de pads, de leads, etc….là encore parfaitement paramétrés, flatteurs, très jouables. Malheureusement la molette de pitch très lâche et en plastique dur gâche un peu le plaisir. Mais c’est lorsque je découvre que ce clavier n’est pas équipé d’aftertouch que je déchante réellement !
En ce qui concerne l’édition des sons, nouvelle désillusion, quasiment aucune enveloppe/lfo/resonance accessible, pas moyen de modifier les sons. Ils sont beaux, certes, mais c’est vraiment trop court. Surtout à ce tarif !
Je reviens aux pianos, et, clairement, ce clavier est beaucoup plus inspirant que le NS2, plus réaliste, plus musical.
Mais à la réflexion, qu’est ce que ce GrandStage a de plus que mon NS2 ? Un meilleur son de piano dans les médiums, un meilleur clavier. Qu’a-t-il de moins ? Une moindre qualité des samples, l’absence d’une vraie résonance sympathique, un son chouya clinquant, de moins bons EPs, pas d’aftertouch, l’impossibilité d’éditer les sons de synthé (ce qui est pourtant déjà limité sur le NS2).
Enfin, ce clavier ne semble pas aussi robuste que le Nord et j’aurais un peu peur de le poser sur scène, ou le NS2 trone en maître (en s’insérant toujours parfaitement dans le mix, ce qui reste également à vérifier pour le Korg).

A la conclusion, ce Korg GrandStage est un très beau jouet, inspirant, très réussi….mais trop limité. On me répondra, bien sûr, que ce clavier vient concurrencer le Nord Piano (ou le Roland) et pas le Nord Stage….mais il est doté d’un section synthé et ne peut donc se soustraire à la critique de ces fonctions là….et dans mon budget, troquer un NS2 d’occasion contre un GrandStage neuf m’a effleuré l’esprit (à la première écoute de la section piano).
Il ne reste plus à Clavia que de sortir un NS4 avec un clavier à la hauteur de celui du GrandStage (un clavier RH3) !!!