Note : 10 sur 10
« J'aurais pu passer à côté ! »
Publié le 26/08/26 à 07:43
Rapport qualité/prix :
Excellent
Cible :
Tout public
Excellente machine qui demande cependant du temps et de l’investissement. Vous ne pourrez pas faire de belles choses et prendre un grand plaisir en quelques minutes, sauf si vous possédez ou avez possédé une MPC récente dont vous avez la maîtrise. L’OS de la Force est en effet très proche de l’OS MPC. La Force partage d’ailleurs les mêmes plugins que les MPC.
Ces derniers, principalement développés par AIR ou AKAI, sont vraiment de qualité. Rien à redire sur ce point.
Je vais donc parler particulièrement de mon expérience : je recherchais une sorte de centre névralgique type DAW/Ableton Live pour faire du live sans ordinateur, avec la possibilité de tweaker des effets en direct et de gérer aussi un peu de MIDI. La Force est la machine parfaite sur le papier pour cela, et dans la pratique aussi, même si cela ne se passe pas exactement comme cela dans les premiers temps.
Les premières heures sur la machine sont en effet un petit peu décourageantes. Les manipulations sont fastidieuses. Les premiers bouts de compos sont un petit peu rigides et sans vie. Il faut vraiment avoir la patience et le courage de passer ce premier stade. Peu à peu, en découvrant les fonctions, on commence à apporter certaines vibrations, un début d’âme à ce que l’on compose.
Il faut passer par les premiers apprentissages basiques comme :
Découvrir les fonctions de chaque bouton, les fonctions combinées en appuyant sur plusieurs boutons à la fois, l’architecture et la philosophie de la machine. C’est comme Ableton Live, mais les repères ne sont pas tout à fait identiques. Il faut se réapproprier le territoire.
Créer une piste ou plusieurs pistes, y composer quelques notes, faire un premier beat, une première compo avec quelques scènes.
POINTS FORTS :
Venons-en à ce qui est génial sur cette machine :
-La grande matrice de 64 pads, les 8 faders, le crossfader et les boutons Launch qui permettent de faire pas mal de choses : jouer des notes, lancer des clips, des scènes, utiliser les pads pour le finger drumming, déclencher des effets, triturer le step sequencer.
- Les Q-Links et les automations :
Assez rapidement, je vous recommande vivement de vous intéresser très sérieusement aux fameux « Q-Links » ainsi qu’aux automations. Passez un bon moment à comprendre comment cela fonctionne. Toute l’âme et tout le mojo de la machine se trouvent précisément ici.
Sans Q-Links et sans automations, la Force (et les autres MPC) n’aurait que très peu d’intérêt.
Les Q-Links vous permettent très concrètement de :
Assigner n’importe lequel des 8 potentiomètres rotatifs à un paramètre (ou plusieurs) des plugins d’effets, plugins d’instruments, du mixeur, etc., et doubler jusqu’à 16 assignations grâce à un petit bouton.
Par ailleurs, les potentiomètres sont capacitifs, c’est-à-dire qu’en les touchant simplement du bout du doigt, sans les tourner, vous pouvez déjà déclencher un paramètre comme un « mute », par exemple. La paramétrabilité de ces rotatifs est assez poussée. Vous pouvez en effet faire des macros avec.
Un exemple concret : vous pouvez faire arriver la réverb et le chorus en même temps avec le même rotatif sur une piste ou sur le master. Ou, inversement, selon la manière dont vous les paramétrez : faire arriver la réverb et faire disparaître l’effet chorus en même temps. Ce n’est qu’un exemple pour illustrer. Je ne sais pas quelle est la limite en termes de quantité d’éléments paramétrables par rotatif, mais cela peut aller loin.
Assigner n’importe quel paramètre à l’un des pads pour déclencher un effet, une piste, un mute, etc. Les pads ont en effet plusieurs fonctions et peuvent, entre autres, déclencher certaines commandes.
Le crossfader peut être personnalisé à souhait. Dans mon utilisation, j’adore par exemple le faire agir sur le Dry/Wet de la réverb d’une ou plusieurs pistes. Il peut y avoir jusqu’à 16 scénarios d’utilisation du crossfader par projet.
- Vous pouvez transformer l’écran en Kaoss Pad, paramétrable également à souhait.
- Et enfin, toujours dans le menu Q-Links, vous pouvez linker une ADSR ou un LFO à n’importe lequel des paramètres de la machine. Il y a les LFO classiques, mais aussi des LFO dits aléatoires. C’est l’élément parfait pour faire varier certains paramètres de façon aléatoire et donner un mojo analogique et vivant au son.
Il est également possible de brancher, via USB ou MIDI, un clavier, un contrôleur avec faders, un drum pad ou tout autre contrôleur pour piloter des effets, une piste avec un plugin ou autre chose sur la machine.
Aussi, comme sur Ableton Live, vous pouvez automatiser ce que vous voulez sur n’importe quel clip.
Depuis l’OS 3.5, il y a également les fameux « Follow Actions » qui ont été implémentés et qui permettent d’automatiser le déroulement des scènes de manière très flexible, comme dans Ableton Live. Très pratique lorsque vous voulez jouer d’un autre instrument pendant que la Force s’occupe de l’enchaînement automatique des parties d’un titre grâce à cette fameuse fonction « Follow Actions ».
POINTS FAIBLES :
La machine a, selon moi, quatre points faibles.
Principalement de petits défauts hardware de conception qui ne sont pas rédhibitoires, mais qui mettent un léger bémol :
L’écran aurait gagné à être légèrement incliné ou inclinable pour un meilleur confort visuel.
Le plastique « soft touch », ou je ne sais quoi, qui devient collant/poisseux avec le temps. C’est vraiment dommage, cette mode du plastique « tendance ». J’espère que les constructeurs reviendront en arrière. J’avais une MPC 1000 qui avait un plastique noir robuste, durable, très solide et pas du tout collant. Très facilement nettoyable. Ce même plastique aurait été juste parfait sur la Force.
L’astuce pour retrouver un plastique correct sur la Force est d’utiliser de l’alcool isopropylique, mais ATTENTION : vous retrouvez définitivement un plastique lisse et non collant, ce qui est top, MAIS l’alcool retire également la sérigraphie sur le plastique de la machine, ce qui est embêtant. Vous pouvez mettre une skin par la suite, ce qui permet de retrouver une sérigraphie.
L’absence de batterie est un petit peu dommage également. Une batterie offrant 2 à 3 h d’autonomie aurait été pas mal. Il est toujours possible de raccorder une batterie externe au connecteur d’alimentation, mais ce n’est pas la même expérience.
Le chargement d’un morceau n’est pas instantané et prend quelques secondes (de 10 à 30 secondes en moyenne, d’après ce que j’ai pu observer). Ce n’est pas pratique en live et il faut soit avoir deux Forces pour enchaîner un peu à la façon d’un DJ avec ses deux platines, soit trouver une autre machine pour combler le vide entre deux morceaux. Après, ce n’est pas non plus la fin du monde, mais ce n’est pas vraiment optimal. Peut-être qu’une mise à jour de l’OS permettra un jour de pallier cette faiblesse.
Je ne parle pas ici de toutes les autres choses qu’il est possible de faire, mais je me suis focalisé sur les points forts et faibles qui me paraissent primordiaux pour donner une idée de la machine. La possibilité de mettre un gros disque SSD ainsi qu’une carte SD est aussi une force de la Force, par exemple (il fallait que je la place, celle-là !). Il y a également la possibilité d’obtenir des expansions Akai dans un style ou un autre.
Bref, il faut s’y investir, y passer du temps, regarder quelques tutos YouTube de temps à autre pour dénicher de belles astuces.
Pour conclure, je voudrais juste dire à ceux qui semblent un peu perdus au début :
Ne vous découragez pas et persévérez !
La Force paraît impraticable au début. C’est en réalité une super machine. Pas certain qu’il y ait mieux aujourd’hui en termes de machine tout-en-un. Peut-être les MPC récentes et MPC Keys. Mais l’ergonomie de ces dernières me semble un petit peu moins bonne.
J’ai failli la revendre au début, car les premiers apprentissages sont presque trop décourageants. Mais au final, après avoir dépassé cela, je la garde, et pour encore très, très longtemps.
J’espère d’ailleurs qu’ils en sortiront une génération 2 prochainement. Croisons les doigts ! C’est devenu à présent mon tout premier outil de travail, au même niveau qu’Ableton Live.
Ces derniers, principalement développés par AIR ou AKAI, sont vraiment de qualité. Rien à redire sur ce point.
Je vais donc parler particulièrement de mon expérience : je recherchais une sorte de centre névralgique type DAW/Ableton Live pour faire du live sans ordinateur, avec la possibilité de tweaker des effets en direct et de gérer aussi un peu de MIDI. La Force est la machine parfaite sur le papier pour cela, et dans la pratique aussi, même si cela ne se passe pas exactement comme cela dans les premiers temps.
Les premières heures sur la machine sont en effet un petit peu décourageantes. Les manipulations sont fastidieuses. Les premiers bouts de compos sont un petit peu rigides et sans vie. Il faut vraiment avoir la patience et le courage de passer ce premier stade. Peu à peu, en découvrant les fonctions, on commence à apporter certaines vibrations, un début d’âme à ce que l’on compose.
Il faut passer par les premiers apprentissages basiques comme :
Découvrir les fonctions de chaque bouton, les fonctions combinées en appuyant sur plusieurs boutons à la fois, l’architecture et la philosophie de la machine. C’est comme Ableton Live, mais les repères ne sont pas tout à fait identiques. Il faut se réapproprier le territoire.
Créer une piste ou plusieurs pistes, y composer quelques notes, faire un premier beat, une première compo avec quelques scènes.
POINTS FORTS :
Venons-en à ce qui est génial sur cette machine :
-La grande matrice de 64 pads, les 8 faders, le crossfader et les boutons Launch qui permettent de faire pas mal de choses : jouer des notes, lancer des clips, des scènes, utiliser les pads pour le finger drumming, déclencher des effets, triturer le step sequencer.
- Les Q-Links et les automations :
Assez rapidement, je vous recommande vivement de vous intéresser très sérieusement aux fameux « Q-Links » ainsi qu’aux automations. Passez un bon moment à comprendre comment cela fonctionne. Toute l’âme et tout le mojo de la machine se trouvent précisément ici.
Sans Q-Links et sans automations, la Force (et les autres MPC) n’aurait que très peu d’intérêt.
Les Q-Links vous permettent très concrètement de :
Assigner n’importe lequel des 8 potentiomètres rotatifs à un paramètre (ou plusieurs) des plugins d’effets, plugins d’instruments, du mixeur, etc., et doubler jusqu’à 16 assignations grâce à un petit bouton.
Par ailleurs, les potentiomètres sont capacitifs, c’est-à-dire qu’en les touchant simplement du bout du doigt, sans les tourner, vous pouvez déjà déclencher un paramètre comme un « mute », par exemple. La paramétrabilité de ces rotatifs est assez poussée. Vous pouvez en effet faire des macros avec.
Un exemple concret : vous pouvez faire arriver la réverb et le chorus en même temps avec le même rotatif sur une piste ou sur le master. Ou, inversement, selon la manière dont vous les paramétrez : faire arriver la réverb et faire disparaître l’effet chorus en même temps. Ce n’est qu’un exemple pour illustrer. Je ne sais pas quelle est la limite en termes de quantité d’éléments paramétrables par rotatif, mais cela peut aller loin.
Assigner n’importe quel paramètre à l’un des pads pour déclencher un effet, une piste, un mute, etc. Les pads ont en effet plusieurs fonctions et peuvent, entre autres, déclencher certaines commandes.
Le crossfader peut être personnalisé à souhait. Dans mon utilisation, j’adore par exemple le faire agir sur le Dry/Wet de la réverb d’une ou plusieurs pistes. Il peut y avoir jusqu’à 16 scénarios d’utilisation du crossfader par projet.
- Vous pouvez transformer l’écran en Kaoss Pad, paramétrable également à souhait.
- Et enfin, toujours dans le menu Q-Links, vous pouvez linker une ADSR ou un LFO à n’importe lequel des paramètres de la machine. Il y a les LFO classiques, mais aussi des LFO dits aléatoires. C’est l’élément parfait pour faire varier certains paramètres de façon aléatoire et donner un mojo analogique et vivant au son.
Il est également possible de brancher, via USB ou MIDI, un clavier, un contrôleur avec faders, un drum pad ou tout autre contrôleur pour piloter des effets, une piste avec un plugin ou autre chose sur la machine.
Aussi, comme sur Ableton Live, vous pouvez automatiser ce que vous voulez sur n’importe quel clip.
Depuis l’OS 3.5, il y a également les fameux « Follow Actions » qui ont été implémentés et qui permettent d’automatiser le déroulement des scènes de manière très flexible, comme dans Ableton Live. Très pratique lorsque vous voulez jouer d’un autre instrument pendant que la Force s’occupe de l’enchaînement automatique des parties d’un titre grâce à cette fameuse fonction « Follow Actions ».
POINTS FAIBLES :
La machine a, selon moi, quatre points faibles.
Principalement de petits défauts hardware de conception qui ne sont pas rédhibitoires, mais qui mettent un léger bémol :
L’écran aurait gagné à être légèrement incliné ou inclinable pour un meilleur confort visuel.
Le plastique « soft touch », ou je ne sais quoi, qui devient collant/poisseux avec le temps. C’est vraiment dommage, cette mode du plastique « tendance ». J’espère que les constructeurs reviendront en arrière. J’avais une MPC 1000 qui avait un plastique noir robuste, durable, très solide et pas du tout collant. Très facilement nettoyable. Ce même plastique aurait été juste parfait sur la Force.
L’astuce pour retrouver un plastique correct sur la Force est d’utiliser de l’alcool isopropylique, mais ATTENTION : vous retrouvez définitivement un plastique lisse et non collant, ce qui est top, MAIS l’alcool retire également la sérigraphie sur le plastique de la machine, ce qui est embêtant. Vous pouvez mettre une skin par la suite, ce qui permet de retrouver une sérigraphie.
L’absence de batterie est un petit peu dommage également. Une batterie offrant 2 à 3 h d’autonomie aurait été pas mal. Il est toujours possible de raccorder une batterie externe au connecteur d’alimentation, mais ce n’est pas la même expérience.
Le chargement d’un morceau n’est pas instantané et prend quelques secondes (de 10 à 30 secondes en moyenne, d’après ce que j’ai pu observer). Ce n’est pas pratique en live et il faut soit avoir deux Forces pour enchaîner un peu à la façon d’un DJ avec ses deux platines, soit trouver une autre machine pour combler le vide entre deux morceaux. Après, ce n’est pas non plus la fin du monde, mais ce n’est pas vraiment optimal. Peut-être qu’une mise à jour de l’OS permettra un jour de pallier cette faiblesse.
Je ne parle pas ici de toutes les autres choses qu’il est possible de faire, mais je me suis focalisé sur les points forts et faibles qui me paraissent primordiaux pour donner une idée de la machine. La possibilité de mettre un gros disque SSD ainsi qu’une carte SD est aussi une force de la Force, par exemple (il fallait que je la place, celle-là !). Il y a également la possibilité d’obtenir des expansions Akai dans un style ou un autre.
Bref, il faut s’y investir, y passer du temps, regarder quelques tutos YouTube de temps à autre pour dénicher de belles astuces.
Pour conclure, je voudrais juste dire à ceux qui semblent un peu perdus au début :
Ne vous découragez pas et persévérez !
La Force paraît impraticable au début. C’est en réalité une super machine. Pas certain qu’il y ait mieux aujourd’hui en termes de machine tout-en-un. Peut-être les MPC récentes et MPC Keys. Mais l’ergonomie de ces dernières me semble un petit peu moins bonne.
J’ai failli la revendre au début, car les premiers apprentissages sont presque trop décourageants. Mais au final, après avoir dépassé cela, je la garde, et pour encore très, très longtemps.
J’espère d’ailleurs qu’ils en sortiront une génération 2 prochainement. Croisons les doigts ! C’est devenu à présent mon tout premier outil de travail, au même niveau qu’Ableton Live.