Weber Effects Plexi CM Epitome
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Weber Effects Plexi CM Epitome

Plexi CM Epitome, Simulateur d'amplis//baffles guitare en pédale de la marque Weber Effects.

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pujol813 05/03/2020

Weber Effects Plexi CM Epitome : l'avis de pujol813

« La belgitude des choses »
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Rapport qualité/prix : Correct Cible : Tout public
Après des années d’attente en embuscade, j’avais au printemps 2019 réussi à mettre la main sur une SG Junior d’occase au juste prix et je me suis dit : « La pauvrette, faudrait voir à la marier avec un British musculeux, histoire qu’elle se sente comme chez elle ». Sauf que mon « maison-studio » n’accuse que 8 mètres carré et qu’il n’est question ni d’y faire entrer ni chanter un Plexi ou un JCM ; ma tête VHT de 6 watts a déjà un atténuateur au cul. Et voilà que je tombe sur la démo de Néogéofanatic. Les finances enluminées d'un vert splendifère, je réserve une Epitome auprès de Sacha Weber.
J’ai commandé la pédale en août 2019 et je l’ai reçue en février 2020, au terme d’une attente ponctuée par des échanges de mails évanescents, et d’une perte par le transporteur. Aussi, si vous êtes pressé, achetez une plexilike chez le revendeur allemand. D’une façon générale, les Allemands sont rapides et organisés -c’est connu-, sans compter que, pour ce qui est du transport, ils ont fait leurs preuves au mitan du siècle dernier ; même si on ne les félicite pas pour cela.
Que faisait donc Sacha le Belge pendant presque six mois ? Suçotait-il rêveusement les miettes de tarte al d’jote cimentées à ses chicots ou projetait-t-il d’aller se jeter dans un bras gelé de l’Escaut ? Une fois branchée, la pédale fait oublier cette indolence commerciale.

En premier test, j’ai fait défiler la SG à qui je l’avais promise, une Telecaster, une Stratocaster ainsi qu’une Tele hybride montée avec un SH6 de chez Seymour Duncan, le humbucker qui fait de gros Kreu ! Kreu ! quand on l’excite.
Une fois la pédale branchée sur le canal clair de l’ampli, un premier constat : les potards inspirent confiance et agissent sur le son avec progressivité. À part ceux de Presence dont je ne m’explique pas la... présence justement puisqu’ils n’influent en rien sur les réglages. À zéro ou à burne, même tarif. Il doit sans doute s’agir d’un choix décoratif. Et je ne suis pas le premier à le remarquer. Si on le rapporte au coût de la pédale, ça fait tout de même un peu cher du bouton sans fonction. Mention spéciale toutefois pour les potards de Gain et de Medium, essentiels pour sculpter le son de l’enfer -et de l’autoroute qui y mène, comme chacun sait-, ici fort bien dosés. Un chouïa en avant ou en arrière et le caractère change radicalement. Le Bass me paraît plus pertinent en soustractif qu’en additif où, à 14h/15h, il ajoute très vite du dégueulando si on pousse le Gain.
Les deux lignes de traitement présentent des sonorités différentes. Je résume à gros traits : on a un canal plutôt acide et un autre plutôt épais. La personnalité de chaque guitare est respectée et, en fermant les yeux, l’illusion est parfaite : on est VRAIMENT face à deux Marshall distincts. En usant de réglages corrects sur les deux canaux, le bruit de fond reste contenu pour ne pas dire infime, ce qui constitue un bon point pour l'enregistrement. Autre bonne surprise, là où la plupart des pédales de saturation émulant les amplis bouffent les attaques, la Weber, plus particulièrement son canal Plexi, garde des transitoires franches qui contribuent à la véracité de la reproduction des modèles.
- Avec la SG, en mode Plexi, on retrouve l’âpreté des riffs hachés menus des premiers albums d’AC/DC.
- Avec la Telecaster montée en simples, on rappelle les power chords et les palm mute de punk-rock 77 et les motifs teigneux de pub-rock de la même veine seventies. Ultra jouissif.
- Avec le micro kreu-kreu, en mode JCM, on titille le heavy-metal jusqu’aux 80’s type Van Halen. Pas plus loin ? Si. En enclenchant les deux modes, on peut pousser au-delà de 11 mais l’ampli siffle -et souffle- sans tarder la fin de la partie.
- Avec la Stratocaster, je n’ai pas été convaincu mais c’est affaire de goût : je la préfère fine de claire de chez tweed.
J’ai fait défiler pendant une bonne heure les sons de la hargne juvénile des cinquante dernières années ; ils y étaient tous, rangés dans l’ordre et prêts à mordre.
Cette émouvante rétrospective achevée, j’ai installé un micro (Sennheiser e906) devant ma gamelle de 12, branché un préampli type 1073 et appuyé sur la touche record de ma STAN.
J’ai enregistré quelques riffs sur une petite drôlerie en cours pour laquelle, vite fait mal fait, j’avais utilisé le simulateur de Logic. À la réécoute, bien placés dans le mix, les accords de guitare semblent sortis d’un stack du fond des âges, et non d’une mini tête de studio. J’ai écouté, joué, enregistré une tétrachiée de Marshaux depuis 30 ans et piétiné des rangées de pédales. Cela pour vous dire que j’écris ces lignes avec l’arrogance du vieux con érudit.

Je garde cette Weber. Ma recherche du son british est (pour l’heure) achevée. Nous sommes en présence d’une des meilleures pédales du marché. Tenons quand même compte de l’inutilité des potards de Presence. Peut-être sont-ils juste foireux -ce n’est pas à exclure- mais je n’ai plus de temps à consacrer à la correspondance avec le néant. Ma Gibson SG Junior est comblée. Du coup -bonne nouvelle-, elle a décidé de rester, elle aussi.