Note : 10 sur 10
« Un voyageur du son, un sound designer astucieux et musical au prix mini »
Publié le 11/10/23 à 06:18
Rapport qualité/prix :
Excellent
Cible :
Tout public
J’ai l’habitude de laisser des avis détaillés avec de nombreuses remarques sur les fonctions d’une machine.
Ici il s’agit de témoigner d’un coup de cœur énorme pour ce synthé qui représente pour moi comme un aboutissement de tentatives de plusieurs machines et vst.
Le nom de "six opérateurs" convient bien, plutôt que synthé FM à six opérateurs qui serait très réducteur par rapport à ce que peut offrir cet instrument. Mais tous les musicos qui suivent ce Korg savent déjà toutes les spécifications offertes par cette machine extrêmement astucieuse.
Sinon on trouve tout en français chez Arthur (cf ci dessus) ou Knarf de Les Sondiers ou encore en anglais compilé
de Loopop. Cependant on aura que la description approfondie du contenu de la machine et une bonne idée de ce qu’elle peut faire.
Si on veut comprendre comment elle fonctionne et comment s’en servir, les deux vidéos suivantes, en anglais encore, me semblent indispensables:
Si je veux trouver/ reproduire/ reconstruire par les commandes le son que j’ai en tête je passe mon chemin mais si je veux découvrir un son qui me ravira et m’inspirera alors l’Opsix est l’instrument qu’il me faut.
L'Opsix est comme un chemin dans la musique, on découvre en marchant, Forest Gump aurait pu dire la musique avec l'Opsix c'est comme une boite de chocolat ...
Je trouve qu’on est ainsi dans un esprit plus proche du modulaire genre: « je fais des sons imprévisibles, d’une très grande variété, avec peu d’effort et à peu de frais » bien que les deux derniers points ne sont pas forcément vrais pour le modulaire…
En ce sens la vidéo qui m’a beaucoup séduit est en anglais par Oscillator Sink :
(session live archivée: il faut aller sur YouTube puis chercher "Korg Opsix Oscillator Sink" et le titre:
[Archived Stream]Just a Lovely Chill Time with the Korg Opsix-Stream)
La machine la plus proche et que j’ai possédée quelques années est le MODX version abordable du Montage, plus performante que l’Opsix, énormément. Mais un sentiment de frustration face à la complexité de l’instrument et le manque de spontanéité pour pouvoir facilement exploiter les capacités de la machine m’ont fait la revendre.
Cependant question qualité de son le MODX me semble nettement au dessus et c’est sans doute dû à la polyphonie* double à 64 notes et maintenant 128 sur la version MODX 6+ peut être aussi à deux opérateurs supplémentaires. Le Montage, lui, possède des convertisseurs AN/DI encore plus performants.
* la polyphonie du modèle Opsix SE passant à 80 voix peut être un gros plus en ce sens
Tout ce qui fait le charme de l’Opsix c’est une interface directe et puissante entre son cerveau pour son exploration aléatoire d’un son attractif et les commandes. Quel pied !
Tant de possibilités de variation du son sous les doigts des six faders et potards du mixeur des opérateurs et les sept potards de contrôles et de modulation. On fouille on tâtonne on s’embarque dans de nombreuses ramifications et chemins de traverse. Et tout ça avec une qualité des choix sonores, des effets et l’irréprochable propreté du son digital.
Acquis pour un peu plus de 300 euros d’occasion, il n’y a pas d'instrument plus enthousiasmant que j’ai eu entre les mains à part mon piano acoustique, ma basse électrique ou une de mes guitares, ou pour les machines électroniques le Digitakt.
Quelques notes ?
J’ai aimé
- s’abandonner loin des règles mathématiques qui ont permis de concevoir la FM du DX7 vers un bidouillage des contrôles pour des résultats quelquefois enchanteurs
- Un opérateur "user" type page blanche et un bouton random qui rajoutent encore à la magie, de plus on peut choisir la liste des paramètres à affecter de façon aléatoire
- Les codes couleurs des contrôleurs des opérateurs et les six boutons de contrôle qui m’ont rappelé le Digitakt, l'interface en général est top
- l'écran est petit mais très lisible et l'organisation des données - qui ressemble à celle des Elektron- est très claire
- Enfin un bouton "tap tempo" efficace!
- Le clavier tant décrié est finalement une bonne surprise
- Les sélecteurs petits boutons carrés sont discrets, rapides
- Le changement de preset sans coupure de son
- y a pas d'aftertouch mais un réglage en vélocité exponentielle
- Le séquenceur polyphonique à six notes et six points d’automation par pas (donc 96 notes et non 16)
- la matrice de modulation à 12 entrées, par exemple moduler le changement d'algorithme par la vélocité sur le clavier... rhhhâââ lovely
- la facilité pour charger la version 2.0 du software ainsi que les nouveaux programs et favoris 2.0 ( sur MacOs) et je trouve le site de Korg plutôt bien fait
- le nouveau mode Effect de la v2.0 avec un wave shaper de 60 formes différentes
- l'utilisation comme clavier contrôleur midi est formidable avec ses 18 faders et potards
- la qualité des presets d'usine et l'organisation par favoris et l’utilisation du librarian
- À ce prix …
J’ai moins aimé
- le plus gênant est qu'on a pas une vue complète de la position des faders et des potards lorsqu'on change de preset/'program'. Bien sûr ce ne sont pas des contrôleurs motorisés, mais on pourrait contrer cela avec un éditeur qui n'existe pas, le vst Opsix Native n'en étant pas un. En même temps s'il est aussi nul que celui du Kross, c'est pas la peine! Donc ici, il faut alors parcourir un à un les opérateurs pour savoir ce qu'il en est et recaler la position des contrôleurs sur leur valeur informatique. Appuyer sur shift lors d'un affichage permet de donner la valeur du contrôle mais ce n'est pas suffisant
- la construction impeccable et sérieuse mais qui semble fragile tellement la chose est légère; les potards semblent assez solides, les faders semblent légers: pour moi c’est un synthé pour le studio
- Certains réglages inhérents à la FM comme changer de ratio pour un opérateur se font par des changements avec saut de valeur et ça s’entend là ou un synthé analo offre une évolution par valeurs continues
- Une seule entrée de pédale sustain/switch/lancement, le Kross en offre trois, le MODX quatre
- 37 touches qui accrochent un peu sur le côté, sans aftertouch c’est limité heureusement j’ai d’autres claviers pour contrôler et élargir la palette sonore, et là…
- Le niveau de volume en sortie est très élevé à mon goût et tous les réglages de ma chaîne audio doivent être abaissés, je ne suis jamais dans la règle souhaitable des 70/75% à chaque niveau
- l'usb transmet le midi mais pas l'audio, contrairement au Kross2 que j'utilise tous les jours dans une gamme de prix similaire
- il manque une organisation des presets (programmes) par catégorie comme sur le librarian
- pas d'option pour visualiser à quoi est alloué la ModWheel ou bien la vélocité, comme c'est le cas pour pour les LFO et les EG , il faut chercher contrôle par contrôle
- pas de possibilité pour entrer le code numérique d'un programme: enregistrer une modification du 002 sur le 351? il faut tourner la molette pendant 20 secondes ou utiliser le Librarian sur l'ordi
- la version clavier 61T avec AT à quatre fois le prix ?! Même si Korg annonce une polyphonie de 80 voix contre 32
- la note de seulement 8/10 donnée par Audiofanzine
Bref décidément cette équipe de Korg, quel talent! Attiré par le Modwave et le Wavestate -c'est pour plus tard - c'est finalement l'Opsix qui me semble le plus compréhensible et accessible question complexité. Peut-être aussi le plus musical.
PS Une vst dans un clavier ? On peut le penser en général avec le digital et dans ce cas l'excellent plug in OpSix Native (voir l'avis par ailleurs) et lorsqu'on pilote bien son ordi avec un bon clavier midi comme le Novation Launchkey par exemple, la tentation est grande de vérifier qu'on peut faire pareil sans le synthé OpSix. Après un test j'ai abandonné l'idée et gardé mon OpSix parce que la magie du bidouillage de commandes ne se remplace pas
Ici il s’agit de témoigner d’un coup de cœur énorme pour ce synthé qui représente pour moi comme un aboutissement de tentatives de plusieurs machines et vst.
Le nom de "six opérateurs" convient bien, plutôt que synthé FM à six opérateurs qui serait très réducteur par rapport à ce que peut offrir cet instrument. Mais tous les musicos qui suivent ce Korg savent déjà toutes les spécifications offertes par cette machine extrêmement astucieuse.
Sinon on trouve tout en français chez Arthur (cf ci dessus) ou Knarf de Les Sondiers ou encore en anglais compilé
Si on veut comprendre comment elle fonctionne et comment s’en servir, les deux vidéos suivantes, en anglais encore, me semblent indispensables:
Si je veux trouver/ reproduire/ reconstruire par les commandes le son que j’ai en tête je passe mon chemin mais si je veux découvrir un son qui me ravira et m’inspirera alors l’Opsix est l’instrument qu’il me faut.
L'Opsix est comme un chemin dans la musique, on découvre en marchant, Forest Gump aurait pu dire la musique avec l'Opsix c'est comme une boite de chocolat ...
Je trouve qu’on est ainsi dans un esprit plus proche du modulaire genre: « je fais des sons imprévisibles, d’une très grande variété, avec peu d’effort et à peu de frais » bien que les deux derniers points ne sont pas forcément vrais pour le modulaire…
En ce sens la vidéo qui m’a beaucoup séduit est en anglais par Oscillator Sink :
(session live archivée: il faut aller sur YouTube puis chercher "Korg Opsix Oscillator Sink" et le titre:
[Archived Stream]Just a Lovely Chill Time with the Korg Opsix-Stream)
La machine la plus proche et que j’ai possédée quelques années est le MODX version abordable du Montage, plus performante que l’Opsix, énormément. Mais un sentiment de frustration face à la complexité de l’instrument et le manque de spontanéité pour pouvoir facilement exploiter les capacités de la machine m’ont fait la revendre.
Cependant question qualité de son le MODX me semble nettement au dessus et c’est sans doute dû à la polyphonie* double à 64 notes et maintenant 128 sur la version MODX 6+ peut être aussi à deux opérateurs supplémentaires. Le Montage, lui, possède des convertisseurs AN/DI encore plus performants.
* la polyphonie du modèle Opsix SE passant à 80 voix peut être un gros plus en ce sens
Tout ce qui fait le charme de l’Opsix c’est une interface directe et puissante entre son cerveau pour son exploration aléatoire d’un son attractif et les commandes. Quel pied !
Tant de possibilités de variation du son sous les doigts des six faders et potards du mixeur des opérateurs et les sept potards de contrôles et de modulation. On fouille on tâtonne on s’embarque dans de nombreuses ramifications et chemins de traverse. Et tout ça avec une qualité des choix sonores, des effets et l’irréprochable propreté du son digital.
Acquis pour un peu plus de 300 euros d’occasion, il n’y a pas d'instrument plus enthousiasmant que j’ai eu entre les mains à part mon piano acoustique, ma basse électrique ou une de mes guitares, ou pour les machines électroniques le Digitakt.
Quelques notes ?
J’ai aimé
- s’abandonner loin des règles mathématiques qui ont permis de concevoir la FM du DX7 vers un bidouillage des contrôles pour des résultats quelquefois enchanteurs
- Un opérateur "user" type page blanche et un bouton random qui rajoutent encore à la magie, de plus on peut choisir la liste des paramètres à affecter de façon aléatoire
- Les codes couleurs des contrôleurs des opérateurs et les six boutons de contrôle qui m’ont rappelé le Digitakt, l'interface en général est top
- l'écran est petit mais très lisible et l'organisation des données - qui ressemble à celle des Elektron- est très claire
- Enfin un bouton "tap tempo" efficace!
- Le clavier tant décrié est finalement une bonne surprise
- Les sélecteurs petits boutons carrés sont discrets, rapides
- Le changement de preset sans coupure de son
- y a pas d'aftertouch mais un réglage en vélocité exponentielle
- Le séquenceur polyphonique à six notes et six points d’automation par pas (donc 96 notes et non 16)
- la matrice de modulation à 12 entrées, par exemple moduler le changement d'algorithme par la vélocité sur le clavier... rhhhâââ lovely
- la facilité pour charger la version 2.0 du software ainsi que les nouveaux programs et favoris 2.0 ( sur MacOs) et je trouve le site de Korg plutôt bien fait
- le nouveau mode Effect de la v2.0 avec un wave shaper de 60 formes différentes
- l'utilisation comme clavier contrôleur midi est formidable avec ses 18 faders et potards
- la qualité des presets d'usine et l'organisation par favoris et l’utilisation du librarian
- À ce prix …
J’ai moins aimé
- le plus gênant est qu'on a pas une vue complète de la position des faders et des potards lorsqu'on change de preset/'program'. Bien sûr ce ne sont pas des contrôleurs motorisés, mais on pourrait contrer cela avec un éditeur qui n'existe pas, le vst Opsix Native n'en étant pas un. En même temps s'il est aussi nul que celui du Kross, c'est pas la peine! Donc ici, il faut alors parcourir un à un les opérateurs pour savoir ce qu'il en est et recaler la position des contrôleurs sur leur valeur informatique. Appuyer sur shift lors d'un affichage permet de donner la valeur du contrôle mais ce n'est pas suffisant
- la construction impeccable et sérieuse mais qui semble fragile tellement la chose est légère; les potards semblent assez solides, les faders semblent légers: pour moi c’est un synthé pour le studio
- Certains réglages inhérents à la FM comme changer de ratio pour un opérateur se font par des changements avec saut de valeur et ça s’entend là ou un synthé analo offre une évolution par valeurs continues
- Une seule entrée de pédale sustain/switch/lancement, le Kross en offre trois, le MODX quatre
- 37 touches qui accrochent un peu sur le côté, sans aftertouch c’est limité heureusement j’ai d’autres claviers pour contrôler et élargir la palette sonore, et là…
- Le niveau de volume en sortie est très élevé à mon goût et tous les réglages de ma chaîne audio doivent être abaissés, je ne suis jamais dans la règle souhaitable des 70/75% à chaque niveau
- l'usb transmet le midi mais pas l'audio, contrairement au Kross2 que j'utilise tous les jours dans une gamme de prix similaire
- il manque une organisation des presets (programmes) par catégorie comme sur le librarian
- pas d'option pour visualiser à quoi est alloué la ModWheel ou bien la vélocité, comme c'est le cas pour pour les LFO et les EG , il faut chercher contrôle par contrôle
- pas de possibilité pour entrer le code numérique d'un programme: enregistrer une modification du 002 sur le 351? il faut tourner la molette pendant 20 secondes ou utiliser le Librarian sur l'ordi
- la version clavier 61T avec AT à quatre fois le prix ?! Même si Korg annonce une polyphonie de 80 voix contre 32
- la note de seulement 8/10 donnée par Audiofanzine
Bref décidément cette équipe de Korg, quel talent! Attiré par le Modwave et le Wavestate -c'est pour plus tard - c'est finalement l'Opsix qui me semble le plus compréhensible et accessible question complexité. Peut-être aussi le plus musical.
PS Une vst dans un clavier ? On peut le penser en général avec le digital et dans ce cas l'excellent plug in OpSix Native (voir l'avis par ailleurs) et lorsqu'on pilote bien son ordi avec un bon clavier midi comme le Novation Launchkey par exemple, la tentation est grande de vérifier qu'on peut faire pareil sans le synthé OpSix. Après un test j'ai abandonné l'idée et gardé mon OpSix parce que la magie du bidouillage de commandes ne se remplace pas