Les peaux de grosse caisse Evans ont toujours figuré parmi les plus populaires de la discipline, et l'introduction des modèles UV1 en 2019 n’a fait que renforcer ce succès. Alors, la nouvelle génération UV2 saura-t-elle satisfaire les attentes des joueur·ses les plus exigeant·es ? On passe au test !
Introduction
Avant de démarrer (et pour briller en société), il convient de définir ce que signifie précisément l’abréviation UV dans la gamme de peaux Evans. Il s’agit tout simplement d’un type de revêtement renforcé, dont la durabilité est accrue grâce à un procédé d’exposition aux rayons UV. Contrairement aux peaux sablées traditionnelles, où le revêtement est pulvérisé puis séché à l’air (ce qui a tendance à le rendre très friable avec le temps), ce procédé utilise une technologie de polymérisation par lumière ultraviolette.
Le premier point fort de cette technologie est donc d’offrir une surface extrêmement résistante et quasiment impossible à écailler. Ainsi, peu importe le type de batte utilisé, le revêtement restera intact beaucoup (vraiment beaucoup) plus longtemps qu’une peau sablée classique (type G1 ou Remo Ambassador, par exemple). De plus, au niveau sonore, cette texture plus rugueuse et plus mate offrira des transitoires mieux définis, avec un surplus d’impact assez remarquable lors des attaques, mais aussi un meilleur contrôle des harmoniques, sans jamais nuire à l’intégrité de la note fondamentale.
La principale différence entre les générations UV1 et UV2 réside dans l’épaisseur totale et le nombre de plis qui constituent la peau de frappe. Vous l’aurez compris, le chiffre 2 indique donc que chaque peau est constituée de deux plis de 7 mil (épaisseur totale de 0,35 millimètre) qui travaillent de concert pour atténuer les fréquences aiguës et privilégier les basses, tandis que les versions UV1 possèdent un pli unique de 10 mil (0,25 millimètre). Toutes les peaux choisies pour le test possèdent un diamètre de 22 pouces, mais elles sont bien sûr disponibles dans toutes les autres tailles courantes. Enfin, lors de nos essais, nous avons accompagné ce trio avec des peaux de résonance EMAD Resonant et EQ3 Resonant.
UV2, EQ3 et EMAD : trois niveaux d’amortissement différents
Un des facteurs les plus cruciaux dans le choix d’une peau de grosse caisse est l’amortissement. Et pour bien distinguer chaque option proposée ici, précisons que les peaux UV2 (sans suffixe) possèdent bien deux plis, mais aucun amortissement supplémentaire (hormis la friction naturelle des deux plis entre eux), tandis que les peaux UV2 EQ3 utilisent en plus un anneau d’amortissement interne amovible, et que les peaux EMAD UV2 utilisent un système d’anneau externe interchangeable.
L’UV2 adopte donc une approche de puriste, et a été conçue pour offrir le son le lus naturel et le plus ouvert. L’UV2 EQ3, avec son anneau d’amortissement interne amovible, a été conçue pour sonner légèrement plus grave, car une fine bande de maintien reste fixée à la peau même si on retire l’anneau. Enfin, l’EMAD UV2 (reconnaissable grâce à son rail en plastique noir) offre encore plus d’options. Ce rail peut rester vide pour un amortissement minimum, ou alors être équipé de l’un des deux anneaux en mousse fournis, qui mesurent respectivement 2 et 4 cm de large. L’anneau de 2 cm conservera une touche de sustain et de projection, tandis que l’anneau de 4 cm coupera court à toute résonance, et offrira donc un son très atténué, sec et direct.
En pratique : sensations de jeu et sonorités
Pour réaliser nos premiers essais, nous avons utilisé une grosse caisse Yamaha 9000 de 22 × 14 pouces, enregistrée avec une combinaison de micros Electro Voice N/D868 et AIM Audio Inspire, sans ajouter d’amortissement supplémentaire. Sans surprise, les nouvelles peaux de frappe UV2 offrent un rendu vraiment très naturel, tant au niveau de la réponse en basses fréquences que de la sonorité globale de la grosse caisse, et l’impression de solidité dégagée par le matériau de la peau inspire confiance pour jouer sans répit. Ce modèle nous semble être une excellente alternative aux modèles sablés classiques à un pli, souvent perçus comme offrant une sonorité un peu cartonnée ou « papier ». De plus, l’amortissement produit par la friction des deux plis filtre déjà assez efficacement les résonances indésirables.
L’UV2 EQ3 offre une sonorité tout aussi naturelle, mais beaucoup plus « produite ». Elle délivre davantage de fréquences médiums, et ce, avec ou sans l’anneau d’amortissement interne. Au final, on obtient un son de grosse caisse encore plus présent dans le mix. Cette peau semble idéale pour celles et ceux qui recherchent un son à la fois très moderne et bien équilibré, caractéristique des productions pop actuelles.
L’EMAD UV2 offre une excellente définition des fréquences basses et de l’attaque de la batte. Sans anneau, l’impact est très direct et sonne, lui aussi, presque comme s’il était déjà mixé. L’ajout des anneaux améliore encore un peu plus le contrôle des résonances, mais le son devient aussi un peu étouffé, surtout avec l’anneau de 4 cm. Néanmoins, cette sonorité très sèche pourrait se révéler être un choix idéal dans un contexte musical très rapide, et devrait aussi permettre aux fans de métal de réaliser leurs rêves les plus fous. Enfin, en termes de sonorités pures, les deux peaux de résonance se sont avérées très proches l’une de l’autre, à ceci près que l’EMAD Resonant propose un temps de déclin légèrement supérieur à l’EQ3 Resonant.
Extraits sonores

- 1 – UV200:30
- 2 – UVE EQ3 sans anneau00:28
- 3 – UV2 EQ3 avec anneau00:29
- 4 – EMAD UV2 sans anneau00:29
- 5 – EMAD UV2 anneau de 2 cm00:29
- 6 – EMAD UV2 anneau de 4 cm00:29
- 7 – EMAD Resonant00:39
- 8 – EQ3 Resonant00:29




