KaeRZed 15/12/2014

Korg Prophecy : l'avis de KaeRZed

« Petit mais costaud !! »
5

  • J'aime
  • Tweet
  • Partager
  • Mail
Rapport qualité/prix : Excellent Cible : Les utilisateurs avertis
Tout a commencé vers 1995, en lisant mon "Keyboards" mensuel...
Je dévore littéralement un banc d'essai passionnant dévoilant le dernier OVNI signé Korg: le Prophecy.

Outre le look réellement engagé, les caractéristiques font rêver: générateur multi-synthèses mélangeant modélisation analogique (on est au tout début de l'ère Virtual Analogue), modélisation physique (le Yamaha VL1 est sorti depuis un an à peine et il fait encore baver pas mal de monde), modulation de phase (lorgnant du côté des accros à la synthèse FM), ...
Bref, on se prend à rêver d'un analogique intégrant un VL1 et un DX7 en une seule machine.

Il n'en est rien, bien sûr !!
En fait, ce qui a attiré mon attention à l'époque fut la prise à revers du courant de l'époque: alors que tous les constructeurs se livrent à une course effrénée à la polyphonie galopante, Korg donne un grand coup de pied dans la fourmilière et sort...un synthé monophonique !!
Alors que le moindre synthé est forcément décliné en version XXL 88 touches toucher lourd avec marteaux en bois et touches plaquées ivoire, Korg sort... un petit clavier plastique de 3 octaves à peine.

Petit par la taille, petit par la (non) polyphonie mais... prise de vertige lorsque l'on regarde dedans:
- 2 oscillos multisynthèse ayant chacun un WaveShaper, complétés par un sub et un noise
- 2 mixers avec routing plutôt complet (dont un feedback ravageur)
- 2 filtres multimodes résonnants (ce qui n'est pas si courant que ça en 1995) en série ou en parallèle
- 5 générateurs d'enveloppe (une de pitch, une d'amplitude et 3 'libres')
- 4 LFO
- un arpégiateur
- quelques effets minimalistes
- un nombre de contrôleurs non négligeable pour l'époque, donc le fameux LOG permettant de faire bouger les sons dans tous les sens avec un seul doigt ou presque

Alors, forcément, dompter tout ça avec un petit écran LCD monochrome non graphique et non tactile n'est pas toujours super facile. Mais je n'irai pas jusqu'à dire qu'il est super compliqué: si l'on sait ce que l'on fait et que l'on y va progressivement, c'est finalement assez bien pensé et l'organisation des menus reste logique.
Personnellement, après avoir essayé d'utiliser l'éditeur Progenie, je suis retourné sur le synthé et, avec son écran et ses magnifiques boutons smarties directement hérités du M1, je m'en sors beaucoup mieux.

Je ne l'ai pas depuis très longtemps mais je ne suis pas déçu du tout: malgré la présence d'autres machines honorables dans mon modeste home studio (Yamaha CS15, Kurzweil K2000, Novation Supernova, Roland V-Synth XT,...), le Prophecy a tout de suite su trouver sa place en apportant son grain si particulier à la palette sonore de mon setup.