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Test du système de sonorisation Mackie ShowBox - Et c’est parti pour le show !

7/10

La marque américaine Mackie nous a proposé de tester son système de sonorisation autonome baptisé ShowBox. Sur le papier, il semble idéal pour sonoriser un duo ou un trio, que ce soit au coin d’une rue ou dans un petit bar. Qu’en est-il dans la pratique ?

Test du système de sonorisation Mackie ShowBox : Et c’est parti pour le show !

Présen­ta­tion complète du Mackie Show­Box : concep­tion, connec­tique et auto­no­mie

faceParfois, une grande carrière peut commen­cer à l’oc­ca­sion d’un concert impro­visé au coin d’une rue ou dans un petit café. Dans ce contexte, il peut être pratique, voire indis­pen­sable, de possé­der son propre système de sono­ri­sa­tion. Encore faut-il qu’il soit suffi­sam­ment nomade, avec un poids raison­nable et une ergo­no­mie bien pensée, davan­tage tour­née vers les musi­ciens que vers les tech­ni­ciens du son. C’est préci­sé­ment l’am­bi­tion que semblent s’être donnée les équipes de Mackie en déve­lop­pant du Show­Box.

Ce système est consti­tué de deux éléments : une enceinte et une table de mixage, cette dernière n’étant pas tout à fait compa­rable à une console clas­sique en termes d’er­go­no­mie. Nous y revien­drons.

Du côté de l’en­ceinte, on trouve un haut-parleur de 8 pouces et un moteur de compres­sion de 1 pouce pour une puis­sance annon­cée de 400 W, dans un format rela­ti­ve­ment compact de 300 × 500 × 249 mm. Le poids reste tout à fait raison­nable, avec envi­ron 9,5 kg, un bon compro­mis entre puis­sance, stabi­lité et préser­va­tion de nos dos. L’en­ceinte dispose d’une poignée de trans­port, d’une embase de 36 mm pour un montage sur pied, mais aussi de pads permet­tant une utili­sa­tion en posi­tion hori­zon­tale incli­née. Le cais­son est en plas­tique et paraît suffi­sam­ment robuste pour encais­ser quelques frot­te­ments ou mani­pu­la­tions un peu maladroites.

arrièreÀ l’ar­rière, on retrouve une connec­tique bien four­nie. Celle-ci comprend deux entrées micro au format XLR pour les canaux 1 et 3, deux entrées instru­ments en jack 6,35 mm pour les canaux 2 et 4, ainsi que deux entrées ligne gauche/droite égale­ment en jack 6,35 mm pour les canaux 5 et 6. On trouve aussi une boucle d’ef­fets avec entrées Send et Return, une entrée auxi­liaire au format mini-jack, une entrée desti­née à un foots­witch, une sortie casque en jack 6,35 mm et une sortie Main Out au format XLR. À cela s’ajoutent un port USB-C 3.1, un lecteur de carte micro-SD, un port RJ45 destiné à la liai­son avec la mixette, ainsi que la prise d’ali­men­ta­tion. On a égale­ment cinq boutons dédiés aux fonc­tions « Front LED », « Feed­back Elim », « Outdoor Mode », « PA Mode », ainsi qu’à l’ap­pai­rage Blue­tooth.

S’il est bien sûr possible d’uti­li­ser une alimen­ta­tion secteur, l’un des points forts du Show­Box réside dans la présence d’une batte­rie inté­grée capable d’ali­men­ter l’en­semble du système jusqu’à 12 heures, selon Mackie. Dans la pratique, c’est effec­ti­ve­ment l’ordre de gran­deur que j’ai pu consta­ter, même si l’au­to­no­mie varie logique­ment en fonc­tion du volume géné­ral. On peut égale­ment saluer le choix de Mackie d’avoir rendu cette batte­rie amovible, ce qui permet de la rempla­cer si néces­saire. Une atten­tion deve­nue, malheu­reu­se­ment, assez rare.

La mixette qui accom­pagne l’en­ceinte peut être utili­sée de deux façons : soit bran­chée direc­te­ment dans le loge­ment prévu à cet effet sur l’en­ceinte, soit en mode « remote » via le câble RJ45 fourni, dont on peut au passage saluer la bonne qualité. Pour cette seconde confi­gu­ra­tion, Mackie a égale­ment prévu un adap­ta­teur permet­tant de fixer la mixette sur un pied de micro.

Concer­nant la qualité de fabri­ca­tion de la mixette, je suis resté plus dubi­ta­tif. Elle est conçue en plas­tique, qui m’a semblé un peu léger, et les poten­tio­mètres présentent un peu de jeu. L’uti­li­sa­tion de maté­riaux plus robustes pour cet élément du système aurait été perti­nente. Enten­dons-nous bien : la mixette ne va pas se casser entre les doigts, mais elle risque de ne pas appré­cier quelques mauvaises chutes, auxquelles elle est poten­tiel­le­ment plus expo­sée que l’en­ceinte d’am­pli­fi­ca­tion.

Le système Show­Box est fabriqué en Chine et, hormis quelques réserves concer­nant la résis­tance de la mixette en cas de chute, l’as­sem­blage reste globa­le­ment bon. Le prix de vente constaté au moment de la rédac­tion de ce test est d’en­vi­ron 700 euros.

Prise en main du Show­Box : ergo­no­mie de la mixette et fonc­tions inté­grées

mixetteComme évoqué en intro­duc­tion, ce système de sono­ri­sa­tion semble viser en prio­rité une clien­tèle de musi­ciens, et on sent que Mackie s’est donné du mal pour rendre l’uti­li­sa­tion de la mixette simple et agréable. L’in­ter­face est bien agen­cée, avec une rangée de boutons permet­tant de sélec­tion­ner l’un des six canaux. Une fois le canal choisi, la rangée infé­rieure donne accès à des poten­tio­mètres dédiés au volume et au gain. On notera d’ailleurs la présence d’un auto-gain plutôt pratique, qui évitera proba­ble­ment quelques erreurs de réglage de ce côté-là, ainsi qu’une égali­sa­tion à trois bandes LOW, MID et HIGH. Des LEDs de noti­fi­ca­tion indiquent en perma­nence les niveaux.

Enfin, les quatre poten­tio­mètres de la dernière rangée donnent accès à un compres­seur, au niveau de la boucle d’ef­fet et surtout à deux banques d’ef­fets distinctes, FX1 et FX2. Ces deux sections ne sont pas iden­tiques et ne fonc­tionnent pas tout à fait de la même manière. La section FX1 est en série et permet une indé­pen­dance de réglage entre les canaux, tandis que la section FX2 fonc­tionne en paral­lèle et doit être parta­gée entre les canaux 1 et 3 d’un côté, et 2 et 4 de l’autre. En revanche, il n’est pas possible d’uti­li­ser les effets sur les canaux 5 et 6, qui accueillent par ailleurs les flux Blue­tooth et AUX.

Voici le listing des effets dispo­nibles :

  • FX1: small/large chorus, slow/fast delay, delay + chorus, reverse delay, over­drive, fuzz, crunch, flan­ger, phaser, tube model, acous­tic GTR et tremolo.
  • FX2: small/large plate, small/large room, small/large hall, spring reverb, small/large chorus, slow/fast delay, delay + chorus, delay + reverb, reverb delay, flan­ger, phaser et tremolo.

Cela couvre large­ment les besoins courants pour une pres­ta­tion en petit collec­tif. De plus, en appuyant sur le poten­tio­mètre FX1, on accède à un accor­deur et en appuyant sur FX2 on rentre dans le mode « snap­shots » qui permet de sauve­gar­der/char­ger jusqu’à 5 confi­gu­ra­tions.

Une dernière section, située à droite de la mixette, regroupe des commandes plus géné­rales. On y trouve le volume géné­ral MASTER accom­pa­gné de son bouton MUTE, le volume du casque, l’in­di­ca­teur de niveau de batte­rie, ainsi que deux fonc­tions loin d’être anec­do­tiques pour un usage nomade. La première est gérée par le bouton SD RECORD, qui permet de déclen­cher l’en­re­gis­tre­ment de la pres­ta­tion sur la carte SD insé­rée au préa­lable dans le port dédié de l’en­ceinte. Il s’agit d’un enre­gis­tre­ment de l’en­semble des canaux en une piste stéréo au format 24 bits/48 kHz. La seconde concerne le looper inté­gré, très simple à utili­ser, et doté d’un poten­tio­mètre de volume indé­pen­dant. Mackie a même pensé à ajou­ter un port USB-C sur la tranche de la mixette afin de pouvoir rechar­ger un télé­phone ou une tablette.

Nous avions égale­ment évoqué la présence d’un autre port USB-C, cette fois direc­te­ment situé sur l’en­ceinte. Celui-ci permet d’en­voyer ou de rece­voir un flux audio. Par exemple, j’ai pu y bran­cher mon télé­phone et lancer une play­list, immé­dia­te­ment diffu­sée sur le Show­Box, sans aucune confi­gu­ra­tion parti­cu­lière sous Android. Il est égale­ment possible d’uti­li­ser le Show­Box avec un ordi­na­teur, à condi­tion d’ins­tal­ler les pilotes ASIO four­nis par la marque (dans le cas d’un ordi­na­teur sous Windows). En revanche, inutile d’es­pé­rer se retrou­ver avec une inter­face audio offrant six entrées indé­pen­dantes : le DAW ne récu­père qu’une somma­tion stéréo de l’en­semble des entrées. Cela reste néan­moins tout à fait exploi­table dans de nombreuses situa­tions.

Bref, l’en­semble est très bien pensé. Je n’ai pas vrai­ment eu besoin de consul­ter le manuel pour m’en servir, et il est clair que l’er­go­no­mie géné­rale consti­tue une vraie réus­site.

Perfor­mances sonores du Mackie Show­Box : rendu, puis­sance et limites

J’ai testé ce système dans des confi­gu­ra­tions variées. Tout d’abord avec ma guitare seule, afin d’éva­luer le rendu des effets d’over­drive et de crunch, et je suis resté sur ma faim. Le son se révèle un peu nasillard, comme s’il manquait une simu­la­tion d’en­ceinte guitare en bout de chaîne. La fuzz m’a laissé la même impres­sion. On est fina­le­ment davan­tage face à une solu­tion de dépan­nage et, pour un rendu plus sérieux, on privi­lé­giera sans doute l’uti­li­sa­tion de pédales de satu­ra­tion et de simu­la­tion en amont du Show­Box. En revanche, j’ai trouvé les effets de modu­la­tion et de spatia­li­sa­tion plus convain­cants, d’au­tant plus qu’ils sont très faciles à régler, puisqu’un unique poten­tio­mètre permet d’en gérer le niveau.

C’est d’ailleurs un constat que j’ai égale­ment fait en essayant le système avec quelques élèves, dans l’école où j’en­seigne, sur des confi­gu­ra­tions du type deux guitares et chant, ou encore guitare, clavier et chant. En deux ou trois mani­pu­la­tions, on obtient une balance tout à fait crédible et l’on peut appliquer quelques effets sans se compliquer la vie. Dans ce contexte, le Show­Box fonc­tionne bien, et c’est fina­le­ment ce qu’on lui demande.

Concer­nant le rendu global du système, tout n’est cepen­dant pas parfait. De manière géné­rale, la balance tonale appa­raît légè­re­ment déséqui­li­brée, avec des aigus en retrait et un bas médium un peu trop marqué. Les boutons « Outdoor Mode » et « PA Mode » sont censés réajus­ter la balance géné­rale afin de s’adap­ter au contexte d’uti­li­sa­tion, mais, à l’usage, je n’ai pas perçu de diffé­rences parti­cu­liè­re­ment flagrantes. En pratique, il faudra surtout s’ap­puyer sur l’éga­li­seur de la mixette qui, bien que très basique, fait correc­te­ment son travail et permet de compen­ser ces manque­ments.

Enfin, en ce qui concerne la puis­sance et la diffu­sion, cela reste suffi­sant dans le cadre de l’uti­li­sa­tion prévue, mais ce n’est assu­ré­ment pas la solu­tion la plus adap­tée pour couvrir le jeu d’un batteur métal derrière son rack. Il convient donc de garder quelques réserves quant au volume réel­le­ment perçu des 400 W annon­cés sur le papier. Toute­fois, on parle ici d’un système qui fonc­tionne sur batte­rie.

Notre avis : 7/10

Le système de sono­ri­sa­tion Show­Box de Mackie parvient à conci­lier mobi­lité, faci­lité d’uti­li­sa­tion et, dans une certaine mesure, puis­sance. Un cock­tail inté­res­sant pour qui recherche une solu­tion pratique desti­née à des pres­ta­tions dans des lieux aux dimen­sions modestes, ou dans des contextes plus atypiques, grâce à l’au­to­no­mie offerte par la batte­rie inté­grée.

Durant ce test, on a appré­cié la manière dont Mackie a conçu une mixette adap­tée aux besoins des musi­ciens, propo­sant une ergo­no­mie bien pensée et des fonc­tions perti­nentes telles que l’auto-gain, l’en­re­gis­tre­ment sur carte SD ou encore le looper inté­gré.

Là où le Show­Box perd des points, c’est avant tout sur la qualité globale du rendu sonore. Celui-ci reste correct, mais la balance tonale semblera sans doute perfec­tible aux oreilles les plus exigeantes. Les guita­ristes seront égale­ment proba­ble­ment déçus par le rendu des satu­ra­tions propo­sées par la marque améri­caine, bien­ve­nues pour dépan­ner dans un contexte mini­ma­liste, mais qui font pâle figure face à l’uti­li­sa­tion de quelques pédales dédiées. Enfin, on aurait appré­cié une concep­tion de la mixette repo­sant sur des maté­riaux plus robustes.

Affi­chée aux alen­tours de 700 euros, le Show­Box appa­raît comme un produit avant tout pratique, sans pour autant se distin­guer comme une réfé­rence sur le plan sonore.

  • Facilement transportable
  • Accès à de nombreux outils pratiques et pertinents pour les musiciens
  • Ergonomie de la mixette réussie
  • Grande facilité d’utilisation générale
  • Bonne autonomie de la batterie

  • Rendu sonore correct mais perfectible
  • Manque de puissance perceptible dans certaines situations
  • Mixette qui aurait mérité l’emploi de matériaux plus robustes
  • Effets de saturation qui ne conviendront pas à tous les guitaristes
Pays de fabrication : Chine
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  • Ekladam 13287 posts au compteur
    Ekladam
    Drogué·e à l’AFéine
    Posté le 11/02/2026 à 17:58:56
    A suivre ...

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