La marque américaine Mackie nous a proposé de tester son système de sonorisation autonome baptisé ShowBox. Sur le papier, il semble idéal pour sonoriser un duo ou un trio, que ce soit au coin d’une rue ou dans un petit bar. Qu’en est-il dans la pratique ?
Présentation complète du Mackie ShowBox : conception, connectique et autonomie

Ce système est constitué de deux éléments : une enceinte et une table de mixage, cette dernière n’étant pas tout à fait comparable à une console classique en termes d’ergonomie. Nous y reviendrons.
Du côté de l’enceinte, on trouve un haut-parleur de 8 pouces et un moteur de compression de 1 pouce pour une puissance annoncée de 400 W, dans un format relativement compact de 300 × 500 × 249 mm. Le poids reste tout à fait raisonnable, avec environ 9,5 kg, un bon compromis entre puissance, stabilité et préservation de nos dos. L’enceinte dispose d’une poignée de transport, d’une embase de 36 mm pour un montage sur pied, mais aussi de pads permettant une utilisation en position horizontale inclinée. Le caisson est en plastique et paraît suffisamment robuste pour encaisser quelques frottements ou manipulations un peu maladroites.

S’il est bien sûr possible d’utiliser une alimentation secteur, l’un des points forts du ShowBox réside dans la présence d’une batterie intégrée capable d’alimenter l’ensemble du système jusqu’à 12 heures, selon Mackie. Dans la pratique, c’est effectivement l’ordre de grandeur que j’ai pu constater, même si l’autonomie varie logiquement en fonction du volume général. On peut également saluer le choix de Mackie d’avoir rendu cette batterie amovible, ce qui permet de la remplacer si nécessaire. Une attention devenue, malheureusement, assez rare.
La mixette qui accompagne l’enceinte peut être utilisée de deux façons : soit branchée directement dans le logement prévu à cet effet sur l’enceinte, soit en mode « remote » via le câble RJ45 fourni, dont on peut au passage saluer la bonne qualité. Pour cette seconde configuration, Mackie a également prévu un adaptateur permettant de fixer la mixette sur un pied de micro.
Concernant la qualité de fabrication de la mixette, je suis resté plus dubitatif. Elle est conçue en plastique, qui m’a semblé un peu léger, et les potentiomètres présentent un peu de jeu. L’utilisation de matériaux plus robustes pour cet élément du système aurait été pertinente. Entendons-nous bien : la mixette ne va pas se casser entre les doigts, mais elle risque de ne pas apprécier quelques mauvaises chutes, auxquelles elle est potentiellement plus exposée que l’enceinte d’amplification.
Le système ShowBox est fabriqué en Chine et, hormis quelques réserves concernant la résistance de la mixette en cas de chute, l’assemblage reste globalement bon. Le prix de vente constaté au moment de la rédaction de ce test est d’environ 700 euros.
Prise en main du ShowBox : ergonomie de la mixette et fonctions intégrées

Enfin, les quatre potentiomètres de la dernière rangée donnent accès à un compresseur, au niveau de la boucle d’effet et surtout à deux banques d’effets distinctes, FX1 et FX2. Ces deux sections ne sont pas identiques et ne fonctionnent pas tout à fait de la même manière. La section FX1 est en série et permet une indépendance de réglage entre les canaux, tandis que la section FX2 fonctionne en parallèle et doit être partagée entre les canaux 1 et 3 d’un côté, et 2 et 4 de l’autre. En revanche, il n’est pas possible d’utiliser les effets sur les canaux 5 et 6, qui accueillent par ailleurs les flux Bluetooth et AUX.
Voici le listing des effets disponibles :
- FX1: small/large chorus, slow/fast delay, delay + chorus, reverse delay, overdrive, fuzz, crunch, flanger, phaser, tube model, acoustic GTR et tremolo.
- FX2: small/large plate, small/large room, small/large hall, spring reverb, small/large chorus, slow/fast delay, delay + chorus, delay + reverb, reverb delay, flanger, phaser et tremolo.
Cela couvre largement les besoins courants pour une prestation en petit collectif. De plus, en appuyant sur le potentiomètre FX1, on accède à un accordeur et en appuyant sur FX2 on rentre dans le mode « snapshots » qui permet de sauvegarder/charger jusqu’à 5 configurations.
Une dernière section, située à droite de la mixette, regroupe des commandes plus générales. On y trouve le volume général MASTER accompagné de son bouton MUTE, le volume du casque, l’indicateur de niveau de batterie, ainsi que deux fonctions loin d’être anecdotiques pour un usage nomade. La première est gérée par le bouton SD RECORD, qui permet de déclencher l’enregistrement de la prestation sur la carte SD insérée au préalable dans le port dédié de l’enceinte. Il s’agit d’un enregistrement de l’ensemble des canaux en une piste stéréo au format 24 bits/48 kHz. La seconde concerne le looper intégré, très simple à utiliser, et doté d’un potentiomètre de volume indépendant. Mackie a même pensé à ajouter un port USB-C sur la tranche de la mixette afin de pouvoir recharger un téléphone ou une tablette.
Nous avions également évoqué la présence d’un autre port USB-C, cette fois directement situé sur l’enceinte. Celui-ci permet d’envoyer ou de recevoir un flux audio. Par exemple, j’ai pu y brancher mon téléphone et lancer une playlist, immédiatement diffusée sur le ShowBox, sans aucune configuration particulière sous Android. Il est également possible d’utiliser le ShowBox avec un ordinateur, à condition d’installer les pilotes ASIO fournis par la marque (dans le cas d’un ordinateur sous Windows). En revanche, inutile d’espérer se retrouver avec une interface audio offrant six entrées indépendantes : le DAW ne récupère qu’une sommation stéréo de l’ensemble des entrées. Cela reste néanmoins tout à fait exploitable dans de nombreuses situations.
Bref, l’ensemble est très bien pensé. Je n’ai pas vraiment eu besoin de consulter le manuel pour m’en servir, et il est clair que l’ergonomie générale constitue une vraie réussite.
Performances sonores du Mackie ShowBox : rendu, puissance et limites
J’ai testé ce système dans des configurations variées. Tout d’abord avec ma guitare seule, afin d’évaluer le rendu des effets d’overdrive et de crunch, et je suis resté sur ma faim. Le son se révèle un peu nasillard, comme s’il manquait une simulation d’enceinte guitare en bout de chaîne. La fuzz m’a laissé la même impression. On est finalement davantage face à une solution de dépannage et, pour un rendu plus sérieux, on privilégiera sans doute l’utilisation de pédales de saturation et de simulation en amont du ShowBox. En revanche, j’ai trouvé les effets de modulation et de spatialisation plus convaincants, d’autant plus qu’ils sont très faciles à régler, puisqu’un unique potentiomètre permet d’en gérer le niveau.
C’est d’ailleurs un constat que j’ai également fait en essayant le système avec quelques élèves, dans l’école où j’enseigne, sur des configurations du type deux guitares et chant, ou encore guitare, clavier et chant. En deux ou trois manipulations, on obtient une balance tout à fait crédible et l’on peut appliquer quelques effets sans se compliquer la vie. Dans ce contexte, le ShowBox fonctionne bien, et c’est finalement ce qu’on lui demande.
Concernant le rendu global du système, tout n’est cependant pas parfait. De manière générale, la balance tonale apparaît légèrement déséquilibrée, avec des aigus en retrait et un bas médium un peu trop marqué. Les boutons « Outdoor Mode » et « PA Mode » sont censés réajuster la balance générale afin de s’adapter au contexte d’utilisation, mais, à l’usage, je n’ai pas perçu de différences particulièrement flagrantes. En pratique, il faudra surtout s’appuyer sur l’égaliseur de la mixette qui, bien que très basique, fait correctement son travail et permet de compenser ces manquements.
Enfin, en ce qui concerne la puissance et la diffusion, cela reste suffisant dans le cadre de l’utilisation prévue, mais ce n’est assurément pas la solution la plus adaptée pour couvrir le jeu d’un batteur métal derrière son rack. Il convient donc de garder quelques réserves quant au volume réellement perçu des 400 W annoncés sur le papier. Toutefois, on parle ici d’un système qui fonctionne sur batterie.