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Histoire du DJing

Dans les années 50-60 le terme DJ (Disc Jockey) désignait les artistes vocaux intervenant en direct sur des versions instrumentales (principalement dans les sound-systems jamaïcains), de nos jours on les appelle des MC. Le métier de DJ évolua vers la fin des années 70 aux États-Unis avec l’apparition de la Disco puis du Hip-Hop et ainsi des premiers enchaînements de disques calés sur le même BPM (Battement Par Minute : à la même vitesse). DJ Kool Herc, Jamaïcain émigré aux États-Unis, est considéré comme étant le précurseur du calage au tempo.

Si au départ, la tâche des DJs se résumait à enchaîner les disques dans les Night-clubs ou à la radio, ces derniers ne tardèrent pas à envisager leur rôle de manière plus créative. Certains abordèrent ainsi les platines non plus comme des outils mais comme des instruments de musique à part entière. Inaugurant de nouvelles techniques (passe-passe) et de nouvelles sonorités (scratch). Dans les années 80, ils surent tirer parti des inventions du moment (samplers, boîtes à rythmes…) pour poser les jalons de nouveaux genres musicaux.

Le matériel des DJ

Pour mixer ses morceaux de musique, un DJ a besoin de platines d’écoute, d’une table de mixage (ou console) et d’un casque (pour la pré-écoute).

Au début les DJ utilisaient tous des platines vinyle, mais les platines CD pour DJ sont apparues apportant des nouvelles fonctionnalités destinées à améliorer l’expérience et à développer la créativité (boucles, points cue…). Le CD est un support audio léger et peu encombrant, mais l’interaction avec le vinyle est bien plus agréable et il reste un objet de collection incomparable.

L’apparition de logiciels de mixage comme Traktor ou Serato a de nouveau fait évoluer le monde du DJing en proposant de nouvelles fonctions et une bibliothèque musicale infinie. Dans l’absolue un ordinateur suffirait, mais mixer à la souris n’étant pas ce qu’il y a de plus agréable, les fabricants de logiciels DJ ont rapidement ajouté la possibilité de contrôler les platines virtuelles à l’aide de platines physiques et de vinyles ou CDs de contrôle.

Mais c’est l’apparition des contrôleurs DJ qui a réellement démocratisé cette solution. On distingue les contrôleurs tout-en-un (intégrant jogs, table de mixage, pads, contrôle des effets…) offrant un contrôle total du logiciel des contrôleurs dédiés permettant de piloter certaines sections du logiciel (la table de mixage, les platines ou toute autre fonction).

L’autre révolution, apportée par ces nouvelles technologies, est la fonction calage automatique (sync) permettant à n’importe qui de mixer sans avoir à apprendre à caler. Les puristes diront que c’est une honte de l’utiliser (et ils n’auront pas tort), mais il faut reconnaître que cela permet de gagner du temps et de se concentrer davantage sur la partie créative. Certains contrôleurs sont d’ailleurs dépourvus de fonctions de calage manuel (jog et pitch).

Pour les plus geek, il est également possible de mixer avec une tablette tactile grâce aux applications DJ, on en trouve des très sérieuses. Le côté intuitif du tactile apporte un réel plus même si l’interface reste un peu petite pour se « lâcher » complètement, il faut être plus minutieux. Côté encombrement on bat tous les records même s’il est conseillé de connecter sa tablette à une interface audio externe compatible pour profiter d’une qualité audio suffisante, celle des tablettes étant plus que limitée.

Certains fabricants bénéficient d’une renommée importante dans le DJing et sont reconnus pour leurs standards et innovations. Parmi les plus connus on trouve Technics, Pioneer, Native Instruments, Rane, Serato, Numark, Vestax, Denon, Allen & Heath, Freevox...

 

Les types de DJ

On différencie plusieurs types de DJs en fonction de leurs actions sur les morceaux de musique qu’ils diffusent. Il y a ceux qui :

  • les enchaînent simplement : les uns après les autres (radio, mariage, animation)
  • les mixent : calage, superposition et enchaînement (club)
  • les scratchent (Hip-Hop)
  • les transforment (Bootleg, Mashup, Medley)

Au même titre que l’enchaînement simple, le mixage a pour but de passer les morceaux les uns à la suite des autres, mais de la manière la plus fluide possible voir inaudible. On reconnaît souvent la qualité d’un mix à la difficulté qu’on éprouve à distinguer les morceaux les uns des autres et à notre incapacité à repérer les moments où le DJ les ajoute ou les enlève.

Le mixage requiert beaucoup de dextérité et créativité puisque l’objectif est de superposer les sonorités des morceaux de musique afin de créer des enchaînements fluides, dynamiques et cohérents. Il faut d’abord être capable de sélectionner ceux susceptibles de se mélanger harmonieusement en terme de tonalité, style, rythme, sonorité et vitesse. La créativité commence donc par cette sélection et se révèle pleinement dans la manière de les mélanger et enchaîner. Après les avoir calés, à l’aide du pitch des platines (ou à l’aide de la fonction sync pour les plus feignants ^^), les DJs utilisent les égaliseurs et faders (et parfois des effets) présents sur la table de mixage pour ajouter, superposer, mélanger et supprimer les morceaux de musique et donner ainsi « vie » au mix (montées, descentes, break, accalmie…).

Certains DJ utilisent les sons d’une tout autre manière, ils les scratchent en apposant leurs doigts sur le vinyle (platine vinyle) ou sur le JOG (platine CD et contrôleurs) et en exerçant des mouvements plus ou moins rapides dans les deux sens (an avant et en arrière). Ces mouvements sont associés à une utilisation très pointue du crossfader (ou des faders) de la table de mixage permettant d’entrecouper le son et de passer d’une platine à l’autre. Le DJ « scratcheur » crée ainsi de nouveaux rythmes et sons à partir de ceux présents dans le morceau de musique. Il existe plusieurs techniques de scratch (cutting, transforming, flare…) qu’il est possible de cumuler et alterner à l’infini créant ainsi des scratchs toujours plus techniques et originaux. Les meilleurs DJs sont d’ailleurs capables, en utilisant le pitch ou en jouant sur la vitesse des mouvements, de reproduire des mélodies et des instruments de musique.

Il existe un autre type de DJs qui utilisent des ordinateurs ou du matériel hardware (looper, samplers…) pour créer des nouveaux morceaux à partir de plusieurs boucles et extraits de morceaux existants, on appelle cette technique mashup, bootleg ou medley.