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Interview de Paul Mahon, guitariste de The Answer

Dossier

Lumière sur Paul Mahon, guitariste du groupe The Answer

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Il y a dix ans, les Irlandais de The Answer se présentaient au monde en jetant un bien joli pavé dans la mare avec leur premier album Rise (2006), un excellent disque où on pouvait s’étonner d’entendre de si jeunes musiciens maîtriser à ce point un classic rock fortement influencé par Free, Led Zeppelin et consorts. De l’eau a coulé sous les ponts depuis, le revival du classic rock s’est répandu au travers de nombreuses autres formations et The Answer a continué son bonhomme de chemin tout en faisant évoluer son style, enregistrement après enregistrement, jusqu’à la sortie de son sixième disque Solas disponible le 28 octobre. The Answer se produisait à l’Olympia cet été dans le cadre d’une tournée célébrant les dix ans de son premier opus, l’occasion pour nous de nous entretenir avec son guitariste Paul Mahon histoire d’en savoir plus sur son parcours musical et le matériel qu’il utilise.

Paul, peux-tu revenir sur tes premiers pas de musicien ? 

Au départ, j’étais avant tout un auditeur comme les autres. J’étais un grand fan de musique et pour quelqu’un d’aussi jeune que moi, cela représentait une partie très importante de ma vie. Je savais que je voulais être impliqué là-dedans d’une manière ou d’une autre. Je suis vite devenu une sorte de jeune journaliste, car je pouvais dire qui jouait sur tel ou tel album, qui faisait quoi, où avait eu lieu l’enregistrement et tout ce genre de détails. Pour moi, l’étape suivante était d’apprendre à jouer. J’ai eu ma première guitare pour le Noël de mes douze ans. À l’époque, je pensais que j’allais pouvoir jouer comme Joe Satriani en l’espace de seulement deux semaines (rires) ! J’attends encore ce moment (rires) ! C’était vraiment beaucoup plus dur que ce à quoi je m’attendais. Je n’arrivais même pas à m’accorder, je cassais des cordes et je finissais par tout envoyer balader. Je ne pouvais pas enchaîner un accord de La et un accord de Sol. J’ai fini par abandonner la pratique de la guitare pendant environ deux ans. 

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Puis Nevermind (1991) de Nirvana est sorti et cela a eu un énorme impact sur les gamins de mon âge qui se sont mis à former des groupes les uns après les autres. Cet album, à la manière du mouvement punk à la fin des 70’s, a démontré que l’on pouvait faire de la bonne musique sans posséder la technique d’Eddie Van Halen et que les accords de quinte pouvaient suffire. Cela m’a énormément influencé et encouragé à reprendre la guitare. Puis j’ai commencé à me dire en voyant jouer des groupes locaux que si ces mecs pouvaient le faire, il n’y avait aucune raison pour que je ne le puisse pas. J’ai commencé à croire en moi et à m’exercer davantage. J’ai donc appris pas mal de chansons de Kurt Cobain, ce qui était assez gratifiant et encourageant. Vivant en Irlande du Nord, j’ai très vite été marqué par le succès de Therapy ? qui m’a également inspiré. Puis je me suis mis à Pearl Jam et leurs chansons étaient plus compliquées et c’est là que j’ai commencé à vraiment m’améliorer. 

À partir de là je me suis orienté vers le blues et Led Zeppelin, Jimi Hendrix, Black Sabbath et bien évidemment Free, une de mes plus grosses influences. Tout ce que je viens de citer constitue sans aucun doute les racines du son de The Answer. Puis j’ai fini par aller plus loin dans mon apprentissage en lorgnant du côté de Joe Satriani, Steve Vai et Frank Zappa. Je me suis également mis au jazz à cette période. Mon seul problème est que je n’avais pas de groupe avec qui jouer. C’était avant l’existence de Pro Tools et jouer de la musique avec l’aide d’un ordinateur était encore hors de ma portée niveau budget. Ce n’était pas comme aujourd’hui où tu peux grosso modo faire un album tout seul dans ta chambre. J’ai fini par me procurer un 4 pistes, mais je me suis vite ennuyé avec. Bien sûr je jouais souvent en écoutant mes disques favoris. J’écoutais Made In Japan (1972) et je devenais Ritchie Blackmore pour la nuit ! Mais j’ai commencé une école de musique et cela a été une expérience très enrichissante, car je devais composer pour mes examens et faire tout un tas d’exercices. J’étais un peu lent avec l’apprentissage traditionnel, le solfège, mais j’avais une bonne oreille. Disons que j’étais beaucoup plus rapide pour comprendre des choses que pour en écrire, même si je ne m’en sortais pas si mal dans mes cours de musique classique. Le 4 pistes est vite redevenu attrayant car il me permettait de composer plus rapidement. J’ai commencé également à m’intéresser à la technologie et aux techniques d’enregistrement pour compléter mes connaissances. Je me suis mis à cette époque à composer pas mal de choses traditionnelles et pas mal de blues, et Micky (NDLR Waters, basse) n’était jamais très loin. Nous jouions souvent ensemble, et cette période, vers 1999, a marqué le début de ce qu’allait devenir The Answer. 

Jouais-tu déjà sur une Les Paul

Non ! Je jouais sur des Strat à l’époque ! À vrai dire, je n’ai pas touché la moindre Les Paul avant The Answer. C’est arrivé tout bêtement quand un beau jour un ami d’un groupe local est venu me voir et m’a dit : « pourquoi joues-tu sur une Strat ? Ton style de musique réclame l’usage d’une Les Paul ! ». J’avais 21 ans et j’ai voulu essayer. J’ai donc acheté une Les Paul et lorsque ce mec m’a vu jouer avec, il m’a dit « c’est le jour et la nuit Paul, tu es fait pour cette guitare ! ». J’imagine que tout le monde doit penser que j’ai toujours joué sur des Les Paul, mais absolument pas, j’ai grandi avec des Strat ! 

Et depuis que tu t’es mis aux Les Paul, tu n’es plus jamais revenu en arrière n’est-ce pas ? 

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Non pas vraiment effectivement ! Ceci dit, j’ai fait l’acquisition d’une superstrat Charvel Jake E.Lee sur la tournée d’AC/DC (NDLR The Answer a assuré la première partie d’AC/DC sur la tournée mondiale de Black Ice en 2008 et 2009), mais je dois avouer ne pas l’avoir beaucoup jouée. En revanche, sur notre nouvel album Solas (2016), je joue énormément sur une Strat de la marque Nash. Ce sont de superbes guitares ! La mienne est une réplique parfaite des Stratocaster de 1963 (ndlr : probablement une S63). Ce sont le même genre de guitares qu’utilise Richie Sambora. Quand vous le voyez jouer sur une Strat, la plupart du temps c’est d’une Nash dont il s’agit. C’est son guitar tech qui m’a présenté ses guitares et qui m’a permis de les essayer. J’ai également pas mal joué sur une nouvelle Yamaha Revstar sur notre dernier album, et j’ai même ressorti une vieille Telecaster que je possède pour quelques prises. 

En ce moment, nous jouons principalement nos plus vieux morceaux en tournée et pendant nos répétitions j’ai essayé de les jouer avec ma Nash, mais ils ne rendent pas aussi bien. Cela pourrait fonctionner, mais il faudrait que j’y passe plus de temps et ça changerait probablement un peu le son du groupe. Pour l’instant je reste donc avec mes Les Paul, mais il n’est pas impossible de me voir ajouter la Nash à mon arsenal pour les nouveaux titres sur la prochaine tournée. Nous verrons bien !

Peux-tu partager avec nous des moments clés de ton apprentissage de la guitare ? 

Je pense que le premier solo de guitare que j’ai appris note pour note est celui de All Right Now de Free. Ce n’est pas vraiment un solo compliqué, mais cela m’a ouvert des portes et Free demeure sans doute mon influence majeure ! Le jeu de Paul Kossoff a servi de modèle pour mon phrasé, mon vibrato, mes bends et je me suis beaucoup inspiré de l’espace qu’il laisse entre les notes. J’ai donc appris énormément de Paul Kossoff, même quant à ma façon de jouer legato ou pour mon attaque au médiator. Il y a beaucoup de ressources différentes pour évoluer dans ces deux domaines et j’ai bien évidemment fait comme tout le monde et appris les trucs populaires comme Surfing With The Alien de Joe Satriani. Il y a cette partie de legato dans le premier solo qui est très intéressante et du même album j’ai également appris des choses sur Lords Of Karma

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Je continue d’apprendre encore aujourd’hui, je me suis récemment concentré sur la technique au médiator et plus particulièrement sur l’angle que tu choisis selon les situations. Tu peux jouer avec le médiator à plat ou avec un angle d’un côté ou de l’autre de la corde. C’est un détail qui devient relativement important lorsque tu veux jouer vite et si tu souhaites avoir une certaine fermeté dans ton jeu. Il y a cette série de vidéos très intéressantes qui s’intitule Cracking The Code et je conseille à tout le monde d’y jeter un œil. Il y a des analyses très intéressantes sur le positionnement du médiator de beaucoup de guitaristes comme Yngwie Malmsteen et sa technique rotative. La position du médiator est importante, même si tu joues sobrement sur ta gamme pentatonique, car il y a des endroits où tu peux être susceptible de « coincer » sur ton manche, et cela peut se résoudre en utilisant une autre position. Il en va de même pour le palm-muting. Par exemple en ce qui me concerne, j’avais tendance quand j’étouffais mes cordes à être un peu court sur les deux dernières. J’ai appris à repositionner ma paume pour régler ce problème. Je me demande si les meilleurs guitaristes ont trouvé naturellement leurs positions ou si au contraire ils ont travaillé la chose. Quoi qu’il en soit, je pense qu’il est intéressant d’y porter attention. 

Sinon, même si ce n’est pas de la technique de jeu, le fait d’utiliser des réducteurs de bruit a été déterminant pour moi, car si tu utilises beaucoup de gain sur scène, ça fait souvent un gros bruit désagréable entre les notes où lorsque tu arrêtes de jouer. Cela m’a pris des années pour dompter ce désagrément, car je tiens à pouvoir laisser du silence entre mes notes, de l’espace, et dans le même temps je veux jouer avec beaucoup de gain et de puissance sonore. Je pourrais me servir davantage du volume des micros de la guitare, mais étant le seul guitariste dans le groupe, je n’aime pas trop dépendre de cette technique, car lorsqu’arrive le refrain, si tu loupes ton potard au moment de remonter le volume de ton micro, tout tombe à plat ! Tu n’as pas trop ce problème lorsqu’il y a deux guitaristes dans le même groupe, car au pire si tu te rates, le second te couvre.   

Parlons maintenant de ton matos. Niveau médiator justement, une préférence ? 

J’aime les Dunlop Tortex Jazz III XL de 1.0 mm.  Au-dessus, je n’aime pas le confort de jeu, je sens trop de résistance et en dessous je trouve ça trop souple. Quant à la forme, elle correspond totalement à ma main.     

Peux-tu nous présenter les trois Les Paul que tu utilises en tournée ? 

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Il y a tout d’abord ma Les Paul Classic Cherry Sunburst produite en 2000 que j’ai achetée neuve à l’époque. Je ne l’ai même pas essayée avant de l’acheter à vrai dire. Je voulais donc acquérir une Les Paul, mais tout ce que je voyais en magasin était trop cher pour moi. J’ai trouvé un bon plan sur Internet pour cette LP Classic, qui possédait les caractéristiques que je recherchais, et j’ai tenté le coup. J’étais très heureux de mon achat. Cette Les Paul possède d’origine des micros beaucoup plus puissants que ceux que l’on peut trouver sur les Standard. Elle est montée avec un Gibson 500T en chevalet (ndlr : micro avec aimant céramique que l’on retrouve généralement sur les Explorer) et un 496R en position manche. Je n’ai pas modifié grand-chose dessus, j’ai juste changé les mécaniques pour desGrover et vu le nombre de concerts qu’elle a donné, j’ai évidemment dû la refretter de nombreuses fois ! Elle a vraiment beaucoup servi, elle a fait toutes nos tournées et je l’ai jouée sur tous nos albums. En revanche je la joue moins de nos jours. Elle est accordée en Mi bémol et nous jouons davantage de titres en Drop D sur scène. Ce qui nous amène à la Gibson Les Paul Standard 2008 Desert Burst, que j’utilise donc pour les morceaux en Drop D et aussi pour ceux en Open G. 

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Je l’ai achetée à New York juste avant de débuter la tournée mondiale d’AC/DC. C’est un modèle « chambered » (NDLR : Gibson allège la très grande majorité de ses Les Paul depuis de nombreuses années, il y a trois niveaux d’allègement, le « chambered » étant le plus drastique avec le corps quasiment entièrement creux). Elle a un manche Slim Taper 60’s asymétrique très agréable. À l’origine elle avait une paire de Burstbucker Pro, mais j’ai seulement conservé celui installé sur le manche. Il me plait bien, mais celui au chevalet ne faisait pas l’affaire. Il était vraiment trop faible en comparaison avec le 500T de la Classic. Lorsque je changeais de guitare pendant le set, il y avait une chute de niveau trop perceptible. J’ai eu la chance que cette problématique survienne pendant la tournée d’AC/DC, car il y avait ce guitar tech qui bossait pour AC/DC et qui connait tous les micros guitare du monde entier (rires) ! Nous sommes devenus de bons amis et il m’a donc fait essayer tout un tas de micros. J’ai essayé ceux d’Angus Young, ceux de Jimmy Page puis j’ai fini par jeter mon dévolu sur le PRS Tremonti qui s’est révélé être au moins aussi brûlant que le 500T si ce n’est plus ! On lorgne pratiquement du côté de la puissance des micros EMG selon moi. Il est resté installé sur cette guitare pendant un bon moment, puis j’ai fini par opter pour un autre 500T, mes 2 Gibson ont donc finalement le même modèle de micro chevalet désormais. 

Il est intéressant de voir que tu possèdes deux Gibson Les Paul à la construction différente. Si jamais ta Classic est allégée, il s’agit du « traditional weight relief », soit l’allègement le plus faible, tandis que ta Standard est au niveau maximum d’allègement. Comment les comparerais-tu ? 

Je préfère le son de la Classic. En revanche je ne sais pas pourquoi, mais bien que les micros soient les mêmes, la Standard a un niveau de sortie un poil plus élevé et évidemment j’apprécie le fait qu’elle soit plus légère. Après je ne sais pas si c’est dû au fait que j’ai beaucoup plus joué sur la Classic, mais j’ai tout de même une petite préférence pour celle-ci.

Quelle est cette troisième Les Paul qui n’a pas l’air d’être une Gibson ?

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C’est une Greco Zemaitis GZMF500 que j’ai récupérée lors de notre première tournée japonaise. Elle se rapproche plus d’une Les Paul Jr. J’aime son look. Je m’en sers pour nos titres en Open E, pour du slide avec une action réglée assez haute. Au manche c’est un PAF de DiMarzio (NDLR : très certainement un DP103), et au chevalet c’est un DiMarzio Air Norton. Là encore mon but pour ces changements de micros était de récupérer plus de niveau de sortie pour ne pas trop dénoter avec les deux autres guitares. Le confort et le son de cette Greco sont assez similaires à ceux des Gibson. Le Air Norton a longtemps été un des micros favoris de John Petrucci, pourtant je ne sonne absolument pas comme lui et j’ai juste l’impression d’avoir un PAF comme un autre (rires) ! 

Quel tirant pour tes cordes ? 

Je joue soit avec du 11-52 ou du 11-54 pour la Standard 2008 en Drop D, et les deux autres sont en 11-48. 

Peux-tu me présenter ton pedalboard ? 

Mon signal rentre tout d’abord dans une pédale de volume, dont je me sers pour obtenir un son clair. Comme je le disais plus tôt, je ne me sers pas beaucoup de mes potards de volume sur les micros de la guitare pour obtenir un son clair, même si parfois je me sers à la fois de la pédale et des potards. Mais la plupart du temps, pour obtenir mon son clair j’active cette pédale de volume qui est réglée de manière fixe sur la position qui « nettoie » le plus la distorsion, si bien qu’en l’activant c’est un peu comme si je bénéficiais d’un canal clair séparé. 

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Le signal rentre ensuite dans mon accordeur Boss TU-2 puis se dirige vers ma wah-wah Ernie Ball. Elle sonne de façon similaire à une Cry Baby classique, mais j’ai choisi principalement la wah d’Ernie Ball, car un voyant s’allume quand l’effet est enclenché (rires) ! Je ne peux pas me tromper sur scène comme ça ! J’imagine qu’il doit y avoir des modèles de Cry Baby qui possèdent également un témoin lumineux, mais quoi qu’il en soit, ce petit voyant vert sur le côté m’avait convaincu ! 

J’utilise ensuite l’overdrive Archer, qui est une pédale basée sur la fameuse Klon Centaur. Je ne sais pas si les gars de chez J. Rockett ont obtenu un accord avec ceux de Klon pour produire leur pédale à grande échelle, mais quoi qu’il en soit on est ici clairement dans la copie. Les potentiomètres sont les mêmes, ils ont juste remplacé le centaure par un archer (rires) ! Les 2 pédales sont vraiment similaires. La Archer est une très bonne overdrive, également true bypass. Je m’en sers principalement pour booster mon signal lors de mes solos. Mon son est déjà bien poussé et distordu au niveau de l’amplification. Je me sers de la pédale de volume quand j’ai besoin de calmer tout ça et de l’Archer pour me booster lors des solos. 

On peut voir ensuite le Boss NS-2, un réducteur de bruit qui t’est apparemment très utile par rapport à ce que tu disais en début d’interview…

Oui le NS-2 est très utile et j’ai un réglage très agressif dessus. Je règle le threshold au maximum par exemple. Parfois il peut m’arriver d’aller un tout petit peu moins loin, mais c’est rare. Je ne l’active pas non plus en permanence, mais il me sert beaucoup, ne serait-ce que pour ne pas avoir à étouffer mes cordes et ne pas être gêné par des bruits désagréables. Je m’en sers notamment beaucoup pour les chansons que je joue avec la Les Paul Standard Desert Burst. Je ne sais pas si c’est dû au fait qu’elle soit « chambered » ou à son électronique, mais cette guitare semble avoir plus de résonance et émet plus de larsens et autres petits bruits parasites que les deux autres. De plus je la joue pour les titres en drop D, qui ont souvent un style plus précis, le NS-2 me permet donc de tout garder sous contrôle.  

Une autre pédale très populaire ensuite avec le Phase 90 de MXR. 

Avant d’avoir le modèle standard, j’ai possédé les autres versions. La version 70’s (NDLR : la version « Script ») et celle d’Eddie Van Halen qui est installée sur un autre pedalboard. Au moment de devoir en acquérir une nouvelle, franchement j’ai opté pour ce modèle standard, car pour moi, la différence est assez mince avec les autres versions. Je m’en sers surtout pour donner une couleur un peu différente à certaines rythmiques et certaines parties lead, mais le phaser n’est pas un effet que j’utilise énormément. 

Ton delay en revanche est dans une tout autre gamme de prix n’est-ce pas ? 

Oui c’est le TimeFactor d’Eventide. Il possède beaucoup de fonctionnalités. Tu peux obtenir de supers échos, tu peux lancer des boucles, programmer le BPM et faire tout un tas d’autres choses avec. Il m’arrive même de m’en servir entre les chansons pour combler un vide si j’ai besoin de m’accorder. Cela me rappelle d’ailleurs qu’un soir j’ai cassé une corde en plein morceau et je me suis servi du TimeFactor pour répéter quelques lignes le temps de changer de guitare en tombant pile-poil dans le timing pour finir le morceau (rires) ! Cela n’arrive pas tous les jours cela dit ! 

Ma dernière pédale est le Micro POG d’Electro-Harmonix dont je me sers sur des titres comme Too Far Gone ou sur I Am What I Am. Comme pour le phaser, je l’utilise parfois pour donner une saveur différente… et aussi pour recouvrir les fréquences graves de la basse de Micky (rires) ! 

Niveau ampli, tu combines deux légendes de chez Marshall avec le JMP et le JCM 800. 

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Ce sont mes amplis personnels. Le JMP est un Super Lead Mark II datant de 1978 si je me souviens bien. J’en possède également un autre à la maison datant quant à lui de 1979. Les deux JMP sont des versions sans potard de gain (NDLR : préampli), il y a seulement le potard de volume (NDLR : étage de puissance). C’est une tête 100W que je dois pousser à fond pour obtenir le son que je souhaite et je place donc un atténuateur THD Hot Plate entre l’ampli et le baffle. 

Mon JCM 800 n’est pas d’époque en revanche, c’est une version Reissue que je me suis procurée il y a quatre ans. J’utilise un Lehle P-Split pour faire fonctionner les deux têtes en même temps. C’est de loin le matériel le plus silencieux auquel j’ai eu recours pour utiliser deux amplis simultanément et il évite très facilement l’apparition de bruits parasites. J’aime combiner le JCM 800 et le JMP, car le premier est davantage high gain avec des aigus plus perçants en quelque sorte et le second a un côté plus vintage qui contrebalance bien. 

Niveau baffle, le JMP est relié à un Marshall 425A doté de Celestion G12M Greenback tandis que le JCM 800 est connecté sur un Marshall 1960A Lead avec ses Celestion G12T-75. Il m’arrive parfois en festival de n’utiliser que le JCM 800 relié aux deux baffles et de garder le JMP en backup, mais en marche normale je combine toujours les deux têtes !

Quel genre d’égalisation utilises-tu ? 

Rien de très original, mes potards restant tous proche de midi. Les aigus sont vers 13h00, les médiums restent à midi. Je baisse les basses et la présence vers 10h00. Pour le gain, comme je le disais le JMP n’en a pas, donc pour lui c’est le volume au maximum ! Pour le JCM 800 je règle le gain vers 15h00 et je ne pousse pas beaucoup le volume, je ne dois pas dépasser 9h00, soit la position 2 ou 3 sur un ampli Marshall. C’est suffisamment fort comme ça, et pour le JMP j’ai une atténuation de -12 dB qui rend les choses supportables. Mais c’est toujours fort (rires) ! 

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Concernant la prise de son, en live il n’y a généralement pas d’autre option que celle de placer le micro tout près du haut-parleur. Il y a certains micros qui sont assez performants dans l’exercice comme le Shure SM57 et le Sennheiser 421. Ce duo de micros est d’ailleurs idéalement mon point de départ lors des prises de son en studio, même si dans ce contexte, je fais évidemment preuve de plus d’imagination et de créativité concernant le placement des micros. Je prends notamment beaucoup plus de temps pour trouver l’endroit idéal et les différents outils sonores pour peaufiner la qualité de la prise. Il m’arrive parfois d’expérimenter en studio avec le Shure SM7 et sur notre nouvel album Solas j’ai eu recours à une combinaison faite d’un SM57 placé dans l’axe du haut-parleur et d’un AKG C414 situé hors axe et un peu plus éloigné du baffle. En tournée, j’avais l’habitude de prendre avec moi un SM57 et un 421, mais aujourd’hui je ne le fais plus forcément, comme pour la tournée actuelle où je m’en remets donc aux micros disponibles sur place à la salle. Pour repiquer le son que je souhaite diffuser dans la sono, il suffit de deux SM57 de toute manière, un modèle populaire que l’on trouve facilement dans neuf salles sur dix. 

En studio utilises-tu les mêmes amplis ? 

Oui j’utilise beaucoup ce JMP et ce JCM 800, mais j’en utilise également d’autres comme l’AC30 de Vox ou le Class 5 de Marshall qui avec sa puissance de 5 watts est bien pratique pour enregistrer en studio. J’utilise également mon autre JMP et même mon TSL qui est tout simplement mon tout premier ampli Marshall. Il finit toujours par me rendre service quelque part, pour un solo ou autre !

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