La qualité de l’écoute est sans conteste le point qui réclame le plus d’attention lorsqu’on monte un home studio et, en regard de l’acoustique de votre pièce, cette dernière sera essentiellement déterminée par le choix de vos enceintes de monitoring.
De la même façon qu’on n’imagine mal un monteur cinéma ou un graphiste travailler sur une petite télé en noir et blanc des années 60, on voit mal comment un ingé son pourrait réaliser un mixage ou un mastering qui tienne la route sans disposer d’une écoute de qualité, à l’heure où la justesse des décisions que l’on prend dépend grandement de ce que l’on entend… ou pas. Or, qu’est-ce qui fait la qualité d’une écoute ? C’est simple : de bonnes enceintes dans une pièce à la bonne acoustique.
Précisons-le en effet : dans le contexte d’un home studio, votre première priorité doit aller au traitement de votre pièce car la meilleure paire d’enceintes du monde ne vaudra pas grand-chose si vous la placez dans un lieu à l’acoustique désastreuse, alors qu’avec une pièce bien traitée, il est tout à fait concevable de bien travailler avec une paire d’enceintes d’entrée de gamme… Veillez donc à lire ce guide sur l’acoustique avant de vous poser la question de la paire d’enceintes dont vous allez vous équiper, d’autant qu’il en existe de nombreux types d’enceintes que nous allons détailler après avoir répondu à la grande question :
Qu’est-ce qu’une enceinte ?
Disons pour faire simple qu’une enceinte acoustique est un équipement audio permettant de transformer un signal électrique en vibrations acoustiques pour diffuser le son : l’inverse d’un microphone en somme, qui transforme quant à lui les vibrations acoustiques en signal électrique.
Selon le contexte et la finalité de la diffusion, on distinguera trois grandes familles d’enceintes :
Les enceintes Hi-Fi :
Hi-Fi est la contraction de HIgh FIdelity et ce sont donc des enceintes qui ont, a priori, été pensées pour proposer le son le plus « fidèle » possible. À coup de marketing, le terme Hi-Fi a toutefois été grandement galvaudé depuis son apparition, de sorte qu’on désigne aujourd’hui par Hi-FI toute enceinte fournie avec un équipement audio grand public (dont la fameuse chaîne hi-fi).
En termes d’usage, on pourrait dire aussi que ces enceintes se destinent le plus souvent à une écoute d’agrément à la maison, avec l’objectif premier de délivrer le son le plus agréable possible à l’auditeur, tandis que le Graal de l’écoute fidèle continue d’obséder le marché « audiophile » qui constitue le haut de gamme du secteur Hi-Fi.
Notons enfin que, dans ce sillage, on pourra également évoquer les enceintes multimédias (pensées pour sonoriser un ordinateur et disposant de fonctions et de connectiques riches : contrôle du volume et de la balance en façade, du panoramique, réception bluetooth, prise casque, etc.) et les enceintes Bluetooth, mono pour la plupart, qui ont été pensées pour être utilisées de façon nomade, avec les smartphones la plupart du temps…
Les enceintes de sono :
Ces enceintes sont celles qu’on utilise lorsqu’il s’agit de sonoriser un lieu public, qu’il s’agisse d’une salle de spectacle, d’une boîte de nuit ou d’un festival. Leur objectif premier est donc la puissance plus que la précision.
Notez que c’est parmi les enceintes de sono qu’on rangera aussi les enceintes Public Address, soit tous les dispositifs utilisés pour amplifier le son à des fins pratiques (les messages d’information d’une gare, la communication via interphones ou hygiaphones, les consignes des organisateurs dans une foire, etc.)
Les enceintes de studio :
Appelées encore « enceintes de monitoring » ou « moniteurs de studio », ces enceintes ont été pensées pour être les plus précises et intransigeantes possibles afin d’être utilisées dans le contexte de la production audio, et notamment le mixage et le mastering…
C’est évidemment ce type d’enceintes qui nous intéresse en premier lieu dans ce guide, et nous verrons d’ailleurs qu’il en existe de nombreuses sortes qu’il nous faudra détailler.
Dans tous les cas, soulignons qu’enceinte désigne par métonymie l’ensemble constitué par une enceinte au sens propre du terme (une caisse en bois, matériau composite ou en plastique) sur laquelle sont fixés un ou plusieurs haut-parleurs et qui, suivant les cas, intègre des dispositifs électroniques dédiés au filtrage, à l’amplification ou au traitement du signal.
Car oui, les enceintes peuvent être plus ou moins complexes, ce que nous allons comprendre en nous penchant sur leur fonctionnement.
Comment fonctionne une enceinte ?
Le signal qui sort d’une interface audio ou d’une table de mixage standard est très faible, trop faible pour faire vibrer les haut-parleurs de l’enceinte. Il doit donc être amplifié, sachant qu’en fonction dont la chose est faite, on parlera d’enceinte active ou passive. Au moyen de filtres, le signal est aussi le plus souvent séparé en plusieurs bandes de fréquences qui seront adressées aux différents haut-parleurs. C’est en fonction de cela qu’on parle d’une enceinte à deux, trois ou quatre voies…
Notez que nombre d’enceintes proposent des contrôles relatifs au filtrage et a l’amplification, le plus souvent remisés en face arrière en regard de connectiques plus ou moins riches (du simple bornier enserrant un fil dénudé aux entrées jack, XLR ou RCA, voire Bluetooth) : on dispose ainsi le plus souvent d’un contrôle de volume et de petits switches permettant d’atténuer ou booster certaines plages de fréquences pour s’adapter à la pièce dans lesquelles on les utilise, cette adaptation passant parfois même par un DSP…
Voyons cependant les critères les plus déterminants, à commencer par le nombre de voies…
Comprendre le nombre de voies d’une enceinte

Vous comprenez du coup pourquoi on ne dispose pas de graves sur les haut-parleurs des smartphones ou les petits transistors, et vous comprenez pourquoi, dès que l’on veut obtenir une bonne restitution du spectre, on recourt à deux haut-parleurs voire plus qui vont chacun restituer une partie du signal qui leur correspond : on parle alors d’enceinte à plusieurs voies.
Comment ça marche ? Sur une enceinte à deux voies, le signal est séparé en deux : d’un côté les graves et les bas médiums sont envoyés à un grand haut-parleur nommé « woofer » ou « boomer », de l’autre les hauts médiums et les aigus sont envoyés à un petit haut-parleur nommé « tweeter ». Notez qu’il est courant également d’avoir des enceintes à trois voies, avec trois haut-parleurs au moins dédiés aux graves, aux médiums et aux aigus…
Pourquoi au moins ? Parce qu’il faut bien comprendre qu’il n’y a pas forcément d’adéquation entre le nombre de voies d’une enceinte et le nombre de haut-parleurs qu’elle embarque. En effet, si une enceinte deux voies compte au minimum deux haut-parleurs, elle peut tout à fait en avoir plus que deux, avec par exemple un tweeter pour les aigus et deux haut-parleurs dédiés aux graves et aux bas médiums. On peut compter aussi 5 haut-parleurs sur une enceinte 3 voies. Il faut donc bien intégrer que c’est le nombre de bandes obtenues par le filtrage qui définit le nombre de voies et non le nombre de haut-parleurs.
Et plus on a de voies, mieux c’est ? Ce n’est pas aussi simple. Disposer de trois ou quatre voix permet en effet d’avoir des haut-parleurs plus spécialisés, et donc plus adaptés chacun à la bande de fréquence qui leur est dédiée… sauf que plus on utilise de voies, plus l’enceinte est complexe à concevoir. En effet, plus on a de haut-parleurs qui génèrent des ondes à partir d’un même signal, plus on risque d’avoir des interactions entre ces dernières, qui vont s’additionner ou se soustraire selon la façon dont les HP sont disposés et selon les fréquences de recouvrement entre les bandes filtrées, soit des choses assez complexes à gérer et à équilibrer lors de la conception…
Bref, si les modèles trois/quatre voies sont généralement plus chers et volumineux que les deux voies (plus de HP, de filtres, voire d’amplis), il n’est pas évident de dire qu’ils sont meilleurs pour autant car si l’adjonction d’un ou plusieurs haut-parleurs résout certains problèmes; elle crée d’autres difficultés peut-être plus complexes encore.
À l’heure du choix, on ne se focalisera donc pas sur ce détail technique qui n’est en rien garant de qualité pour juger plus simplement de l’écoute dans son ensemble. En d’autres termes, disons qu’il vaut mieux une bonne deux voies qu’une mauvaise trois voies à prix équivalent…
Il peut-être plus pertinent en revanche de savoir si l’on souhaite acheter une paire d’enceintes passives ou actives, pour peu que l’on comprenne bien ce que ces termes signifient.
Quelle est la différence entre enceinte passive et enceinte active ?
Comme nous l’avons dit, pour que les haut-parleurs d’une enceinte soient en mesure de se mouvoir, il faut que le faible signal en provenance des platines, de la table de mixage ou de l’interface audio soit préalablement amplifié. Deux méthodes sont alors possibles :
- soit on amplifie le signal dans sa globalité avec un amplificateur unique avant l’enceinte, sachant que la séparation en différentes bandes se fera au niveau de l’enceinte même… On parle alors d’enceinte passive.
- soit on sépare préalablement le signal en plusieurs bandes, sachant que chacun va disposer de son propre amplificateur dédié : on parle alors d’enceinte active. Notez que dans l’écrasante majorité des cas, les enceintes actives intègrent les amplificateurs, mais que ce n’est pas systématique : les Egg de SE Electronics étaient livrées avec un rack déporté qui intègre les filtres et les amplis mais n’en demeurent pas moins des enceintes actives…
Reste qu’en matière d’enceintes de studio, actives comme passives, on trouve aussi plusieurs gabarits, plusieurs tailles, plusieurs puissances. Pourquoi cela ? Pour s’adapter à différents usages mais aussi et surtout pour s’adapter à différentes tailles de pièces car on comprend aisément que suivant qu’on est dans un home studio de 10 m2 ou la control room d’un studio de 100 m2, on ne s’équipe pas forcément des mêmes écoutes… On distingue ainsi trois grands types d’enceintes de studio…
Quelle est la différence entre enceintes de proximité, semi-proximité, écoutes de studio ?
Ces terminologies désignent les différents gabarits d’enceintes en fonction de l’usage qu’on compte en faire :- Les enceintes de proximité (nearfield) sont pensées pour être au plus proche du mixeur (1 ou 1,50 mètre), la plupart du temps posées sur un bureau ou la console de mixage. Ce sont généralement des modèles relativement compacts à deux voies et actifs.
- Les enceintes de semi-proximité (midfield) sont pensées pour se situer à deux ou trois mètres du mixeur, la plupart du temps sur pieds. On trouve le plus souvent des modèles trois voies dans ce rôle, passifs ou actifs, ce qui se ressent forcément en termes d’encombrement comme de prix
Les écoutes principale de studio sont enfin les plus grosses écoutes qu’on encastre à même les murs du studio, avec tout ce qu’il faut pour amortir les vibrations. Ce sont a priori les écoutes les plus qualitatives d’un studio mais aussi les plus puissantes, de sorte qu’on les utilise rarement au quotidien pour autre chose que pour vérifier le mix fait sur les enceintes de proximité ou de semi-proximité… ou pour en mettre plein la vue au client venu récupérer son mix : pour cette raison, on les appelle souvent aussi les « écoutes client »…
Inutile de dire qu’à moins de vouloir monter un studio et de disposer d’une pièce traitée à la taille conséquente, les écoutes principales ne vous concernent pas, d’autant qu’elles sont très coûteuses et nécessitent le concours d’un acousticien pour être installées et réglées…
Quant à savoir si vous devez opter pour des enceintes de proximité ou de semi-proximité, disons que si les enceintes de semi-proximités proposeront a priori une écoute plus qualitative… pour peu que la pièce qui les accueille ne soit pas trop petite : à moins de 20 m2, opter pour ces dernières semble déjà disproportionné en termes de puissance, tandis que des moniteurs de proximité couvriront la plupart des besoins…
D’ailleurs, parlons-en de la puissance.
3, 5, 8 pouces ou plus : l’importance du boomer pour la restitution des graves
Précisons-le, on peut également opter pour un système 2.1, où la paire de moniteurs est complétée par un caisson de basses, posé sur le sol, qui sera dévolu au grave. Dans ce cas, il n’est pas forcément utile de se munir de moniteurs aux boomers de 8/10 : 5/6 pouces peuvent suffire, sachant qu’en fonction de ce qu’on a à faire, on activera ou désactivera le caisson… Quel que soit votre choix, faites toutefois attention aux problèmes de voisinages…
Si la chose n’est pas possible, on sera attentif au fait que ce sont les graves les plus problématiques car ils traversent sans problèmes les murs et les étages : s’équiper d’un caisson de basse en appartement non isolé est donc parfaitement irrespectueux de vos voisins. Pensez aussi à ne pas coller vos enceintes contre un mur voire un tuyau car vous favorisez ainsi la conduction solidienne du son…
Réglages et options

Notons-le aussi : certains modèles proposent une connectique sans fil (bluetooth ou autre) qui peut-être pratique…
De l’intérêt relatif des technologies et des mesures d’enceintes à l’heure du choix
Chaque fabricant met évidemment en avant les technologies issues de sa propre R&D (Recherche & Développement) : ici on vous parlera de tweeter à ruban ou fabriqué en béryllium, là on vous vantera les mérites des haut-parleurs concentriques (le tweeter se trouve au centre même du boomer) ou d’une suspension de haut-parleur stabilisée. Tout cela est très intéressant mais ne constitue en rien un critère de choix car tous poursuivent au final le même objectif de produire une enceinte de qualité et les moyens pour y parvenir importent peu…
Les mesures proposées par les fabricants sont déjà plus intéressantes lorsqu’elles ont été faites sérieusement : connaître le rapport signal/bruit d’une enceinte, sa puissance en dB SPL ou plus encore sa courbe de réponse en fréquences peut vous aider à différencier certains produits. Cette dernière mesure permet en particulier de juger de la neutralité de l’écoute, la courbe idéale étant censée être plane…
Sachez toutefois ne pas accorder trop d’importance à cette littérature car ces chiffres ne sont pas systématiquement obtenus de la même manière d’un fabricant à l’autre tandis que le contexte des mesures est très particulier : proposer la courbe de réponse en fréquence d’une enceinte enregistrée dans une salle traitée pour être anéchoïque ne vous dira pas, par exemple, comment vont sonner les enceintes chez vous, ou encore si vous allez aimer ce son.
Car oui, au-delà des chiffres à virgules et des courbes physiques, vos goûts en matière de son vont être déterminants. Certains n’aiment pas telles enceintes parce que le bas médium y est trop présent, d’autres trouvent que l’image stéréo manque de largeur sur tels moniteurs, et d’autres encore regretteront des aigus trop brillants ou trop ternes sur telle ou telle paire. Bref, à l’heure du choix, comme pour les casques, tous les goûts sont dans la nature et c’est ce qui fait tout l’intérêt d’une écoute comparative en magasin.
Quel budget pour votre paire d’enceintes de monitoring ?
On trouve des enceintes de monitoring à tous les prix, les premiers modèles se négociant à quelques centaines d’euros la paire quand les modèles les plus professionnels sont vendus plusieurs milliers d’euros… l’unité ! La question du budget est donc cruciale car c’est elle qui, en conjonction avec la surface de votre studio et la place dont vous disposez pour accueillir vos écoutes, va être le facteur le plus limitant pour votre choix.
Rappelez-vous toutefois trois choses à l’heure d’estimer votre budget :
- Les performances de vos enceintes sont bien plus importantes pour la qualité de vos productions que les composants de votre ordinateur, les convertisseurs de l’interface audio ou la plupart des logiciels que vous allez utiliser. C’est même l’élément le plus important de votre home studio avec l’acoustique de votre pièce, quelle que soit le type de musique que vous fassiez… Si vous comptiez par exemple investir 1500 euros dans un ordinateur et 300 euros dans votre paire d’enceintes, il peut être plus judicieux d’investir 1300 euros dans votre ordinateur pour vous payer une paire d’enceintes à 500 euros…
- Inutile de trop investir dans vos enceintes si vous n’avez pas préalablement pris soin de l’acoustique de votre pièce. En termes de qualité d’écoute, mieux vaut une paire d’enceintes à 500 euros dans une pièce avec 500 euros de traitements qu’une paire d’enceinte à 1000 euros dans une pièce non traitée.
- Si les matériels ou les logiciels informatiques peuvent grandement perdre de la valeur avec le temps, voire ne plus être utilisables au gré des évolutions technologiques et économiques du marché, les enceintes ont une durée de vie extrêmement longue (plusieurs décennies pour peu qu’on en prenne soin) et un prix qui décote bien moins que celui des équipements technologiques.
- Contrairement à ce qu’on observe avec les équipements électroniques qui proposent toujours plus de fonctions à mesure que l’on monte en gamme, une paire d’enceinte de milieux ou de haut de gamme ne sera pas plus difficile à utiliser qu’une paire d’enceinte d’entrée de gamme : elle sera juste plus performante.
Et s’il faut parler chiffre, disons qu’un home studiste désargenté peut sans conteste trouver de bons moniteurs 5 pouces d’entrée de gamme pour 300 euros la paire, ou des moniteurs 8 pouces pour 500 euros la paire. Le palier suivant en termes de qualité se situe à 1000 euros la paire, sachant que c’est à 2000 euros la paire et au-delà qu’on rentre dans le haut de gamme pour les moniteurs de proximité.
Résumé des critères de choix
Posons d’abord que si vous projetez d’acheter des écoutes de studio, vous êtes forcément un professionnel qui n’a pas besoin de ce guide.
Pour les autres, soit le commun des mortels home-studistes, les trois critères les plus déterminants pour choisir vos enceintes tiendront :
- Au volume de la pièce dans laquelle vous allez les utiliser : au-dessous de 20 m2, inutile de s’intéresser aux moniteurs de semi-proximité pour se concentrer sur les moniteurs de proximité qui sont en outre bien plus abordables.
- À votre budget.
Ceci étant dit, le nombre de voies des enceintes comme les technologies qu’elles utilisent ou les mesures qui les accompagnent ne sont pas tant des critères intéressants car aucun de ces éléments ne vous dira à la fin comment sonnent ces enceintes et si ce son vous plaira.
Les critères les plus intéressants concernent donc la place dont vous disposez pour les accueillir (sur votre bureau ou sur pied) et à votre exigence en matière de restitution du grave. Pour disposer d’un bas de qualité, orientez-vous soit vers des kits 2.1 (enceintes 5 pouces complétées d’un caisson) soit vers des enceintes dont les boomers seront de 8 pouces au minimum.
Attention toutefois à bien comprendre que plus votre enceinte produira du grave et plus elle risque de poser des problèmes acoustiques dans une pièce non traitée. Par ailleurs, soulignons-le : à moins d’être certain du plein soutien de vos voisins, si vous vivez en appartement avec une médiocre isolation phonique, des moniteurs à boomer de 5" sont le maximum que vous puissiez vous permettre, sachant que le caisson de basse est proscrit lui aussi… Pour checker le bas, il faudra alors passer par un casque et des utilitaires de visualisation…
Soulignons également que la capacité de l’enceinte à corriger sa courbe de réponse en fréquences en fonction de l’acoustique de la pièce est un vrai progrès dont il serait dommage de se passer aujourd’hui, que vous ayez ou non traité votre studio : dans tous les cas, vous améliorerez vos conditions d’écoute. Deux précisions toutefois : cette correction active peut être intégrée à l’enceinte comme elle peut passer par un élément externe, qu’il soit matériel ou logiciel. Enfin, si efficiente soit-elle, elle ne vous dispense pas de travailler au mieux l’acoustique de votre pièce pour obtenir l’écoute la plus équilibrée possible.
Où acheter des enceintes de monitoring ?
Quant à savoir si vous devez acheter ce genre d’équipement neuf ou d’occasion, disons qu’à moins d’avoir été maltraitées, il n’y a pas de raison qu’une paire d’enceintes de seconde main ne vous donne pas pleinement satisfaction, autant qu’une neuve, à moindre coût. Encore faut-il savoir ce que l’on veut acheter et pour choisir, le mieux est encore de réaliser une écoute comparative dans un magasin qui dispose de plusieurs modèles… et peut-être d’acheter sa paire d’enceintes dans ce magasin pour le récompenser d’offrir ce service. Je vous renvoie à cet article sur le sujet…
Quelques suggestions
Vous l’aurez compris : choisir une paire d’enceintes pour le studio est question de budget, d’adéquation avec une pièce et enfin de goûts. Nous ne saurions donc que trop vous recommander d’établir votre liste de candidates potentielles en fonction de vos critères comme d’une écoute comparative.
À titre indicatif, voici toutefois quelques références incontournables que nous vous recommandons d’examiner avec soin. Dans l’entrée de gamme, les Yamaha HS comme les PreSonus Eris sont des best sellers à considérer, tout comme la série T chez Adam ou la série Alpha EVO un tout petit peu plus chère chez Focal… S’ils ne sont pas sans défauts, ces moniteurs n’en proposent pas moins une excellente base pour faire ses premières armes…
Pour un budget plus conséquent, on accède à des choses qui commencent vraiment à être sérieuses chez Focal (Shape) comme chez Adam Audio (Série A), Hedd, Eve ou Dynaudio (BM, Lyd), voire chez Genelec (série 8000).
Notez que chacune de ces marques s’étend dans le plus haut de gamme où l’on retrouve aussi Neumann (Klein & Humel), PMC, et bien d’autres, tels Barefoot, PSI, JBL, etc.
À voir donc, et surtout à écouter…
Conclusion
Vous voici en possession de tous les éléments pour choisir vos plus fidèles compagnons de studio, en sachant que les meilleurs moniteurs, ce sont en définitive ceux que vous connaissez le mieux : il y a en effet un temps pour faire un choix sur des critères techniques, contextuels ou économiques, et un temps pour s’acclimater à votre équipement. À mesure que vous travaillerez avec votre système d’écoute (et l’on parle bien de l’ensemble formé par vos enceintes et l’acoustique de votre pièce), vous apprendrez en effet à connaitre ses points forts et ses points faibles, ses angles morts, de sorte que vous saurez qu’il faut mettre un peu moins de graves ou un peu plus de brillance pour obtenir un mix équilibré… Par ailleurs, le positionnement des enceintes est si important pour leur rendu que nous vous conseillons de ne rien laisser au hasard à ce sujet…


