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Test de la console de mixage numérique Alto Professional TMD16 - Alto, Porthos et Aramis !

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7/10

Depuis sa création il y a plus de 25 ans, la société américaine Alto Professional se spécialise dans le développement de matériel audio abordable. L’objectif affiché par la marque est d'accompagner à la fois les ingénieurs du son, mais aussi les artistes et groupes indépendants. Paris réussi ? On passe au test !

Test de la console de mixage numérique Alto Professional TMD16 : Alto, Porthos et Aramis !

Avec la TMD16, Alto Profes­sio­nal lance une console de mixage numé­rique compacte et acces­sible, dotée d’une connec­ti­vité complète, de curseurs linéaires tactiles et d’un port Blue­tooth dédié au strea­ming en direct. Avec un prix construc­teur annoncé de 559 €, le fabri­cant propose une console avec un posi­tion­ne­ment tari­faire parti­cu­liè­re­ment adapté aux débu­tant·es et aux semi-profes­sion­nel·les, accom­pa­gné d’une inter­face utili­sa­teur·ice qui semble à la fois intui­tive et convi­viale.

En résumé, il s’agit d’une console de mixage numé­rique à seize canaux, dotée de dix entrées mono et de six entrées stéréo. L’élé­ment central de la console est un écran couleur de sept pouces asso­cié à dix enco­deurs rota­tifs et sept boutons. Le niveau de chaque piste est contrôlé par des curseurs tactiles de 100 mm, qui lui confèrent une allure réso­lu­ment futu­riste.

Connec­tique, format et carac­té­ris­tiques de l’Alto Profes­sio­nal TMD16

Outre un manuel d’ins­truc­tion et la console en ques­tion, la boîte contient un câble d’ali­men­ta­tion et un câble USB-A vers USB-C. L’ap­pa­reil dispose de huit entrées combo sur embases XLR/TRS et de deux entrées micro­phone dédiées sur embases XLR. Pour les sources audio externes addi­tion­nelles, on retrouve deux entrées stéréo TRS, complé­tées par une entrée RCA et une entrée auxi­liaire stéréo sur embase mini-Jack 3,5 mm. En termes de sorties, outre la sortie prin­ci­pale « Main » stéréo, cette console dispose de quatre sorties addi­tion­nelles pour les sous-groupes (SUB 1/2/3/4), de trois départs auxi­liaires et d’une sortie FX dédiée, le tout sur embases XLR. Enfin, deux sorties Jack sont dispo­nibles pour le bran­che­ment d’un système de moni­to­ring.

  • ALTO UNBOX1
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  • ALTO UNBOX6

 

En matière de connec­ti­vité sans fil, Alto Profes­sio­nal s’ap­puie le proto­cole Blue­tooth, à la fois pour le strea­ming audio mais aussi pour le para­mé­trage de la machine via l’ap­pli­ca­tion « Alto Profes­sio­nal Pro Mix Control », qui fonc­tionne sur les plate­formes iOS et Android. Outre une embase IEC, on retrouve égale­ment un port RJ45 pour le contrôle en réseau, un connec­teur pour péda­lier, ainsi que des ports USB-A, USB-B et USB-C. Ce dernier alimente l’in­ter­face USB 2 × 2 inté­grée, qui propose une réso­lu­tion maxi­male de 24-bit / 48 kHz. Avec ses dimen­sions de 381 × 429 × 109 mm pour un poids de 4,7 kg, ce modèle semble idéa­le­ment taillé pour la sono­ri­sa­tion de scènes locales de petite à moyenne capa­cité, mais aussi pour les salles de répé­ti­tion. Néan­moins, premier bémol : force est de consta­ter qu’il ne sera pas possible de connec­ter un boîtier de scène supplé­men­taire sur cette console. Ce qui limi­tera forcé­ment les possi­bi­li­tés en pres­ta­tion live.

Premières impres­sions

La face avant de l’ap­pa­reil est divi­sée en deux parties : la partie infé­rieure abrite tous les curseurs tandis que la partie supé­rieure est consa­crée à l’écran et au reste des commandes. Ces dernières se répar­tissent en deux caté­go­ries : cinq enco­deurs rota­tifs à gauche et à droite de l’écran, et sept boutons-pous­soirs situés juste en dessous. Toujours sur la partie supé­rieure, chaque curseur dispose de trois boutons supplé­men­taires pour la mise en sour­dine, l’écoute en solo et la sélec­tion du canal pour l’édi­tion.

ALTO TDM 16

Sur le côté droit, on trouve égale­ment une prise casque accom­pa­gnée d’un réglage de volume mais aussi un bouton baptisé Clear, destiné à réini­tia­li­ser d’éven­tuels canaux mis en solo. L’en­semble est complété par un port de charge USB et un bouton Tap Tempo. Enfin, comme souvent, la face infé­rieure de la machine est munie de quatre pieds en caou­tchouc anti­dé­ra­pants. Dans l’en­semble, la console TMD16 fait plutôt bonne impres­sion, son design élégant, avec ses teintes noires et grises très sobres, lui confère une certaine allure. Le châs­sis, construit en plas­tique et en métal, est aussi léger et donc très facile à trans­por­ter. Globa­le­ment, l’en­semble paraît robuste et inspire confiance, même si un vrai doute demeure concer­nant la réac­ti­vité et la dura­bi­lité de ce type de curseur.

Utili­sa­tion de la TMD16 en situa­tion réelle

La confi­gu­ra­tion de la console est d’une simpli­cité enfan­tine : bran­chez-la, allu­mez-la, et c’est tout. Pour nos premiers essais, nous avons connecté un micro dyna­mique Shure SM7B, accom­pa­gné d’un petit ampli­fi­ca­teur Triton Audio FetHead (JFET / classe A) pour pallier le manque cruel de niveau de sortie de ce micro. Ensuite, nous avons relié les sorties de la console à une inter­face Ante­lope Audio Discrete 8, elle-même connec­tée à un ordi­na­teur, et avons choisi d’uti­li­ser le logi­ciel Cubase de Stein­berg pour chan­ger un peu nos habi­tudes. Lors de la mise en marche de la machine, le logo Alto Profes­sio­nal appa­raît briè­ve­ment à l’écran et le venti­la­teur se met en marche. Premier bon point : le bruit qui en résulte est à peine percep­tible et sera large­ment accep­table pour des envi­ron­ne­ments scéniques où le silence est de mise (on pense au théâtre ou aux sessions pure­ment acous­tiques, par exemple). Tout d’abord, un affi­chage des niveaux appa­raît sur l’écran de la console. Toutes les entrées et sorties y sont repré­sen­tées par des VU-mètres mono et stéréo, clai­re­ment dispo­sés et numé­ro­tés.

ALTO BOUTONS

Lorsque nous sélec­tion­nons un canal à l’aide du bouton SEL, les réglages de la tranche en ques­tion s’af­fichent, comme sur la plupart des consoles de ce type. À une diffé­rence près, ici, il n’y a pas de sous-menus pour les diffé­rents trai­te­ments appli­cables. Une seule fenêtre, très confor­table, affiche toutes les infor­ma­tions néces­saires, des réglages du compres­seur jusqu’aux para­mètres de l’éga­li­seur à trois bandes et aux diffé­rentes options de sortie. Les fonc­tions telles que l’ali­men­ta­tion fantôme +48V, le filtre coupe-bas et le mode anti-larsen peuvent être acti­vées via les boutons tactiles situés en bas de l’écran. En résumé, toutes les infor­ma­tions utiles sont consul­tables ici en un coup d’œil : ni plus, ni moins. Ce style mini­ma­liste pour­rait ne pas conve­nir aux profes­sion­nel·les habi­tué·es à utili­ser du maté­riel plus avancé, mais selon nous, il reste vrai­ment idéal pour les débu­tant·es ou les utili­sa­teur·ices qui souhaitent propo­ser un mixage en direct, sans aucune prise de tête. On regrette tout de même que les canaux ne puissent pas être renom­més direc­te­ment sur l’écran. Pour plus de lisi­bi­lité en pleine pres­ta­tion, il faudra donc encore utili­ser un bon vieux ruban adhé­sif et un feutre.

Les préam­plis

Grâce à notre Shure SM7B augmenté d’un Triton Audio Fethead, nous n’avons pas eu besoin de pous­ser le préam­pli de la console à l’ex­trême pour obte­nir un niveau confor­table d’en­vi­ron –5 dB. Et petit miracle : la voix sonnait déjà très bien comme ça. Avec une légère compres­sion (ratio 4:1), un filtre coupe-bas placé à 100 Hz et une subtile accen­tua­tion des aigus, nous obte­nons rapi­de­ment un résul­tat très satis­fai­sant.

ALTO CONNEXIONS

Pour un prix infé­rieur à 600 €, il ne faut évidem­ment pas s’at­tendre à des préam­plis haut de gamme très musi­caux et colo­rés. On reste, bien entendu, sur des préam­plis fonc­tion­nels sans réel carac­tère. De plus, un léger bruit de fond est percep­tible lorsque l’on pousse un peu trop les niveaux de gain, ce qui reste assez normal dans cette gamme de prix, certes, mais en pratique, ce bruit n’est pas vrai­ment gênant, à condi­tion de ne pas trop compres­ser le signal non plus. En parlant de compres­sion, on regrette que le module dyna­mique inté­gré ne dispose pas d’op­tion de compen­sa­tion auto­ma­tique de niveau, souvent bien pratique en plein live. Malgré tous ces petits reproches, il faut admettre que la console offre une qualité sonore tout à fait accep­table.

Égali­seur, compres­seur et ergo­no­mie des trai­te­ments DSP

ALTO EQ

L’éga­li­seur et le compres­seur se contrôlent très faci­le­ment grâce aux enco­deurs rota­tifs auto­ma­tique­ment assi­gnés. On peut ainsi bascu­ler entre diffé­rents para­mètres, comme le seuil et le ratio, ou la fréquence et le facteur Q, en appuyant sur un simple bouton. Les enco­deurs offrent une résis­tance agréable sous les doigts, mais nous les avons trouvé parfois un peu lents et pas hyper réac­tifs, ce qui, à notre avis, complique un peu l’uti­li­sa­tion en plein concert.

D’ailleurs, les curseurs fonc­tionnent de la même manière : il faut fine­ment doser la pres­sion exer­cée pour arri­ver à ses fins. Si la pres­sion est trop forte, le voyant LED ne bouge pas. Si elle est trop faible, il ne se passe rien. C’est peut-être simple­ment une ques­tion d’ha­bi­tude, mais on ne peut s’em­pê­cher de penser que les concep­teur·ices auraient pu redou­bler d’ef­forts sur ce point. Car même s’il est évident que ces types de curseur et d’en­co­deur permettent à la fois d’abais­ser les coûts et de faci­li­ter le Recall, l’ex­pé­rience utili­sa­teur·ice en ressort dégra­dée.

Réver­bé­ra­tions, délais et effets inté­grés de la TMD16

La TMD16 dispose de trois départs auxi­liaires et d’un moteur d’ef­fets. Les signaux audio y sont injec­tés via les enco­deurs rota­tifs situés à droite de la bête et un bouton permet de bascu­ler entre un fonc­tion­ne­ment « pre-fader » et « post-fader ». Pour tester les effets tempo­rels, nous avons  simple­ment « ré-ampé » un signal de guitare préen­re­gis­tré en parcou­rant quelques-uns des seize algo­rithmes dispo­nibles. Ces derniers offrent des réglages limi­tés au strict mini­mum mais qui restent effi­caces, on y trouve notam­ment diffé­rents types de réver­bé­ra­tion (Room, Hall, etc.) mais aussi diverses options de délai et de chorus qui sauront remplir leur tâche sur le terrain.

ALTO FX

Comme vous l’au­rez compris, la console TMD16 n’est dotée que d’un seul et unique moteur d’ef­fets. Dommage. Mais même si ce choix limite la flexi­bi­lité de l’en­gin, cela reste un incon­vé­nient mineur au regard du prix public proposé. Et puis après tout, un effet tempo­rel unique est souvent large­ment suffi­sant pour des enre­gis­tre­ments en salle de répé­ti­tion ou des concerts simples avec de petits ensembles. En bref, sur le plan sonore, les algo­rithmes propo­sés ne riva­lisent peut-être pas avec les fleu­rons de l’in­dus­trie, mais ils restent tout à fait utili­sables.

Extraits sonores

1-Préam­pli-_-Gibson-SG
00:0000:19
  • 1-Préam­pli-_-Gibson-SG00:19
  • 2-Chorus-_-Gibson-SG00:19
  • 3-Délai-_-Gibson-SG00:19
  • 4-Réverb-Room-_-Gibson-SG00:19
  • 5-Réverb-Hall-_-Gibson-SG00:19
  • 6-Réverb-Délai-_-Gibson-SG00:18

 

Inter­face audio USB 2×2 : limites et possi­bi­li­tés

La console peut être connec­tée à un ordi­na­teur via l’un des deux ports USB situés à l’ar­rière et utili­sée comme une inter­face 2×2. Ainsi, ses fonc­tion­na­li­tés se limitent à conver­tir deux entrées et deux sorties. Autre­ment dit, seuls les enre­gis­tre­ments du Master sont possibles, tandis que l’en­re­gis­tre­ment multi­ca­nal de pistes indi­vi­duelles n’est pas pris en charge. Vrai­ment dommage.

Une fois l’or­di­na­teur connecté, vous pouvez tout de même ache­mi­ner son signal audio vers le canal 16 de la console au lieu d’uti­li­ser l’en­trée auxi­liaire située à l’ar­rière. De même, les canaux 13 et 14 peuvent égale­ment gérer le signal Blue­tooth à la place des entrées RCA. L’ap­pai­rage s’ef­fec­tue rapi­de­ment et faci­le­ment via le menu de confi­gu­ra­tion corres­pon­dant. Au final, on aurait aimé que la marque se penche un peu plus sur cette partie mais, encore une fois, diffi­cile de se plaindre avec un prix aussi compé­ti­tif.

ALTO SCREEN

Notre avis : 7/10

L’Alto Profes­sio­nal TMD16 est une console de mixage compacte prête à l’em­ploi, qui reste un choix judi­cieux pour celles et ceux qui préfèrent éviter de navi­guer dans des menus complexes et qui souhaitent construire un mixage en deux temps, trois mouve­ments, grâce à une inter­face ergo­no­mique et facile d’ac­cès. Les préam­plis délivrent un signal clair et faci­le­ment trai­table grâce aux outils DSP inté­grés. Malgré le fait que le module de compres­sion ne dispose pas de compen­sa­tion auto­ma­tique de niveau et que la section d’ef­fets se limite à un seul et unique moteur, le résul­tat reste souvent bien adapté aux appli­ca­tions ludiques ou semi-profes­sion­nelles.

L’in­ter­face USB 2×2 reste le point faible de la machine, car elle rend malheu­reu­se­ment impos­sible l’en­re­gis­tre­ment multi­ca­nal. L’ab­sence d’étique­tage numé­rique des canaux oblige égale­ment les utili­sa­teur·ices à recou­rir à du ruban adhé­sif et des feutres pour s’y retrou­ver. Cela étant dit, la console TMD16 remplira parfai­te­ment son rôle pour les artistes solos qui doivent assu­rer leur sono­ri­sa­tion tout·e seul·e, mais aussi pour les groupes amateurs, les salles de répé­ti­tion ou les salles de confé­rence. Quiconque recherche une console de mixage numé­rique faci­le­ment trans­por­table à moins de 600 €, simple d’uti­li­sa­tion et ne néces­si­tant pas de connais­sances tech­niques appro­fon­dies, trou­vera avec ce modèle un produit plutôt complet et perfor­mant.

Points forts

  • Prix
  • Portabilité
  • Facilité d'utilisation

Points faibles

  • Un seul moteur d'effets
  • Interface audio trop limitée
  • Durée de vie des curseurs ?
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