Se connecter
Se connecter

ou
Créer un compte

ou
Test écrit
7 réactions

Test de la Yamaha FS740SFM - Le petit gabarit au grand coffre

Le soleil est au rendez-vous, l’air est doux, je profite du temps pour me mettre sur ma terrasse et ouvrir le carton. Et là… C’est petit, c’est nouveau, c’est beau. La forme semi-jumbo de couleur vintage sunburst rappelle les Gibson LG01 des années 50-60, les bars clandestins, les vapeurs des cigares et les joueurs de blues. Bon j’arrête de la dévorer des yeux, place au plaisir des mains.

Présen­ta­tion

Yamaha FS740SFM

La prise en main est assez agréable, les frettes ne sont pas trop épaisses et favo­risent gran­de­ment le placage des accords. Le manche en Nato d’as­pect faded est soyeux à souhait.

Il est fin et rond, mais sans ressem­bler à une bûche pour autant, ce qui ne va pas déplaire à la gent fémi­nine ainsi qu’aux petites mimines. Il est monté avec des cordes premium Yamaha anti-rust, idéal lorsque que l’on a des problèmes de trans­pi­ra­tion. La touche en palis­sandre est ornée de tout petits dots nacrés qui soulignent la déli­ca­tesse du manche. Pour le diapa­son on reste sur du stan­dard : 650 mm. 

Le Nato c’est quoi ?

Il vient du mot malais « kavy o » qui signi­fie dur, c’est une des essences sacrées de Mada­gas­car, que l’on trouve égale­ment à Hawaï et plus dans notre cas… en Caro­line du Sud.
C’est un bois simi­laire à l’acajou, mais ayant des proprié­tés plus souples, nos amis améri­cains le nomment Eastern Maho­gany. Il est fréquem­ment utilisé dans la fabri­ca­tion des guitares ainsi que des ukulé­lés. Malheu­reu­se­ment il réagit assez mal aux écarts de tempé­ra­ture, il vous est donc décon­seillé de jouer sur la plage le soir en hiver et une fois rentré, de la dépo­ser près du feu de chemi­née.

Les méca­niques sont à bain d’huile, rien d’ex­cep­tion­nel, mais elles tiennent bien l’ac­cord. 

Le corps small body permet de s’adap­ter faci­le­ment à diffé­rents styles de jeu. Le poids de l’ins­tru­ment est rela­ti­ve­ment faible et ses courbes se posent natu­rel­le­ment sur la cuisse. Le vernis est soigné, les filets, la rosace habillée d’un léger cerclage d’aba­lone et sa petite plaque de protec­tion en écaille de tortue lui donnent un certain cachet. Cet ensemble esthé­tique la place entre deux époques, vintage par son corps et moderne par son manche satiné, ce qui n’est pas déplai­sant.

 

La luthe­rie

Yamaha FS740SFM

La table en épicéa massif armée de son barrage en X, initia­le­ment déve­loppé pour la série « L », ainsi que son dos et ses éclisses en érable flammé apportent un son cris­tal­lin dans les aigus, une certaine robus­tesse dans les médiums et une excel­lente défi­ni­tion des notes ; l’équi­libre est tout simple­ment parfait. Ça respire. Le son est impo­sant au média­tor, puis­sant, tout en restant net sur tout le spectre sonore. Aux doigts c’est un pur bonheur de préci­sion. C’est, à mon avis, dans ce genre de jeu que cette guitare prend toute sa valeur, ce qui va ravir nos joueurs de picking.  On notera un très léger manque de basses, mais cela s’im­pute aux choix des bois utili­sés et n’in­ter­fère en aucun cas dans son équi­libre. De plus, comme nous le savons, l’épi­céa a tendance à prendre son temps avant de donner à la guitare toutes ses facul­tés et conti­nue à évoluer tout au long de sa vie.

Le temps est venu d’en­re­gis­trer la belle. Comme matos un simple micro Audio-Tech­nica posi­tionné devant la rosace et bran­ché à la carte son de l’or­di­na­teur. Dans un premier temps quelques ryth­miques au média­tor pour se rendre compte de l’at­taque et puis des arpèges aux doigts pour la flui­dité.

Rythm
00:0000:36
  • Rythm00:36
  • Finger00:43
 

Et debout ça donne quoi ?

Yamaha FS740SFM

Étant adepte d’acous­tiques ayant de grosses caisses, je joue plutôt assis, mais en l’oc­cur­rence, vu le petit gaba­rit, je lui mets une sangle et me redresse. Eh bien ce n’est pas si mal, c’est léger, ça ne prend pas de place, j’ai presque l’im­pres­sion d’avoir une élec­trique dans les pattes. On peut bouger, se dandi­ner sans avoir peur de la taper un peu partout. Et d’un coup quelque chose me tracasse et me rend triste : je ne peux pas la bran­cher à mon ampli. Bien entendu ce n’est pas un réel problème, car elle possède une certaine puis­sance et puis rien n’em­pêche de monter un micro piezo pour ceux que cela inté­resse.

Pour conclure, je dirais que c’est une très bonne acous­tique, les fini­tions sont là, la luthe­rie tient la route et ça sonne. Elle est décli­née en 3 teintes : natu­ral, vintage cherry sunburst et vintage sunburst. Vendue au prix public conseillé d’en­vi­ron 550 euros, on regret­tera tout de même qu’elle soit livrée sans housse. Elle convien­dra aussi bien aux amateurs qu’aux personnes un peu plus expé­ri­men­tées. Son confort de jeu et sa puis­sance sonore permettent un jeu poly­va­lent et c’est ce que l’on cherche après tout avec une acous­tique, non ? Pouvoir la jouer n’im­porte quand, pour trou­ver une compo­si­tion ou bien passer le temps.

  • La lutherie
  • Sa puissance sonore
  • Sa polyvalence
  • Le rapport qualité/prix
  • Pas de housse fournie
  • Le son peut être trop cristallin pour certains

Vous souhaitez réagir à cet article ?

Se connecter
Devenir membre