Se connecter
Se connecter

ou
Créer un compte

ou
FR
EN
Le Pub

Le Pub de l'Amérique Latine

  • 1 245 réponses
  • 46 participants
  • 55 935 vues
  • 31 followers
Le Pub de l'Amérique Latine
Salut.
Si comme moi vous adorez ce continent, êtes fascinés par ses cultures, sa géographie. Son football, sa musique, sa littérature, sa politique actuelle ou passée. Que vous la connaissiez ou non, que vous l'aimiez ou la détestiez.
N'hésitez pas à poster, même si c'est pour en dire pis que pendre...
Venez nous faire partager vos expériences de voyage, du Rio Grande au Cap Horn, en passant par le Sertao brésilien ou les cordillères.
Des sierras mexicaines au canal de Panama. Le sujet est aussi vaste que ce continent, et peut être aussi passionnant.
Si ça vous chante d'y aller, il se trouvera bien un Afien pour vous filer quelques tuyaux...

Bienvenue.
Afficher le sujet de la discussion
3600, c'est déjà haut. Passé les environs de 2500 c'est là que commencent, ou non, les problèmes liés à l'altitude. Donc tu peux grimper les Andes ou l'Himalaya. Enfin pas à 8000 non plus.
3600 pour te donner une idée c'est le Salar de Uyuni ou le centre de La Paz.
C'était en ski. Je n'ai pas eu la sensation que l'air manquait, mais il faut dire que je n'ai pas fourni d'effort particulier non plus.
Ah oui, La Paz est à 3600 mètres. Donc beaucoup de gens y vivent sans problème. C'est donc une question d'entrainement..
Nous voilà donc à poireauter entre formalités douanières, matage de Laguna Verde et petite promenade à la fraiche. 4300 mètres d'altitude au lever de soleil, l'automne austral, on a beau être juste au dessus du Tropique de Capricorne, il fait frisquet.
Je vais vers un monsieur qui descend d'un 4X4.
- Bonjour, vous êtes de Colque ?
- Oui. Tu parles bien espagnol. Tu parles anglais aussi ?
- Oui. Je parle français aussi et peux vaguement me démerder en italien.
- Bien, tu montes à côté de moi. Tu feras traducteur... Les autres monteront à l'arrière.
Je reconnais avoir été un peu vicelard sur ce coup là... Je savais très bien qu'en engageant la conversation directement en espagnol j'allais avoir un avantage.
A l'avant à côté du chauffeur, à moi le panorama...
On embarque avec nous 5 passagers. Aucun ne parle espagnol. Ils sont sur les banquettes arrières. C'est parti mon kiki. L'Altiplano en 4X4, attention, pas du 4X4 façon SUV de richard parisien qui chiale dès qu'il y a de la poussière sur le pare-chocs... Là c'est du bon gros 4X4 Toyota qui grimpe aux arbres et qu'est naturellement reliqué. Mais parfaitement entretenu. Tomber en rade au fin fond de l'Altiplano à une époque où le portable n'existait pas c'est pas recommandé.

Donc me voici improvisé interprète... Anglais-espagnol. C'est pas facile comme exercice. Je m'adresse en anglais à Ambrosio le chauffeur et en espagnol aux touristes. Il m'a fallu un certain temps pour rétablir le bon sens.
Ambrosio me dit.
- Si vous voulez vous arrêter faire une photo vous me prévenez, je m'arrête, si vous vous sentez pas bien, idem. Je suis à votre service.
Premier arrêt prévu au programme. Sol de Mañana. Geysers. 5000 mètres d'altitude. Ambrosio prévient, approchez pas trop, température de l'eau pas loin de 100° et chimiquement pas terrible pour l'humain...

6942462.jpeg

6942439.jpeg

6942440.jpeg

5000 mètres, je me sens bien... Pas la tronche écrasée dans un étau. Je suis même assez con pour allumer une clope. J'en prends plein les yeux. A bord l'ambiance est bonne.
  • J’aime
3 réactions
  • Ouatisit
  • sonicsnap
  • Ekladam
Précision, c'est pas du trajet aventureux, c'est le Camino de Los Gringos, le trajet pour en foutre plein la vue aux touristes. Les 4X4 se suivent pas comme sur le périphérique mais c'est quand même bien emprunté. San Pedro à Uyuni.

Allez-y les Gringos, matez les paysages... Laguna Blanca, Laguna Colorada, y'en a en de toutes les couleurs. C'est ma première rencontre avec l'Altiplano. C'est exactement comme je pensais. C'est grandiose. Les lumières sont fabuleuses. L'air est d'une légèreté... Les couleurs sont aussi vives que douces.
Avec le temps j'ai compris qu'il n'y a que 2 endroits au monde où on trouve ce genre de lumière. L'Altiplano Andin et les Hauts Plateaux tibétains.
Je ne suis pas allé au Tibet mais quand à la télé je vois ce genre de lumière, je sais que ça ne peut être que dans ces 2 endroits.

1
6942501.jpeg

2
6942502.jpeg

3
6942508.jpeg

4
6942510.jpeg

5
6942511.jpeg
  • J’aime
1 réaction
  • Ouatisit
Arbol de Piedra. Le truc qu'on dit de nos jours que c'est instagrammable... L'arbre de pierre.

6
6942514.jpeg

7
6942515.jpeg

Une journée à mater ça...


  • J’aime
3 réactions
  • Ouatisit
  • sonicsnap
  • Ekladam
Le soir arrive. Tous les 4X4, s'arrêtent au bord d'un lac. On y trouve un hameau, 2 ou 3 maisons dont un grand dortoir pour les gringos.

Je vais me promener au bord de la Laguna, je ne sais plus son nom. Un vent glacial s'est levé. J'ai l'impression que mes oreilles et mon nez sont en train de geler. je mets en vitesse un foulard et un bonnet. Rien à foutre du froid. Je shoote, je mate. J'ai marché jusqu'à temps qu'il fasse nuit. Dégustation de paysage.
Qu'est ce que c'était beau.

8
6942526.jpeg

9
6942527.jpeg

10
6942528.jpeg



  • J’aime
3 réactions
  • sonicsnap
  • Ouatisit
  • Ekladam
Dans le gîte. Les chauffeurs et les boliviens qui vivent là préparent le repas, pris dans un réfectoire. Sûrement un bon complément de salaire pour ceux qui vivent ici à l'année. S'ils ont d'autres revenus... De quoi peut-on vivre par ici ? Perdu à 4000 mètres d'altitude, loin de tout. L'élevage, quelques lamas, alpagas, chèvres ou moutons. L'agriculture, si haut ne poussent que la pomme de terre et la quinoa. Une vie âpre. Ici c'est la région Aymara ou Quechua. C'est chez eux. Loin de tout. Le pouvoir central, blanc et catholique, se fout complètement de ceux qui sont ici.
Peut être que le tourisme a amené un peu de confort façon ruissellement... le gringo n'aime pas chier dans la nature, il lui faut de l'eau.

On me propose un Maté de Coca. Une infusion de Coca. J'en prends, il parait que c'est très bon pour le mal d'altitude. Je ne le ressens pas mais je tente, histoire de goûter.

Dortoir. Dodo. Je me fous dans mon duvet, sous une grosse couverture en lama. Il fait très froid dans le dortoir.
Le Maté de Coca. J'ai envie de pisser. J'émerge du duvet et couverture, m'habille vite fait. Je vais pisser dehors histoire de pas réveiller ce petit monde avec la chasse d'eau. Et là j'ai vécu un truc inouï.
Dès que je suis dehors, je n'entends que mes pieds crisser sur le sol en terre et caillasse. Pas de bruit de fond. En dehors du bruit que je fais je n'entends rien.
Je me suis déjà promené la nuit dans la campagne, il y a toujours du bruit résiduel, le vent, les feuilles. Mais là... je ne connaissais pas le silence absolu.
Je venais de le découvrir. Pour être sûr que je ne devenais pas sourd, j'ai parlé. Je me suis écouté.
Quelle sensation. Pisser, puis le bruit de mes pas et mes mots étaient les seuls sons. J'ai guetté d'autres sons. Rien. Pas le souffle du vent. Pas le moindre bruissement. Silence absolu. C'est extraordinaire. Au début c'est effrayant et puis c'est magique.
C'est magique parce qu'au dessus de moi il y a des milliards d'étoiles. Le ciel est d'une pureté, d'une limpidité incroyable, pas de pollution lumineuse. Au loin je devine la Laguna faiblement éclairée par les étoiles. Les ombres de la Cordillère et ses volcans...
Jamais pisser ne m'a apporté autant de joie et de sensations hors du commun.

Ça tombait bien, je suis retourné pisser 3 ou 4 fois... Putain de Maté de Coca.
  • J’aime
3 réactions
  • sonicsnap
  • Ouatisit
  • Ekladam
Réveil, petit déjeuner. C'est reparti pour un 2ème jour à travers l'Altiplano.

11
6942538.jpeg

12
6942539.jpeg

13
6942540.jpeg

14
6942541.jpeg


  • J’aime
3 réactions
  • sonicsnap
  • Ouatisit
  • Ekladam
Voilà où je me suis tant gelé. Cette photo, je me rappelle parfaitement le moment où j'appuie sur le déclencheur. Si j'avais 10 photos à sélectionner de mes périples en Amérique Latine celle là en ferait partie. Elle n'a rien d'exceptionnel, juste un paysage en noir et blanc. Mais pour moi, l'Altiplano, c'est ça:

6942560.jpeg

  • J’aime
2 réactions
  • sonicsnap
  • Ouatisit
En Mai 2000 j'emmène un pote par là. Notre chauffeur a changé, avec notre accord, le trajet. On est 6 à bord. 4 touristes plus le chauffeur et sa femme qui le soir dans les gîtes prépare les repas. Le premier jour on reste dans ce désert...

15
6942573.jpeg

16
6942576.jpeg

17
6942577.jpeg

18
6942578.jpeg

19
6942580.jpeg



  • J’aime
3 réactions
  • sonicsnap
  • Ouatisit
  • Ekladam
En 2000. On se pointe dans un petit village reculé de l'Altiplano. Gîte chez l'habitant. Ils ont une fille, Maribel. Renfrognée. Qu'est-ce qu'il vient m'emmerder l'autre con avec son appareil photo ? Maribel, ça lui allait bien... Maribel à 8h du matin...

6942599.jpeg

6942600.jpeg






  • J’aime
2 réactions
  • sonicsnap
  • Ouatisit
On se promène... c'est plus vert que lors de mon périple de l'année dernière, plus bas.

20
6942601.jpeg

21
6942602.jpeg

22. On s'arrête déjeuner. Pique nique en pleine campagne. Madame nous a concocté un délicieux déjeuner. Je sais plus ce que c'était mais tout faisait que ça ne pouvait qu'être délicieux. Le paysage, la tranquillité. Je lui ai demandé si ça la gênait qu'elle soit sur la photo. Non. Un immense merci, Madame.
6942603.jpeg

23
6942607.jpeg

Ces 4 photos faites le temps d'une pause déjeuner...



  • J’aime
3 réactions
  • sonicsnap
  • Ouatisit
  • Ekladam
Les 2 photos suivantes, quand il y a quelques années j'ai vu au cinéma un film bolivien, Utama, j'ai eu un choc. Un plan fixe sur un paysage altiplanique en contrebas. Putain, je connais. J'attends le générique de fin, savoir où le film a exactement tourné. Ouais. Ce hameau qu'on devine en contrebas, je l'ai photographié il y a 20 ans. Ce film est une merveille.

24
6942615.jpeg

25
6942616.jpeg

26
6942617.jpeg

  • J’aime
2 réactions
  • sonicsnap
  • Ouatisit
Merci pour tout ca :aime:

Ex Prétextat .
Quand tu es heureux tu profites de la musique mais quand tu es triste tu comprends les paroles .

Les villages de l'Altiplano bolivien. Je ne sais pas de quoi on y vit mais on y vit. Avant que la nuit tombe on emmène Madame en promenade ou aux champs...

1
6942618.jpeg

2
6942619.jpeg

3
6942620.jpeg

4
6942621.jpeg

5
6942622.jpeg

6
6942623.jpeg

7
6942624.jpeg

8
6942625.jpeg

9
6942626.jpeg

10
6942627.jpeg





  • J’aime
2 réactions
  • sonicsnap
  • Ouatisit
11
6942634.jpeg

12
6942635.jpeg

13
6942637.jpeg

14
6942642.jpeg

156942645.jpeg

16
6942646.jpeg

17
6942652.jpeg

18
6942653.jpeg

19
6942655.jpeg

20
6942654.jpeg

21. Lama ou Alpaga ????
6942661.jpeg





  • J’aime
2 réactions
  • sonicsnap
  • Ouatisit
L’ensemble de tes photos montrent des paysages plutôt désertiques, avec très peu de population. L’état de certaines carcasses de voitures donne même l’impression que certains endroits ont été abandonnés. Est-ce une volonté de ta part d’avoir photographié ces lieux sans que les habitants n’apparaissent, ou est-ce simplement qu’il y a très peu de vie sur place ?

Ex Prétextat .
Quand tu es heureux tu profites de la musique mais quand tu es triste tu comprends les paroles .

Je peux difficilement photographier les gens quand je m'arrête quelques minutes ou 1 heure. Question de respect, à mon avis. Je ne suis pas au zoo. Photographier les gens demande de faire leur connaissance, obtenir leur confiance par une attitude respectueuse. Mais il est vrai que dans ces villages il y avait très peu de monde. Oui, j'ai évité de photographier les habitants, pour pas être intrusif et aussi par timidité, par respect. On distingue sur certaines photos quelques piétons. Les habitants se comptent en petites dizaines au max. De quoi vivent-ils ? L'administration, l'agriculture, agro-pastoralisme, tissage. Je ne vois pas d'autres possibilités à cette époque.
Dans l'un d'eux nous avons été l'attraction des mômes qui se sont empressés de proposer un foot à un pote. J'ai prévenu mon pote, fais des passes, pas plus, pas de courses ni de dribbles. 3500 mètres d'altitude... Les gamins couraient comme des lapins, mon pote après 3 passes était lessivé. 4 gringos avec leurs 2 accompagnateurs c'était l'événement du jour.
  • J’aime
2 réactions
  • sonicsnap
  • Ekladam
C'est marrant, ces mômes doivent avoir une constitution particulière pour "courir comme des lapins" à cette altitude sans manquer d'air. Que ressentiraient-ils s'ils se retrouvaient au niveau de la mer? Trouveraient-ils l'air "épais"? :mrg:

En tous cas, ton histoire, tant avec le texte qu'avec les photos est formidable. Merci pour ce partage! C'est un régal!
Ils sont naturellement surchargés en je sais plus quels globules, un peu comme s'ils étaient sous EPO en permanence. Le moindre morceau d'oxygène est efficace à 100% dans leurs boyaux sanguins. Transporté à la vitesse de l'éclair. Regardez ma copine Maribel, visage couperosé, c'est la conséquence de la surabondance des globules transporteurs d'oxygène. L'adaptation sur des milliers d'années à ces altitudes. Physiquement, ils sont petits, trapus avec une cage thoracique bien mahousse. J'ai vu des messieurs grimper des chemins le long de falaises en trimballant des dizaines de litres de Coca, à 4000 mètres d'altitude, aussi facilement que je porte ma baguette entre le métro et mon appart'. Résistance, endurance, c'est leur truc.

Au niveau de la mer ? Je pense qu'ils auraient l'impression d'être dopés. Et très heureux de découvrir l'océan. :aime2:
En fait, si on considère ces gens et ce que nous sommes nous autres, à tous points de vue, nous sommes des extra-terrestres les uns pour les autres!
D'ailleurs, quand on regarde tes photos, on se dit que ces régions sont vraiment la planète Mars!